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  • : Ankh-Neferkheperou-Rê
  • Ankh-Neferkheperou-Rê
  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Papyrus éphémère

 

 

Création et cadeau de Theti

 

 

 

Fouiller

Texte Libre

 

 

 

 

 

  

Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 00:49

Dans un mois jour pour jour, Théti et moi serons à Paris, prêts à nous envoler pour l'Egypte !!! Tayyeb !!! Le compte à rebours a commencé... En général, le dernier mois paraît très long. Deux ans que j'attends ce moment, c'est donc maintenant le temps de l'impatience ! Et Theti pour laquelle c'est le premier voyage ! Et Anne-Marie avec laquelle nous avons hâte de partager de beaux moments !

En même temps, c'est un baume au coeur qui aide à passer outre les tracasseries quotidiennes... Parce qu'il y a des gens qui ont l'art de vous pourrir la vie et de vous piétiner quand ils sentent le moindre signe de faiblesse... Bref, quelques contrariétés de la part de certaines vieilles vipères que je croyais enterrées et de jeunes vipères qui se veulent plus menaçantes qu'elles ne le sont... Vivre au sein d'une petite communauté a aussi ses revers. Enfin, laissons-les pour ce qu'ils sont, ces gens qui se plaisent à nous empoisonner l'existence, non ?

Pensons plutôt aux bonnes choses ; l'avant-goût du voyage avec Théti a été très sympa : attention les yeux, les Masri, on arriiiiive ! Anne-Marie, on arriiive ! lol

Que je vous explique quand même le silence du week-end : Theti et moi avons privilégié la rencontre au sommet, et donc laissé dormir l'ordi'... Bon, c'est vrai que nous avons aussi été si pipelettes que le temps a vite passé.

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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 10:49

Pour bien commencer le week-end et déguster votre rôz be sha3reyya, voici un clip du chanteur égyptien Hisham Abbas, une chanson que j'adore : "Fenoh"... J'espère qu'elle vous plaira et que vous apprécierez le clip, oriental comme on les aime ! Indira, prépare-nous une choré' !

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 09:50

Cette reine égyptienne est une figure féminine qui marque, au XVIe s. avant notre ère,  la fin de la XVIIe et le début de la XVIIIe dynastie, et on la surnomme parfois « la mère du Nouvel Empire ». Elle fut en effet l'épouse du roi Taa I Seqenenre, la mère du roi Taa II Seqenenre, et la grand-mère de Kamosis et Ahmosis I. Elle joua semble-t-il un rôle politique et militaire, en particulier dans la lutte contre l'envahisseur Hyksôs. En tout cas un personnage peu ordinaire qui contribua à donner à la reine égyptienne un statut jusque là inconnu.

La reine Tetisheri vue par Winifred Brunton dans les années 1920.

 

Bien que ses parents, Tjenna et Neferu, n'étaient pas des personnages occupant de hautes fonctions et qu'elle ne soit pas de sang royal, Taa I la choisit comme Grande Epouse royale. Il lui octroya de nombreux privilèges qui n'étaient pas auparavant l'apanage des reines d'Egypte, de sorte qu'on peut dire que la figure de cette reine marque aussi la conception de la royauté de son temps. Elle fut la première souveraine à porter la couronne au vautour, ce qui montre l'importance qu'avait dès lors prise le titre de Grande Epouse royale, dont cette couronne était le symbole. Quand son fils Taa II se révolta contre les Hyksôs, Tetisheri a pu jouer un rôle de premier plan en prenant en main la cour, à Thèbes. Taa II sera tué durant une bataille, de même que son successeur Kamosis.

 

Tetisheri ouvrit la voie aux reines qui suivirent :  Ahhotep, fille de Tetisheri et mère d'Ahmosis, joua sans doute un rôle militaire non négligeable dans la lutte contre les Hyksôs, et Ahmose-Nefertari fut la première reine à recevoir le titre religieux de «divine Epouse d'Amon ». Le cas de Tetisheri renforce la position de la Grande Epouse royale sous la XVIIIe dynastie, préparant en quelque sorte le terrain à des femmes comme Hatshepsut, Grande Epouse royale qui devint roi, ou même Nefertiti, qui semble avoir joué un rôle de première importance durant la période amarnienne.

