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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 08:07
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Henri Stierlin, Hadrien et l'architecture romaine, coll. « La démarche des bâtisseurs », éd. Office du Livre, Fribourg (Suisse), 1984. 224 p.

Nous parlions il y a quelque temps de l'empereur Hadrien, au sujet de sa liaison avec le fameux Antinoos. Je vous recommande au sujet de l'apport de cet empereur à l'art romain un excellent ouvrage d'Henri Stierlin. On ne présente plus Henri Stierlin, grand spécialiste de l'architecture bien connu des amateurs d'histoire de l'art. Sous le titre Hadrien et l'architecture romaine, il entreprend une étude des principaux monuments construit par l'empereur, dont le règne marque une apogée de l'architecture romaine. Il commence par résumer la biographie de ce personnage hors du commun, puis replace son oeuvre architecturale dans le contexte de l'histoire de l'architecture romaine et de ses traditions. Cela permet de comprendre à la fois la genèse des réalisations de l'empereur et leur signification pour la civilisation romaine. Il rappelle non seulement l'évolution des formes, mais aussi celle des matériaux.


C'est avec ces informations essentielles pour leur compréhension qu'on découvre ou redécouvre ainsi des chefs-d'oeuvre de l'architecture romaine, comme le Panthéon de Rome ou la villa Hadriana de Tivoli, qui sont étudiés en détail, ou encore le mausolée d'Hadrien, devenu le Château St-Ange. Le tout est admirablement illustré de photographies en couleur, de plans et de reconstitutions qui permettent au lecteur de comprendre ces édifices dans leur aspect originel et leur portée symbolique.


Cet ouvrage présente enfin l'avantage d'être accessible à tous, tout en étant extrêmement précis dans son étude. Les non spécialistes eux-mêmes prendront plaisir à lire ce livre, qui est l'une des références sur l'architecture de cette période.

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 21:05

Nous allons parler aujourd'hui d'un personnage historique tout à fait étonnant : la sultane Shagarat ed-Durr1 qui, comme dans l'Antiquité Hatshepsut ou Cléopatre, régna sur l'Egypte à l'époque médiévale. Une femme régnant sur l'Egypte à l'époque médiévale, avouez que cela nous surprend... Elle est tout à la fois la dernière représentante de la dynastie ayyubide et la toute première de la dynastie mamlûk.


Esclave mamlûk d'origine arménienne ou turque arrivé dans l'empire par la cour de Baghdad, ses débuts sont obscurs. On sait par les textes qu'elle fait partie en 1239 des captives du harem du calife abbasside el-Musta'sim. C'est en 1240 qu'es-Saleh Nagm ed-Dîn Ayyub (1240-1249), l'un des derniers sultans ayyubides d'Egypte, l'achète pour son harem. Elle n'est au départ qu'une concubine et esclave, mais finira par gagner la première place dans le coeur de son mari. Ce serait elle qui aurait incité son époux à faire venir en masse des esclaves mamlûk pour défendre l'Egypte contre les dangers extérieurs, tant les croisés que les mongols. Toujours est-il qu'il avait en effet développé sa propre garde mamlûk stationnée au Caire, sans savoir que cela finirait par être fatal à la dynastie ayyubide.

 


La vie de Shagara est riche en rebondissements, digne d'un roman. En 1248, es-Saleh Nagm ed-Dîn Ayyub est capturé par son cousin en-Nasser Da'ud et emprisonné à el-Karak ; Shagara suit son époux et, durant cette réclusion, donne naissance à un fils, Khalil. Il est épris de sa beauté, et fasciné par son intelligence ; nul doute que cette réclusion a favorisé leur rapprochement. Un an plus tard, lorsque le sultan libéré revient au Caire, il élève Shagara au rang de première épouse. Elle est ainsi parvenue en peu de temps au faîte du pouvoir.


Mais ce n'est là qu'un début. Les événements vont bientôt offrir à l'ambitieuse Shagara l'occasion de se placer au devant de la scène. En juin 1249, Louis IX, roi de France, débarque avec une troupe de croisés dans le Delta et s'empare de Damiette. Le sultan es-Saleh Nagm ed-Dîn Ayyub, qui s'est porté dans la région pour arrêter les croisés, est atteint de fièvres, auxquelles il finit par succomber au mois de novembre, à Mansurah. Shagara convoque alors le chef des Mamlûk, Fakr ed-Dîn, et le chef des eunuques royaux, Gamal ed-Dîn ; elle s'entend avec eux pour taire la nouvelle de la mort du sultan, afin de gagner du temps et de réorganiser les forces égyptiennes. Elle interdit à qui que ce soit l'accès à la chambre du sultan, mais continue à y faire apporter chaque jour de la nourriture ; elle signe elle-même les documents officiels du nom du défunt... Dans le même temps, elle rappelle de Syrie le fils du sultan, Turan Shah, héritier du trône, pour prendre le commandement des troupes égyptiennes ; il n'arrivera qu'en février 1250. Ainsi, quand la nouvelle de la mort d'es-Saleh finit par se répandre, Shagara a eu le temps de s'organiser et de prendre le contrôle des affaires. Entendant la nouvelle, le roi de France pense que le moment est venu pour ses troupes de marcher sur Le Caire ; il parvient à tuer le chef des Mamlûk, Fakr ed-Dîn, lors d'une escarmouche. Mais en février 1250, les troupes françaises sont écrasées à Mansurah et Louis IX fait prisonnier ; c'est une grande victoire pour les Mamlûk, mais aussi pour Shagara. Après la bataille, ils assassinent l'héritier du trône d'Egypte, Turan Shah, qu'ils accusent de favoriser ses propres troupes.

