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  • : Ankh-Neferkheperou-Rê
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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Papyrus éphémère

 

 

(création et cadeau d'Ahhotep ukhtî )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La cité d'Ankh-Nefer-kheperou-rê est une cité légendaire dans laquelle certains d'entre vous ont déjà pris l'habitude de se promener. Elle flotte quelque part, en un lieu inconnu, entre la Provence et l'Egypte et ouvre ses portes à quiconque veut les franchir. Au détour de ses ruelles, des découvertes à faire, des surprises parfois, de quoi se divertir aussi.

 

 

Notre cité s'agrandit peu à peu, de nouveaux bâtiments se dressent régulièrement. Inscrivez-vous au papyrus adéquat pour être tenu informé.

 

 

 

Que la divine Isis veille sur vous, et bonne promenade !

 

 

 

 

La divine Ouadjet veille

 

 

  

Un petit mot sur les Rubriques...

 

 

 

 

 

 

Salâm, ô visiteur !

Le blog s'articule comme une ville égyptienne imaginaire, dont le nom sera Ankh-Neferkheperou-Rê ; virtuellement, vous vous rendrez dans différents lieux pour y trouver ce qui vous intéresse plus particulièrement. Bon, pour la squaw, je sais qu'elle ne fait pas très égyptienne, mais je l'aime bien, disons qu'elle est venue s'installer en Egypte. Pour Beit Prouvènço, c'est l'amabassade de Provence en Egypte.
 
 
Akhbâr Masr : des nouvelles de l'Egypte d'aujourd'hui, issues de la presse égyptienne ou internationale, des sites officiels et culturels.
 
 
 
Antre de la Squaw espiègle : pour se détendre un peu, mais aussi pour découvrir les cultures amérindiennes.
 
 
 
Atelier du Scribe : pour partager ce que j'écris, poèmes ou proses.
 
 
 
Barque d'Amon : récits de voyages en Egypte, que ce soit celui que j'ai effectué en 2004, celui que je vais effectuer avec Theti à la fin de l'année, inch Allah, ou celui de visiteurs célèbres qui nous ont précédé, plus des conseils pour votre voyage.
 
 
 
Beit 3arabeyya : la culture arabe, sous tous ses aspects, artistiques, historiques et humains.
 
 
 
Beit Egyptomania : l'égyptomanie sous toutes ses formes, ancienne et actuelle.
 
 
 
Beit Kemet  : l'Egypte antique.
 
 
 
Beit Kuptios : l'Egypte chrétienne, copte.
 
 
 
Beit Masr : l'Egypte musulmane et contemporaine.
 
 
 
Beit Nefred : le côté perso, qui se dévoile un peu.
 
 
 
Beit Prouvènço : un regard sur ma région, la Provence, et le Var en particulier.
 
 
 
Cuisines du Palais (Recettes) : des recettes venues du monde entier, que j'aime réaliser et que je vous conseille.
 
 
 
Ecole des Scribes : les archives, les recherches historiques et la paléographie, mais aussi la généalogie.
 
 
 
El-Genena : notre jardin, un jardin rêvé, un jardin aux multiples facettes, une halte de fraîcheur et de beauté, pour contempler et se reposer, jouir de la beauté, tout simplement.
 
 
 
Gynécée de l'Histoire : un hommage aux femmes qui ont fait ou marqué l'histoire.
 
 
 
Mastaba de Ptah-Hotep (Spiritualité) : mon univers spirituel, mais aussi tout ce qui concerne les croyances, les religions, à commencer par la religion égyptienne antique, bien sûr.
 
 
 
Palais de Nechao (Voyages) : les voyages, ceux que j'ai faits ou ceux que j'aimerais faire, mes destinations de rêve (subjectif, bien sûr).
 
 
 
Papyrus Humeur du jour : comme son nom l'indique, une courte rubrique sur l'humeur du moment,  sous forme d'image sans paroles ou de petit texte.
 
 
 
Quais du Port : des sites qui m'ont plu sur le net, les sites ou blogs de mes amis.
 
 
 
Soukh aux Beaux mâles : une galerie de beaux mâles pour rêver un peu.
 
 
 
Taverne d'Elephantine : le coin pour parler de questions de société, donner des coups de coeur, parler de tout et de rien.
 
 
 
Temple de Bastet : ma passion pour les félins, à commencer bien sûr par les chats et mon Ramsès.
 
 
 
Temple d'Hathor (Musique) : mon univers musical, des avis, des conseils, des présentations, mais aussi des paroles de chansons, des clips et photos.
 
 
 
Temple de Hou (Citation) : des citations glanées au fil des lectures, des phrases pour réfléchir.
 
 
 
Temple de Kamoutef (CultureGay) : tout ce qui touche à l'homosexualité, mon vécu en tant que tel, mais aussi la culture gay, et un peu de militantisme si nécessaire.
 
 
 
Temple de Khepri  (Actualité) : des réactions, des infos ou des clins d'oeil sur l'actualité en général.
 
 
 
Temple de Ptah (Arts) : l'art sous toutes ses formes, de tous les horizons et de toutes les périodes. Des notions de techniques artistiques, des lexiques pour mieux aborder l'art aussi.
 
 
 
Temple de Sekhmet (J'aime pas...) : le coin délire où j'épingle ce qui ne me plaît pas.
 
