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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 14:09

El-Ghûri est le dernier grand sultan de la dynastie des Burgi Mamlûk. Il est décrit comme un homme autoritaire et cruel, mais qui aime aussi les fleurs et la poésie. Religieux fervent, il est très proche des Sufi.

Le mirhâb du mausolée d'el-Ghûri, au Caire.

Profitant de l'anarchie qui règne à la faveur de la succession de Qâyit Bây, Qânsûh el-Ghûri s'empare du pouvoir en 1501. Il s'efforce tout d'abord de pacifier le sultanat et de rétablir son autorité, mais s'attache aussi à développer les armées mamlûk et à engager de nouveaux mercenaires devant la menace ottomane qui se précise. Pour financer cette politique, il doit prendre des mesures très impopulaires qui appauvrissent encore la population égyptienne, augmentant les impôts et les taxes et opérant une réforme monétaire. Ces mesures contribueront grandement à achever de faire haïr les souverains mamlûk du peuple égyptien.

Le navigateur portugais Vasco de Gama, resté célèbre pour avoir ouvert aux Européens la route de l'Inde en contournant l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance, privant l'Egypte du monopole des épices.

Pourtant, el-Ghûri ne parvient pas à enrayer le déclin entamé depuis longtemps. Avec la découverte du cap de Bonne-Espérance, les Portugais ont brisé le monopole mamlûk sur les épices et fait chuter dramatiquement les revenus qui en découlaient et étaient essentiels pour l'économie égyptienne. Pour tenter de les contrer, el-Ghûri conclut une alliance avec les souverains du sud de l'Arabie et avec le Gujarat, en Inde ; il fait construire en mer Rouge une flotte, qui va dans un premier temps parvenir à remporter quelques victoires sur les Portugais. Mais en 1509, ces derniers anéantissent la flotte mamlûk lors d'une grande bataille navale sur les côtes du Gujarat, grâce à leur artillerie. Déjà en 1507, la flotte mamlûk de Méditerranée avait été défaite par les Portugais et les chevaliers de St-Jean.

Le Shah Ismâ'il Ier d'Iran, fondateur de la dynastie safavide.

Dès 1515, le sultan ottoman Selim Ier Yavuz prend le prétexte d'une alliance entre el-Ghûri et le Shah safavide d'Iran Ismâ'il Ier pour se lancer à la conquête du sultanat mamlûk ; en effet, le sultan mamlûk avait laissé passer les ambassadeurs envoyés par Isma'il Ier en vue de négocier avec la république de Venise contre les Ottomans. El-Ghûri, peu soutenu par ses émirs, est tué en août 1516 durant la bataille de Marj Dabiq, au nord d'Alep (Syrie), qui se solde par la victoire éclatante des Ottomans et la capture du calife abbasside el-Mutawakkil III ; c'est son artillerie qui a donné l'avantage à Selim Ier, sonnant le glas de la toute-puissance de la cavalerie mamlûk sur les champs de bataille. Les Mamlûk n'avaient pas su anticiper et tenir compte de l'évolution de l'armement et de l'introduction des armes à feu et des canons.

Le complexe d'el-Ghûri près de Bâb Zuweyla, au Caire.

Mais le règne d'el-Ghûri, qui entretient une cour brillante, est aussi marqué par une intense activité artistique et de grands travaux. Prévoyant les difficultés à venir, il fait remanier la Citadelle du Caire et renforcer les fortifications d'Alexandrie et de Damiette. Mais surtout, il dote Le Caire de monuments qui sont de véritables joyaux aujourd'hui encore, en particulier sa célèbre Wikâla (en égyptien « Wekalet el-Ghûri ») ou son non moins célèbre complexe sur la rue el-Mu'izz.

L'une des façades de la cour de la Wekalet el-Ghûri, au Caire.