 


Shagara, elle, garde tout son pouvoir et apparaît comme celle qui est parvenue à sauver l'Egypte du désastre. Habile négociatrice, elle obtient la confiance des Mamlûk, qui la proclament sultane et lui donnent le nom d'Umm Khalil (« la mère de Khalil »), justifiant par le fait qu'elle ait donné un fils au sultan es-Saleh son accès au trône. Elle est ainsi la première dirigeante musulmane à pouvoir faire frapper des monnaies à son nom et à régner personnellement. Elle a l'habileté d'épargner les chrétiens faits prisonniers aux côtés du roi de France, reprend Damiette aux croisés et exige l'énorme rançon d'un million de besants pour la libération de Louis IX.


Elle ne règnera en réalité personnellement que 80 jours sur l'Egypte. Le calife abbasside de Baghdad, dont elle avait été l'esclave dans sa jeunesse, se montre indigné par le fait qu'une femme soit ainsi placée à la tête de l'Egypte ; il menace de venir en personne nommer un sultan mâle. Est-ce cela qui décide les Mamlûk à changer de stratégie ? Toujours est-il qu'ils obligent Shagara à épouser leur nouveau chef, 'Izz ed-Dîn Aybak, et à abdiquer en sa faveur ; il devient donc sultan et fonde la dynastie des Bahri Mamlûk. Mais Shagara entend bien continuer à exercer en réalité le pouvoir, considérant le Mamlûk comme un homme de paille. Elle commence par exiger qu'il divorce de son épouse Umm 'Alî, ce qui, un jour, scellera curellement son destin. La cohabitation entre Shagara et son nouvel époux se maintient tant bien que mal durant quelques années. Aybak est à vrai dire souvent absent d'Egypte, car il doit lutter contre l'opposition des Ayyubides de Syrie, à Alep et Damas. C'est donc Shagara qui, dans les faits, en l'absence de son mari, exerce le pouvoir en Egypte. Malgré la duplicité des Mamlûk, les accords passés avec la sultane sont ainsi respectés...

 


Le drame se noue en 1257, lorsque Shagara apprend que son mari a l'intention de prendre pour seconde épouse une princesse iraqienne. Jalousie, mais surtout inquiétude devant l'irruption d'une rivale qui pourrait bien l'évincer, comme elle a elle-même évincé Umm 'Alî... Elle convoque sur le champ Aybak à la Citadelle ; ce dernier se trouvait à ce moment-là dans les faubourgs du Caire. Elle l'attire dans les bains du palais, et le fait poignarder à mort par ses eunuques... Geste terrible qui sera lourd de conséquences... La fureur passée, Shagara réalise que ce qu'elle vient de faire est extrêmement maladroit et dangereux. La tradition affirme qu'elle rassemble ses bijoux et les brise dans un mortier pour qu'aucune autre femme ne puisse s'en emparer.


Ses terribles pressentiments ne tardent pas à se confirmer : 'Alî, le fils issu de la première épouse d'Aybak qu'elle avait obligé à répudier, fait irruption dans le palais à la tête d'une foule de partisans surexcités. Ils s'emparent de la sultane et l'enferment dans une des tours de la Citadelle. Puis ils la traînent devant la mère d' 'Alî, qui peut enfin assouvir sa vengeance : l'ayant elle-même battue et insultée, elle la livre à ses servantes qui arrachent ses vêtements et la battent à mort avec les savates de bois portées au hammam ; allusion au meurtre commis ur le sultan dans les bains du palais, bien sûr. Puis le corps de la malheureuse est traîné par les pieds à l'extérieur et jeté presque nu par-dessus les remparts dans les douves de la Citadelle. Il y reste plusieurs jours, livré aux chacals venus du désert, privé de sépulture. Ce qu'il restera de la dépouille de la seule souveraine médiévale d'Egypte sera finalement rassemblé dans un panier et enterré dans le superbe mausolée qu'elle avait fait ériger en 1250 près des sépultures des saintes femmes dans la nécropole du Caire... Malgré sa fin tragique, elle disposera quand même d'une sépulture digne d'une sultane, qui existe toujours. Revanche posthume ?


La figure de Shagara est diversement appréciée : personnage secondaire pour les historiens occidentaux des croisades (un roi de France mis à mal par une femme, avouez que cela a de quoi déranger...) aussi bien que pour de nombreux historiens arabes, figure emblématique pour les féministes du monde arabe, support de bien des traditions et légendes attachées à son destin particulier et à sa fin tragique...



1- Il existe de nombreuses variantes de son nom : Shajarat ad-Durr (en arabe classique), Shagarat ed-Durr (en masri cairote classique) ou Shadjara ed-Dorr (en sa'idi), ou encore simplement Shagar.



Sources :

  • Touregypt : Touregypt

  • l'article de David J. Duncan, Scholarly views of Shajarat al-Durr : a need for concensus

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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 09:14

L'île de Rodah, au Caire, à laquelle les Bahri Mamlûk doivent leur nom, puisque leur caserne y était située.

Es-Saleh Nigm ed-Din Ayyub (1240-1249), sultan ayyubide égyptien successeur du célèbre Salah ed-Din (Saladin), avait épousé l'une de ses esclaves Mamlûk, Shagarat ed-Dur, une Arménienne. C'est lui qui a favorisé le recours massif aux esclaves Mamlûk qui allaient avoir un tel impact sur l'histoire égyptienne. En effet, il crée sa propre garde mamlûk composée de Turcs, la Bahreyya es-Saleheyya ; leur caserne est en effet installée sur l'île de Roda, au Caire : c'est celle-ci qui leur a valu leur nom de Bahri Mamlûk.1 La plupart viennent de Russie et d'Uraine méridionale, du Kipchak, et ce sont des Turcs Koumans, des Petchenègues. Ils forment la garde et le corps d'élite des souverains ayyubides d'Egypte.