 
 
Temple de Thot (Lectures) : mes impressions sur des livres que j'ai lus, des conseils de lecture.

 

 

(Création et cadeau de Theti ukhtî)

 

Texte Libre

 

(réalisé et offert par Ahhotep ukhtî)

 

 

Si ce lieu porte un nom égyptien et parle beaucoup d'Egypte, ce n'est pas un hasard. L'Egypte, dans toute sa richesse passée et actuelle, fait partie de mes passions. C'est donc avec la ville imaginaire d'Ankh-Neferkheperourê que je vous propose de pénétrer dans mon monde. L'idée de ce blog est simple et vaste à la fois :  partager avec vous des émotions, sensations, des humeurs, des expériences et des passions... De nombreux sujets y seront abordés, des passions comme l'Egypte, avec entre autres le récit d'un voyage effectué en 2004  et le plus récent en décembre 2006, à des réactions à l'actualité, des commentaires sur des sites web visités et des conseils de visites sur le net, des lectures ou des musiques, des expériences vécues et des rêves, des coups de coeur et des coups de gueule, des citations d'auteurs ou même des travaux personnels, ou encore mes recettes de cuisine favorites...

 

Parce que le Net, c'est comme la vie, la "vraie". On se rencontre, on discute, on échange, on partage... ou on passe à côté et on s'ignore. Alors arrêtez-vous un instant, installez-vous confortablement et laissez-vous guider... Non seulement vous êtes les bienvenus, mais surtout vous êtes ici chez vous 

 

Ne soyez pas timides, n'hésitez pas à indiquer votre avis et vos réactions par l'intermédiaire des commentaires ; à terme, ce blog pourrait devenir aussi un lieu d'échanges, c'est ce que j'aimerais en tout cas, cela ne tient qu'à vous. Devenez citoyens de notre ville en vous inscrivant au papyrus express, qui vous permettra d'être tenu informé de la publication des nouveaux articles et de recevoir les courriers réservés à nos citoyens.

 

Bonne lecture, et au plaisir de vous lire en retour !

 

 

 

 

 

  

Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007. Le forum ferme également.

Jeudi 29 mars 2007

A l'intérieur de la mosquée Ibn Tûlûn, au Caire, les décors de plâtre du IXe s., de style iraqien, comptent parmi les plus beaux exemples de cet art ; ils se développent sur les arcades, les chapiteaux des colonnes et les murs.

Les Arabes ont développé très tôt une technique très subtile des décors de plâtre à base de gypse. Le gypse se trouve en abondance au Mashreq et y est utilisé depuis la plus haute Antiquité, puisque les premiers décors de plâtre y remontent au Néolithique. Dans de nombreux pays musulmans, le plâtre de gypse servit à réaliser des motifs ornementaux pour les murs, les colonnes et leurs chapiteaux, les plafonds des mosquées et des palais. Nombreux sont ceux qui ont résisté au temps et qui constituent l'un des fleurons de l'art islamique. Les décors de plâtre des monuments du Caire comptent parmi les plus beaux de tout le monde musulman ; c'est pour cette raison que j'ai choisi d'illustrer cet article par un des plus beaux ensembles cairotes : les décors de la mosquée Ibn Tûlûn (876-879), que nous avons eu la chance d'admirer en décembre dernier.

Lorsque l'on sait toute la difficulté que représente cette technique, on ne peut qu'admirer la finesse de chefs-d'oeuvre comme ce mihrâb tûlûnide.

On cuisait le gypse dans des fours bas en maçonnerie dont le sommet était ouvert ; on plaçait à l'intérieur les blocs de gypse, puis on maintenait un feu intense durant 12 à 24 heures. Ensuite, le gypse cuit était broyé dans un moulin à meule tournante verticale pour être réduit en poudre.

Les chapiteaux des colonnes s'ornent de motifs végétaux sculptés au ciseau dans le plâtre frais.


 

Les décors de plâtre se retrouvent dans tout le monde musulman pour la réalisation de motifs décoratifs ou comme support pour les fresques. Durant des siècles, les plâtriers et stucateurs arabes affinèrent et développèrent les techniques et les mélanges. Additionné de chaux, le plâtre devenait très solide et durable ; additionné de poudre de marbre ou d'albâtre, il prenait l'aspect poli de ces matériaux précieux. Le polissage des décors de plâtre nécessitait une grande habileté.

Des bandeaux courent au sommet des murs, encadrent les baies, les motifs végétaux se développent à l'intérieur des arcs et les fenêtres sont pourvues de claustra de plâtre fins comme la dentelle.


 

C'est au Yémen que la tradition s'est le mieux maintenue et est la plus proche des techniques anciennes. On réalise une poudre de marbre très fine, qui est mélangée au gypse et à la chaux ; on laisse le mélange fermenter durant une semaine avant de l'utiliser. On l'applique ensuite sur la surface à décorer couche après couche, chacune étant polie durant 3 jours avec une pierre avant l'application de la suivante. On applique ainsi entre 2 et 3 couches successives. Ensuite, le plâtre est passé 3 fois au lait de chaux, puis poli 3 fois avec de la pierre ponce. Après avoir laissé reposer une semaine, l'enduit est brossé à l'eau, en utilisant une brosse très fine. La surface change alors de couleur et passe du blanc à un crème pâle. Ce travail est particulièrement délicat et fastidieux, et on ne peut réaliser au maximum que 6 m2 par jour ! Pour terminer, on applique avec une étoffe ou à la main de la moelle extraite d'os d'animaux afin de terminer le polissage et d'accentuer la richesse du coloris.

