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  • : Ankh-Neferkheperou-Rê
  • Ankh-Neferkheperou-Rê
  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Papyrus éphémère

 

 

Création et cadeau de Theti

 

 

 

Fouiller

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Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 08:33

"Une parole a plus de force que toute arme.

On ne peut esquiver l'intervention de quelqu'un à l'esprit habile."

(Enseignement pour Mérykarê, 32 - époque inconnue, copies de la XVIIIe dynastie)

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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 08:20

Reprenons les plantations dans notre jardin ! Aujourd'hui, un palmier, arbre majestueux synonyme de soleil et d'exotisme, colonne vivante de temple imaginaire ou invisible, et réminiscence des rives du Nil...

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Published by Nefred - dans el-Genena
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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 07:00

C'est Ehab qui nous a accompagnés en tant que guide durant toute la première partie de notre voyage en Egypte, la croisière, l'excursion vers Abu Simbel et le retour vers Louqsor pour les dernières visites thébaines. Ehab est un Egyptien d'el-Minyah, en Moyenne-Egypte. Nous n'avons pas eu l'occasion de lui demander son âge, mais il doit avoir la trentaine. Nous avons passé de bons moments en sa compagnie et garderons de lui un excellent souvenir. Et qui sait, peut-être aurons-nous l'occasion de nous revoir, insha'a l-llah.

Nous faisons sa connaissance à l'arrivée à l'aéroport, il est venu nous accueillir avec le correspondant de l'agence, malgré l'heure tardive. Dès le lendemain, il nous fait découvrir la nécropole thébaine. Nous visiterons aussi avec lui Edfou, Kom Ombo, Philae, la carrière d'Aswân, Abydos et Denderah, Karnak et Louqsor...

Ehab est calme, patient et aimable ; un peu timide les premiers temps, et nous aussi, à vrai dire : voyager seulement à deux personnes avec un guide, cela crée une relation qu'on n'a pas habituellement dans le cadre d'un groupe. Mais très vite le courant passe, et c'est un Ehab enjoué, qui aime les discussions et les plaisanteries que nous découvrons. Il nous donne des clefs pour mieux comprendre la symbolique égyptienne antique, puis n'hésite pas sur le site suivant à nous poser des questions pour voir si nous avons retenu... Et nous ne sommes pas toujours de bons élèves.

Pour la pratique de l'arabe masri, Ehab m'aide volontiers, reprenant ma prononciation ou m'apprenant de nouvelles expressions. Au fil des conversations, entre les visites, nous apprenons à nous connaître. Et l'apprécions de plus en plus, notre Ehab. Il nous parle volontiers, en buvant un verre avec nous,  de l'Egypte d'aujourd'hui, de sa famille - il a deux enfants en bas âge, dont il est très fier.

Dans la salle à manger du bateau, nous avons remarqué qu'Ehab mange à une table à part, ce qui nous gêne un peu. Nous apprendrons plus tard que c'est la table réservée aux guides... Comme il y a de la place à notre table et que nous voulons lui montrer que nous l'aimons bien, partager un moment de complicité en dehors des visites, nous lui demandons un midi de venir manger avec nous plutôt que tout seul. Il semble hésiter, mais il esquisse un sourire et nous rejoint. A notre table se trouvent deux VIP arabophones, des Egyptiens semble-t-il, avec lesquels nous échangions quelques salutations en arabe et des sourires, barrière de la langue oblige. Ce jour-là, l'un d'eux arriva seul après que nous ayions pris place, Ehab et nous. Il jeta aussitôt un regard hostile à notre guide, ne nous salua pas comme à l'accoutumée et s'installa de façon à ostensiblement tourner le dos à Ehab. Le pauvre Ehab semblait très gêné et nous comprenons que nous avons sans le chercher heurté un tabou égyptien, celui de la stricte séparation des classes sociales... Mais très vite Theti moi avons la même idée, sans avoir à rien nous dire : fi des convenances, nous sommes fiers et heureux d'avoir notre guide à notre table. Et nous poursuivons la conversation comme si de rien n'était. Ehab n'était visiblement pas très à l'aise, mais ce que l'ai lu dans ses yeux ce jour-là m'a laissé à penser qu'il n'était pas mécontent lui non plus de briser le tabou et que ce qui comptait, c'était d'être ensemble. 

