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  • : Ankh-Neferkheperou-Rê
  • Ankh-Neferkheperou-Rê
  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 20:15

Je ne me souviens de rien. Je ne veux pas, je ne peux pas me souvenir. J’ai oublié le petit garçon ambigu auquel on a trop menti.


Je ne me souviens de rien. Le passé est loin derrière. J’ai tout oublié pour ne rien regretter, pour ne rien emporter de ce qui fut hier.


Je ne me souviens de rien. Et c’est très bien ainsi. Que l’on me raconte les événements d’alors, les souvenirs communs, et c’est un grand trou noir qui s’ouvre tout à coup.


Laissez ces souvenirs pour ce qu’ils sont : des cadavres meurtris que le temps chaque jour un peu plus entraîne vers l’abîme.


Je ne me souviens de rien, et c’est très bien ainsi : j'aimerais tant que les choses soient aussi simples... Mais les souvenirs me manquent ou me hantent tour à tour. Des pages sur lesquelles l'encre s'est effacée et que je ne parviens pas à restituer ; ou des images floues qui me font mal, sans que je puisse y remédier ni les replacer correctement dans leur temps...


Les souvenirs sont aussi la vie, une part de nous-mêmes, de ce que l'enfant est devenu au fil du temps. Je ne me souviens de rien, peut-être parce que je ne veux pas me souvenir, sans le savoir. Et pourtant, l'âge me fait réaliser combien le souvenir est précieux et riche en signification.


Je ne me souviens de rien, mais j'aimerais me souvenir, pour comprendre le petit garçon ambigu enfoui dans ma conscience et faire la paix avec lui. Je ne l'ai pas vraiment oublié, je l'ai juste occulté, enfermé dans la prison de ce que je veux taire.


Je ne me souviens de rien, et j'espère un jour me souvenir...



Ollioules, le 6 juin 2002

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7 septembre 2006 4 07 /09 /septembre /2006 06:54

L'Insomniaque et le Chat

 

Donne-moi la quiétude, ô mon doux Chat !

Rends à mon âme, de tes ronrons, le calme et le sommeil

Pour qu'au matin rieur, le soleil triomphant, innocent et béat,

Ensemence de traits chauds l'élan de mon réveil !

Dans ton pelage lisse, mes mains si fatiguées

Cherchent parmi les ombres la torpeur mortelle

Qui donne aux yeux des hommes le repos espéré,

Et au cerveau l'oubli, ce rebelle éternel.

Appuie contre mon bras ta tête délicate,

Où de curieux secrets se cachent en silence,

Et que ton souffle pur et tes vives agates

Apaisent sans mot dire les rivages fugaces

Où mes rêves farouches se perdent et se débattent :

Offre à mon coeur trop lourd la douceur salvatrice...

 

Nefred - Toulon, 1998

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21 juin 2006 3 21 /06 /juin /2006 10:20

 Silence


Le silence, sournoise sarabande qui tue les heures

Quand elles pourraient être douces ; silence moqueur

Qui enfle de questions les murs vides d’ennui,

Tourbillonne sans fin dans les cerveaux brouillés,

Las et corrompus de ne plus écouter,

Et ronge de doutes affreux la pâleur de la nuit ;

Ce silence sur tes lèvres fait trembler, monstre inquiet,

Toutes les certitudes que j’ai blotties en toi ;

Il arrache à mon cœur des reproches muets

Et glisse son orgueil dans mon cruel émoi.

Il assassine, dans l’instant qui hurle d’impatience,

Les espoirs vaporeux aux sourires rieurs, et l’absence

Tisse autour de mon âme des chimères plus cruelles

Que les rythmes odieux des passions criminelles.

Ne ferme pas tes yeux sur l’aujourd’hui limpide,

Mais donne-moi tes mots pour affronter le vide,

Le soupçon se nourrit de ce qu‘on ne dit pas...

A un amant silencieux...

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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 08:41

Orage - Symphonie apocalyptique

Pâles lueurs lunaires dans le soir qui se tait,

Aux frontières du Doute, le monde suspend son vol ;

Les plaines endormies, sous l'ivre volupté,

Accueillent dans la nuit les caresses trop folles

Dont l'écho illumine le manteau de diamant

Et soudain des nuages, indomptables fantômes,

Tels des linceuls pâles traversent les ténèbres ;

Alors les fleurs nocturnes, de leurs tendres arômes,

Ensemencent l'air pur, sourdes vierges de marbre

Sur la peau délicate des mousses endormies

Et le rideau humide des larmes de cristal,

Répandant ses splendeurs au son dur des tambours,

Déverse sa paresse sur la terre alanguie, inégale

Douceur que des milliers de lèvres, béantes d'amour,

Goûtent avec délice dans la chaleur du soir

Puis des éclats de feu, déchirant le doux voile,

Mêlent leurs ors barbares aux cimes embrumées,

Touchant d'un doigt farouche la chair des étoiles

Et la tête éplorée des grands chênes rêveurs, beauté

Du glaive qui pourfend les mensonges odieux

Et les flots, gorgés, ébahis, de la céleste manne,

Roulent en leur sein fougueux les délires des cieux,

Arrachant aux berges livides des parcelles diaphanes

Qui en leur ventre sourd enchanteront les dieux

De l'océan furieux sur l'horizon glacé

Dans cette symphonie, mon esprit languissant

Goûte sans nulle peur les ivresses impies,

Qui chérissent, rebelles, les tendres désespoirs

Et les douleurs belles ; et soudain, radieux,

Je bois la fin du monde aux sources du passé...

 

Paris, 1994

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25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 19:02

Les Yeux du Poëte

 

Comme des vitres sales fermées sur l'horizon,

Mes yeux ne sont souvent que des miroirs souillés

Où les larmes et le sang -sacrfice, abandon ? -

Peignent des matins de pluie sur un ciel indiscret,

Au gré des souvenirs et des émotions belles...

Et la Muse, bienveillante, glisse ses plumes d'or

Sous mes doigts fatigués, abandonnant l'ivresse

D'une paix éternelle pour l'enfer de ce corps ;

Et la prison soignée, la sournoise, la cruelle traîtresse

Aux blancheurs d'hôpital, gémit sous le fiel...

Je plonge alors dans l'Art, comme en un ventre

Offert ; je me fonds  dans sa chair tant aimée,

Enchaînant à mes rêves les caresses prudentes

Et les baisers de sang au parfum de regret,

Secrètes bacchanales pour mes sens rebelles...

Oui, dans l'Art se déverse le flot de mon poison !

Dans cet océan vague s'exaltent mes tourments ;

Une marée de feu et de cristal mêlés, un doux nom

Et le ciel étoilé ; dans le flux sourd du Néant,

Mon âme crée des aurores aux paupières vermeilles.

 

(Paris, 1994)

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