La zone d'origine de la plupart des Bahri Mamlûk, de l'Oural au Caucase.

Des guerriers farouches qui seront longtemps parmi les meilleurs de leur temps et feront la puissance militaire de l'Egypte mamlûk.

Louis IX, roi de France, débarque à Damiette en juin 1249 pour la VIIe croisade. Es-Saleh Nigm ed-Din Ayyub, malade de la tuberculose, cherche à négocier, puis gagne Mansurah, où les Français se préparent à attaquer ; mais le sultan meurt en novembre 1249. Les Mamlûk turcs parviennent à mettre en déroute l'armée des croisés au début de 1250, les obligent à se replier sur Damiette et finissent par capturer le roi de France. La croisade est un échec cuisant et, après paiement d'une rançon considérable, Louis IX quitte l'Egypte avec ses troupes en mai 1250. C'est une grande victoire pour les Mamlûk, qui ne s'arrêtent pas là.

Le désastre de la croisade en Egypte du roi de France Louis IX fournit aux Bahri Mamlûk l'occasion d'affirmer leur pouvoir.

Le nouveau sultan, el-Mu'adham, fait obstacle à leurs ambitions et entre en conflit avec les principaux officiers mamlûk. Le 2 mai 1250, lors d'un banquet, les Mamlûk se révoltent et assassinent el-Mu'adham. Ils nomment sultane Shagarat ed-Dur2, qui ne règne personnellement que quelques mois. Elle est bientôt contrainte d'épouser le commandant en chef des Mamlûk, 'Izz ed-Dîn Aybak, qui fonde ainsi la dynastie Bahri Mamlûk, en 1250. C'est el-Mansûr Nûr ed-Dîn 'Ali ibn Aybak qui prendra le premier le titre de sultan d'Egypte.

Un redoutable cavalier koman, rapide et habile dans le maniement de l'arc à cheval.

 

Les souverains de la dynastie Bahri Mamlûk :

el-Mu'izz 'Ezz ed-Dîn Aybak (1250-1257)
el-Mansûr Nûr ed-Dîn ibn Aybak (1257-1259)
el-Muzaffar Seyf ed-Dîn Qutuz (1259-1260)
ez-Zâher Rukn ed-Dîn Baybars el-Bunduqdari, dit Baybars I (1260-1277)
es-Sa'id Nâsir ed-Dîn Baraka Khân ibn Baybars (1277-1280)
el-'Adel Badr ed-Dîn Sâlâmish ez-Zâher Baybars (1280)
el-Mansûr Seyf ed-Dîn Qalâwûn (1280-1290)
el-Ashraf Sâlah ed-Dîn Khalîl ibn Qalâwûn (1290-1293)
en-Nâsir Mohammed ibn Qalâwûn (1293-1294) (1er règne)
el-'Adel Zeyn ed-Dîn Katubghâ el-Mansûr (1294-1296) (rival du précédent)
el-Mansûr Hosâm ed-Dîn Lagîn (1296-1298) (usurpateur)
en-Nâsir Mohammed ibn Qalâwûn (1298-1309) (2e règne)
el-Muzaffar Rukn ed-Dîn Baybars el-Gashankir, dit Baybars II (1309) (usurpateur)
en-Nâsir Mohammed ibn Qalâwûn (1309-1340) (3e règne)
el-Mansûr Seyf ed-Dîn Abu Bakr ibn en-Nâsir Mohammed (1340-1341)
el-Ashraf 'Alâ' ed-Dîn ibn en-Nâsir Mohammed (1341-1342)
en-Nâsir Shahab ed-Dîn Ahmed ibn en-Nâsir Mohammed (1342)
es-Sâleh Emad ed-Dîn Isma'il ibn en-Nâsir Mohammed (1342-1345)
el-Kamil Seyf ed-Dîn Shabân ibn en-Nâsir Mohammed (1345-1346)
el-Muzaffar Zeyn ed-Dîn Haggî ibn en-Nâsir Mohammed (1346-1347)
en-Nâsir Nâsir ed-Dîn Hasan ibn en-Nâsir Mohammed (1347-1351) (1er règne)
es-Sâleh ed-Dîn Sâleh ibn en-Nâsir Mohammed (1351-1354)
en-Nâsir Nâsir ed-Dîn el-Hasan ibn en-Nâsir Mohammed (1354-1361) (2e règne)
el-Mansûr Sâleh ed-Dîn Mohammed ibn Haggî ibn Qalâwûn (1361-1363)
el-Ashraf Zeyn ed-Dîn Shabân ibn Hasan ibn Qalâwûn (1363-1376)
el-Mansûr 'Alâ' ed-Dîn 'Ali ibn Shabân (1376-1381)
es-Sâleh Zeyn ed-Dîn Haggî (1381-1382) 

 

 

1-  Bahri Mamlûk : "Mamlûk du Fleuve". En arabe égyptien, bahr signifie « la mer », mais désigne aussi « le fleuve », c'est-à-dire le Nil ; un double sens similaire existait d'ailleurs déjà en ancien égyptien.

2-  Ainsi c'est par l'intermédiaire d'une femme, qui fut à la fois la dernière souveraine ayyubide et la première souveraine mamlûk, que les Mamlûk sont arrivés au pouvoir en Egypte... Nous allons voir son destin exceptionnel dans un prochain article.