A Aswân, le pauvre Ehab a des émotions. Non seulement il est un peu souffrant - Theti s'étonne : "les Egyptiens aussi attrappent la tourista ?!", et nous en plaisantons tous les trois - , mais nous apprenons durant la promenade en felouque qu'il n'est pas très à l'aise sur bateau car il ne sait pas nager : bien entendu, vous imaginez bien que nous ne manquerons pas de le taquiner un peu avec ça, Nefred faisant le chantage au contrepoids à bord, si vous voyez ce que je veux dire...

Ehab est un musulman pratiquant. Il pratique sans ostentation mais sans s'en cacher non plus, et cela ne l'empêche pas d'être ouvert sur les autres et le monde. Nous nous rendons compte qu'en dehors des visites et du temps qu'il passe avec nous sur la route, Ehab fait les prières et va à la mosquée quand il le peut. Un jour, nous en discutons et lui demandons comment il fait lorsqu'il ne peut pas faire la prière parce qu'il nous accompagne ; il est agréablement surpris que nous nous intéressions au sujet et nous explique que tout simplement il fait ses prières après.

Lorsqu'il vient nous dire au revoir dans le hall de l'Isis Pyramisa où nous logeons à Louqsor, nous échangeons nos adresses et Ehab nous dit qu'il ne nous promet rien, mais qu'il essayera de nous rejoindre en route lorsque nous irons à Amarna ; nous serions contents de le revoir avant de partir. Au moment de se quitter, Ehab a les yeux qui brillent et nous embrasse chaleureusement ; nous sommes tous les trois très émus, nous n'oublierons pas cette semaine passée ensemble... Merci, Ehab, yâ akhî, pour tous ces instants !  

  

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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 20:15

Comme Anne-Marie, par l'intermédiaire de laquelle je l'ai d'ailleurs connue puisqu'elles sont amies, Josiane est une Française qui vit depuis de nombreuses années en Egypte. Elle vit plus précisément au Caire, une ville pour laquelle elle a une véritable passion et où nous l'avons rencontrée, Theti et moi, en décembre dernier. Je vous raconterai une autre fois cette rencontre et la naissance de notre amitié...

Dans son blog, Josiane nous propose une autre vision de l'Egypte, celle d'aujourd'hui, avec son propre regard, sans langue de bois mais avec une sensibilité qui trahit son profond amour de ce pays. Elle n'idéalise pas, elle cherche à livrer une vision personnelle de l'Egypte avec ses contrastes et parfois ses contradictions, dans une réalité qui échappe à celui qui n'est que visiteur de passage. Souvent elle nous surprend, nous déroute, nous interroge. Photographe talentueuse et attentive, Josiane s'attache à rendre la vie quotidienne des Egyptiens, à saisir des instants... Mais elle partage aussi son quotidien, ce qu'elle vit en Egypte et la façon dont elle le ressent. 

Si vous ne le connaissez pas encore, ne manquez pas de découvrir ce blog, qui avec celui d'Anne-Marie nous offre la vision d'une Egypte hors des sentiers battus, telle que la vivent et la ressentent ceux qui la connaissent au quotidien...

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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 22:04

Parmi les retrouvailles émouvantes, celle avec la mythique Vallée des Rois... Toujours le rituel du parking à l'entrée du wadi et le petit train qui emmène les visiteurs à l'entrée de la zone des tombeaux. Il nous faut d'urgence de l'eau minérale ; j'en achète à un marchand avant de monter dans le fameux petit train qui s'apprête à partir et, dans la précipitation, mon sac à dos se vide d'une partie de son contenu ; je ris de bon coeur avec les Egyptiens, et Theti s'amuse elle aussi de la scène... Et du coup mon sac se vide une seconde fois !