Son successeur, Tûman Bây, ne pourra résister longtemps aux assauts des troupes ottomanes et Selim Ier fera une entrée triomphale dans l'Egypte conquise et désormais assujettie à son empire.

Le sultan ottoman Selim Ier, qui réalisera la conquête de l'Egypte et mettra fin au sultanat mamlûk indépendant.

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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 07:55

Blason de Qâyit Bây (faïence, musée d'Art Islamique, Le Caire).

Qâyit Bây est sans doute l'une des figures les plus marquantes de cette dynastie. D'origine circassienne, né à Kipchak, il fut amené comme esclave en Egypte à l'âge de 13 ans, en 1435, puis acquis comme mamlûk par le sultan Barsbây (1422-1438) pour la somme modique de 50 dinars. Il sera affranchi par le sultan Gaqmaq (1438-1453), qui le fera chancelier (Dawadar). Il devient chef des armées en 1467, puis monte sur le trône lorsque le sultan ez-Zâhir Tamerbughâ er-Rûmi (1467) est renversé par une révolte des Mamlûk.

Un dirham de l'époque de Qâyit Bây.

Son règne, sans conteste le plus brillant de la dynastie des Burgi Mamlûk, marque un effort de renforcement de l'autorité du sultan, ainsi qu'une stabilisation de l'économie et surtout une renaissance des arts. En 1467, Qâyit Bây provoque la colère du sultan ottoman Bayezid II pour avoir fait empoisonner le frère de celui-ci durant une entrevue. En représailles, les Ottomans s'emparent de plusieurs places fortes mamlûk en Asie Mineure, en particulier Adana et Tarse. Cependant, Qâyit Bây parvient à contenir leur avancée. Il essaie également d'apporter de l'aide aux souverains nasrides d'Espagne qui se heurtent à la Reconquista chrétienne et persécute les chrétiens de Syrie.

Le sultan ottoman Bayezid II.

S'il mena de nombreuses campagnes militaires, c'est surtout pour son oeuvre de grand bâtisseur qu'il reste célèbre. Il couvre la ville du Caire de magnifiques monuments, dont plusieurs subsitent aujourd'hui et comptent parmi les plus grandes réussites de l'architecture mamlûk. La citadelle qu'il fit construire à Alexandrie, connue sous le nom de fort de Qâyit Bây, est mondialement connue pour avoir été construite à l'emplacement de l'ancien phare antique, dont les fouilles sous-marines récentes ont révélé des vestiges dans les eaux voisines. Mais il réalisera également des programmes architecturaux à La Mecque et à Médine, à Jérusalem et à Damas.

Le célèbre fort de Qâyit Bây à Alexandrie.

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 14:42

Né vers 1373, Gaqmaq est acheté comme Mamlûk sous le règne de Barqûq (1382-1412). Sa carrière officielle commence sous le règne d'el-Mu'ayyad (1412-1421), mais c'est sous Barsbây (1422-1438) qu'il s'impose, obtenant un poste de ministre. Nommé régent quand le fils de Barsbây, el-'Azîz Gamâl ibn Barsbây, monte sur le trône en 1438, il renverse dès cette même année le jeune prince pour se proclamer lui-même sultan.

Un Coran enluminé de l'époque de Gaqmaq (musée d'Art Islamique, Le Caire).

Il est sans doute le plus cultivé des sultans mamlûk. Il pratique couramment à la fois le turc et l'arabe, ce qui est rarement le cas chez les Mamlûk. Il a également étudié la théologie. Ceci explique que son règne soit marqué par un grand développement des arts et de la science.

Un dirham de Gaqmaq.

A l'extérieur, il tente de démanteler la piraterie orchestrée par les chevaliers de St-Jean de Jérusalem établis à Rhodes, poursuivant en cela la politique de Barsbây. Par deux fois, en 1400 et en 1444, la flotte égyptienne échoue dans sa tentative de s'emparer de Rhodes.

Un chevalier de St-Jean de Jérusalem (fresque, Saint George Chostos in Filerimo, Rhodes, XVe s.).