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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 07:29

 

Depuis le XIXe s., le palmier a fait son entrée dans la flore de la côte provençale. Il devient un ornement des jardins des plus riches demeures, rappelle aux voyageurs et aux officiers de marine les contrées lointaines dans lesquelles ils se sont rendus. Il entre dans les jardins publics avec un goût d'exotisme qui surprendra les visiteurs venus du nord durant encore longtemps. Et puis il finit par apporter sa contribution au décor urbain. Il devient un symbole de la "Côte d'Azur", à tel point qu'on finirait presque par en oublier qu'il est venu d'ailleurs...

 

 

Les palmiers qui entourent la place de la Liberté de Toulon ne sont pas une création récente pour ourler cet espace d'une touche d'exotisme ; ils ont été précédés il y a bien longtemps par d'autres palmiers, qui rivalisaient avec les platanes, arrivés d'Orient bien avant eux... Comme le montrent les cartes postales jaunies de la "Belle Epoque", avec leurs nurses accompagnant quelques rejetons de familles aisées pour la promenade, ou ces élégantes parées des derniers caprices de la mode du moment, ces messieurs devisant devant la fontaine et parlant peut-être de leurs expéditions au bout du monde... A deux pas du Grand Hôtel sur la façade duquel l'Afrique, l'Asie et l'Amérique flanquent en fières caryatides l'Europe ébahie, comme pour dire : "Aller, pars moun pichot ! Va voir le monde."...

 

 

 

Ces palmiers rappellent que nos ports ont longtemps été la porte vers un ailleurs empli de rêves et de mystères... C'est à Toulon que Bonaparte s'embarque vers l'Egypte. C'est de Toulon que de nombreux voyageurs gagnent l'Orient, il n'y a pas que Marseille... A Toulon, dans les salons cossus, les fumeries d'opium ou les bordels à la mode gravite au XIXe s. une société qui ne veut pas oublier les charmes lointains. Des écrivains, des poètes et des peintres, avant de se lancer dans un nouveau voyage, y goûtent quelque repos.

 

 

Les palmiers de Toulon n'ont rien perdu de ce charme, si ce n'est qu'il n'y a plus grand monde pour faire attention à eux, prendre le temps de s'émerveiller de leur incroyable présence. Ils font partie de notre paysage quotidien. Notre époque blasée d'images lointaines en vient à oublier les beautés quotidiennes, et le support de rêves qu'elles peuvent être, c'est ainsi... Je regarde toujours ces palmiers avec une affection particulière. Ils ont bercé mon enfance de désirs d'autres cieux.

 

 

Les palmiers de Toulon n'ont certes pas la grandeur de leurs cousins des portes du désert, de la vallée du Nil ou des oasis noyées de lumière. Leurs fruits seraient bien incapables de se muer en délices sucrés. Ils se laissent parfois envahir d'une végétation autochtone qui semble prétendre réaffirmer sa préséance. Mais ils sont ma part de rêve d'évasion, une parcelle d'Orient au coeur de ma ville, une image de l'union avec les terres lointaines. Je m'assieds à une terrasse et je les regarde ; bientôt mon esprit s'envole vers d'autres horizons, dans ce décor de théâtre... Le vent qui caresse leurs palmes paresseuses l'emporte au gré de son humeur vers des rivages mythiques, ou aux portes du désert...

 

 

Et lorsque viennent les fêtes, les palmiers nonchalants se parent de lumière ; de petites lumières bleues qui scintillent dans la nuit et les font ressembler à quelques joyaux précieux sortis d'une malle aux trésors. Ils entrent alors en scène, le soir venu, comme des danseuses orientales dont les bras chargés de bijoux sonores ondulent au hasard d'un souffle léger...

 

 

 

C'est aussi cela ma Provence : l'antichambre de tous les voyages, le quai à partir duquel tout est possible, le lien indispensable avec ce qui n'est pas tourné vers l'intérieur, mais vers l'ailleurs...

 

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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 14:23

Ce mois-ci, dans Beit Masr, je vous proposerai de découvrir une période fascinante de l'histoire de l'Egypte : celle des Mamlûk. Pourquoi cette période plutôt qu'une autre ? D'abord, parce que c'est elle qui marque le plus le paysage architectural du Caire ancien aujourd'hui, et que c'est principalement cette période que j'ai pu aborder au cours de mon récent voyage ; et comme rien n'est jamais hasard, j'ai voulu, à mon retour, en apprendre plus sur cette période... D'où l'envie de partager avec vous les informations que j'ai glanées. Ensuite, justement parce que c'est une période qui se révèle passionnante dès qu'on prend le temps de s'y intéresser. Dans ce premier article, nous verrons ce qu'est exactement ce qu'on appelle un Mamlûk. Ensuite, nous parcourerons l'histoire des deux dynasties mamlûk qui ont régné sur l'Egypte, et nous attarderons à l'occasion d'articles sur certains personnages marquants. Enfin, bien entendu, nous évoquerons aussi l'art mamlûk, dont nous avons déjà rencontré quelques exemples.

 

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Vase d'époque mamlûk montrant une frise de cavaliers sur la panse

 (XIVe s., verre émaillé et doré, Metropolitan Museum, NY)

 

Le mot Mamlûk  vient de l'arabe malaka, qui signifie « posséder », ce qui est lié au fait que les Mamlûk étaient des esclaves, comme nous le verrons.

Les Mamlûk sont des esclaves que les gouverneurs représentant les califes achetaient par l'intermédiaire de marchands et faisaient venir en Egypte. Les premiers Mamlûk apparaissent au IXe s. à l'époque abbasside. Ce seront toujours des esclaves non musulmans : des chrétiens Europe orientale (Slaves et Grecs), mais surtout des turcophones d'Asie Centrale (Turkestan actuel, entre autres), du Caucase (Circassiens) et d'Ukraine méridionale (plaine du Kipchak).