Pour réaliser les motifs répétitifs, comme cette frise de rosaces qui se déploie tout autour de la cour, le maître plâtrier s'aidait de moules de bois.


 

De la même façon, la mise en oeuvre des décors de plâtre demandait une grande maîtrise technique. Il fallait tout d'abord tamiser soigneusement plusieurs fois la poudre de plâtre et les matériaux qui y étaient additionnés. Ensuite, après avoir ajouté de l'eau, il fallait malaxer très longuement le mélange de façon à stopper la prise rapide et obtenir une pâte que l'on pourrait modeler et sculpter pendant plusieurs jours. Comme expliqué ci-dessus, on superposait plusieurs couches successives, chacune devant prendre et être polie avant l'application de la suivante. C'est dans la dernière couche que le maître plâtrier réalisait le décor, soit en appliquant un moule de bois, soit en sculptant avec un couteau à plâtre. La finition était réalisée en frottant la surface avec un linge humide et une brosse fine ; on pouvait aussi appliquer sur la surface préalablement mouillée une poudre très fine faite d'un mélange de gypse et de talc, qui était polie après séchage pour obtenir un beau brillant.

Chacune des nombreuses arcades de la mosquée porte un motif différent, montrant à la fois la richesse du répertoire décoratif et la grande maîtrise technique des artistes.

Comme nous le verrons dans un prochain article, les vitraux des monuments musulmans font également appel au plâtre ; et là encore, c'est au Yémen que la technique ancienne s'est le mieux conservée.

Une des fenêtres de la cour, avec ses colonnettes et son arcade en plâtre.

Pour une vue d'ensemble de la mosquée Ibn Tûlûn, vous pouvez vous reporter à la petite vidéo que je vous avais proposée. Pour son historique et sa description, vous pouvez vous reporter à l' article la concernant dans Beit Masr.

Par Nefred - Publié dans : Beit 3arabeyya-Monde et cultures arabes
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Jeudi 29 mars 2007

Loutre Rieuse est de retour : il faut dire qu'en ce moment les wasicun* sont particulièrement drôles et que j'ai de quoi rire dans mon teepee ! C'est parti, nous savons à présent qui se présente et le compte à rebours est lancé. Douze candidats : c'est digne du rayon le mieux garni d'un supermarché wasicun ! Fini le temps où on faisait alliance pour présenter des candidats susceptibles de rassembler une part de l'opinion plus large que les simples sympathisants de tel ou tel parti : cette fois, chacun veut le sien, même ceux qui n'ont aucune chance d'être un jour élu et ceux dont on se demande ce qu'ils font là ! Ils sont fous, ces wasicun !

Petit tour d'horizon impertinent pour examiner ces candidats à emménager dans l'hôtel de Mme Poisson... L'impertinence et la dérision, c'est pour ça que votre Loutre Rieuse est là, non ? Par ordre alphabétique, comme ça il n'y aura pas de jaloux ! Quatre par quatre, parce que 12 à la fois, ça ferait un papyrus bien trop long et je m'attirerais les foudres des scribes obligés de le fabriquer... sans compter que ce ne serait pas très pratique pour vous non plus !

Après le bon roi Henri et sa poule au pot, le bon président François et... et quoi, au fait ?

Voyons, par ordre alphabétique... C'est François BAYROU, le candidat de l'UDF, sur lequel nous nous y collerons donc en premier. François Bayrou, le biographe d'Henri IV, qui se découvre des racines paysannes tombant à point... A première vue, l'idée de sortir d'un éternel clivage droite-gauche ou gauche-droite, comme on veut, pourrait sembler pertinente : en effet nombreux sont ceux qui pensent que toutes les idéologies du XXe s. ont fait faillite et qu'il serait temps d'inventer les modèles du nouveau millénaire. Le problème, c'est qu'on a du mal à croire ce « bon François » (il l'a bien cherché, non, avec le bon roi Henri ! ), d'autant que certains de ses proches eux-mêmes sont loin d'être convaincus... Et puis pour se lancer dans une telle entreprise, il faut du charisme, et j'ai bien peur qu'il ne manque singulièrement d'envergure ; peut-être que s'il avait épousé Ségolène, il n'en serait pas là...

Ah, le facteur à vélo qui sillonnait la campagne, ça c'était authentique, hein Olivier !

Suivant ! Olivier BESANCENOT, le candidat de la LCR. Olivier-le-petit-postier qui en fait des tonnes pour nous convaincre que lui il sait rester simple... Il a l'avantage d'être jeune, certes il fait baisser la moyenne d'âge des candidats ; mais ses idées, elles, ne le sont pas autant : même s'il cherche à les adapter à la situation d'aujourd'hui, elles restent malgré tout résolument ancrées dans le passé. Pensez donc : la révolution (dont il explique qu'elle ne consistera pas à pendre ceux qui ne sont pas d'accord : ouf, on a eu peur... pour les arbres de Nicolas Hulot, bien sûr ! ), l'exaltation du prolétariat, etc. Sans compter l'éternelle éminence grise Krivine, qui ne donne pas non plus dans la nouveauté. Et puis d'abord, un révolutionnaire, ça ne cherche pas à se faire élire : ça fait la révolution, non ?