C'est son fils el-Mansûr Fakhr ed-Dîn Osmân ibn Gaqmaq (1453) qui lui succède, mais il est renversé au bout de six mois de règne par el-Ashraf Seyf ed-Dîn Inâl el-'Alâ'i (1453-1460).

Mosquée de Gaqmaq à Darb Sa'ada, au Caire.

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 08:29

Né vers 1369, Barsbây exerçait en réalité déjà largement le pouvoir sous le règne de son prédécesseur, es-Sâleh Nâsir ed-Dîn Mohammed ibn Tatar (1421-1422). Il s'en empare véritablement en 1422, mettant en place un pouvoir fort. Mais il ne parviendra jamais véritablement à empêcher les émirs mamlûk d'agir en fonction de leurs propres intérêts.

Casque du sultan Barsbây conservé au Louvre, à Paris.

Les dépenses liées en particulier à l'entretien des troupes mamlûk sont de plus en plus exorbitantes. Barsbây s'efforce d'assainir les finances de l'Egypte, mais au prix d'une augmentation des taxations, ce qui sera très impopulaire. Il établit également au profit du pouvoir un monopole sur le commerce du sucre et des épices. Il tente de libérer l'économie égyptienne de l'alignement sur les monnaies d'or italiennes en faisant frapper de nouvelles monnaies, mais ce sera un échec qui ruinera les finances du pays. Si Barsbây parvint bien à stabiliser les finances de l'état, ses mesures nuiront gravement au commerce extérieur, dont l'économie égyptienne dépendait en grande partie. C'est en particulier son intervention sur le commerce des épices qui amena les Européens à chercher à trouver un moyen de s'approvisionner sans passer par l'intermédiaire égyptien, ce qui aura plus tard de graves conséquences.

Un dirham de l'époque de Barsbay.

En 1426, il s'empare de l'île de Chypre afin de libérer la Méditerranée orientale des attaques des chrétiens contre les navires marchands. Dès 1425, la flotte égyptienne avait pillé Limassol. Mais c'est en juillet 1426 qu'a lieu la bataille décisive à Chirokitia, au cours de laquelle le roi Janus de Chypre est capturé et ramené au Caire ; il ne sera libéré qu'après avoir reconnu la suzeraineté du sultan égyptien et accepté de verser un tribut annuel. Il parvient également à renforcer le contrôle du Hejjaz par les Mamlûk contre les visées des Hachémites. Enfin, des combats ont également lieu en Asie Mineure, où les Turcs commencent à se montrer dangereusement puissants.

Le site de Chirotikia, à Chypre, où les troupes mamlûk vainquirent le roi Janus de Lusignan.

A sa mort, il est inhumé dans le superbe mausolée qu'il a fait édifier dans le cimetière nord du Caire ; c'est son fils, el-'Azîz Gamâl ibn Barsbây, qui monte sur le trône en 1438 sous la régence de ez-Zâher Seyf ed-Dîn Gaqmaq, lequel ne tarde pas à le renverser pour s'emparer du pouvoir et devenir à son tour sultan, dès 1438.

Une tour élevée par Barsbây à Tripoli, au Liban.

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25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 18:25

El-Mu'ayyad Sheykh fut acheté comme esclave et amené en Egypte par un marchand auquel il doit une partie de son nom, Mahmûd el-Yazdy. Par la suite, il fut acheté par Barqûq, qui l'affranchit lorsqu'il monta sur le trône, en 1382. Il devint alors échanson de la cour du sultan.

La citadelle de Tripoli, au Liban, dont el-Mu'ayyad fut gouverneur.

