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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 06:36

 

Depuis la cour intérieure, le sanctuaire et deux dômes : le grand dôme du mausolée de Barqûq et le petit dôme marquant le mirhâb sur la qibla

Le Khânqâh de Barqûq, sultan de 1382 à 1399, fut construit par son fils, le sultan en-Nasir Faraj ibn Barqûq, de 1399 à 1411, qui respectait ainsi le voeur de son père d'être inhumé près des mausolées sûfi du cimetière Nord du Caire. L'emplacement n'est pas anodin, puisque que ce complexe s'élève près du mausolée d'Anas, le père de Barqûq, édifié en 1382. Barqûq est ainsi le premier Burgi Mamlûk à être enterré dans le désert près des tombeaux des sheikh sûfi. Ce khânqâh est un des monuments majeurs du Caire islamique et l'un des plus importants mausolées du cimetière Nord.


Le sultan en-Nasir Faraj ibn Barqûq connut un destin tragique : monté sur le trône à l'âge de 10 ans, il dut faire face à des intrigues et révoltes en Syrie, où il sera finalement détrôné et assassiné à l'âge de 23 ans. Son règne étant ainsi émaillé par les intrigues incessantes et les rivalités entre les émirs, il est extraordinaire qu'il soit parvenu à construire cependant un monument aussi remarquable que celui-ci.


Le complexe avait été conçu à l'origine comme devant être le centre d'une vaste zone résidentielle comprenant des espaces d'habitation, des cuisines, des bains, des boulangeries avec leur moulin à blé, un petit marché. En effet, les cimetières médiévaux en contexte musulman étaient souvent assortis de résidences, tant pour le confort des familles aisées rendant visite au tombeau de leurs ancêtres que pour l'hébergement d'étudiants et de Sûfi. Mais en-Nasir Faraj ibn Barqûq mourut avant d'avoir pu réaliser ce grand projet.


Le khânqâh fut inauguré dès 1410 si on en croit l'historien médiéval el-Mazriqi, bien que la dernière inscription soit datée de 1411. Quarante Sûfi y furent affectés !

De superbes vitraux formés de morceaux de verre aux couleurs extraordinaires dans un réseau en stuc


 

On trouve ici, ce qui est un cas unique, beaucoup d'éléments doubles : deux minarets, deux grands dômes et deux sabil-kuttab, un à chaque extrémité de la grande façade. Le bâtiment est caractéristique du style Bahri, qui marque le milieu de la période Burgi Mamlûk ; l'un des éléments typiques est le caractère massif de l'ensemble. Bénéficiant d'un vaste espace libre et non contraints par la présence d'édifices antérieurs, les architectes ont pu développer une structure symétrique de très grandes dimensions. Ne s'appuyant contre aucun autre bâtiment, le khânqâh dispose ainsi de quatre façades intéressantes. Un premier portail situé dans l'angle sud-ouest donne accès à l'intérieur du complexe ; il s'ouvre près d'un premier sabil-kuttab situé à sa gauche. Un autre portail s'ouvre sur la façade nord, avec un second sabil-kuttab sur son côté ouest. Les deux portails sont différents dans leurs détails, mais tous deux comportent une voûte triconque à muqarna et le blason du fondateur dans un cercle. Sur le côté nord, près du portail, une série d'arcades reliait à l'origine l'ensemble avec le mausolée d'Anas, le père de Barqûq, fondateur de la dynastie.


Tout autour du sommet de la façade court un bandeau d'inscriptions (tiraz). A chacune des extrémités de la façade est s'élèvent de grands dômes de pierre couvrant les deux mausolées ; au centre, un dôme plus petit en brique marque l'emplacement du mihrâb. Les dômes des mausolées sont les plus grands et les plus anciens dômes de pierre mamlûk du Caire, avec un diamètre d'environ 14m ; seul le dôme de bois de l'Imâm Shafi'i dépasse de peu ces dimensions. Selon l'usage de cette époque, ils sont décorés à l'extérieur d'un motif de zigs-zags ou chevrons.

