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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Notre Cité

22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 23:11

Nos amis musulmans vont bientôt commencer le Ramadhân, mois de jeûne. L'occasion pour nous qui ne sommes pas musulmans de comprendre ce à quoi il correspond, ce qu'il signifie et comment il se déroule ; car le fondement de la tolérance, c'est apprendre à connaître l'autre et comprendre ses coutumes. Voici donc quelques informations pour mieux comprendre.


Le Ramadhân (en arabe رَمَضان ) fait partie de ce qu'on appelle les Cinq Piliers de l'Islam, c'est-à-dire les cinq obligations fondamentales pour tout musulman. Il intervient le 9e mois de l'année musulmane et a été instauré dans la 2e année de l'Hégire.


Les journées du Ramadhân se déroulent comme suit :

  • Avant l'aube, on prend un repas, le sahur, qui précède le fajr (en arabe فَجر ) ou prière du lever du jour ;

  • Du lever au coucher du soleil, on doit pratiquer le jeûne qui consiste à s'abstenir de toute nourriture et boisson ; et de fumer ; on s'abstient également de relations sexuelles ;

  • Après le coucher du soleil, on prend l'iftar, ou repas de rupture du jeûne ; c'est souvent l'occasion de se retrouver en famille.

  • Le soir ou la nuit, on pratique le tarâwîH (en arabe تَراويح ) , séance de prière quotidienne du soir qui consiste essentiellement en récitrations du Qur'ân.


Le Ramadhân est une période importante de l'année, de recueillement, de partage et aussi d'attentions envers les plus pauvres. La journée, chacun vaque à ses occupations habituelles, et le soir on se retrouve en famille pour la rupture du jeûne.


Ce sont les autorités religieuses qui fixent le début du Ramadhân, qui commence lorsqu'apparaît le premier croissant de lune. Pour cette année 2006, ou plutôt 1427 du calendrier musulman, il devrait commencer ce samedi 23 septembre, au plus tard dimanche. Le 20 octobre, au 27e jour de jeûne, aura lieu ce qu'on appelle Laylat al-Qadr, la Nuit du Destin, qui commémore, comme nous y reviendrons, la révélation du Qur'ân au Prophète Muhammad. Le 24 octobre aura lieu l'3îd al-Fitr (en arabe عيد الفطر ), fête de la fin du jeûne sur laquelle nous reviendrons aussi en temps voulu.

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29 août 2006 2 29 /08 /août /2006 23:34

Voici quelques courtes définitions qui vous aideront à mieux comprendre l'architecture islamique et ses décors. Chaque civilisation, chaque culture, développe un vocabulaire et un répertoire propres qu'il importe en effet de connaître pour mieux la comprendre et l'apprécier. Des liens dans les articles renverront à ces définitions quand nous rencontrerons des exemples concrets, et la liste sera complétée à mesure que nous rencontrerons les termes.

 

- dikka (égypt. dekka) : plateforme destinée au répondant qui relaie l'imâm dans les mosquées.

- hammâm : bains, publics ou privés.

- ' îdgâh : place utilisée pour la prière commune lors des grandes fêtes, souvent dotée d'une qibla.

- îwân : vestibule voûté ou doté d'un plafond et totalement ouvert d'un côté ; ce motif architectural vient de Perse et d'Asie Centrale.

- khân : caravansérail urbain.

- khânaqâh (égypt. khânqâh) : monastère, en particulier pour les congrégations de Sufi.

- kûfî : écriture rectangulaire utilisée pour les inscriptions monumentales sur les édifices.

- ma'adhdhana : minaret. Syn. manâra.

- madina (égypt. medina) : ville, cité.

- madrasa : lieu d'enseignement associé à une mosquée.

- masharabiyya (égypt. mashrabeyya) : moucharabieh, écran de bois ajouré et sculpté.

- minbar : pupitre ou chaire à partir de laquelle l'imâm prononce ses prêches.