La momie de la cache royale qui pourrait être celle de Tetisheri.

 

On ne sait que peu de choses de la vie de cette reine, en dehors d'un fragment de papyrus mentionnant une donation faite en son nom en Basse-Egypte et des informations apportées par la stèle monumentale qui lui est dédiée à Abydos.

Le stèle dAbydos, avec la reine sur son trône au centre.

 

En effet, ce fut son petit-fils Ahmosis qui acheva d'expulser les Hyksôs d'Egypte. Il fit ériger en l'honneur de sa grand-mère un cénotaphe dans la nécropole d'Abydos au sein de son propre complexe funéraire. Cette structure de briques crues fut découverte en 1902 et contenait, au bout d'un couloir, une stèle monumentale dédiant  une pyramide et son enceinte à Tetisheri ; la structure de briques crues était ainsi la base d'une pyramide, la dernière pyramide élevée pour une reine en Egypte. On a retrouvé des fragments du pyramidion de calcaire. L'ensemble était entouré d'une enceinte de briques de 70 par 90m, ce qui vient confirmer les dires de la stèle. Le sommet de la stèle porte deux représentations de la reine Tetisheri assise sur un trône, coiffée de la couronne au vautour surmontée de deux grandes plumes ; le roi, de chaque côté, lui rend hommage. Le texte indique aussi que Tetisheri possédait un autre cénotaphe à Abydos, qui n'a pas été localisé, ainsi qu'une tombe à Thèbes. Aucune tombe royale n'a pour l'heure pu être attribuée à Tetisheri à Thèbes ; par contre, l'une des momies découvertes dans le corridor de la cache royale DB320 à Deir el-Bahari  pourrait être la sienne, car des bandelettes portant le nom de la reine y étaient associées. Elle serait morte à l'âge respectable de 70 ans.

La statuette du British Museum.

 

Une statuette de calcaire conservée au British Museum,  acquise par le musée en 1890 et portant une inscription mentionnant Tetisheri, est à présent largement considérée comme un faux.

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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 20:24

Comme nous l'avons vu dans l' article concernant la partie historique, l'actuelle ville de Mit-Rahineh recouvre aujourd'hui en grande partie les vestiges de cette capitale de l'Ancien Empire. Il ne reste de ce fait que très peu de vestiges de la ville antique de Memphis.

Le parc des vestiges de Memphis.


Des ruines éparses sont tout ce qui subsiste sur l'emplacement du grand temple de Ptah. Ce temple et son enceinte occupaient une zone importante dans la ville antique. Il a été fouillé, mais l'essentiel des vestiges trouvés ont été déplacés et dispersés dans les musées du monde entier ; les pièces maîtresses sont aujourd'hui exposées au musée égyptien du Caire. Sur place, un parc en plein air ne présente donc que quelques éléments, quelques sculptures.

Une superbe base de colonne sculptée d'inscriptions hiéroglyphiques.

Un haut-relief figurant Ptah.

Un superbe fragment de fût de colonne sculpté.

A deux pas de là, en dehors de l'ancienne enceinte du temple aujourd'hui disparue, se trouve un superbe colosse de Ramsès II, en calcaire siliceux à grain fin, protégé par une structure, le musée du Colosse ; il devait mesurer un peu plus de 13 mètres quand il était intact, car il manque en effet le bas des jambes et une partie de la couronne. Il marquait l'axe sud du complexe. On remarque sur la sculpture monumentale, au niveau des épaules, de la poitrine, de la ceinture et des bracelets, les cartouches royaux d'intronisation et de naissance, ainsi qu'un poignard à tête de faucon glissé dans la ceinture.

Le colosse de Ramsès II...

... la finesse de la sculpture et la qualité de la pierre...

... la ceinture avec le poignard en faible relief.


Non loin de là un sphinx d'albâtre monolithe de huit mètres de long, découvert en 1912, gardait probablement l'entrée sud du temple. Anépigraphe, il date de la XVIIIe dynastie et pourrait être attribué à Amenophis II ou Thoutmosis IV.