José le Faucheur fou aiguise son outil : les champs de maïs n'ont qu'à bien se tenir !

Suivant ! José BOVE, le candidat « altermondialiste ». Un des OVNI sortis du chapeau : José le pourfendeur de maïs transgénique a coupé l'herbe sous le pied de ses petis copains d'extrême-gauche et décidé de faire cavalier seul ! Remarquez, au moins les garden-parties de l'Elysée auraient un thème tout trouvé : « promenons-nous dans les champs, ou comment ratiboiser un champ de maïs » ! Pour le programme, on a du mal à cerner. Difficile, honnêtement, de le prendre au sérieux ; d'autant qu'un président commençant son mandat derrière les barreaux, ce serait une grande première : en général, c'est après que le risque arrive... Bref !

Marie-George a trouvé comment recycler le marteau et la faucille : les fumer !

Suivant ! C'est une suivante : Marie-George BUFFET, la candidate du PCF. Marie-George, la « dame-à-la-clope-au-bec » (rappelons que « fumer tue » !) qui n'a pas la maestria d'un autre Georges qui animait autrefois nos campagnes présidentielles... Pour les idées, là au moins non plus ça ne bouge pas, on sait où on va. La malheureuse n'est pas parvenue à faire ami-ami avec le reste de l'extrême-gauche pour une alternative au parti socialiste : seraient-ils machos et n'accepteraient-ils dans leur rang que Dominique Voynet ? Bon, il faut dire qu'avec tous les revers que subit le communisme depuis 1989 et les crampes au cerveau qu'il a fallu se faire pour ne pas être englouti dans l'effondrement du grand frère soviétique, elle hérite d'un sacré cadeau empoisonné...

* Wasicun : homme blanc, en sioux lakota ; il faut parfois traduire ce que dit Loutre Rieuse...


Par Nefred - Publié dans : Antre de la squaw espiègle
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Mercredi 28 mars 2007

Nous allons entamer dans Beyt 3arabeyya une promenade à travers les mots français qui nous viennent de l'arabe et leur histoire, ce qu'ils nous apprennent du point de vue de la civilisation. En ces temps où l'on cherche à la fois à faire croire à un prétendu « choc des civilisations » et à niveler les cultures dans une « mondialisation » destructrice, la démarche ne me semble pas inintéressante. J'espère que vous aussi vous y prendrez plaisir et ferez des découvertes. Nous commencerons aujourd'hui par l'aubergine, un légume qui est entré dans nos habitudes alimentaires, même s'il reste synonyme de soleil et de régions méditerranéennes.


Le nom « aubergine » nous vient directement de l'arabe « al-bâdinjân » (الباذنجان ), l'aubergine, apparenté au persan « bâdengân ». Un autre nom lui est aussi attribué durant longtemps, celui de « mélongène »1, qui vient du latin médiéval « melongena ». Cela nous laisse deviner une double pénétration du charmant légume en Occident, toujours à partir du monde arabe : d'un côté, une entrée directe et ancienne par l'Espagne musulmane ; de l'autre, une plus récente par l'Italie. C'est semble-t-il au XVIIIe s. que le terme d' « aubergine » prend définitivement le pas sur celui de « mélongène » ; elle est l'appellation courante dans le dictionnaire de 1798.

Fleurs d'aubergine en Thaïlande...


Les premières cultures de l'aubergine remontent au IIe millénaire avant notre ère, dans la région de l'actuelle Birmanie et du nord-est de l'Inde. Elle parvient en Chine dès l'Antiquité, puis les marchands arabes et persans la rencontrent en Inde et en Asie, et la ramènent dans leurs bagages au tout début du Moyen Age. Et en effet le nom arabe vient lui-même du sanskrit « vatinganah » ! Elle gagne tout le monde arabe et suit au Moyen Age la conquête jusqu'en Espagne, premier pays européen où elle sera cultivée. C'est d'ailleurs par l'intermédiaire du catalan « alberginia » que le mot serait passé en français. En tout cas, ce sont donc les Arabes qui l'introduisent en Occident, d'où le fait que son nom soit chez nous d'origine arabe.

Les marchands arabes ramènent l'aubergine d'Asie au Moyen Age...


Les Européens du Moyen Age se méfient de cette plante, à laquelle les médecins attribuent à tort la faculté de provoquer fièvres et crises d'épilepsie ; elle a une si mauvaise image qu'on l'appelle « Solanum insanum »2, impropre à la consommation, et qu'on la surnomme bizarrement « pomme de Sodome » . Il faut avouer que l'aubergine nécessite une préparation pour être bonne à la consommation et ne peut être consommée crue : elle contient de la saponine et sa peau et ses graines sont amères. Sans doute les Européens du Moyen Age ne maîtrisaient-ils pas sa préparation...


Elle sera dans un premier temps cultivée uniquement comme plante ornementale, objet de curiosité. Elle est introduite comme légume au XVe s. en Italie, où on l'appelle « melanzana » sur la base du nom latin médiéval, et de là dans le sud de la France ; d'où le fait qu'elle s'appelle « merinjano » en provençal sur le modèle italien et pas sur le nom d'origine arabe. Plus tard, Louis XIV demande à son jardinier de cultiver cette plante dans son potager de Versailles, pour laquelle on trouve aussi à l'époque le nom de « béringère »3. Mais c'est au XIXe s. qu'on la trouve pour la première fois dans des livres de cuisine. D'abord uniquement caractéristique de la cuisine des régions méditerranéennes, en particulier la Provence et le comté de Nice, elle finira par se répandre largement. Cela tient d'ailleurs à ce que la plante nécessite une chaleur minimale de 12°, ce qui explique qu'elle reste une plante méditerranéenne ; dans les régions du nord, elle ne peut donc être cultivée que sous serre.

