Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Ankh-Neferkheperou-Rê
  • Ankh-Neferkheperou-Rê
  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
  • Contact

Papyrus éphémère

 

 

Création et cadeau de Theti

 

 

 

Fouiller

Texte Libre

 

 

 

 

 

  

Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

29 août 2006 2 29 /08 /août /2006 01:12

Connaissez-vous Lorenzo Lotto (1480-1557) ? Ce peintre vénitien est considéré comme l'un des plus grands peintres de la première moitié du XVIe s., et pourtant il est relativement peu connu du grand public. La personnalité de Lotto elle-même est fascinante ; c'est un artiste doux et sensible, mais aussi tourmenté et inquiet, en perpétuel mouvement. Il se déplacera beaucoup au cours de sa carrière. Il se démarque de la peinture vénitienne de son temps et s'ouvre à diverses influences. Ses principales influences sont celles de Giovanni Bellini, Leonardo da Vinci, Titien, Raphael et Giorgione, mais aussi les écoles nordiques (Dürer, Holbein) comme c'est souvent le cas à l'époque. Son style maniériste s'attache à l'humanité des personnages et aux états d'âme, au souci de rendre la réalité et l'apparence de la vie. Il fut un portraitiste de grand talent, avec des portraits représentant des personnages en 3/4. D'autre part, il affectionne le format horizontal qui lui permet de développer les motifs ornementaux.

Lorenzo Lotto d'après un autoportrait.


Il débuta à Venise, en réalisant comme miniaturiste des travaux d'illustrations de manuscrits précieux. Mais l'essentiel de sa carrière se passa en voyages et séjours plus ou moins longs, en fonction des commandes. Installé à Trévise en 1505, il peint pour les églises de la ville des oeuvres religieuses originales, dans un style à la fois hiératique et jouant sur la perspective et les formes gracieuses. Ce seront essentiellement des madonnes. A Rome, en 1509, il est chargé de la décoration des appartements du pape Jules II, tandis que Raphael décore pour sa part les Stanze ; Raphael sera préféré à Lotto, qui rentre en Vénétie. Il séjourne ensuite à Bergame de 1513 à 1526 et y réalise des retables d'une grande créativité pour les églises San Stefano et San Bernardino. En 1550, il perd la voix et en partie la vue. Il se retire en 1552 dans le monastère de Lorette, devient frère convers en 1554, et y restera jusqu'à sa mort.

Parmi les oeuvres que j'ai choisi de vous présenter, voici un remarquable "St Jérôme méditant dans le désert" (huile sur bois, 40 x 48 cm, daté 1506, musée du Louvre, Paris). Cette oeuvre est datée et signée "LOTUS 1506" sur un rocher ; elle provient probablement de la collection de l'évêque de Trévise, Bernardo Rossi. L'influence germanique est ici évidente, mais il y a aussi quelque chose de Léonard. Le saint ermite est totalement noyé dans un paysage étrange composé de plusieurs plans. Au premier plan se développe un ensemble de rochers nus, qui forment une verticale au-dessus de la figure du saint. L'aspect désertique est évoqué par le buisson dépourvu de feuillage. Sur la droite, entre les rochers, le regard s'échappe vers une vaste prairie, fermée par une montagne au sommet de laquelle on devine une ville perchée ; il faut y voir une évocation du choix de l'ermite de se retirer du monde, en même temps que l'occasion pour le peintre de représenter un paysage. Au-delà encore, on entrevoit une forêt et une chaîne de montagnes, avec un ciel rougeoyant chargé de lourds nuages noirs, comme c'est très souvent pour le ciel dans les tableaux de Lotto. Mais l'échappée sur le paysage est partout entravée par le feuillage des arbres qui jaillissent au sommet de la falaise du premier plan et sur ses flancs. On ne retrouve pas dans cette oeuvre l'atmosphère inquiétante à laquelle donnait souvent lieu le thème de st Jérôme au désert ; au contraire, on y ressent une ambiance de douceur, renforcée par le choix des coloris et l'attitude sereine du saint ermite.