Achetés ou enlevés lors de razzias encore enfants, ils étaient convertis à l'Islam, recevaient une éducation religieuse, un entraînement militaire très complet et étaient enrôlés dans l'armée. Ces enfants étaient choisis en fonction de leurs qualités physiques, de leur endurance et de leur absence de liens familiaux. Le sultan se réservait les meilleurs éléments et forme des troupes d'élite ; les émirs disposaient de troupes de Mamlûk moins prestigieuses. Les Mamlûk, grâce à la qualité de leur formation militaire, constituaient une des armées les plus puissantes de leur époque. Beaucoup parvenaient à faire carrière dans l'armée et, quand ils avaient atteint un grade ou un âge suffisant, ils pouvaient obtenir d'être affranchis par leurs maîtres auxquels ils prêtaient un serment de loyauté à vie. Beaucoup parvinrent à de hautes fonctions. Cet avancement dépendait des qualités personnelles du Mamlûk et était encadré du point de vue juridique. A terme, les Mamlûk parvinrent à organiser leurs propres armées privées en important eux-mêmes de nouveaux Mamlûk, jouant un rôle de plus en plus important dans la vie politique égyptienne, jusqu'à s'emparer du pouvoir.

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Cavalier mamluk sur une pièce d'orfèvrerie

(XIIIe s. , Musée d'Art Islamique, Le Caire)

 

Le statut de Mamlûk est très particulier et perdurera jusqu'à ce que Mohammed 'Ali fasse massacrer les chefs mamlûk en 1811. Le Mamlûk est obligatoirement d'extraction servile et non musulman d'origine ; ce qui fait que l'état de Mamlûk ne se transmet pas à leurs enfants, qui naissent musulmans et se fondent à la population. Ce sera ce qui fera toute la difficulté lorsque les souverains mamlûk de l'Egypte auront des prétentions dynastiques. Les Mamlûk ont un esprit de corps, l'asabeyya, qui les lie à leur ancien maître et aux autres Mamlûk qui ont été formés en même temps qu'eux, ce qui a également son importance dans leur histoire. En ce qui concerne leurs revenus, les Mamlûks reçoivent une solde, mais se livrent également au commerce très lucratif des épices.

A l'époque où les Mamlûk régnaient sur l'Egypte, ils composaient essentiellement la cour et l'armée. Les postes civils de l'administration, les finances, la justice et les différents métiers restaient aux mains des Egyptiens de souche. On distingue en Egypte deux dynasties mamlûk qui ont régné successivement sur le pays du XIIIe au XVIe s. : les Bahri Mamlûk (1250-1382) et les Burgi Mamlûk (1382- 1517).

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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 06:47

خير الأمور أوساطها

khayr al-'umûr awsâţuhâ

Le mieux, c'est le juste milieu...

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30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 08:16

 La salle de prière

 

Le sultan el-Ashraf Barsbay, mamlûk d'origine circassienne acheté par Barqûq, régna de 1422 à 1438. Son complexe funéraire a été construit dans le cimetière nord du Caire en 1432 ; il couvrait à l'origine une surface importante, mais beaucoup de dépendances ont aujourd'hui disparu. Il comprend une madrasa, un khânqâh et 3 mausolées. Il hébergeait à l'origine 17 Sûfi et la madrasa était destinée aux Sûfi étudiant le rite Hanafi. On appelle cet ensemble Khânqâh d'al-Ashraf Barsbay, madrasa d'al-Ashraf Barsbay ou complexe funéraire d'al-Ashraf Barsbay ; on trouve également les noms de Ma'bad ou Qubbat Ma'bad er-Rifa'i.

L'ornementation scuptée du dôme principal


 

Des quatre dômes d'origine, seuls trois sont conservés. Le plus grand, qui est sans doute également le plus ancien, couvre le mausolée du sultan ; c'est la première fois que le motif d'étoiles entrelacées est sculpté dans la pierre sur un dôme, se distinguant ainsi des dômes ornés de zig-zags utilisés jusque là à l'époque mamlûk. Le dôme lui-même adopte la forme caractéristique du style mamlûk tardif, se terminant au sommet par une pointe à la pente prononcée. Les deux autres dômes, au nord et à l'est, couvrent de petits mausolées aménagés pour divers parents du sultan et l'émir Gani Bak el-Ashrafi ; ils adoptent eux aussi le décor d'étoiles entrelacées.

Le sol de marbre de la salle de prière

En façade principale, le portail d'entrée rompt lui aussi avec le type habituel de l'architecture mamlûk, avec voûte à stalactites, et se compose d'une voûte trilobée dans laquelle des arêtes remplacent les muqarna. Ce type de portail deviendra un motif caractéristique de l'architecture mamlûk tardive et de la période ottomane. Il ouvre sur un vestibule voûté sur croisée d'ogives, qui forme un retour pour mener à la salle de prière. Cette dernière est également originale pour cette période : c'est une salle oblongue d'environ 20m par 15m dont la couverture repose sur deux paires de colonnes supportant trois arcs parallèles à la qibla ; ce plan à trois nefs diffère ainsi des modèles antérieurs cruciformes ou hypostyles. Le sol de la nef centrale est un peu plus bas que celui des ailes latérales et des fenêtres laissent entrer la lumière à l'est et à l'ouest. La décoration elle-même est originale, avec des murs nus simplement rehaussés par les fenêtres décorées de vitraux de stuc et de verre coloré, et un sol formé d'une marqueterie de marbre polychrome d'une grande qualité ; le mihrâb est très sobre, en pierre unie, et ce dépouillement est caractéristique de cette période. Le plafond de bois peint, quant à lui, n'est pas d'origine et est attribuable à une restauration d'époque ottomane. Le minbar en bois sculpté, offert en 1453, est sans doute l'un des plus beaux exemples de la période mamlûk au Caire ; il présente un riche décor d'entrelacs en forme d'étoile, avec des incrustations d'ivoire.