Il poursuivit son ascension sous le successeur de Barqûq, Farag, qui le nomma gouverneur de Tripoli, au Liban. Capturé par Timur Lang lorsque celui-ci envahit la Syrie au tout début du XVe s., il parvint à s'échapper et à revenir au Caire. Farag le nomma ensuite gouverneur de Damas, mais il en fut bien mal inspiré ; el-Mu'ayyad projetait de renverser le sultan. Suscitant une révolte, il attira le jeune souverain à Damas et l'assassina.

El-Muayyad assassine le sultan à Damas pour s'emparer du trône.

Dans un premier temps, el-Mu'ayyad, pour légitimer son pouvoir, partage le pouvoir avec le calife abbasside ; mais il le fait assassiner dès 1412 et exerce désormais le pouvoir seul. Comme tous les princes mamlûk, el-Mu'ayyad est un homme plein de contrastes : à la fois tyrannique et pieux, guerrier redoutable mais aussi amateur de musique et de poésie.

La superbe voûte d'entrée de la mosquée d'el-Muayyad.

Il a laissé au Caire un superbe ensemble qu'il a fait élever de 1415 à 1422 dans le style Burgi Mamlûk à l'emplacement d'une prison dans laquelle il avait été enfermé sous le règne de Farag, près de Bâb Zuweyla ; il avait en effet fait le voeu, s'il était libéré, de faire raser la prison et de construire une mosquée à son emplacement. Ce sont les deux minarets de cette mosquée qui surmontent aujourd'hui encore les tours de Bâb Zuweyla.

Les deux minarets de style mamlûk de la mosquée d'el-Muayyad surmontent Bâb Zuweyla, à laquelle elle est adossée.

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21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 20:33

 

L'extraordinaire décor de la coupole principale du complexe de Farag ibn Barqûq, merveille de décor mamlûk.

Farag est décrit par el-Mazriqi, le grand historien arabe médiéval, comme « le souverain le plus tragique d'Egypte ». Son nom, Farag, signifie « délivrance, libération » ; il lui fut donné à sa naissance, puis remplacé par son père Barqûq lorsque celui-ci fut emprisonné à el-Kerak, en Jordanie par celui de Balfaq, « calamité », car on pensait que cet enfant portait malheur. A sa libération d'el-Kerak, en 1390, Barqûq lui rend son de Farag pour marquer sa libération.


Son destin est assurément tragique. Il est né en 1389, peu de temps avant que son père Barqûq ne soit arrêté et exilé à el-Kerak, ce qui le fait d'abord considérer avec mépris. Sa mère est une Turque, Khawand Sherîn. Second souverain Burgi Mamlûk, il monte sur le trône très jeune, à l'âge de 10 ans, bien que n'étant pas l'héritier désigné par son père ; il n'a que 23 ans quand il est renversé et assassiné à Damas. Son règne est marqué par les incessantes rivalités entre les factions menées par les émirs mamlûk.

La tradition lui prête une réputation sulfureuse. On dit qu'il n'hésitait pas à intriguer pour s'approprier les biens de ses sujets, qu'il avait un penchant prononcé pour l'alcool et la débauche.

Le savant ibn Khaldûn, qui vit au Caire sous le règne de Farag.

En 1401, il doit faire face à une nouvelle attaque de la Syrie par les troupes de Timur Lang, qui assiègent Damas. Le jeune sultan quitte donc l'Egypte à la tête d'une armée dans laquelle se trouve le célèbre historien et savant Ibn Khaldûn, qui se trouve alors en Egypte. Mais une révolte éclate en Egypte, et le sultan ne tarde pas à repartir pour Le Caire, laissant ses troupes se débrouiller seules en Syrie. C'est Ibn Khaldûn qui devra négocier avec Timur.

En 1405, lorsqu'il apprend que les Mamlûk envisagent de le renverser, il choisit de prendre la fuite. Les Mamlûks mettent alors sur le trône son frère cadet, el-Mansûr 'Abd el-'Azîz ibn Barqûq, qui avait été désigné comme héritier légitime par Barqûq. Ce prince éphémère ne régna que 6 mois et Farag reprit le pouvoir dès 1405.