Ce monde minéral qui nous entoure a quelque chose de fascinant, et pas seulement à cause de la charge émotionnelle attachée à l'un des plus célèbres sites archéologiques du monde. Les couleurs des roches forment un dégradé de nuances très douces, presque neutres... Comme une feuille de papyrus vierge sur laquelle écrire l'histoire... Le wadi est capricieux, tantôt étroit, tantôt plus large, sinueux comme un serpent glissant sur le sable chaud, ombragé ou inondé de lumière... Quels mystères se cachent encore ici ? Quels secrets nous observent dans leur silence millénaire ? Tout semble d'un calme surprenant quand on voit le nombre de touristes qui envahissent quotidiennement les lieux. On fait sans aucune difficulté abstraction de la foule qui déjà se presse en ce petit matin. Mais surtout, ce n'est curieusement pas un désert hostile ; pourtant tout y est : pas un brin de végétation, des amas rocheux et du sable de chaque côté de la route... Aucune trace de vie, mais pas ce sentiment oppressant qu'on peut avoir dans certains lieux déserts. On a le simple sentiment de traverser un vestibule naturel qui nous sépare du monde des vivants, mais sans en être aucunement effrayé.



Et tout à coup, elle est là : la cime thébaine en forme de pyramide naturelle, l'une de ces pyramides que l'érosion a façonnées bien avant que l'homme n'ait eu l'idée d'en construire d'artificielles, et que l'on rencontre fréquemment dans les déserts égyptiens. Il y a un sentiment d'admiration et de respect auquel j'avoue ne pas avoir prêté attention la première fois que je suis venu. Theti est sous le choc de la rencontre, pour elle c'est la première fois, ses yeux découvrent ce qu'elle a vu depuis des années dans les livres et qui est encore plus fascinant en vrai. Chacun garde le silence, nous n'échangeons que quelques mots rapides ; il faut laisser à l'instant son alchimie silencieuse que les mots ne feraient que perturber.


Je demande à Ehab, notre guide, s'il a prévu les tombes que nous visiterons ou si nous avons le choix. Je lui explique que nous avions envisagé pour notre part la visite de tombes spécifiques. Il me répond que celle d'Amenhotep II est fermée, ce qui nous déçoit un peu : ce sera pour la prochaine fois, insha'a l-llah... Il nous propose un programme ramesside : Seti II, Ramsès I et Ramsès III. Pourquoi pas, yalla ! Nous gagnons d'abord la tombe de Seti II, au pied de la falaise au-dessus de laquelle trône la cime thébaine ; au passage, je jette un oeil en direction de l'entrée de la tombe de Taousert et je suis content de voir qu'elle a quelques visiteurs... Tout le monde ne se précipite pas chez Toutankhamon !

Pour les photos, c'est volontairement que cet article n'est pas illustré : vous les trouverez sur le blog de Theti.

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15 janvier 2007 1 15 /01 /janvier /2007 20:29

Vous connaissez déjà une partie de notre première nuit en Egypte : voici la seconde partie...

 

Nous sommes accueillis sur ce qui sera notre bateau de croisière. Dominique nous avait averti que ce ne serait pas le bateau initialement prévu et a ménagé la surprise. Nous nous trouvons sur le "King of the Nile", un 5* estampillé, dans ce vaste hall qui mêle ce kitsch égyptien que nous adorons aux sièges confortables d'inspirations diverses. Remise des passeports, formalités d'usage et boissons de bienvenue... Nous voilà installés dans de larges fauteuils, à savourer cette joie à laquelle nous avons encore du mal à croire. L'heure est tardive, mais curieusement nous sommes plus exaltés que fatigués. Aussi, après qu'on nous ait remis les clefs de notre cabine, nous l'explorons rapidement, y installons nos petites affaires (qui a dit que nous y avons aussitôt mis le bazar ? lol ) ... et nous décidons d'en ressortir pour explorer le fameux "roi du Nil ".