Le magnifique minbar


 

Le mausolée s'ouvre au nord de la salle de prière, dans l'axe de la nef centrale. On pense que le sultan a réutilisé des éléments de bâtiments antérieurs pour la décoration de son mausolée, en particulier le mihrâb, qui correspond à un type du XIIIe-début XIVe s., tout comme le sol de la salle de prière. Le sultan repose dans un cénotaphe de marbre situé devant le mihrâb ; il a en effet préféré être inhumé dans ce mausolée plutôt que dans celui qu'il avait construit en 1425 en ville, près du complexe de Qalâ'ûn, à l'angle des rues el-Mu'izz et Muski.

Le mirhâb du mausolée et le tombeau du sultan

Sur le côté sud du complexe se trouvent les vestiges de la résidence des étudiants (rab'). Contrairement à ce que l'on trouve dans les édifices antérieurs, il ne s'agit pas d'appartements composés d'une seule pièce, mais d'un ensemble de deux pièces en duplex, sur deux étages, avec des latrines pour chaque appartement. La pièce située à l'étage ouvre sur la rue par une large fenêtre.


A l'origine, le complexe s'étendait des deux côtés de la rue. En face du bâtiment principal, il y avait ainsi une zawiya destinée à l'ordre Rifa'i ; il n'en reste qu'un grand dôme. Cette zawiya avait été restaurée en 1478. Ce dôme est fait de brique et ne comporte aucun décor à l'extérieur ; à l'intérieur, la coupole repose sur des pendentifs au lieu des muqarna habituels ; ces pendentifs ont été remaniés et dotés de trilobes rappelant le portail du khanqah. Il y avait à l'origine une seconde zawiya, ce qui est alors une nouveauté. Parmi les dépendances disparues se trouvaient enfin deux fontaines (sabil).

Une tombe secondaire


Le complexe de Barsbay témoigne d'une évolution du sufisme ; à cette époque, les khanqah préparaient les jeunes sûfi à exercer des fonctions professionnelles et administratives, ce qui explique les différences architecturales par rapport aux ensembles des époques précédentes, durant lesquelles l'enseignement était plutôt tourné vers le mysticisme. En particulier la séparation qu'on observe ici entre la salle de prière et la partie destinée au logement des étudiants.




Références :

  •  archnet

  •  touregypt

  • Ernst J. Grube dir., Architecture of the Islamic World, éd. Thames & Hudson, Londres, 1987.

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30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 06:36

 

Depuis la cour intérieure, le sanctuaire et deux dômes : le grand dôme du mausolée de Barqûq et le petit dôme marquant le mirhâb sur la qibla

Le Khânqâh de Barqûq, sultan de 1382 à 1399, fut construit par son fils, le sultan en-Nasir Faraj ibn Barqûq, de 1399 à 1411, qui respectait ainsi le voeur de son père d'être inhumé près des mausolées sûfi du cimetière Nord du Caire. L'emplacement n'est pas anodin, puisque que ce complexe s'élève près du mausolée d'Anas, le père de Barqûq, édifié en 1382. Barqûq est ainsi le premier Burgi Mamlûk à être enterré dans le désert près des tombeaux des sheikh sûfi. Ce khânqâh est un des monuments majeurs du Caire islamique et l'un des plus importants mausolées du cimetière Nord.


Le sultan en-Nasir Faraj ibn Barqûq connut un destin tragique : monté sur le trône à l'âge de 10 ans, il dut faire face à des intrigues et révoltes en Syrie, où il sera finalement détrôné et assassiné à l'âge de 23 ans. Son règne étant ainsi émaillé par les intrigues incessantes et les rivalités entre les émirs, il est extraordinaire qu'il soit parvenu à construire cependant un monument aussi remarquable que celui-ci.


Le complexe avait été conçu à l'origine comme devant être le centre d'une vaste zone résidentielle comprenant des espaces d'habitation, des cuisines, des bains, des boulangeries avec leur moulin à blé, un petit marché. En effet, les cimetières médiévaux en contexte musulman étaient souvent assortis de résidences, tant pour le confort des familles aisées rendant visite au tombeau de leurs ancêtres que pour l'hébergement d'étudiants et de Sûfi. Mais en-Nasir Faraj ibn Barqûq mourut avant d'avoir pu réaliser ce grand projet.


Le khânqâh fut inauguré dès 1410 si on en croit l'historien médiéval el-Mazriqi, bien que la dernière inscription soit datée de 1411. Quarante Sûfi y furent affectés !

De superbes vitraux formés de morceaux de verre aux couleurs extraordinaires dans un réseau en stuc


 

On trouve ici, ce qui est un cas unique, beaucoup d'éléments doubles : deux minarets, deux grands dômes et deux sabil-kuttab, un à chaque extrémité de la grande façade. Le bâtiment est caractéristique du style Bahri, qui marque le milieu de la période Burgi Mamlûk ; l'un des éléments typiques est le caractère massif de l'ensemble. Bénéficiant d'un vaste espace libre et non contraints par la présence d'édifices antérieurs, les architectes ont pu développer une structure symétrique de très grandes dimensions. Ne s'appuyant contre aucun autre bâtiment, le khânqâh dispose ainsi de quatre façades intéressantes. Un premier portail situé dans l'angle sud-ouest donne accès à l'intérieur du complexe ; il s'ouvre près d'un premier sabil-kuttab situé à sa gauche. Un autre portail s'ouvre sur la façade nord, avec un second sabil-kuttab sur son côté ouest. Les deux portails sont différents dans leurs détails, mais tous deux comportent une voûte triconque à muqarna et le blason du fondateur dans un cercle. Sur le côté nord, près du portail, une série d'arcades reliait à l'origine l'ensemble avec le mausolée d'Anas, le père de Barqûq, fondateur de la dynastie.


