Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Ankh-Neferkheperou-Rê
  • Ankh-Neferkheperou-Rê
  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
  • Contact

Papyrus éphémère

 

 

Création et cadeau de Theti

 

 

 

Fouiller

Texte Libre

 

 

 

 

 

  

Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 07:00

C'est Ehab qui nous a accompagnés en tant que guide durant toute la première partie de notre voyage en Egypte, la croisière, l'excursion vers Abu Simbel et le retour vers Louqsor pour les dernières visites thébaines. Ehab est un Egyptien d'el-Minyah, en Moyenne-Egypte. Nous n'avons pas eu l'occasion de lui demander son âge, mais il doit avoir la trentaine. Nous avons passé de bons moments en sa compagnie et garderons de lui un excellent souvenir. Et qui sait, peut-être aurons-nous l'occasion de nous revoir, insha'a l-llah.

Nous faisons sa connaissance à l'arrivée à l'aéroport, il est venu nous accueillir avec le correspondant de l'agence, malgré l'heure tardive. Dès le lendemain, il nous fait découvrir la nécropole thébaine. Nous visiterons aussi avec lui Edfou, Kom Ombo, Philae, la carrière d'Aswân, Abydos et Denderah, Karnak et Louqsor...

Ehab est calme, patient et aimable ; un peu timide les premiers temps, et nous aussi, à vrai dire : voyager seulement à deux personnes avec un guide, cela crée une relation qu'on n'a pas habituellement dans le cadre d'un groupe. Mais très vite le courant passe, et c'est un Ehab enjoué, qui aime les discussions et les plaisanteries que nous découvrons. Il nous donne des clefs pour mieux comprendre la symbolique égyptienne antique, puis n'hésite pas sur le site suivant à nous poser des questions pour voir si nous avons retenu... Et nous ne sommes pas toujours de bons élèves.

Pour la pratique de l'arabe masri, Ehab m'aide volontiers, reprenant ma prononciation ou m'apprenant de nouvelles expressions. Au fil des conversations, entre les visites, nous apprenons à nous connaître. Et l'apprécions de plus en plus, notre Ehab. Il nous parle volontiers, en buvant un verre avec nous,  de l'Egypte d'aujourd'hui, de sa famille - il a deux enfants en bas âge, dont il est très fier.

Dans la salle à manger du bateau, nous avons remarqué qu'Ehab mange à une table à part, ce qui nous gêne un peu. Nous apprendrons plus tard que c'est la table réservée aux guides... Comme il y a de la place à notre table et que nous voulons lui montrer que nous l'aimons bien, partager un moment de complicité en dehors des visites, nous lui demandons un midi de venir manger avec nous plutôt que tout seul. Il semble hésiter, mais il esquisse un sourire et nous rejoint. A notre table se trouvent deux VIP arabophones, des Egyptiens semble-t-il, avec lesquels nous échangions quelques salutations en arabe et des sourires, barrière de la langue oblige. Ce jour-là, l'un d'eux arriva seul après que nous ayions pris place, Ehab et nous. Il jeta aussitôt un regard hostile à notre guide, ne nous salua pas comme à l'accoutumée et s'installa de façon à ostensiblement tourner le dos à Ehab. Le pauvre Ehab semblait très gêné et nous comprenons que nous avons sans le chercher heurté un tabou égyptien, celui de la stricte séparation des classes sociales... Mais très vite Theti moi avons la même idée, sans avoir à rien nous dire : fi des convenances, nous sommes fiers et heureux d'avoir notre guide à notre table. Et nous poursuivons la conversation comme si de rien n'était. Ehab n'était visiblement pas très à l'aise, mais ce que l'ai lu dans ses yeux ce jour-là m'a laissé à penser qu'il n'était pas mécontent lui non plus de briser le tabou et que ce qui comptait, c'était d'être ensemble. 