Le complexe de Farag ibn Barqûq vu par Prisse d'Avennes.

Soucieux d'asseoir sa légitimité, Farag a fait construire dans le cimetière nord, près de la tombe de son grand-père, un vaste complexe funéraire qui compte parmi les plus beaux de la période mamlûk ; il y fait inhumer son père Barqûq, bien que celui-ci ait fondé un autre complexe dans la ville du Caire.

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20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 01:28
 

Barqûq, dont le nom signifie « prune » en arabe, fait partie des Mamlûk circassiens par les Bahri Mamlûk dans le Caucase. Il avait été acheté en 1362 ou 1363 par l 'émir Yelboghâ el-'Umâri et fit partie des Mamlûk exilés hors d'Egypte par le sultan bahride el-Ashraf Zeyn ed-Dîn Shabân ibn Hasan ibn Qalâwûn. Après avoir été emprisonné, il entre au service du vice-régent de Syrie, Mangak, à Damas. Mais il obtient le pardon du sultan, et ainsi l'autorisation de revenir au Caire. Mal en prit au sultan : Barqûq et d'autres Mamlûk circassiens assassinent Shabân en 1377, et placent sur le trône son fils, el-Mansûr 'Alâ' ed-Dîn 'Alî ibn Shabân (1377-1381), âgé de 7 ans seulement ! Après la mort précoce de ce souverain fantoche, les Circassiens placent sur le trône un autre fils de Shabân, es-Sâleh Zeyn ed-Dîn Hâggi (1381-1382), un enfant lui aussi. Barqûq parvient à asseoir sa position, devenant un proche des jeunes princes et s'attirant la sympathie des autres Mamlûk circassiens, dont il finit par prendre le contrôle. Il peut ainsi renverser le jeune sultan en novembre 1382 et s'empare du pouvoir, fondant la dynastie des Burgi Mamlûk. Il prend pour nom de règne ez-Zâhir, peut-être en référence à Baybars.

Un exemple de la splendeur du décor du complexe de Barqûq.

Barqûq se soucia d'abord de légitimer son pouvoir. Pour cela, il chercha un lien avec la dynastie précédente, qui gardait un certain prestige pour avoir à la fois repoussé les croisés et les Mongols, et religieusement pour avoir adopté le sunnisme. Dans ce souci d'assise dynastique, il épousa Baghdad Khatun, la veuve du sultan el-Ashraf Zeyn ed-Dîn Shaban. Ce souci se retrouve également dans le choix de l'emplacement de son complexe Khanqah-Madrasa près des monuments des premiers Qâlâwûnides, au coeur du Caire médiéval. Se méfiant des possibles ambitions des autres Mamlûk, il place à des postes clefs de l'Etat des membres de sa famille et des proches.

Le complexe de Barqûq dans Le Caire médiéval.

Barqûq est connu comme un guerrier courageux et un grand cavalier, qui toute sa vie appréciera les chevaux et les exercices équestres. Surtout, son règne est marqué par un retour à la prospérité, grâce à l'impulsion donnée au commerce, mais aussi par un développement de la vie artistique et culturelle, en particulier par la conception d'un nouveau style qui allait marquer durablement cette dynastie. Du point de vue artistique en effet, le style architectural inauguré par Barqûq est fondamental, car il va marquer l'architecture cairote durant toute la première moitié du XVe s.

La forteresse d'el-Kerak, en Jordanie, où Barqûq est retenu prisonnier lors de la révolte de 1389-1390.