Il y a à travers le monde des aubergines de diverses couleurs, comme ces aubergines rouges...

... ou cette aubergine blanche !


Les deux premiers producteurs mondiaux d'aubergine est aujourd'hui... la Chine (56% de la production mondiale) et l'Inde (28%) ; rien d'étonnant à cela, puisque cette plante est originaire d'Asie du sud, Inde et Birmanie essentiellement. L'Egypte arrive en 4e position (2%), derrière la Turquie (3%) ; c'est la Turquie4 d'ailleurs, à l'époque ottomane, qui a introduit de nombreuses recettes utilisant l'aubergine dans tout le Mashreq et les Balkans, et même au-delà : le fameux "caviar d'aubergine", par exemple, qu'on trouve du Mashreq à la Grèce et à la Provence, sous différents noms et avec de multiples variantes !

L'étonnante aubergine blanche à "oeufs", apprécié à l'origine comme plante décorative dans les jardins anglais !


Les mots, à travers le secret de leur histoire et de leur évolution, non seulement nous font voyager, mais nous montrent combien ce qui fait notre quotidien est issu d'origines diverses qui font toute la richesse de notre monde et combien ce qui nous est aujourd'hui familier peut être venu d'ailleurs il y a très longtemps...

La bélangère antillaise, striée de blanc...

1 -  Elle garde d'ailleurs le nom de « melongene » en anglais, à côté de l'appellation courante d' « eggplant » ("plante à oeuf"). Les Anglais cultivaient pour l'ornementation une variété à fruits ovales et trapus qualifiés d' « oeufs » !

2 -  C'est l'altération du nom savant qui a donné « melanzana » en italien.

3 -  Qu'on retrouve dans le nom de « bringelle » donné au légume à La Réunion et « bélangère » à une variété antillaise.

4 -  en turc, elle s'appelle « patlıcan » (prononcé « patleudjan »), mot qui vient également de l'arabe.

Par Nefred - Publié dans : Beit 3arabeyya-Monde et cultures arabes
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Mercredi 28 mars 2007

La mer, une fin d'après-midi, ce week-end... Paisible avant le déferlement estival, pour quelque temps encore appartenant à nous seuls, ses enfants qui ne peuvent se détacher d'elle...

La mer que le soleil du début de printemps vient caresser avant de se noyer en elle... Un spectacle toujours aussi grandiose, à la fois familier et sans cesse renouvelé...

La mer, éternelle complice qui apaise les humeurs chagrines, appel au rêve, fascinante et rassurante, espoir d'un ailleurs qui bat comme le pouls de ma chère Provence : tantôt paisible, tantôt sauvage, mais toujours authentique...

Par Nefred - Publié dans : Beit Nefred-Nefred et son univers
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Samedi 24 mars 2007

Je ne vous ferai pas un long discours sur la question, je crois que nous en avons déjà parlé. Simplement, ce week-end a lieu comme chaque année l'opération Sidaction ; on peut en penser ce qu'on veut, émettre d'éventuelles critiques, en particulier sur l'attitude des médias : mais c'est avant tout l'occasion de rappeler que ce fléau continue de faire des ravages dont on n'a pas toujours conscience. La recrudescence des contaminations, ainsi que le développement d'autres MST comme la syphilis, montrent qu'il faut continuer à informer. 

Les 2/3 des personnes contaminées dans notre pays sont hétérosexuelles, et pourtant l'idée de "groupes à risques" reste ancrée dans bien des cerveaux.  Nul n'est à l'abri, il ne faut pas cesser de le rappeler. Nous savons tous, par exemple, que la fidélité absolue est un grand principe auquel il arrive dans la vie de ne pas se tenir ; cela n'est pas répréhensible en soi, du moins pas à mes yeux, pour autant que l'on se montre responsable et que l'on ne mette pas ses partenaires en danger. Des pratiques dangereuses ont fait ces dernières années leur apparition, avec une mode des rapports non protégés, en particulier chez les jeunes. Une baisse de la vigilance est observée en parallèle, même dans les milieux très sensibilisés comme les homosexuels.

Une réalité qu'il ne faut pas oublier : on ne guérit pas le Sida. La seule façon de se protéger et de protéger ses partenaires, c'est le préservatif. Un instant de plaisir ne doit plus se transformer ensuite en cauchemar...

Outre l'opération Sidaction, de nombreuses associations oeuvrent toute l'année sur le terrain. Une occasion aussi de rendre hommage à tous ces bénévoles qui ne ménagent pas leur peine dans la prévention et l'accompagnement des malades.

Par Nefred - Publié dans : Papyrus Humeur du jour
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Mercredi 21 mars 2007
 

Sobek, le maître des lieux...

Lors de notre croisière sur le Nil, nous avons eu la visite de nuit du temple de Kom Ombo, un incontournable des circuits. Il faut avouer que le site de nuit a quelque chose de magique, et je crois que Theti devait vivre ça. Pour moi, c'était la seconde fois ; je en savais donc pas si la visite me passionnerait autant, ou si j'aurais une impression de déjà vu...