 

Nous passerons en fait une partie du reste de la nuit avec Mohamed, le réceptionniste... en tout bien tout honneur, je vous rassure ! Nous engageons la conversation, et Mohamed entreprend de nous montrer quelques videos humoristiques qu'il a glanées sur le net. Rire et bonne humeur au programme et, malgré la barrière de la langue, nous nous rendons compte que nous rions des mêmes choses ; bon, il faut avouer que Mohamed renonce à partager avec nous les blagues égyptiennes, parce que du point de vue linguistique, ça se révèle trop compliqué pour lui comme pour nous. Je revois en particulier avec plaisir la video de la vache singeant Matrix, Theti hurle de rire : voilà un voyage qui commence dans la bonne humeur. Mohamed nous offre gentiment le thé et, tout en visionnant les blagues, nous faisons connaissance. Il cherche à apprendre le français et note certaines expressions qu'il nous demande de lui expliquer. Durant tout le séjour, Mohamed sera notre sourire quotidien ; toujours un mot sympathique, quelques instants de discussion... Il sera presque vexé lorsque, au terme de notre séjour sur le bateau, nous lui remettrons un pourboire : il l'a d'abord refusé en disant qu'entre amis il n'est pas question de pourboire, un trouble sincère sur son visage, et nous devrons insister pour qu'il l'accepte comme un cadeau. Nous sommes d'ailleurs toujours en contact. C'est une des choses que j'apprécie chez les Egyptiens en règle générale, la façon dont le contact avec eux est facile sitôt qu'on n'a pas de préjugés, leur goût pour le contact humain, qui n'est pas toujours aussi intéressé qu'on veut bien le croire.

 

Nous laissons Mohamed à son service et décidons de monter sur le pont supérieur humer l'air égyptien et admirer ce Nil que nous avons tant désiré. Esna est endormie et les bateaux aussi, blottis les uns contre les autres... Tout est si calme que nous pouvons à loisir nous approprier ce moment. Theti est sous le charme, elle n'en croit pas ses yeux, qui courent partout à la fois pour ne rien perdre de cet instant ; pour moi, c'est un peu différent : je goûte le plaisir incroyable d'être revenu ici, à Esna, en Egypte, presque trois ans plus tard, avec comme je le disais l'étrange sentiment de revenir au pays... Je mesure aussi toute la dimension de ce rêve fou que nous avons fait ensemble, Theti et moi, de vivre à deux cette aventure à partir d'une rencontre sur le net qui a trouvé un prolongement tout naturel dans la "vraie vie" : nous sommes là comme frère et soeur de toujours, à partager ce moment précieux, et sa joie ne fait que renforcer la mienne.

 

Bientôt, sur l'autre rive, celle des vivants selon la symbolique antique, l'horizon commence à rougeoyer. Et sans tarder le plus incroyable des spectacles s'offre à nous : notre premier lever de soleil sur le Nil, Aton naissant au-delà des collines du désert, majestueux et triomphant, repoussant les ténèbres. Le ciel prend peu à peu des couleurs qui évoluent à une rapidité étonnante, déclinant les jaunes du plus pâle au verdâtre, les rouges flamboyants ou timides et les orangés raffinés comme une miniature indienne, puis enfin toute la gamme des bleus avec une richesse dans les nuances à couper le souffle... La rive occidentale, elle, reste d'abord plongée dans le noir, le fleuve marquant une frontière entre lumière naissante et ténèbres, entre le monde des vivants et celui des morts, selon la pensée égyptienne antique. Aucune photo ne rendra jamais la beauté de ce spectacle. Il faut le voir de ses yeux... On comprend à le contempler pourquoi les Egyptiens de l'Antiquité ont développé une telle symbolique autour des cycles du soleil, et surtout on touche du regard la réalité qui a donné naissance à cette symbolique, on en comprend tout à coup la portée et l'essence. Et en fond de ce ravissement des yeux s'élèvent simultanément le chant des muezzin d'Esna et le son des cloches de l'église copte dont nous apercevons les deux clochers en façade... Il est difficile d'expliquer l'effet produit, mais on en a la chair de poule. Les mélopées des muezzin, dont nous ne nous lasserons à aucun moment de notre séjour, nous attestent que nous sommes en Orient... Et le son des cloches qui s'y mêle est un symbole fort de ces différences qui cohabitent, dans un monde où l'on voudrait tout opposer. Ainsi se révèle à nos sens l'Egypte dans sa diversité : éternelle dans le cycle immuable du soleil et les flots du Nil, ce que nous approchons par là de la civilisation antique qui nous passionne, et puis l'Egypte chrétienne et musulmane qui nous invitent à les découvrir aussi, ainsi que l'Egypte d'aujourd'hui à travers le spectacle de la ville d'Esna qui se réveille et des activités quotidiennes qui commencent... C'est tout ce à quoi nous nous ouvrons en la fraîcheur de ce matin égyptien, ce premier matin...