Tout autour du sommet de la façade court un bandeau d'inscriptions (tiraz). A chacune des extrémités de la façade est s'élèvent de grands dômes de pierre couvrant les deux mausolées ; au centre, un dôme plus petit en brique marque l'emplacement du mihrâb. Les dômes des mausolées sont les plus grands et les plus anciens dômes de pierre mamlûk du Caire, avec un diamètre d'environ 14m ; seul le dôme de bois de l'Imâm Shafi'i dépasse de peu ces dimensions. Selon l'usage de cette époque, ils sont décorés à l'extérieur d'un motif de zigs-zags ou chevrons.

L'un des minarets


 

Les minarets identiques s'élèvent au-dessus de la façade nord ; ils ont ceci de particulier qu'on passe du plan quadrangulaire de la base au plan circulaire des étages supérieurs sans l'habituelle transition octogonale. Ils rappellent ceux de la mosquée de en-Nasir Muhammad (1318-1335) dans la Citadelle du Caire.

Le corridor percé de ses deux puits de lumière


 

A l'intérieur, l'édifice se présente comme une mosquée à cour centrale entourée d'arcades reposant sur des piliers. Le sanctuaire est placé du côté est, flanqué par les mausolées couverts de leurs dômes. C'est la première mosquée de ce type à être associée à des espaces d'habitation. Habituellement, dans le cas de mosquées associées à une madrasa, on optait pour le plan à 4 îwân, avec les logements des étudiants ouvrant à l'extérieur, côté rue ; un bon exemple est la mosquée-madrasa du sultan Hasan (1356-1359). Dans les khânqâh, au contraire, les structures d'habitation sont tournées vers l'intérieur, pour renforcer l'isolement mystique des Sûfi. Cependant, un certain nombre d'espaces résidentiels de ce khânqâh ont des fenêtres sur l'extérieur, qui donnaient à l'origine sur le désert et le cimetière environnant.


Le seuil du corridor formé de fragments antiques : en haut, un cartouche ; en bas, la jambe d'un personnage

En passant du vestibule dans le corridor menant à la cour, on franchit un seuil formé d'un bloc sculpté d'époque pharaonique ; symboliquement, cela signifie fouler aux pieds le paganisme. Les puits percés dans la voûte du long corridor permettent à la fois de laisser entrer la lumière et de fournir une circulation d'air. Il ne reste que quelques vestiges de la fontaine aux ablutions au centre de la cour. Aux quatre angles de la cour s'ouvrent des portes marquées par des redans et surmontées d'arcs en plein cintre aux voussoirs en zig-zag qui font penser à la madrasa de Barqûq. Des riwâq précèdent les cellules d'habitation ; le plafond qui surmonte les arcades est composé de petits dômes de brique rappelant des modèles syriens ou anatoliens. On gagne l'étage supérieur par un escalier placé dans l'angle nord-ouest de la cour. Des dépendances, telles que bains, moulin et cuisines, occupent le côté sud.

Le splendide minbar de pierre offert par Qayit Bay


 

Du point de vue décoratif, l'ensemble est très sobre, ce qui semble indiquer que le décor n'a pas été achevé en raison des difficultés du règne. Seules les fenêtres du sanctuaire sont ornées de vitraux de stuc et verre coloré. Le mihrâb est lisse, en pierre brute, flanqué de deux niches plus petites. Le minbar de pierre, avec ses panneaux sculptés de motifs géométriques et floraux imitant la sculpture sur bois, a été ajouté par le sultan Qayit Bay en 1483. On trouve enfin dans le sanctuaire une superbe dekka, plate-forme courante à cette époque.

Les mashrabeyyat menant au mausolée de Barqûq


 

Le mausolée nord est destiné à Barqûq et et à son fils Faraj ; le mausolée sud abrite quant à lui les tombeaux des filles de Barqûq, Shiriz et Shakra, ainsi que ceux de leurs nourrices. Les entrées des deux mausolées sont garnies mashrabeyyat de bois à motifs géométriques. Contrairement au reste du monument, les deux mausolées sont richement décorés de lambris de marbre. L'intérieur des coupoles est peint de motifs évoquant des décors de marbre ; ces coupoles reposent sur des pendentifs triangulaires sculptés de muqarna. Les parties hautes sont les plus décorées, selon une symbolique caractéristique de l'architecture religieuse de l'Egypte musulmane : le regard du visiteur est attiré vers le haut, donc vers le ciel...

Le sabil-kuttab de l'entrée principale


 


Références :

  • archnet

  •  touregypt

  • Ernst J. Grube dir., Architecture of the Islamic World, éd. Thames & Hudson, Londres, 1987.

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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 14:04

Cette fois, difficile d'y échapper, la France est littéralement submergée par les médias des frasques quotidiens des candidats à la présidence. Et le spectacle n'est pas brillant, ne faisant qu'accroître la nausée que l'on éprouve face à toutes ces intrigues et l'inquiétude que tant de médiocrité générale suscite. Pas un pour rattrapper l'autre, des coups bas et le ridicule qui ne tue hélas plus... sans compter les extrêmes, qui dans l'affaire se frottent les mains.