Le grand sphinx d'albâtre.

Les centaines d'ex-votos dotés d'oreilles trouvés sur le site et présentés dans divers musées étaient consacrées au Nouvel Empire à Ptah « qui écoute les prières ». On offrait au temple ces ex-votos avec un texte dédicatoire. Certains d'entre eux montrent un mur en réduction qui permet d'imagnier l'une des parties du temple à cette époque, sans doute une sorte d'oratoire au mur crénelé sculpté de deux grandes oreilles. Ces stèles sont pour l'essentiel de la XVIIIe dynastie.

A l'ouest, le temple avait été doté par Ramsès II d'une grande salle hypostyle précédée d'un pylône doté de colosses ; des vestiges en subsistent dans une zone marécageuse. Cette salle hypostyle présentait une large nef centrale à double rangée de colonnes, mais surtout des bas-côtés qui l'entourent sur trois côtés, ce qui la distingue des exemples thébains. Fondations et bases de colonnes permettent d'imaginer la grandeur de cette salle.

Les vestiges de la colonnade de Ramsès, dans la zone marécageuse.

Au sud-ouest de l'enceinte du complexe ont été retrouvées les tables d'embaumement du taureau Apis, qui remonteraient à en croire Hérodote aux travaux de Pasmmétique Ier (XXVIe dynastie). Embaumé à Memphis, le taureau sacré était ensuite inhumé avec tous les honneurs dans la nécropole de Saqqarah.

Les tables d'embaumement du taureau Apis.

Plusieurs chapelles ont été dégagées au sud de l'enceinte principale le long d'une voie processionnelle qui devait relier le temple à un autre complexe consacré à la parèdre du dieu, Hathor ou Sekhmet : un petit temple de Ramsès II consacré à « Ptah-qui-est-au-Sud-de-son-Mur », une chapelle de Sethi Ier consacrée à deux hypostases de la ville divinisée, un temple reposoir d'Hathor.

Enfin, un grand portail flanqué de colosses, à l'est, ouvrait sur la zone des palais royaux. La plus célèbre des effigies royales de cet ensemble est la statue de Ramsès II qui se trouvait au Caire sur la place de la Gare et vient d'être déplacée.

Le palais de Merenptah, fils et successeur de Ramsès II, assorti d'un petit temple, a été découvert ; il s'organisait selon un axe nord-sud.

Au nord du grand temple de Ptah se dressait une grande enceinte de la Basse Epoque contenant selon la tradition le palais d'Apriès (XXVIe dynastie) et un temple de Neith, cette dynastie étant originaire de Saïs, ville consacrée à Neith. Ce palais était édifié sur un promontoire et dominait ainsi tout le site. L'ensemble comprenait un palais royal, une citadelle, des annexes militaires (casernes et armureries. L'entrée principale du palais, dégagée par Flinders Petrie, portait sur ses montants des reliefs jubilaires du roi. Aujourd'hui, cette zone se présente comme un grand monticule de briques crues d'où émergent les chapiteaux d'une salle à colonnade. Cet ensemble est de fouillée par une mission belgo-russe.

Les vestiges du palais d'Apriès.

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31 octobre 2006 2 31 /10 /octobre /2006 13:34

Depuis le temps que je le promets, j'ai enfin trouvé un clip de Kazem el-Sahir ! Je m'empresse donc de vous le présenter, avec une pensée spéciale pour mon amie Anne-Marie qui adore ce chanteur iraqien. Vous allez voir, c'est une très belle chanson et un très beau clip... J'espère qu'il vous plaira. Je n'ai pas encore les paroles, mais ça ne saurait tarder...

 

Je n'ai pas encore les paroles, mais ça ne saurait tarder...
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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 00:40

Et histoire de se rappeler les bons souvenirs avant le voyage tant attendu, voici un premier diaporama que j'ai réalisé sur mon séjour en Egypte en 2004, avec Le Caire et Gizah. Vous y verrez ma chambre d'hôtel à Héliopolis, la belle danseuse de baladi et les mariés égyptiens de la soirée sur le Nil, quelques monuments du Caire et le musée, les pyramides, un mastaba et le sphinx... La suite à venir.