C'est grâce à Theti que nous avons des photos de ce site, puisque vous savez que j'avais oublié mon appareil à Paris... Du coup, la pauvre Theti s'est retrouvée chargée de réaliser les photos spécifiques que je lui demandais, et en cela elle a été adorable dans son esprit de partage. Shokran, habibatî !


Un impondérable a placé la visite sous de mauvais auspices au démarrage. Une heure de départ anticipée avait été annoncée à bord, obligeant Ehab à s'adapter pour que nous puissions effectuer le programme tout en étant à bord pour le départ du bateau – imaginez vos deux infernaux préférés ratant leur bateau après avoir failli rater leur avion à Paris ! Et puis, sans qu'on sache pourquoi, l'heure de départ a été retardée, au grand dam d'Ehab qui s'était dépêché et à notre grand regret de ce temps perdu... Ce sont les inconvénients d'une croisière ; il y a un tel trafic sur le Nil que les impondérables de ce genre sont quasiment inévitables. Il faut réguler la circulation des bateaux, donc parfois avancer ou retarder les départs, ce qui sur le moment vous met un peu en rogne, je l'avoue.

La visite de nuit du temple de Kom Ombo reste une expérience magique...


Bref, nous avons navigué en direction de Kom Ombo, où nous devions arriver dans la soirée. Nous nous étions dit que l'heure du repas serait repoussée d'autant, de façon à laisser le temps de profiter de la visite du site. Malheureusement, certains touristes privilégiant leur ventre plutôt que la découverte de l'Egypte et les organisateurs le sachant bien, l'heure du repas ne semblait pas, aux premières nouvelles, repoussée. J'avoue, là encore, que j'étais un peu en rogne, car j'avais dans l'idée de profiter de voir à Kom Ombo des détails que je n'avais pas vus la première fois... Le pauvre Ehab a dû s'adapter, et a bien vu que nous faisions grise mine – le Méditerranéen a le sang chaud et du mal à cacher sa contrariété, même si ça passe ensuite très vite.

Des reliefs d'une grande beauté, de différentes factures, qui témoignent de la réussite du mariage entre tradition égyptienne et influence grecque à l'époque tardive.


Le temple est un lieu toujours aussi magique – que j'aimerais d'ailleurs pouvoir voir une fois de jour, ainsi que voir la localité elle-même. Depuis le quai, nous montons vers les vestiges du temple que Sobek partage avec l'Horus d'Edfou, son voisin. Etant donné que nous sommes seuls avec notre guide, nous avons tout loisir de remarquer des détails qu'on ne peut pas voir en troupeau. Ainsi, je n'avais pas remarqué lors de la première visite la finesse et l'intérêt de certains reliefs. Il n'y a pas énormément de monde sur le site, ce qui est agréable, au moins notre retard est-il en cela un avantage. Ehab nous montre bien entendu les incontournables de Kom Ombo, comme le calendrier et le relief des instruments médicaux, mais aussi des détails dont on parle peu et que je ne connaissais pas. Ce qui fait que la déception du départ disparaît à mesure qu'il nous fait découvrir le site à sa façon. La magie du lieu opère et c'est heureux que nous regagnons notre bateau. Ehab est un peu furax quand il découvre, une fois revenu à bord, que l'heure du repas a finalement été repoussée. Mais ce n'est pas grave, Theti a quand même eu le temps de profiter de ce lieu magnifique et j'ai pu faire un agréable petit coucou à mon cher Sobek, tout en me remémorant les aventures de la première visite, en 2004.

Malgré les lacunes et dégradations subies par le temple, le roi continue de faire les offrandes d'encens et ablutions.


Durant la visite, nous avons eu Domi au téléphone, car notre chère agent de voyage préférée, attentive et consciencieuse se tenait régulièrement au courant du déroulement de notre séjour - c'est un des avantages de ce type de séjour à la carte, on n'est pas un anonyme dans la foule de touristes et dans ce domaine l'organisation de l'agence est parfaite. La coquine a bien senti, au moment où elle a appelé, que quelque chose m'avait contrarié, malgré mes protestations que tout allait pour le mieux ; et comme elle insistait pour savoir, je lui ai dit que nous en parlerions lorsque nous serions à Hurghada... La pauvre s'est affolée et s'est demandée ce qui se passait. Lorsque nous nous sommes vus à Hurghada, nous avons parlé et elle m'a dit, soulagée : « Plus jamais ça, Nefred ! » - j'attendais une fessée bien méritée, mais elle n'a pas osé... Elle avait fait connaissance avec le caractère impétueux des Méditerranéens, qui s'enflamme aussi vite qu'il se calme ! Désolé, ma chère Domi, de t'avoir inquiétée !

L'extraordinaire nilomètre de Kom Ombo...


Travaillant moi-même dans le tourisme, je sais bien qu'il y a des imprévus qui sont pratiquement inévitables et que l'agent de voyage ne maîtrise pas, ni le guide d'ailleurs. Aussi, il faut prendre les contretemps avec philosophie, c'est une leçon que sur le moment j'avais oubliée, mea culpa... Le problème de la croisière, c'est qu'il y a des impératifs qu'on n'a pas lorsqu'on est à terre, comme les horaires de départ qui doivent pouvoir insérer le bateau dans le trafic sur le Nil. Cela fait qu'il ne faut pas attendre de la croisière une approche approfondie, mais la considérer comme une première approche, nous y reviendrons ; ce rôle de première approche correspond parfaitement à la croisière sur le Nil. Il faut aussi savoir que la fatigue, au bout de quelques jours, se fait sentir, car les programmes sont assez intenses ; aussi, lorsque vous organisez votre voyage, prévoyez toujours des moments pour souffler un peu. C'est ce que Domi a fait quand elle nous a concocté le programme du circuit, et je vous assure que cela fait du bien de pouvoir se poser un peu.