 

Il nous faut regagner notre cabine, faire notre toilette et nous préparer : nous avons rendez-vous avec la nécropole thébaine et ses merveilles. Nous ne ressentons toujours aucune fatigue, l'exaltation est intacte. Mohamed, d'ailleurs en sera étonné : "Vous ne dormez jamais ? " Nous ne regretterons pas cette première nuit sans sommeil : elle nous a offert un moment d'exception !

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15 janvier 2007 1 15 /01 /janvier /2007 19:44

 

Surprenant, le dernier album de Natasha Atlas, sorti en 2006, à plus d'un titre. Déroutant au premier abord, presque jusqu'au rejet avec certaines chansons. Et puis on se laisse dans l'ensemble convaincre. Comme à son habitude, Natasha propose une rencontre entre musique orientale et autres mondes musicaux, tout en affirmant la diversité de ses racines orientales. Je dois avouer que tout n'est pas de mon goût dans cet album, mais après tout c'est une affaire de goût. Musique orientale et R&B, musique brésilienne et chant oriental, mais aussi un mélange de gnawa et de musique sa'idi, réminiscences persanes...

 

La pochette est comme souvent partie intégrante de la surprise. Le kitsch auquel Natasha nous a souvent habitués est ici mesuré et l'ensemble à mon sens assez réussi. En couverture, Natasha apparaît vêtue dans la tradition bédouine, avec le niqab bedawi : provocation à l'heure où le voile soulève tant de controverses en Europe ? En tout cas, indication que le tout reste résolument ancré dans la musique orientale. Le livret s'orne de fleurs aux tons roses avec des calligraphies arabes, sur fond blanc ; sobre et efficace. Et à l'arrière, Natasha glisse un clin d'oeil, posant sur sa tête l'un de ces choux qu'on est étonné de trouver dans les campagnes égyptiennes quand on y va pour la première fois, tant ce légume nous paraît résolument occidental...



Les chansons, maintenant, bien sûr, c'est l'essentiel !



« Oully ya Sahbi » est un duo avec Sofiane Saidi, sur fond de flûte et guitare. Une chanson douce, servie par une rencontre intéressante entre deux voix. Sincèrement agréable. Sofiane Saidi est un chanteur d'origine algérienne qui propose lui aussi une rencontre entre musique orientale et musique occidentale ; il explique qu'il a été fortement influencé par la musique égyptienne, en particulier Oum Kalthoum que son père appréciait beaucoup.



« Feen », en duo avec Princess Julianna, est beaucoup plus surprenant au premier abord. A priori, cette rencontre entre musique orientale et ce qu'on appelle actuellement R&B n'apparaît pas évidente. Pourtant, on ne tarde pas à se laisser convaincre, et le duo fonctionne bien. Surprenant, l'une des surprises réussies de l'album.