- mirhâb : niche percée dans le mur de qibla d'une mosquée, qui indique le sens de la prière et sert de résonnance pour la voix de l'imâm.

- mu'adhdhin : muezzin, celui qui appelle à la prière.

- muqarna : stalactite ou nid d'abeille, type d'ornement en pendentif constitué d'un ensemble de petits segments et de niches.

- qasaba : citadelle, capitale.

- qasr : château-fort.

- qibla : mur de la mosquée située dans la direction de La Mecque, indiquant l'orientation de la prière.

- qubba : dôme ; par extension, mausolée.

- riwâq : portique, en général celui qui entoure la cour d'une mosquée.

- sabîl : fontaine publique.

- sabîl-kuttab : type de monument associant une fontaine publique et une école coranique.

- sahn : cour d'une mosquée.

- sûq : rue d'un marché. 

- zawiya : petite structure destinée à l'enseignement de la pensée d'un sheikh et de son ordre (tariqa), où il reçoit les membres de sa confrérie.

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11 août 2006 5 11 /08 /août /2006 13:32

Après le rêve d'un de ses compagnons dans lequel celui-ci avait vu un homme chantant l'appel à la prière, le Prophète demanda à Bilâl al-Habashî, un affranchi abyssinien dont on appréciait la voix, d'appeler ainsi à la prière ; Bilâl al-Habashî devint ainsi le premier muezzin. Le muezzin (mu'adhdhin en arabe) a pour fonction de chanter le adhân, ou appel à la prière. C'est de la nécessité pour le muezzin d'être en hauteur afin d'être entendu de tous qu'est né le minaret (al-manâra en arabe). Au sommet  de la tour se trouve un balcon depuis lequel le muezzin appelait les fidèles à la prière, surmonté d'un petit dôme ou d'un pavillon pour assurer la résonnance. Une mosquée peut posséder plusieurs minarets.

Minaret à rampe extérieure hélicoïdale de la mosquée de Samarra (période abbaside, 847, Iraq) ; à l'origine, un petit pavillon couvrait le balcon du muezzin, assurant la résonnance.

Minarets de la mosquée al-Azhar, au Caire

(époque mamlûk, XVe s. , Egypte).

Le dôme est un élément majeur de l'architecture islamique, même si son rôle purement liturgique dans le contexte d'une mosquée est assez limité. Les premiers dômes, de petites dimensions, s'élevaient au-dessus de la qibla, à la fois pour la signaler depuis l'extérieur et pour lui fournir de la lumière à l'intérieur. Plus tard, le dôme fut aussi utilisé pour couvrir et signaler la chambre mortuaire où reposait le fondateur de la mosquée ou un saint. Enfin, il prit une position centrale et se développa en volume, couvrant entièrement l'espace du sanctuaire proche de la qibla. Evitant la multiplication des colonnes, il présentait l'avantage de fournir de la lumière à l'intérieur de la mosquée. Le dôme correspond aussi à un symbolisme cosmique : il représente la voûte céleste.

Grande mosquée de Kairouan : deux dômes marquent l'axe menant au mihrâb, l'un à l'entrée de la salle de prière, l'autre au-dessus du mihrâb (époque aghlabide, 862, Tunisie).

Dans la mosquée Sultan Ahmet, plus connue sous le nom de "mosquée Bleue", à Istanbul, la composition entre le grand dôme central et les petits dômes qui l'entourent font entrer la lumière dans la salle de prière

(période ottomane, début du XVIIe s., Turquie).

 

La fontaine aux ablutions fait le lien entre l'extérieur et l'intérieur. Elle se trouve en général dans la cour. Elle peut être complétée par d'autres installations destinées aux ablutions. L'eau est un élément purificateur et les ablutions doivent être pratiquées avec de l'eau courante, ce qui explique la présence d'une fontaine et non d'un simple bassin. De petits marchepieds permettent aux fidèles de s'isoler du sol impur. Cette zone est en général séparée du reste de la mosquée par une petite balustrade.