La seconde oeuvre donne une idée de ses portraits. Intitulée "Portrait d'un jeune homme devant un rideau blanc" (huile sur bois, 42 x 35 cm, vers 1508, Kunsthistorisches Museum, Vienne), elle montre bien ce qui importe pour Lotto dans un portrait. Loin de la tendance idéalisante de la Renaissance, il représente le personnage dans sa réalité, dans ce qui fait sa personnalité. Lotto avait mis en place tout un système de symboles et de codes pour refléter la réalité intime de la personne dont il faisait le portrait, ses qualités morales. Remarquer en haut à gauche, derrière le rideau qui s'ouvre, la lueur de la lampe à huile.

 

 

"Vénus et Cupidon" (huile sur toile, 92 x 11 cm, vers 1520, Metropolitan Museum, New York) est lié à la tradition des poèmes de mariage et fut vraisemblablement peint pour commémorer un mariage, Vénus pouvant être en réalité la fiancée. Lotto affectionnait les symboles et leurs significations complexes. Vénus est étendue, coiffée du diadème et du voile blanc des mariées de la Renaissance italienne. Au-dessus de sa tête est suspendu un coquillage, symbole traditionnel de la déesse, tout comme les pétales de rose ; les pétales de rose blanche sur le sexe de la déesse signifient également la virginité. Derrière elle, le lierre qui s'accroche au tronc de l'arbre est un symbole de fidélité conjugale. Elle tient délicatement une couronne de myrte à laquelle est suspendu un petit brasero, ornements traditionnels de la chambre nuptiale. Le geste de Cupidon, symbole de fertilité, apporte également une note d'humour, presque osée. Lotto ne dédaignait pas parfois de placer dans ses tableaux quelque détail destiné à surprendre.

 

 

Mais pour terminer, voici mon favori, "L'Annonciation" (166 x 114 cm, Villa Coloredo, Recanati). Ce tableau, peint à Venise, est considéré à juste titre comme l'un des chefs-d'oeuvre de Lotto et une de ses créations les plus originales. Loin des représentations très statiques de la scène, Lotto a choisi de peindre le moment précis où l'archange Gabriel, dont les cheveux sont soulevés par un souffle, fait irruption dans la chambre de la Vierge ; il tient un lys blanc et dresse la main vers le ciel, dans lequel apparaît Dieu le Père dans un nuage. Un chat, effrayé, s'enfuit ; la présence de l'animal, inhabituel dans ce contexte, a fait l'objet de beaucoup de commentaires. Le chat étant traditionnellement associé au côté sombre de la nature féminine, il pourrait représenter la fuite du péché. Mais connaissant Lotto, on ne peut s'empêcher d'y voir un trait de provocation. Loin aussi des Vierges sages et soumises auxquelles l'iconographie traditionnelle nous habitue, nous avons ici une Vierge qui tourne le dos à l'archange et dresse les mains dans un geste de refus ; son regard est droit tourné vers le spectateur. J'aime particulièrement cette Vierge qui a un je ne sais quoi d'effronté qui l'éloigne des représentations habituelles. Remarquer enfin, selon l'habitude de Lotto, le soin extrême apporté aux détails du décor : le lit à courtines relevées, le lutrin sur lequel la Vierge était en train d'étudier, la petite fenêtre garnie de vitraux circulaires, la porte Renaissance inspirée de l'antique, la galerie extérieure à balustres ouvrant sur un jardin aménagé à l'italienne.

Un peintre qui mérite à être découvert si vous ne le connaissez pas...

Partager cet article

Repost 0

commentaires

@nne marie :0010: 29/08/2006 09:18

  Belle découverte, merci Nefred ! !  belle journée et gros bisous   @nne marie

Nefred 29/08/2006 16:23

'afwan ! Belle journée à toi auss, yâ ukhtî !
gros bisous
Nefred