L'un des minarets


 

Les minarets identiques s'élèvent au-dessus de la façade nord ; ils ont ceci de particulier qu'on passe du plan quadrangulaire de la base au plan circulaire des étages supérieurs sans l'habituelle transition octogonale. Ils rappellent ceux de la mosquée de en-Nasir Muhammad (1318-1335) dans la Citadelle du Caire.

Le corridor percé de ses deux puits de lumière


 

A l'intérieur, l'édifice se présente comme une mosquée à cour centrale entourée d'arcades reposant sur des piliers. Le sanctuaire est placé du côté est, flanqué par les mausolées couverts de leurs dômes. C'est la première mosquée de ce type à être associée à des espaces d'habitation. Habituellement, dans le cas de mosquées associées à une madrasa, on optait pour le plan à 4 îwân, avec les logements des étudiants ouvrant à l'extérieur, côté rue ; un bon exemple est la mosquée-madrasa du sultan Hasan (1356-1359). Dans les khânqâh, au contraire, les structures d'habitation sont tournées vers l'intérieur, pour renforcer l'isolement mystique des Sûfi. Cependant, un certain nombre d'espaces résidentiels de ce khânqâh ont des fenêtres sur l'extérieur, qui donnaient à l'origine sur le désert et le cimetière environnant.


Le seuil du corridor formé de fragments antiques : en haut, un cartouche ; en bas, la jambe d'un personnage

En passant du vestibule dans le corridor menant à la cour, on franchit un seuil formé d'un bloc sculpté d'époque pharaonique ; symboliquement, cela signifie fouler aux pieds le paganisme. Les puits percés dans la voûte du long corridor permettent à la fois de laisser entrer la lumière et de fournir une circulation d'air. Il ne reste que quelques vestiges de la fontaine aux ablutions au centre de la cour. Aux quatre angles de la cour s'ouvrent des portes marquées par des redans et surmontées d'arcs en plein cintre aux voussoirs en zig-zag qui font penser à la madrasa de Barqûq. Des riwâq précèdent les cellules d'habitation ; le plafond qui surmonte les arcades est composé de petits dômes de brique rappelant des modèles syriens ou anatoliens. On gagne l'étage supérieur par un escalier placé dans l'angle nord-ouest de la cour. Des dépendances, telles que bains, moulin et cuisines, occupent le côté sud.

Le splendide minbar de pierre offert par Qayit Bay


 

Du point de vue décoratif, l'ensemble est très sobre, ce qui semble indiquer que le décor n'a pas été achevé en raison des difficultés du règne. Seules les fenêtres du sanctuaire sont ornées de vitraux de stuc et verre coloré. Le mihrâb est lisse, en pierre brute, flanqué de deux niches plus petites. Le minbar de pierre, avec ses panneaux sculptés de motifs géométriques et floraux imitant la sculpture sur bois, a été ajouté par le sultan Qayit Bay en 1483. On trouve enfin dans le sanctuaire une superbe dekka, plate-forme courante à cette époque.

Les mashrabeyyat menant au mausolée de Barqûq


 

Le mausolée nord est destiné à Barqûq et et à son fils Faraj ; le mausolée sud abrite quant à lui les tombeaux des filles de Barqûq, Shiriz et Shakra, ainsi que ceux de leurs nourrices. Les entrées des deux mausolées sont garnies mashrabeyyat de bois à motifs géométriques. Contrairement au reste du monument, les deux mausolées sont richement décorés de lambris de marbre. L'intérieur des coupoles est peint de motifs évoquant des décors de marbre ; ces coupoles reposent sur des pendentifs triangulaires sculptés de muqarna. Les parties hautes sont les plus décorées, selon une symbolique caractéristique de l'architecture religieuse de l'Egypte musulmane : le regard du visiteur est attiré vers le haut, donc vers le ciel...

Le sabil-kuttab de l'entrée principale


 


Références :

  • archnet

  •  touregypt

  • Ernst J. Grube dir., Architecture of the Islamic World, éd. Thames & Hudson, Londres, 1987.

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