« Hayati Inta » est ma préférée, sans hésitation. C'est un mélange de musique gnawa du Maroc et de musique sa'idi de Haute-Egypte, ces courants musicaux qui sont à la rencontre entre traditions orientales et africaines. Tout simplement envoûtant ! Le rythme très particulier de ce type de musique, le choeur qui reflète bien ce métissage, tout concourt à faire cette chanson un moment magique...



« Ghanwah Bossanova » me convainc nettement moins, peut-être parce que je n'apprécie guère la musique brésilienne en général et la bossa nova en particulier. C'est le côté « piano-bar » de Natasha que je n'aime pas... Et je trouve qu'ici la rencontre n'est pas convaincante, dans le sens où on se contente de superposer un texte en arabe et une musique latino-américaine. Les mêmes remarques valent pour la chanson « Bab el Janna ». Mais là encore question de goût, après tout.



« Bathaddak », à nouveau en duo avec Princess Julianna, par contre, est une autre de mes préférées sur l'album. Orientale égyptienne et très rythmée, elle surprend un peu par l'intervention en anglais de Princess Julianna, mais là encore le duo fonctionne bien. « Ana ana ana, ana bathaddak... » difficile de se la sortir de la tête.



« Wahashni », avec son intro de qanûn1 et les mélopées de Natasha rythmées par des battements de mains, est une très belle chanson douce. Un beau moment dans cet album hétéroclite, et un régal pour ceux qui aiment le qanûn, un instrument au son magique dont nous reparlerons. A écouter au calme, en fumant une shisha, par exemple...



« Haram Aleyk », orientale et qui culmine avec des percussions, est également l'une des réussites de l'album.



J'avoue par contre ne pas adhérer du tout à « La Lil Khowf », avec Clotaire et Sofiane Saidi. Le mélange orientalisant avec du rap et de la pop occidentale ne m'a pas convaincu, et donne à mon avis quelque chose d'assez désordonné qui n'est pas une réussite.



« Yariet », pour finir, chanson où la voix rencontre seule la guitare, n'est pas désagréable à écouter mais ne m'a pas totalement convaincu. Là encore, la rencontre juxtapose, et c'est un peu dommage. Ceci dit, la voix de Natasha sauve ici la mise.



Pour moi, donc, un bon album donc dans l'ensemble (7 chansons qui plaisent à Nefred sur 10, c'est correct, hihi ! ) , dont vous pouvez écouter des extraits sur le site de promotion qui lui a été réservé sur le net.

 

1- Qanûn : cithare trapézoïdale dotée de 72 cordes métalliques, d'origine persane.

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13 janvier 2007 6 13 /01 /janvier /2007 10:43

الأقصر

Après notre départ précipité de Paris, lié à l'incident de l'oubli de mon appareil photo, le voyage en direction de l'Egypte peut débuter... Tout s'est fait si vite que j'ai à peine le temps de réaliser que je suis enfermé dans un avion - une expérience toujours aussi désagréable, malgré le désir de gagner au plus vite la vallée du Nil... L'inconvénient d'un vol de nuit, c'est que l'on ne peut pas réaliser où on se trouve, la nuit noie tout dans un aspect uniforme. Nous survolons la France, puis les Alpes, la côte orientale de l'Italie, gagnons la Grèce, la Crète, et de là Alexandrie, la porte immémoriale de l'Egypte. J'ai en tête les récits des voyageurs du passé racontant le début de leur périple par l'arrivée à Alexandrie, Alexandrie que nous n'apercevrons même pas malgré nos efforts. Pourtant bientôt vient une certitude : ça y est, cette fois nous survolons l'Egypte, cette terre vers laquelle nos rêves ont tendu durant des mois....