Les choses tournent mal en 1389, lorsque deux gouverneurs mamlûk du nord de l'empire se révoltent : Mintash, le gouverneur de Malatya au sud-est de la Turquie, et Yelbogha en-Naseri, gouverneur d'Alep en Syrie. Les deux gouverneurs prennent le contrôle de la Syrie et marchent sur Le Caire. Ne parvenant pas à s'enfuir à temps, Barqûq est capturé et emprisonné à el-Kerak, en Jordanie. Les deux mutins rétablissent provisoirement sur le trône le prince bahride es-Sâleh Zeyn ed-Dîn Hâggi. Profitant des dissensions que ses partisans suscitent entre les différentes factions mamlûk au Caire, Barqûq parvient à s'échapper de sa prison jordanienne, revient au Caire en février 1390 et reprend le pouvoir.

Timur Lang et sa cour...

La dernière partie de son règne est marquée par le remplacement de tous les gouverneurs et hauts fonctionnaires par des membres de sa famille. Bientôt surgit une nouvelle menace quand Timur Lang (1336-1405) envahit la Syrie en 1399, pillant Alep et Damas, dont il massacre tous les habitants, à l'exception des artisans qu'il fait déporter à Samarkand. Cette violence vaut au chef turco-mongol d'être déclaré ennemi de l'Islam, ce qui le prive du soutien des musulmans. Barqûq est parvenu entre temps à rassembler une puissante armée qui marche sur la Syrie. Egalement en guerre avec le sultan ottoman Bayezid et risquant d'être pris en tenaille, Timur Lang préfère fuir et se diriger vers la Perse et la Russie. Quand Barqûq meurt en juin 1399, il est parvenu à rétablir son autorité en Syrie et à chasser les derniers Turco-Mongols de Syrie. Il est inhumé non dans son complexe situé en ville, mais dans un mausolée élevé par son fils et successeur Farag.

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19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 08:52

Un farouche guerrier circassien, tel que ceux qui formaient les rangs des Burgi Mamlûk.

Tout comme les Bahri Mamlûk qui les ont précédé, les Burgi Mamlûk doivent leur nom à l'endroit où ils étaient initialement cantonnés : leur nom de Burgi leur vient en effet des la tours (« burj », en arabe, « burg » en masri) de la Citadelle du Caire. C'est le sultan el-Mansûr Seyf ed-Dîn Qâlâwûn qui installa dans le donjon de la Citadelle du Caire les Mamlûk circassiens qui formaient sa garde d'élite ; il se méfiait en effet de ses congénères Bahri Mamlûk, dont il redoutait l'avidité de pouvoir et la propension à détrôner les sultans au gré de leurs querelles et intrigues.

La Citadelle du Caire et ses tours (photo Nefred).

Les Burgi Mamlûk sont aussi appelés Mamlûk circassiens, car la plupart d'entre eux étaient originaires du Caucase ; ils étaient formés de Circassiens1 proprement dits, mais aussi de Turcs, de Grecs et de Tatars2. Ils régnèrent sur l'Egypte un peu plus d'un siècle. Cette période est marquée par une grande instabilité et beaucoup d'historiens la considèrent comme l'une des plus sombres de l'histoire égyptienne. Les Burgi Mamlûk ont laissé dans les mémoires une image de guerriers querelleurs et violents, qui se livraient à des exactions incessantes sur les populations civiles et se battaient entre eux jusque dans les rues du Caire. Barqûq, le premier sultan Burgi Mamlûk, fit acheter en grand nombre des Mamlûk circassiens, parfois par groupes de plusieurs centaines.

Guerriers circassiens.

Dès le début du XVe s., pour faire face à une nouvelle invasion mongole dirigée par Timur Lang (Tamerlan), ils levèrent des impôts écrasants, en particulier les Juifs et les Chrétiens, qui étaient en outre humiliés en devant porter des marques distinctives. L'économie égyptienne était la plupart du temps exsangue.

Timur Lang recevant des émissaires, d'après une miniature persane.