Bien entendu, la musique est elle aussi égyptienne. Il s'agit d'une de mes chansons favorites d'Amr Diab, "Allah la yehremny minnak" sur le CD "Kammel kalamak" (2005)...

 


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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 00:24

Histoire de bien commencer la semaine, avec le soleil d'Egypte, voici un clip de ma chanson favorite de Tamer Hosni, un chanteur cairote absolument génial. Je suis trop content de l'avoir trouvée et de pouvoir la partager avec vous. Si vous résistez à bouger votre popotin avec cette musique, votre cas est désespéré... d'ailleurs, les charmantes demoiselles vous montrent comment faire, suivez la darbouka  ! Hihi !

Fermez les yeux, vous êtes au Caire...

 

 
 
 
Arrab habibi
 
 
Arrab habibi, arrab ta3laa
Leih sayebni fe nar ya habibi
Leih sayebni fe nar
 
Lalala lay laylaylay lalala laylay
Lalala lay laylaylay lalala laylay
 
 
Arrab habibi, arrab ta3laa
Leih sayebni fe nar ya habibi
Leih sayebni fe nar
 
Enta elli fe 'albi
Wala gheri fe 'albak
Yb'aa leih neHtar ya habibi
Leih yb'aa neHtar
 
La tadri wala adri
Teed narak wa nari
Wa tamot wa taraf akhbari
Wa ana amot mel shoaa aHtar
 
Ma t'arrab wa ana arrab
Feha eih law hatta negrab
Meen aref kedda lama t'arrab
NertaH meen deh afkar
 
La tadri wala adri
Teed narak wa nari
Wa tamot wa taraf akhbari
Wa ana amot mel shoaa aHtar
 
Ma t'arrab wa ana arrab
Feha eih law hatta negrab
Meen aref kedda lama t'arrab
NertaH meen deh afkar
 
Lalala lay laylaylay lalala laylay
Lalala lay laylaylay lalala laylay
Lalala lay laylaylay lalala laylay
Lalala lay laylaylay lalala laylay
 
 
Lalala lay laylaylay lalala laylay
Lalala lay laylaylay lalala laylay
 
T'amel naseeni t'amel bayaani
Law tha'awel tbeed ani
Heyya leyla ya dob
 
Hatgeni tani
MeHtag hanani dah elli
Bena ana wa enta ya omri
Saab anob tdob
 
La tadri wala adri
Teed narak wa nari
Wa tamot wa taraf akhbari
Wa ana amot mel shoaa aHtar
 
Ma t'arrab wa ana arrab
Feha eih law hatta negrab
Meen aref kedda lama t'arrab
NertaH meen deh afkar
 
Ali eb'ad ani habibi
Al eb'ad hal wa ana aseeboh
Law ykhdoh ayen meen ayeni
Ana aroh meen tani wa ageeboh
 
Ali eb'ad ani habibi
Al eb'ad hal wa ana aseeboh
Law ykhdoh ayen meen ayeni
Ana aroh meen tani wa ageeboh
 
Lalala lay laylaylay lalala laylay
Lalala lay laylaylay lalala laylay
 
Ali eb'ad ani habibi
Al eb'ad hal wa ana aseeboh
 
Lalala lay laylaylay lalala laylay
Lalala lay laylaylay lalala laylay...
 
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29 octobre 2006 7 29 /10 /octobre /2006 18:51

Pour finir ce week-end en musique, égyptienne bien sûr, voici un clip d'Amr Diab et les paroles de la chanson ; désolé, la qualité n'est pas extra, mais je n'ai pas trouvé mieux (pour le moment) . Je sais qu'il y a des admiratrices du beau Amr ! Pour la traduction, j'arrête de promettre, parce que mes traducteurs se montrent très paresseux et que moi-même je ne peux pas encore traduire... On n'est jamais mieux servi que par soi-même, donc il faudra ttendre que j'ai progressé en arabe... Enfin, on se régale quand même, c'est l'essentiel.


