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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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20 mai 2006 6 20 /05 /mai /2006 04:52

Je vais essayer de poursuivre l'explication du syncrétisme tel que je le conçois et le pratique. Bien entendu, tout cela n'engage que moi, c'est une vision personnelle des choses que je partage ici avec vous sans intention de convaincre. Je le répète, je ne prétends pas détenir une vérité et je ne me réclame d'aucune mouvance spécifique. Je pense que c'est important de bien poser cela en préalable, pour éviter les malentendus.

Artémis d'Ephèse, en Asie Mineure, assimilée à des déesses orientales...

 

Sérapis, dieu gréco-égyptien associant Zeus et Osiris, ou le taureau Apis...

 

Pour comprendre la démarche, il faut commencer par aborder certaines notions historiques. La notion de syncrétisme était présente dans de nombreuses religions anciennes : les Egyptiens ont adopté au cours de leur longue histoire de nombreuses divinités étrangères, comme Ishtar ; Grecs et Romains, par exemple, n'avaient aucun mal à adopter des divinités étrangères, ni à faire des parallèles entre leurs divinités et les divinités étrangères jusqu'à les assimiler. Par exemple, Artémis, en Asie Mineure, a pris de nombreux aspects des déesses mères de la fécondité de l'ancien Orient (Artémis d'Ephèse, en particulier) ; ou les Grecs installés en Egypte ont été capables d'assimiler religion grecque et religion égyptienne, jusqu'à former des divinités gréco-égyptiennes (Sérapis, Harpocrate). Les Romains ont adopté Apollon, dieu grec, et opéré un rapprochement entre dieux grecs et dieux romains ; au fur et à mesure que s'agrandissait l'Empire, les Romains adoptèrent de nombreux cultes étrangers : les Romains de l'Empire eurent un véritable engouement pour les religions orientales (cultes d'Isis, Cybèle la Magna Mater, Mithra, puis même le judaïsme et le christianisme, dans une moindre mesure puisque le monothéisme strict était un frein).

 

 Cybèle, la Magna Mater importée d'Asie Mineure vers Rome...

 

Mithra, dieu oriental très populaire à Rome, principal concurrent du christianisme...

 

De même, certaines religions actuelles ont cette tendance naturelle au syncrétisme. L'hindouisme, par exemple, ne voit aucun mal à faire des rapprochements avec d'autres religions ; la rencontre entre hindouisme et islam a donné le sikhisme ; pour de nombreux hindouistes, Jésus est considéré comme un des avatara, une des manifestations de Vishnou. Le bouddhisme, s'il fait de l'idée de Divin une notion plus abstraite, n'en exclut pas pour autant les traditions qui l'ont précédé ; les bouddhistes népalais ou tibétains continuent à pratiquer des rites issus de traditions animistes, les bouddhistes mongols ont conservé parallèlement le chamanisme. En Amérique latine s'est opéré un syncrétisme entre les religions précolombiennes et le catholicisme, que l'Eglise a bien été obligée de tolérer (ce que ne font pas, du reste, les fondamentalistes protestants américains qui évangélisent de façon brutale dans ces régions, en particulier au Brésil, mais c'est un autre sujet). Confucianisme et taoïsme se sont très bien accommodés du bouddhisme.

 

 Vishnu, dieu hindou dont Jésus est considéré comme un des avatara...

 

Le christianisme lui-même, à ses débuts et à différentes périodes de son histoire, n'a pas pu empêcher totalement ce syncrétisme ancien de s'opérer : la parenté entre la Vierge et les anciennes déesses mères ou Isis est évidente, les représentations du Christ et la symbolique chrétienne ont repris nombre de traits du mithraïsme, etc. Nombre de saints ou de lieux sacrés, de traditions sont issus d'un fonds plus ancien. Cependant, il à remarquer que les religions monothéistes, ou plutôt les trois religions du Livre (judaïsme, christianisme, islam), n'ont pas cet aspect d'ouverture et de tolérance ; elles prétendent détenir une vérité absolue qui exclut toute autre, ce qui tient en partie au fait même qu'elles définissent le Divin sous une forme unique.

 

 

 Etrange parenté entre ces deux représentations, qui n'est pas due au hasard : en haut, la déesse Isis allaitant Harpocrate sur une fresque égyptienne d'époque romaine de Karanis ; en bas, la Vierge allaitant l'Enfant dans une oeuvre de la fin du XVe s.

A ce niveau, il faut peut-être expliquer deux notions importantes.

D'abord, la notion de polythéisme / monothéisme : ce que nous appelons "polythéisme", la croyance en plusieurs dieux, est souvent mal compris, car considéré de façon superficielle. Il faut bien avoir conscience que les divinités, les mythes, les cosmogonies, sont des symboles, non des vérités absolues ; seule la religion populaire prend à la limite les choses au pied de la lettre, parfois spontanément, parfois sous l'influence d'un clergé qui cherche ainsi à acquérir une forme de pouvoir. Cependant, dès que l'on a la chance de pouvoir s'adonner à l'étude, on comprend rapidement que tout cela est symbolique ; le polythéisme n'est en réalité qu'apparent : les différentes divinités ne sont que les différents aspects d'une même réalité, que l'esprit humain ne peut concevoir dans sa totalité. Sous le polythéisme apparent, il y a un monothéisme de fond. Ainsi, polythéisme et monothéisme proposent deux façons différentes d'aborder la question du Divin : le polythéisme est conscient du caractère si abstrait du Divin qu'il le décline dans ses différents aspects pour le rendre accessible à l'homme ; le monothéisme, au contraire, pose comme condition préalable une vision très abstraite, qui a dû au fil du temps accepter quelques entorses pour convenir aux croyances populaires (ainsi s'est développé, malgré les réticences de l'Eglise, le culte de la Vierge et des saints).

Ensuite, l'aspect symbolique lui-même. La religion, la spiritualité, sont faites de symboles destinés à servir de support à la réflexion. Il faut également avoir conscience que nombre de traditions sont nées et se sont développées à des époques où l'instruction était réservée à une élite et où il fallait utiliser des images pour expliquer les choses au commun des mortels. L'aspect pervers, c'est qu'ensuite ces symboles ont pu être pris au pied de la lettre, vidés de leur vraie substance et même utilisés par certains hommes pour asseoir leur pouvoir sur d'autres. Ainsi, il convient toujours en matière de religion, de faire la distinction entre ce qui est d'ordre réellement spirituel et ce qui relève de l'histoire, de l'intervention purement humaine à des fins matérielles. C'est l'essence d'un message qu'il faut s'efforcer de comprendre, pas la forme qu'il prend ou le folklore qui l'entoure, même si l'homme est ainsi fait qu'il a besoin de rites.

 

Compliqué tout ça, non ? Nous allons arrêter là pour le moment et nous reposer un peu le cerveau. Je crois qu'il est urgent d'appeler notre squaw préférée pour nous détendre un peu...

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