D'un côté, un Nicolas Sarkozy qui fait la démonstration de l'amour qu'il a proclamé pour l'Amérique en imitant les procédés américains dans sa campagne médiatiquement orchestrée avec un (mauvais) goût d'Outre-Atlantique dont on se demande s'il doit faire rire ou pleurer. Et par ce biais le show-biz qui s'invite dans la campagne, frisant le ridicule quand un Doc Gyneco toujours aussi mou et lent fait à qui veut l'entendre la promotion de son grand ami "Sarko", en profitant même pour en faire un livre... Un Sarkozy aux mille visages en fonction de ceux qu'il veut séduire, qui nous ferait presque croire, parfois, qu'il incarne le gendre idéal...

De l'autre, une Ségolène Royal qui a du mal à cacher l'irritation grandissante de son François, lequel a de son côté bien du mal à avouer qu'il n'apprécie guère la perspective d'entrer définitivement dans l'ombre de sa compagne ; pied de nez posthume de François Mitterrand, qui doit bien rire là où il est ! Une Ségolène qui ne cesse de se balader à travers la planète comme si elle était déjà chef d'Etat, ce qui pourrait faire sourire, et qui au passage multiplie les gaffes, ce qui est déjà moins drôle et ne peut que faire se poser des questions sur son attitude si elle était élue... A moins qu'elle ne cherche par là à fuir ce qui pourrait être gênant en France même...

Pour les médias, les jeux semblent faits, puisque voilà les deux candidats que l'on met dos à dos et que l'on traite déjà comme s'ils avaient gagné le 1er tour... Preuve, au passage, que la leçon de 2002 n'a pas été retenue ! On se tire joyeusement dans les pattes avec des intrigues ridicules tant les ficelles sont grosses, sans doute parce que la discussion au niveau des idées montrerait que celles-ci sont bien minces. On s'attaque par "stars" interposées - et par "star" il faut entendre tout et rien, depuis les chanteurs jusqu'aux écrivaillons et présentateurs télé - , dans un grotesque qui aurait fait la joie des pamphlets si notre société n'était à ce point aseptisée que les pamphlets ont disparu... Dans le secret, on négocie, on distribue les honneurs et on multiplie les promesses à une clientèle pas toujours très honnête. Dans les dîners des grands de ce pays, on doit déjà se préparer à goûter sa part du gâteau en riant de la naïveté populaire !

Les médias, leur rôle, au cours de ces dernières années, est devenu plus délétère que jamais. D'autant qu'on sait que beaucoup ne se font une opinion qu'à travers ce qu'ils perçoivent à travers les médias, télévisés en particulier... La manipulation de l'opinion publique est d'autant plus grave qu'on ne sait pas exactement qui tire les ficelles, et que plusieurs les tirent de façon anarchique. Des médias qui se gardent d'évoquer l'essentiel pour s'en tenir à des broutilles qui sont sensées alimenter la vie politique de ce pays. Des médias qui assènent des vérités pré-mâchées comme on réchauffe un plat surgelé quand on n'a pas envie de cuisiner... L'une des grandes mascarades, c'est la récente publication ridiculement mensongère du patrimoine des candidats, leurs aveux sur leur fortune personnelle et autres ; à qui avouera qu'il paie ou pas l'ISF, dira disposer de telle ou telle somme, posséder tel ou tel patrimoine immobilier : on nous prend vraiment pour des imbéciles ! A lire ces aveux, on est partagé entre le fou rire et la crise de nerfs ! La France ferait-elle semblant de découvrir qu'elle est gouvernée par la bourgeoisie, qu'elle soit de droite ou de gauche, et qu'elle l'a toujours été depuis 1792 ? L'oligarchie n'est un secret que pour ceux qui le veulent bien, soyons sérieux... 

Les grands dangers de cette campagne présidentielle ? Le sentiment grandissant des "tous pourris" et de devoir choisir "le moins pire" ; le surnombre de candidats, dont on ne perçoit pas toujours la pertinence et qui en même temps sont sagement muselés par les grands partis politiques auxquels ils sont inféodés ; des négociations qu'on devine en filigrane, comme le suggère l'exemple Nicolas Hulot et ses propos contradictoires... Mais le pire de tout est d'offrir sur un plateau une brèche dans laquelle pourraient bien s'engouffrer les extrêmes à la faveur de la léthargie ambiante et de la mode des idées toutes faites façon produit de supermarché. Cette fois, pourrions-nous encore être surpris de voir le FN tirer son épingle du jeu ? Malheureusement, il me semble que jamais notre démocratie n'a été autant menacée du fait même de ceux qui ont charge de la défendre. Il va falloir un miracle pour que nos politiques se réveillent enfin, et avec eux le peuple français auquel il faudrait un sursaut de maturité démocratique pour fermer la porte à ces délires...

 

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Le signe sous lequel s'annoncent ces présidentielles est bien celui de la médiocrité de tous, dans un temps où les problèmes non traités s'accumulent et où l'insatisfaction représente un danger dont on sait ce sur quoi il peut déboucher... Le nouveau millénaire devrait produire un renouveau des idées, et voilà que tout ce qu'on est capable de nous proposer, ce sont des idéologies obsolètes vidées de leur substance au profit d'intérêts particuliers. Notre époque ne serait-elle plus capable que de produire de la médiocrité, à l'image de ce qui s'étale dans les rayons de nos hypermarchés ?

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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 08:03

Beaucoup d'entre vous sont dans le froid, je vous envoie donc un peu de soleil de Provence avec ces quelques photos des mimosas qui sont ici en fleurs, petites boules de soleil dans le jardin d'hiver...

 

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(Photos : Marcello, Solliès - Shokran, yâ abî !)

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