... et les non moins prisés crocos momifiés provenant de la nécropole à crocos voisine.


En tout cas, le pari fut quand même réussi, malgré ces petits imprévus. Les ruines du temple illuminées, comme nimbées d'or par les éclairages ou au contraire apparitions blafardes des reliefs, ont quelque chose qui vous transporte hors du temps et crée une atmosphère quelque peu irréelle. Et ne manquez pas de détailler les chapiteaux – mon dada, comme vous le savez... - , qui sont d'une grande richesse, ainsi que les vestiges de décors polychromes de toute beauté.

Les détails de polychromie valent qu'on s'y attarde, comme ce fragment d'enduit peint sur le pagne de l'une des figures.

Les extraordinaires vautours peints, aux couleurs d'une remarquable intensité, sur les vestiges des plafonds. La grande difficulté lors de la visite de nuit de Kom Ombo, c'est de réussir à faire des photos qui ne soient pas perturbées par les éclairages ou rendues floues...

Vous pouvez retrouver ici le récit de ma première visite à Kom Ombo, en 2004, avec l'aventure cocasse que nous y avions vécu. Et  vous trouverez, sur son site, le récit par Théti.

Par Nefred - Publié dans : Barque d'Amon-Voyages en Egypte - Communauté : Masr, les amoureux de l'Egypte
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Lundi 19 mars 2007

 

Reprenons les plantations dans notre jardin... Aujourd'hui, ajoutons-y un amandier, arbre traditionnel des jardins provençaux. Dont les fleurs annoncent la fin de l'hiver et la venue du printemps, et dont les fruits, une fois séchés, garderont une trace de la belle saison...

Ici les amandes sont impatientes, comme vous le voyez - la photo date d'il y a deux jours. Elles partagent notre hâte de dire adieu à l'hiver, d'assister à ce spectacle féérique qu'est le printemps provençal et de retrouver ce soleil qui fait resplendir les beautés de notre région, exalte les couleurs et réchauffe nos coeurs...

Par Nefred - Publié dans : el-Genena
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Lundi 19 mars 2007

 

Voici une photo que j'ai prise ce week-end... Une image d'un instant magique dans un lieu grandiose, un de ces décors naturels qui semblent faits pour quelque récit antique, comme notre Provence Maritime en a le secret... Des lieux où le temps semble s'arrêter, où l'on se pose pour une contemplation silencieuse et où l'on sent vibrer en son coeur l'amour "dou païs", cet amour fou pour la terre natale...

Nous reparlerons bientôt du petit village du Revest-les-Eaux, aux portes de Toulon ; un endroit qui réserve bien des surprises au promeneur... Pour le lac, il n'est pas naturel. Il s'agit d'une retenue d'eau qui résulte de la construction d'un barrage, achevé en 1912 et destiné à assurer l'alimentation en eau de Toulon. Là où l'homme aurait pu faire un désastre pour répondre à ses besoins insatiables, il a, pour une fois, laissé la nature en faire un lieu magnifique...

Par Nefred - Publié dans : Beit Prouvènço-La Provence - Communauté : Balades régionales.
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Lundi 19 mars 2007

  

 

 

yôm 3asal wa yôm basal

 

 

Il y a des jours avec et des jours sans...

 

 

Littéralement : jour de miel et jour d'oignon... L'image est belle, non ?

Je vous souhaite donc à tous une semaine avec beaucoup de miel, et juste ce qu'il faut d'oignon pour pouvoir l'apprécier...

يوم عسل و يوم بصل

Par Nefred - Publié dans : Temple de Hou - Citation - Communauté : Masr, les amoureux de l'Egypte
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Samedi 17 mars 2007

Au terme de notre périple à travers les sites pharaoniques de Haute- et Moyenne-Egypte, nous avons traversé le somptueux désert Arabique pour aller passer quelques jours à Hurghada afin d'y retrouver notre amie Anne-Marie et notre agent de voyage préféré, sa fille Domi. C'est étrange, car nous n'avons pas un instant eu le sentiment que nous allions rencontrer des personnes que nous n'avions jamais vues ; c'était naturel, comme si nous nous connaissions déjà dans la « vraie vie ». La traversée du désert a donc été un moment d'émerveillement devant ces beautés rougeoyantes, mais aussi d'impatience de se retrouver...

L'hôtel à Hurghada où la rencontre tant attendue a eu lieu...


Il y a peu de photos de cette rencontre. Nous avions peu de temps, et la vraie vie a pris le pas sur la volonté de fixer ces instants. C'est dans le coeur qu'ils se sont inscrits, à leur place essentielle. Donc peu de photos pour illustrer cet article, vous voudrez bien nous le pardonner... Je ne vous raconterai pas tout dans le détail ; d'abord parce que ce serait trop long, et puis aussi parce que ces moments appartiennent à notre amitié, ils ont quelque chose d'intime qui ne se laisse pas enfermer dans la prison étroite des mots.