Fontaine aux ablutions de la mosquée Sultan Hassan au Caire

(époque mamlûk, 1356-1359, Egypte).

Espace réservé aux ablutions de la mosquée Sultan Ahmet, plus connue sous le nom de "mosquée Bleue", à Istanbul

(période ottomane, début du XVIIe s., Turquie).

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10 août 2006 4 10 /08 /août /2006 10:51

Pour comprendre l'architecture d'une mosquée, il faut en connaître l'histoire et la symbolique. Comme tout édifice religieux, elle correspond à un certain nombre de principes qui président à sa construction et à son agencement. Nous commencerons par la qibla et le mihrâb.

 

 La qibla et le mihrâb de la mosquée Sultan Hassan, au Caire

(époque mamlûk, 1356-1359)

 

L'élément de départ est l'orientation de la mosquée, celle-ci étant fixée dans un verset du Coran : les fidèles, où qu'ils se trouvent dans le monde, doivent prier en direction de la Mecque à partir de 629 ; auparavant, ils priaient en direction de Jérusalem. L'élément le plus important d'une mosquée, celui à partir duquel tout l'édifice est agencé est un mur, la qibla, qui est édifié du côté de la direction de La Mecque. Dans la qibla est percée une niche, le mihrâb, qui matérialise l'orientation de la prière.

 

 Mihrâb de la Grande Mosquée de Cordoue

(époque omeyyade, VIIIe - Xe s.).

 

Mihrâb de la mosquée du Prophète à Médine

(époques mamlûk et ottomane).

 

 

Le mihrâb est une niche surmontée d'un arc plus ou moins complexe ; il est souvent délicatement orné. C'est devant le mihrâb que se tient l'imâm qui dirige la prière. Les toutes premières mosquées n'avaient pas de mihrâb, mais celui-ci fut quand même inventé très tôt. Le mihrâb concave apparaît au tout début du VIIIe s., quand 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz, futur calife, fait venir à Médine des maçons coptes pour reconstruire la mosquée du Prophète ; on a parfois dit que ces maçons coptes ont introduit le mihrâb concave en imitant le choeur des églises chrétiennes. Si l'influence est possible, les chrétiens tenant eux-mêmes cette tradition de l'architecture antique, la raison en est avant tout d'ordre pratique : le mihrâb, en dehors de matérialiser la direction de La Mecque, a un rôle accoustique ; cette niche concave, en effet, a pour propriété de renvoyer le son et de l'amplifier, elle diffuse en quelque sorte la voix de l'imâm. L'abside en cul-de-four des églises les plus anciennes a, il est vrai,  la même fonction. Un mihrâb plat, comme on en trouve des exemples en contexte privé ou dans des édifices non destinés à la prière commune, disperse au contraire le son. Attention, ce n'est pas la niche elle-même qui est considérée comme sacrée, mais la direction qu'elle indique.

 

Mihrâb de la mosquée Sheykh Lutfallâh à Ispahan

(époque safavide, 1617).

 

Mihrâb de la mosquée Masjid-i-Shâh à Ispahan

(époque safavide, début XVIIe s.).

 

 

L'importance fondamentale de ces deux éléments est bien illustrée avec la musallâ (appelée namazgah en Iran et en contexte ottoman, ou encore  îdgâh en Inde et au Pakistan en particulier) : il s'agit d'un grand espace ouvert, d'une vaste place destinée à la prière collective lors des grandes fêtes, l' 3îd al-fitr (fête de la rupture du jeûne à la fin du Ramadan) et l' 3îd al-adhâ (fête du sacrifice d'Abraham, dite aussi 3îd al-kebîr). En général, la musallâ ne comporte qu'une qibla avec son mihrâb du côté orienté vers La Mecque. La plupart du temps, elles sont aménagées en dehors des portes des villes. Au fil du temps, les musallâ sont quelquefois entourées d'une enceinte complète et deviennent des mosquées.

 

Qibla et mihrâb de la 'Idgâh de Dakka, au Bangladesh.