Wala 3ala bâlo

 

Habeebi wala 3ala bâlo sho'i eleih

Wala shakheel bali anadee 3aleih

W layali keteer afakkar feeh wa'aHein

Eleih wala dâri


Choeur : Habeebi wala 3ala bâlo sho'i eleih

Wala shakheel bali anadee 3aleih

W layali keteer afakkar feeh wa'aHein

Eleih wala dâri


Kefaya enni bâlo leyla w yom

3alaţôl fe khayali w mafeesh nom

W layali keteer afakkar feeh wa'aHein

Eleih wala dâri


Habeebi wala 3ala bâlo sho'i eleih

Wala shakheel bali anadee 3aleih

W layali keteer afakkar feeh wa'aHein

Eleih wala dâri


Choeur : Habeebi wala 3ala bâlo sho'i eleih

Wala shakheel bali anadee 3aleih

W layali keteer afakkar feeh wa'aHein

Eleih wala dâri


Oyôno feeha kalam fe leyl' khallab

Mala 'albi gharam fe aHla 3azab

W layali keteer afakkar feeh wa'aHein

Eleih wala dâri

 

Choeur : Oyôno feeha kalam fe leyl' khallab

Mala 'albi gharam fe aHla 3azab

W layali keteer afakkar feeh wa'aHein

Eleih wala dâri


Dance to the beat with the rhythm of the Nile
Egyptian sounds from the land of the Nile
Dance to the beat with the rhythm of the Nile
Egyptian sounds from the land of the Nile
dance to the beat
with the dance to the beat
with the dance with the dance to the band of the Nile
mystical, magical, and digital sound
Amr Diab's remix have gotten around
3-2-1
Let's dance !

 


Habeebi wala 3ala bâlo sho'i eleih

Wala shakheel bali anadee 3aleih

W layali keteer afakkar feeh wa'aHein

Eleih wala dâri

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29 octobre 2006 7 29 /10 /octobre /2006 03:44

Depuis tout minot, j'employais des expressions que tout le monde emploie ici ; j'avais donc l'impression de parler comme tout le monde parle. C'est en montant à Paris que je me suis rendu compte, petit à petit, au regard de gòbi de mes interlocuteurs, que je parlais en fait la langue de chez moi dans bien des cas.


C'est pourquoi j'aimerais initier ceux qui ne sont pas d'ici à ces expressions souvent imagées avec humour ; pour les voisins, ce sera l'occasion de retrouver les mots d'ici qui font partie de notre identité ; et pour les cousins, ceux du Sud-Ouest, l'occasion de comparer les variations dialectales.


Notre parler de l'ouest varois fait partie de ce qu'on appelle le dialecte provençal maritime, qui couvre une grande partie de la Provence : Var, Bouches-du-Rhône, une partie du Vaucluse et une partie des Alpes-de-Haute-Provence. Mais à côté des grandes familles linguistiques, il y a eu de tout temps une langue parlée propre à chaque terroir, des expressions propres à une zone particulière. Et depuis que la Provence est devenue française, après 1480, le français, nouvelle langue dominante pas toujours librement consentie, s'est amalgamé au provençal dans la langue de tous les jours ; dans le même temps, le provençal venait enrichir le français de plusieurs centaines de mots, en particulier au XVIe s. , comme nous en reparlerons.


Bref, il y a un parler propre à la région toulonnaise et au sud-ouest du Var. Un parler qui connaît des variantes locales, mais est assez homogène. De par la proximité géographique de sa zone d'influence historique, ce parler est également teinté de dialecte marseillais. Voilà pour l'introduction, mais entrons dans le vif du sujet. Il faudra plusieurs articles, qui seront distillés de temps en temps. Commençons maintenant notre petit florilège - vous ne croyez pas non plus que je vais vous faire un dictionnaire, je ne suis pas fada à ce point !

 

Quelque chose qui date de l'an pèbre, c'est quelque chose de très vieux, voir même de dépassé. Pèbre signifie poivre en provençal.