مصر

L'excitation monte d'un cran lorsque l'avion quitte l'altitude de croisière et que les lumières au sol deviennent plus lisibles. Nous devinons des paysages plongés dans l'obscurité grâce aux dizaines de lumières qui en soulignent les contours. Comme toujours quand on survole l'Egypte de nuit, difficile de repérer une ville, de discerner un plan qui puisse permettre d'identifier où on se trouve. Et tout à coup Theti s'écrie : "C'est le Nil ! Regarde, on voit un pont éclairé !" Cette ville dont les quartiers se dessinent sous nos yeux, avec les lumières vertes des mosquées, c'est Lusqor. La descente me cause des maux d'oreilles qui gâchent un peu le plaisir, je maudis le pilote anglais !  Et lorsque le train d'atterrissage de l'appareil touche enfin le sol, j'ai l'étrange sentiment de rentrer au pays, fê biladî, comme quand j'étais exilé à Paris et que je rentrais en Provence pour les vacances... Je peux bien l'avouer, les larmes envahissent mes yeux et un cri de joie résonne dans ma tête : "ehna fê Masr ! Nous sommes en Egypte ! " Nous sommes idiots de cacher nos émotions, de tenter de les maîtriser quand elles sont si intenses. Mais on ne refait pas son éducation d'homme occidental...

Nous descendons, sans bien réaliser. Nos pieds se posent à leur tour sur le sol d'Egypte et mon coeur bat la chamade. Nous prenons la navette, qui ne tarde pas à rejoindre le bâtiment principal de l'aéroport.  Theti fait ses premières photos à travers la vitre du bus, nerveuse. L'émotion monte encore en lisant en caractères arabes مطار الأقصر  (matâr al-Uqsur - Aéroport de Louqsor) sur la façade. Theti se retourne furtivement et nos yeux se croisent : elle est comme moi, elle retient difficilement ses larmes. C'est un peu machinalement que nous descendons, encore incrédules de toucher notre rêve du doigt. Et bientôt un sourire emplit nos visages : le correspondant de l'agence à Lousqor tient une affichette sur laquelle est inscrit "Theti et Nefred" ; sacrée Domi, elle l'a fait ! Nous nous présentons, notre hôte ne parle pas français et Theti ne parle pas anglais : je commence dans mon rôle d'interprète et j'en suis heureux, je suis si heureux de partager ces moments précieux avec cette chère Theti !

Les formalités sont rapides car nous arrivons à une heure tardive et les voyageurs sont peu nombreux. Un visa égyptien flambant neuf sur le passeport, nous récupérons les bagages et nous dirigeons vers le parking où nous attend le véhicule qui doit nous accompagner vers notre bateau, à Esna. Le bateau est en effet à Esna car l'écluse est provisoirement fermée pour entretien. Nous faisons la connaissance de notre chauffeur et de notre guide, montons dans un minibus d'une dizaine de places dont nous sommes les seuls occupants et nous mettons en route à travers les rues de Louqsor.

Je ne saurais plus décrire ces instants tant il y avait de choses qui se bousculaient alors dans ma tête : nous avions fait le rêve d'aller en Egypte et cette fois nous y étions ! Oubliée l'Europe et ses soucis, oubliés les doutes... Je reprends mes esprits sur le bateau, le King of the Nile. Mais c'est une autre histoire qui commence... S'il y a une chose que l'Egypte nous apprend, c'est bien à prendre le temps, pour savourer chaque instant à sa juste valeur, saisir le moment dans toute sa dimension, son émotion... Goûter l'instant présent, même lorsqu'il est fait de peu...

أنا بحبّك، يا بلدي الثان ! قلبي فرحان

 Je t'aime, ô mon deuxième pays ! Mon coeur est joyeux !

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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 15:40
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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 08:55

Voici un montage avec des photos de notre visite sur le site de Memphis. Comme nous le savions, peu de vestiges de celle qui fut la plus belle ville de l'Egypte antique. Mais quels vestiges ! Le colosse de Ramsès à lui seul est une merveille - que j'ai photographiée sous toutes les coutures... Et puis l'émotion d'être là, à l'emplacement de cette ville mythique dont on a tant entendu parler... L'imagination fait le reste, d'autant que nous l'avons visité au petit matin, alors que peu de touristes étaient sur le site...

 

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