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12 juillet 2006 3 12 /07 /juillet /2006 21:51

Dans l'idée de la plupart des Occidentaux, l'arabe est une langue qui semble pratiquée uniformément d'un bout à l'autre du monde arabe. Quand j'ai commencé, enthousiaste, à apprendre cette langue, je pensais qu'elle m'ouvrirait les portes du monde arabe tout entier ; ce n'est qu'une fois que j'ai commencé à étudier et à discuter avec des amis arabophones que je me suis rendu compte que la réalité était plus complexe. Du coup, j'ai entrepris d'apprendre parallèlement et l'arabe dit "littéral" ou "littéraire", et l'arabe dialectal égyptien.

En effet, on distingue plusieurs formes d'arabe, qui ne sont pas toutes utilisées partout, et pas toutes dans le même contexte.

Il y a d'abord l'arabe coranique, qui est la langue du Coran, la langue religieuse en quelque sorte ; c'est une forme historique de l'arabe, pour faire simple, qui n'est plus utilisée qu'en contexte religieux. La plupart du temps, seules les personnes ayant fait des études religieuses le comprennent totalement, en tout cas dans de nombreux pays où il diffère beaucoup de la langue courante.

Ensuite, il y a ce qu'on appelle l'arabe "littéral" ou "littéraire", qui est l'arabe écrit. C'est en quelque sorte une langue commune au monde arabe, pour simplifier là encore, qui est très proche de l'arabe pratiqué dans la péninsule arabique (Arabie Saoudite, Emirats, etc.), mais en diffère par certains aspects. C'est l'arabe qui est enseigné dans les écoles, qui est utilisé pour écrire dans les journaux, etc.

Enfin, il y a les différents dialectes arabes, qui sont parlés dans différentes zones ou même certains pays. Il y a en gros trois grandes familles de dialectes : ceux de l'Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye), ceux du Proche-Orient (de la Syrie à l'Egypte) et ceux du Moyen-Orient (Iraq, Koweit, péninsule arabique). Je rappelle au passage que les Iraniens parlent le persan, non l'arabe, et que le turc est une langue non apparentée à l'arabe, mais venue d'Asie Centrale. A l'intérieur de chacun de ces groupes, il y a des variantes : par exemple, même s'ils sont proches, les dialectes égyptien et libanais sont différents.

Ce qui signifie que dans le monde arabe, en gros, on lit l'arabe littéraire et on parle en arabe dialectal de la zone où on habite. Les différences ne sont pas toujours minimes. Si certaines portent sur la prononciation, comme nous en reparlerons, il y a aussi des mots et expressions qui sont propres à chaque dialecte. Evidemment, si vous parlez en arabe littéraire, il y a de grandes chances qu'on vous comprenne ; mais cela risque de faire sourire, même si on sera content que vous fassiez l'effort de parler arabe. Donc pour lire l'arabe et acquérir les bases du fonctionnement de la langue, il est utile d'apprendre l'arabe littéraire ; par contre, pour pouvoir parler avec les gens et se débrouiller dans des situations de la vie quotidienne, il faut apprendre au moins le plus courant en arabe dialectal. Difficile, tout ça ? Mais non, vous verrez, c'est passionnant. Pour bien entendre les différences entre les dialectes, un excellent moyen est d'écouter de la musique orientale venant des différents pays du monde arabe ; très vite, votre oreille se fera aux différences de prononciation...

Par exemple, la consonne arabe jîm ( -j ) se prononce en principe -j (comme dans le français "jeu") en littéraire, mais -dj dans la plupart des dialectes et -g (toujours dur, comme le français "guetter") en égyptien : jamîla ("jolie") se prononce "jamila" en littéraire, "djamila" dans de nombreux dialectes et devient "gameela" en égyptien ("gamila"). Un homme se dit rajul en littéraire, mais ragel ("raguèl") en égyptien. La différence est minime, mais il faut connaître ces variantes pour s'y retrouver...

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