A Aswân, le pauvre Ehab a des émotions. Non seulement il est un peu souffrant - Theti s'étonne : "les Egyptiens aussi attrappent la tourista ?!", et nous en plaisantons tous les trois - , mais nous apprenons durant la promenade en felouque qu'il n'est pas très à l'aise sur bateau car il ne sait pas nager : bien entendu, vous imaginez bien que nous ne manquerons pas de le taquiner un peu avec ça, Nefred faisant le chantage au contrepoids à bord, si vous voyez ce que je veux dire...

Ehab est un musulman pratiquant. Il pratique sans ostentation mais sans s'en cacher non plus, et cela ne l'empêche pas d'être ouvert sur les autres et le monde. Nous nous rendons compte qu'en dehors des visites et du temps qu'il passe avec nous sur la route, Ehab fait les prières et va à la mosquée quand il le peut. Un jour, nous en discutons et lui demandons comment il fait lorsqu'il ne peut pas faire la prière parce qu'il nous accompagne ; il est agréablement surpris que nous nous intéressions au sujet et nous explique que tout simplement il fait ses prières après.

Lorsqu'il vient nous dire au revoir dans le hall de l'Isis Pyramisa où nous logeons à Louqsor, nous échangeons nos adresses et Ehab nous dit qu'il ne nous promet rien, mais qu'il essayera de nous rejoindre en route lorsque nous irons à Amarna ; nous serions contents de le revoir avant de partir. Au moment de se quitter, Ehab a les yeux qui brillent et nous embrasse chaleureusement ; nous sommes tous les trois très émus, nous n'oublierons pas cette semaine passée ensemble... Merci, Ehab, yâ akhî, pour tous ces instants !  

  

Partager cet article

Repost 0

commentaires

michelle 21/01/2007 23:24

Bonsoir Nefred,
C'est ce genre de rencontre qui font tout l'interet des voyages ! On a eu un peu la même anecdote en Tanzanie. Par 2 fois nous avons invité notre guide à venir boire un verre avec nous, mais les 2 fois il a esquivé...
Bisous et bon lundi

Nefred 22/01/2007 08:18

Bonjour, Michelle !
Tout à fait d'accord avec toi, le contact humain est primordial dans un voyage, sinon on passe à côté de quelque chose d'essentiel. Concernant les rapports avec les guides, je crois qu'il y a beaucoup de pays où effectivement les barrières sont strictes. Ne serait-ce que parce que le guide a le droit de raconter est très cadré.
Et puis il y a aussi une chose que je comprends en tant que guide. Une visite demande beaucoup d'énergie, donc on a besoin de récupérérer à certains moments, même si les choses sont proposées de bon coeur. Quand j'ai un groupe pour la journée, j'avoue que le repas n'est pas un moment où je me repose ; même si ça me fait plaisir d'être avec les gens, il y a des fois où j'aurais besoin de recharger les batteries...
Bisous
Nefred

josiane 21/01/2007 17:19

encore  un blog sur l'égypte ! pour l'instant j'en ai répertoriée 200 en france ! avec de trucs assez folklo ! enfin s'y ça amuse
bisous pluvieux du caire

Nefred 22/01/2007 08:13

Que veux-tu, Josiane, l'Egypte fascine ! ; )
C'est vrai qu'on trouve de tout, y compris les extra-terrestres qui construisent les pyramides ....
Bisous de Provence où le temps n'est pas terrible non plus ! ; )
Nefred

Julie 21/01/2007 16:05

Pkoa pas, éé

Nefred 22/01/2007 08:11

Salâm, Julie !
Nefred

ahhotep 21/01/2007 10:20

coucou,
je viens d'ouvrir un blog sur l'egypte.
http://ahhotep.oldiblog.com/
bisous

Nefred 22/01/2007 08:09

Coucou !
Je vais aller voir ça. ; )
Bisous
Nefred

:0014: @nne marie :0010: 21/01/2007 10:04

Que de souvenirs ! !   Bonne fin de week end et bisous de la terre des pharaons ! ! !      @nne marie

Nefred 22/01/2007 08:09

Les souvenirs humains comptent autant que les rencontres avec les sites dans ce voyage, c'est ce qui a fait sa réussite.
Bisous de Provence
Nefred