Le trio infernal des Talata's qui se retrouve enfin à Hurghada : c'est pas beau, ça ? Un moment inoubliable...

 


Anne-Marie nous attendait en compagnie de Domi, Sarah et Sherine dans le hall de notre hôtel. La nuit tombait sur la ville lorsque nous sommes arrivés et l'impatience était grandissante car l'hôtel Calimera était éloigné du centre ville... Plus qu'une rencontre, nous avons eu le sentiment étrange de retrouvailles, tombant dans les bras les uns des autres avec tout le naturel que crée une amitié sincère, même si elle est née par le biais d'un instrument virtuel. Tout de suite, nous nous sommes sentis à l'aise ensemble, il n'y a pas eu ces moments de silence gêné qu'on a parfois avec des gens qu'on rencontre pour la première fois. L'accueil fut chaleureux... et bavard ! Imaginez plutôt quatre pipelettes réunies ! Les filles, elles, étaient très calmes – elles sont adorables les petites filles d'Anne-Marie, comme leur maman et Anne-Marie elle-même, d'ailleurs.

Elle n'est pas royale, notre Anne-Marie : la classe absolue, ma chère Anne-Marie ! ; )


C'est une Anne-Marie telle que je l'imaginais, telle que je la connaissais à travers le net avec laquelle nous avons passé trois journées inoubliables. Chaleureuse, ouverte, aimant le contact humain, avec un humour extraordinaire et une générosité qui fait que le contact est direct, d'une facilité naturelle. Elle est rayonnante, notre Anne-Marie, avec ce beau visage radieux qui ne se départit pas de son sourire et ces yeux qui pétillent. Pleine de vie, enthousiaste. Elle nous a fait découvrir son Hurghada, les endroits où elle aime se rendre, mais aussi son chez elle ; c'était émouvant de découvrir l'endroit depuis lequel nous avions nos contacts, d'où elle nous parle en « annmari », ce dialecte étrange d'Hurghada fait d'un mélange de connexion internet à l'égyptienne et de clavier amriki. Nous avons aussi fait la connaissance de son mari Amr, un homme charmant et calme qui a dû prendre peur devant ces trois bavards réunis !

Chez Domi pour l'anniversaire de Sherine : Domi, c'est la jeune femme blonde à droite...


Domi, j'avais eu peu de contacts avec elle avant notre départ, mais avec elle aussi les choses se sont faites tout naturellement et nous avons d'emblée sympathisé. De sa mère, elle a hérité l'aisance et le contact facile, la générosité dans les rapports humains qui fait qu'on se sent à l'aise en sa compagnie. Elle est très jolie, mais, désolé messieurs, déjà mariée ! Nous avons fait la connaissance de sa petite famille, du petit frère des filles, de la nounou et du mari de Domi, et assisté à l'anniversaire de Sherine qui avait invité quelques amis pour l'occasion. C'est extraordinaire chez Domi : on passe du français à l'arabe et à l'anglais en un clin d'oeil, époustouflant. Et, tout comme les Talata's -le nom de guerre de notre trio infernal Annemarie-Theti-Nefred ! -, Domi est une bavarde avec laquelle nous avons bien discuté et ri.

Si si, on a réussi à lui faire fumer la shisha, même si elle y rechigne...


Une anecdote, quand même. Anne-Marie se défend de parler arabe, mais elle est trop modeste : elle parle masri, je l'ai entendu de mes propres oreilles ; avec un charmant accent français. Après avoir bu un verre ensemble et fumé la shisha, Anne-Marie nous raccompagne un soir vers notre « limousine » - je vous expliquerai une autre fois, en vous parlant de l'hôtel, des fameuses « limousines ». Elle échange quelques mots avec notre chauffeur, en masri, et tout à coup j'éclate de rire tandis que lui sursaute : elle vient de s'adresser à lui en lui disant « enti » (toi, mais au féminin en arabe) au lieu de « enta » (toi au masculin) ; le chauffeur se rebiffe avec amusement, protestant qu'il est un homme... et vous vous doutez bien qu'Anne-Marie rétorque qu'enti / enta, c'est la même chose, il a bien compris ce qu'elle a voulu dire ! Sacrée Anne-Marie, nous avons bien ri et du coup le fait de se quitter a été moins dur... Aurait-elle fait exprès cette boutade pour faciliter les au-revoir ?

Theti ne veut plus lâcher la shisha...

... mais j'ai réussi quand même à la lui piquer un peu !


Trois jours, ça passe malgré tout très vite, toujours trop vite. Et bientôt est venu le moment de se remettre en route pour la suite de notre périple égyptien. J'étais heureux à l'idée de retrouver Le Caire, cette ville dont je suis éperduement amoureux, mais c'est avec un pincement au coeur que nous avons quitté Hurghada et dit au revoir à Anne-Marie et Domi. De beaux moments d'amitié et de partage gravés à jamais, et la certitude que ce n'est qu'un au revoir.


Merci, les filles, pour tous ces beaux moments passés ensemble. Je vous aime très fort !*

 

* comme je sais que le mari égyptien est très jaloux, je précise que c'est bien entendu un amour tout fraternel...


Par Nefred - Publié dans : Barque d'Amon-Voyages en Egypte - Communauté : Masr, les amoureux de l'Egypte
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