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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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5 septembre 2006 2 05 /09 /septembre /2006 00:53

La vision romantique des colosses par David Roberts, en 1838-1839, pendant la crue du Nil.

Qui n'a entendu parler des fameux colosses de Memnon, statues monolithiques de quartzite qui, depuis des siècles, fascinent les voyageurs ? Les Egyptiens d'aujourd'hui les appellent el-Kolosât. Ils se trouvent à Thèbes (auj. Louqsor), sur la rive occidentale réservée aux complexes funéraires, à proximité du Ramesseum. Nous avons déjà vu, au IVe s, de l'ère chrétienne, la moniale Etheria les considérant comme les statues de Moïse et son frère Aaron ! Mais surtout, ce sont les Grecs, vers le début de notre ère, qui les associèrent à Memnon. En fait, seule la statue de gauche était appelée Memnon, à cause d'un phénomène naturel qui donna lieu à une légende.Ce sont en réalité les derniers vestiges du vaste temple funéraire d'Amenhotep1 III. En 27 avant notre ère, un tremblement de terre provoqua la ruine du temple et endommagea gravement les colosses.

La vision orientaliste de Jean Léon Gérôme.


Concernant le thème mythologique de Memnon , nous lui consacrerons un article spécifique dans la rubrique traitant des mythes et croyances. Ici, nous nous intéresserons plutôt à la légende qui fit la renommée de ces colosses à l'époque gréco-romaine. Selon celle-ci, semble-t-il à partir du tremblement de terre de 27 av. notre ère, au lever du soleil, la statue commença à émettre des sons, à « parler ». Les Grecs l'identifièrent ainsi à Memnon, qui selon le mythe rapporté entre autres par Homère, retrouvait chaque jour la vie à l'aube pour saluer sa mère en chantant. Le colosse devint ainsi une sorte de lieu de pélerinage pour les Grecs, puis les Romains, car on lui attribuait la vertu de donner des oracles : entendre le colosse « chanter » était considéré comme un signe de la faveur des dieux. L'empereur romain Hadrien, lors de son voyage en Egypte, ne manqua pas de venir voir le colosse. Mais en 199, un autre empereur, Septime Sévère, décida de faire restaurer la statue, qui dès lors aurait cessé de « chanter ».

 

Les colosses aujourd'hui, mutilés mais fascinants.

En réalité, les sons évoqués par la légende étaient dus à un phénomène naturel : la dilatation du quartzite sous l'effet conjugué de l'humidité et des premiers rayons du soleil ! Ce phénomène était favorisé par les profondes fissures apparues dans la sculpture suite au tremblement de terre. On dit aussi que le vent s'engouffrant dans ces fissures pouvait produire un son étant à l'origine de la légende de l'oracle.

Autre vue des colosses, figures royales trônant jadis à l'entrée du premier pylône du temple.


Plus sérieusement, et surtout historiquement plus exact, ces deux colosses monolithes se trouvaient à l'entrée du temple funéraire d'Amenhotep III. Ils ont été sculptés chacun dans un seul bloc de quartzite provenant de carrières de Gizah ou de Gebel es-Silsila, au nord de Kom-Ombo. Leurs proportions (18m de haut actuellement, pour un poids d'environ 1300 tonnes ! ) donnent une idée du caractère monumental du temple. Les deux colosses représentent d'une façon très traditionnelle le roi assis, trônant les mains posées sur ses genoux. De chaque côté de ses jambes, plus petites selon les conventions de l'art monumental égyptien, se tiennent pour l'un des colosses la mère du roi, Moutemouia, pour l'autre son épouse, Tiyi. Les parois latérales du trône s'ornent quant à elles d'une représentation symbolisant l'union de la Haute- et Basse-Egypte sous les traits de deux Hâpy nouant les végétaux des deux parties du royaume, le papyrus et le lotus. Rien que de très conventionnel, en somme. Selon Strabon, le tremblement de terre du Ier s. av. notre ère fendit entièrement le colosse considéré plus tard comme Memnon de l'épaule jusqu'à son trône.

 

Le double Hâpy liant les deux plantes représentant les deux parties du royaume, papyrus et lotus, symbole de l'unité de l'Egypte sous l'autorité du roi.

 

Cette statue représentant Amenhotep III, conservée au British Museum, donne une idée de ce à quoi pouvaient ressembler les colosses de Memnon à l'origine.


Dans un prochain article, nous évoquerons le temple auquel ces colosses appartenaient et dont ils sont les derniers grands vestiges.

 

Le contexte actuel des colosses : loin des images que l'on peut en avoir...

Aujourd'hui, les deux sculptures monumentales sont si endommagées et tellement peu mises en valeur qu'on ne peut s'empêcher d'être déçu en les découvrant « en vrai ». D'autant qu'ils se dressent à deux pas de la route conduisant à la Vallée des Reines, laquelle est bordée, sur le côté opposé aux colosses, de boutiques et buvettes dont on a bien du mal à faire abstraction. Très honnêtement, on a presque le sentiment de venir admirer deux oeuvres monumentales en plein milieu d'un terrain vague. Cette première impression passée, et si le programme en laisse le loisir, on réalise ensuite qu'on se trouve devant un monument mythique de l'Antiquité et le charme, avec beaucoup d'imagination et grâce au secours de la culture livresque, finit par opérer quand même.

Les colosses tels que je les ai découverts, un matin de janvier 2004, très tôt, en route pour la Vallée des Reines.

Les amis, je reviens bientôt, inch Allah ; et cette fois-ci, promis, nous prendrons le temps de faire connaissance...

1- Plutôt que le nom grec "Amenophis", je préfère employer le nom le plus proche de la forme égyptienne antique "Amenhotep", que les anglophones et germanophones conservent d'ailleurs (vous y êtes habitués si vous lisez des sites en langue anglaise).

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