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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Notre Cité

28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 16:18

Jusqu'à la fin du XIe s., la ville n'était entourée que par un mur de briques crues datant de Gawhar, qui n'offrait qu'une défense médiocre. En 1074, le calife fâtimide el-Mustansir demanda à Badr ed-Din el-Gamali, gouverneur d'Acre, de se rendre à el-Qahira pour mater la révolte des Turcs de la garnison. Le représentant du calife, après avoir exécuté les rebelles, entreprit de renforcer les fortifications du Caire en construisant une vaste muraille de pierre.  En 1087, Badr ed-Din el-Gamali  fit venir des architectes chrétiens syriens d'Edesse pour la construction des trois grandes portes_fortifiées  : Bâb el-Futuh, Bâb en-Nasr et Bâb Zuweyla. Ce recours à des chrétiens Syriens explique sans doute la parenté de ces édifices avec les portes des forteresses byzantines.  Pour ces travaux gigantesques nécessitant une grande quantité de pierre, une partie des matériaux fut prélevée sur les vestiges d'époque antique situés autour du Caire. Ces trois portes sont exceptionnelles à la fois pour leurs qualités architecturales et parce qu'elles représentent de rares exemples d'architecture militaire antérieurs aux croisades. Elles comptent parmi les plus anciens monuments du Caire islamique.

 

Vue générale de Bâb el-Futuh.

Bâb el-Futuh : détail de l'entrée.

Bâb el-Futuh dans la Description de l'Egypte.

Bâb el-Futuh, ou Porte des Conquêtes, située à la limite nord de la ville fâtimide, s'ouvre par un grand arc flanqué de deux puissantes tours arrondies ; elle donne sur la rue principale de l'ancienne al-Qahira, shâri' el-Mu'izz li-Din Allah. L'entrée est couverte d'une coupole et les tours sont couvertes de voûtes d'arêtes, avec un médaillon sculpté au centre. Sa construction est très soignée et elle compte parmi les plus beaux exemples d'architecture militaire musulmane. La vision actuelle est faussée par le fait que la base originelle de la porte se trouve aujourd'hui à 5m sous le sol actuel. C'est par cette porte qu'entraient en ville les caravanes de pélerins de retour de La Mecque. La porte peut être visitée.

Vue générale de Bâb en-Nasr.

Bâb en-Nasr : détail de l'entrée.

Bâb en-Nasr dans la Description de l'Egypte.

A l'est de la précédente se dresse Bâb en-Nasr, la Porte de la Victoire, qui vint remplacer la porte de la muraille de Gawhar. Badr ed-Din el-Gamali  l'avait à l'origine baptisée Bâb el-Izz (Porte de la Gloire), mais les Cairotes préférèrent celui de Bâb en-Nasr. Elle est la plus originale des trois portes du Caire fâtimide conservées ; en effet, au lieu d'être flanquée de tours arrondies, elle présente des tours rectangulaires. Au-dessus de l'entrée se trouve une inscription comportant le nom de Badr ed-Din el-Gamali  et la date de construction. L'entrée est voûtée d'arêtes, tandis que la partie supérieure des tours, supportant la plate-forme, est couverte d'un dôme sur pendentifs. Dans la structure de la porte, un escalier à voûte rampante conduit à la plate-forme supérieure, elle-même reliée par un escalier au sommet du rempart. L'ensemble est décoré de boucliers et d'épées, qui constituent une protection symbolique.  A la fin du XVIIIe s., les troupes de Bonaparte utilisèrent la porte pour contrôler le quartier ; les Français fermèrent les créneaux et élargirent les meurtrières pour pouvoir y placer des canons. Le nom de Bonaparte est d'ailleurs gravé sur la porte. Au début du XXe s., la porte fut débarrassée des adjonctions tardives pour retrouver son aspect d'origine ; des bâtiments qui l'entouraient furent également rasés pour la mettre en valeur.

 

Vue d'ensemble de Bâb Zuweyla.

Bâb Zuweyla : détail des minarets du XVe s.

 

Bâb Zuweyla se trouve à la limite sud de la ville fâtimide. Son nom lui viendrait des el-Zawila, une tribu berbère dont les troupes logeaient dans le secteur. Les Egyptiens l'appellent aussi Bâb el-Mitawalli, d'après le nom d'un saint, Mitwalli el-Butb, qui aurait vécu près de cette porte et aurait fait des miracles ; la légende dit que son esprit habite toujours la partie ouest de la porte, et on venait y demander l'intercession du saint. On retrouve ici le même principe qu'à Bâb el-Futuh : une entrée ouvrant par un grand arc flanquée de deux tours arrondies. L'entrée, située en arrière des tours, est couverte d'une coupole sur pendentifs supportant une plate-forme. Au niveau de celle-ci, un mur ouvert par un arc relie les deux tours. Au début de la période mamlûk, les sultans prenaient place sur la plate-forme de la porte pour assister à la procession du départ de la caravane emmenant la nouvelle kiswa, étoffe alors tissée en Egypte et destinée à recouvrir la Ka'aba, vers La Mecque. C'est aussi sur cette plate-forme que se tenaient les tambours lors des cérémonies pour l'entrée au Caire des nouveaux émirs nommés gouverneurs de la citadelle ou des officiels mamlûks. Par la suite, la porte devint aussi le lieu des exécutions ; les têtes des criminels y étaient pendues ; on y aménagea aussi une prison. Le dernier sultan mamlûk, Tuman Bey, y fut pendu en 1517 par les Ottomans. Les minarets qui surmontent les tours sont ceux de la mosquée el-Mu'ayyad, construite tout à côté (1415-1422) ; ces deux minarets octogonaux sont identiques, ornés au 2e étage de chevrons qui sont caractéristiques de cette période. Le nom de l'architecte qui les construisit, el-Mu'allim Muhammad Ibn al-Qazzaz est sculpté à l'entrée de leurs escaliers ; c'est le seul d'architecte mamlûk à signer ainsi un monument. En 2001, la porte a été totalement restaurée. L'une des tours et les minarets sont ouverts au public, offrant un point de vue extraordinaire sur la ville.

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commentaires

iorini 29/08/2006 22:39

Je me demande quel sorte de vie antérieure j'ai pu avoir, ces portes m'interpellent beaucoup. Ai-je été un zélé défenseur d'une ancienne ville? Un artisan laborieux? un paysan venant vendre le produit de ses champs en ville, attendant que les portes de la ville s'ouvrent à moi?
Quel passé féminin, mieux adapté à moi-même, donc,  puis-je m'inventer en relation avec ces portes?
à demain pour une suite au rêve...
merci, nefred, de nous faire rêver quotidiennement.
grosses bises
iorini

Nefred 30/08/2006 09:00

Salâm, yâ ukhtî !
'afwan ! C'est vrai qu'il y a des lieux comme ça qui nous parlent, on ne sait pas pourquoi. Promis, je te ramènerai, inch Allah, des photos perso de ces portes magnifiques.
Grosses bises
Nefred

@nne marie :0010: 28/08/2006 23:29

  Lorsque l'on "rentre" dans le caire par derrière Khran el Khalili, nous passons devant une porte mais je serai incapable de te dire laquelle ! ! ! ! !  Bisous du soir   @nne marie

Nefred 29/08/2006 16:22

Tout dépend où se situe le "par derrière" ; si tu vois une porte avec des minarets, c'est Bâb Zuweyla ; si tu vois une porte avec des tours carrées, c'est Bâb en-Nasr, et avec des tours rondes sans minaret, c'est Bâb el-Futuh...
Bisous
Nefred