Une tête d'àpi, c'est quelqu'un de têtu. L'àpi, ça n'a rien à voir avec la pomme, c'est le céleri en provençal ; le rapprochement vient sans doute de la forme du rave du céleri. Je vous avoue qu'on dit aussi tronche d'àpi... On dit aussi tronche d'ai (prononcer « a-i »), qui n'est pas l'ail mais l'âne. On parle aussi de tronche de quèque, mais c'est un peu plus difficile à expliquer, et plus péjoratif Ici, un quècou (à Marseille un càcou, d'où le nom de scène du regretté Elie...), c'est quelqu'un qui se la pète, comme on dit, un frimeur en quelque sorte ; ça vient du provençal caco, qui désigne la lie de l'huile d'olive, car au début le quècou, c'était plutôt un voyou, la lie de la société pour relier à l'image de l'huile; certains le rapprochent aussi de cacoi ou cacoua, qui désigne le dernier-né, le petit dernier étant souvent chouchouté donc mieux loti que ses aînés, etc. Arrête de faire le quècou, c'est arrête de faire le malin, de te la jouer...Ca peut être plutôt sympa ou plus péjoratif selon le contexte, difficile d'expliquer le dosage...


Celui-là, c'est une vraie arapède, c'est que c'est quelqu'un d'un peu trop collant. L'arapède, c'est un coquillage qu'on appelle en français patelle et qui est très difficile à détacher du rocher sur lequel il s'accroche, d'où l'expression. Ca peut être gentillet ou signifier un agacement sérieux, tout dépend du contexte. Pour beaucoup, le boucan, c'est du bruit ; mais ici, un boucan c'est aussi un boulet, un emmerdeur, pire encore qu'une arapède quoi ! Pour la petite histoire, le terme de boucan est d'origine provençale, justement, et entré en français sous le sens de bruit : à l'origine, pour les Provençaux, c'était un lieu de débauche, donc où on faisait du bruit, en particulier la nuit...

Bader vient du provençal bada, qui veut dire à la fois admirer et être ouvert, ouvrir la bouche. Tu bades, c'est regarder dans le vague, bouche bée, avec un air un peu idiot ; par contre, il / elle  te bade, c'est que l'on est admiré par quelqu'un, qu'il nous apprécie beaucoup, et très souvent aussi qu'on lui plaît ; là encore question de contexte et d'intonation.


, ce n'est pas le cri de la chèvre : diminutif de bèn (bien), c'est une interjection très utilisée dans des circonstances diverses, marquant différentes réactions, en fonction du contexte et de l'intonation. Par exemple si on dit : Hé bè ! d'une certaine façon, ça peut signifier un étonnement sincère ; par contre, avec une intonation plus ou moins forte sur , ça indique l'amusement, voir la moquerie... Souvenez-vous, on aime rire chez nous, mais pas méchamment.

Une bestiasse, ça peut être quelqu'un d'un peu bébête, mais aussi quelqu'un qui est franchement stupide et lourd. On l'emploie également pour désigner quelqu'un qui est très costaud, voir une brute : celui-là, c'est une bestiasse ! En provençal, -as / -asso est un suffixe qui augmente le sens du mot ; au contraire -oun / -ouno diminue le sens : c'est ainsi qu'une besti devient une bestiasso ou une bestiouno.


Vous connaissez tous la bisque de homard... Mais faire bisquer quelqu'un, vous connaissez ? C'est le faire râler, le faire enrager, le narguer ; le verbe provençal bisca est d'ailleurs entré en français au XVIIIe s, sous cette forme et est aussi employé dans d'autres régions. Est-ce à dire, pour revenir à la bisque, qu'on joue un mauvais tour au homard en le cuisinant ?


Se faire une bougnette, c'est se faire une tache, en mangeant par exemple ; une bougneto, en provençal, c'est un beignet, mais aussi une tache d'huile, le premier pouvant entraîner la seconde. Naturellement, la bougnette est petite ; pour une grosse tache, ce sera une bougnettasse ! Rien à voir avec faire une bugne ou bugner quelque chose (on trouve aussi beugner) : c'est y mettre, en général involontairement, un coup qui laisse une marque ou une bosse. Une femme qui rentre en disant à son mari qu'elle a bugné la voiture en se garant risque de voir monsieur très mécontent... Bon, c'est un exemple ! N'hurlez pas, mesdames ! En fait, je pense à ma mère un jour qu'elle avait bugné la voiture, c'est pour ça, et on en riait tous les deux en pensant à la tête que feraitr mon père en rentrant...


J'adore celui-là : ne dites jamais à un Provençal qu'il est brave, il pourrait fort mal le prendre (je ris encore de la déconvenue d'un ami parisien venu en vacances...). Il est brave, ce n'est pas quelqu'un de courageux, mais quelqu'un de bien gentil mais un peu niais ; ça reste gentillet, même si c'est pour nous déplaisant. Mais si on dit il est bien brave, là ça se corse : c'est en gros que c'est un couillon ! Et il est bien brave, peuchère : vous avez intérêt à courir vite si le "brave" en question vous entend !

Il est temps quand même de parler de la fameuse cagole : ah ces cagoles que le monde entier nous envie, sans doute déjà là quand les Celto-Ligures accueillirent les premiers Grecs ! D'aucuns diront que la vraie cagole est marseillaise, mais je dirais pour ma part qu'il y a des variétés de cagoles, comme il y a des variantes dans les mots : la cagole toulonnaise n'a rien à envier à sa cousine marseillaise ! Cette expression vient de la locution provençale à la cagolo, qui signifie à califourchon sur le dos (hum hum !) de  ; à l'origine, la cagole est une femme de petite vertu, comme on dit pudiquement, je ne vous fais pas un dessin pour le lien avec la locution... Par extension, une cagole, c'est une femme en général très fardée, qui parle fort avec un fort accent et un vocabulaire familier et même grossier, qui s'habille de façon voyante ou provocante et avec mauvais goût voir ridicule... Bref, là encore, difficile d'expliquer totalement. Entre amis, le terme peut être une taquinerie ; mais attention, il est péjoratif et en général pas apprécié du tout par la gente féminine... Aussi, si vous n'êtes pas d'ici ou assez aguerris dans son emploi, évitez à tout prix au risque d'avoir des ennuis...


Cousine de la cagole, il y a aussi la radasse ; en provençal, la radasso était une longue corde pour la pêche des oursins, ou encore un balai fait de vieux cordages qui servait à laver le pont des bateaux ; c'est un fait que le terme semble bien trouver son origine dans les ports et vient sans doute du langage des marins. Radassa, ou radasser dans la forme francisée, c'est fainéanter, paresser : d'ailleurs, il existe dans la tradition un meuble, la radassière, inspiré des divans orientaux et placé comme eux dans une alcôve, où on se reposait dans les belles demeures... et où on faisait sans doute des siestes coquines ! Un radassié, c'est aussi un canapé... Tout ça vous donne une idée des qualités d'une radasse, non ?

 

(à suivre...)

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28 octobre 2006 6 28 /10 /octobre /2006 14:24

 

Theti-Cherie et Nefred-Amon : un duo du tonnerre ! lol

 

Bon, l'humeur du jour, mis à part le coup de gueule de tout à l'heure, c'est quand même surtout les préparatifs pour l'arrivée de Theti ukhtî, qui vient en fin de semaine me rendre visite au pays des oliviers. Et ça, c'est par contre un grand plaisir !

L'hospitalité, chez tous les Méditerranéens comme chez les Orientaux, c'est quelque chose de sacré. Alors je compte faire le maximum pour recevoir dignement cette hôte illustre. Il faut que tout soit de telle sorte qu'elle se sente à l'aise et chez elle, c'est un point d'honneur - et les Méditerranéens ne plaisantent pas avec l'honneur ! Hihi ! Et en même temps, que ce soit un avant-goût de l'Egypte, puisque le voyage approche.

Je t'attends avec impatience et de pied ferme, yâ ukhtî ! Tu vas les réviser, tes leçons d'arabe dialectal égyptien, et t'entraîner à marchander, et boire le karkadé sans faire la grimace, je te le dis... Mafeesh mushkela, je te taquine !

Je ne vous parlerai du programme que la semaine prochaine, quand Theti sera repartie, parce que sinon elle n'aura plus la surprise.... Reportage en images garanti, promis !

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