Pourtant, les Burgi Mamlûk continuent à développer et embellir Le Caire, la couvrant de soomptueux monuments que l'on peut encore admirer. L'un des plus remarquables est la mosquée construite par le sultan el-Mu'ayyad à l'emplacement d'une prison dans laquelle il avait autrefois été retenu. Tyrannique mais pieux, el-Mu'ayyad dépensa sans compter pour édifier cette mosquée. Rendu extrêmement impopulaire par sa réforme monétaire et les conséquences des épidémies qui marquèrent son règne, il fut inhumé dans l'indifférence générale, sans même un linge pour couvrir sa dépouille.

Grâce à une promenade dans le quartier de Bâb Zuweyla avec notre amie Josiane, nous avons pu voir de l'extérieur la mosquée que el-Mu'ayyad fit construire à l'emplacement du lieu où il avait été emprisonné (à gauche sur l'image, photo Josiane).

Mais le plus grand souverain Burgi Mamlûk fut sans doute el-Ashraf Qâyit Bây, durant le règne duquel l'Egypte connut un renouveau éphémère. Il finança sa politique en levant un impôt d'1/5e des productions agricoles. La mosquée qu'il fit construire en 1472 compte parmi les plus beaux monuments du Caire médiéval.

Un redoutable cavalier tatar.

Mais une crise grave ne tarda pas à éclater, qui précipita la chute des Burgi Mamlûk en la personne d'el-Ashraf Qânsûh el-Ghûri, le dernier grand sultan Burgi. La découverte du passage maritime par le cap de Bonne Espérance, qui permettait aux navires occidentaux de commercer avec l'Inde sans avoir à payer les lourdes taxes imposées par l'Egypte, fut une véritable catastrophe économique pour Le Caire. En 1502, les choses allaient si mal que le sultan égyptien tenta de négocier en vain avec le souverain moghol. Avec l'aide de Venise, à laquelle la nouvelle route faisait également du tort, le sultan leva une flotte qui se porta en Inde pour attaquer la flotte portugaise ; après une première victoire, la flotte mamlûk fut finalement battue en 1509. En plus de la rivalité avec les Portugais pour le contrôle du commerce avec l'Inde, el-Ghori se heurta à l'inexorable expansion ottomane. Le sultan sera finalement tué en 1516, lors d'une formidable bataille qui opposa 14 000 soldats mamlûk à l'armée ottomane, avantagée par son artillerie. L'éphémère el-'Adel Tûman Bây II ne parvint pas à contenir l'envahisseur ottoman, et l'Egypte fut conquise en 1517.

Le sultan ottoman Selim Ier.

C'est presque avec soulagement que les Egyptiens accueillirent les troupes du sultan ottoman. Malmenés par plus d'un siècle de taxes exorbitantes et de désastre économique, ils espéraient que les Ottomans les délivreraient de l'emprise des Mamlûk. Mais ils se trompaient cruellement. Quand le sultan ottoman Selim3 vint en personne au Caire, ils comprirent qu'il venait en maître absolu et que c'en était fini de l'indépendance de l'Egypte et de la gloire du Caire, qui ne serait plus désormais que l'une des villes satellites de l'empire ottoman...

1- Les Circassiens sont aussi appelés Tcherkesses ; vous pouvez, si vous êtes curieux de découvrir les peuples du monde, consulter en suivant ce lien un site sur les Tcherkesses auquel j'ai emprunté l'image des guerriers circassiens : lien .

2- Appelés aussi "Tartares" ; peuple turcophone d'Asie Centrale qui occupa une partie de la Russie, de l'Ukraine et de Sibérie. Certains se joignirent aux Mongols de la Horde d'Or.

3- Selim Ier, sultan ottoman (1512-1520), dit le Cruel ou le Terrible (Yavuz en turc). Il est le père du fameux Süleyman (francisé en "Soliman" ) dit le Magnifique.

Les souverains de la dynastie Burgi Mamlûk :

ez-Zâhir Seyf ed-Dîn Barqûq (1382-1399)
en-Nâsir Farag ibn Barqûq (1399-1405) (1er règne)
el-Mansûr 'Abd el-'Azîz ibn Barqûq (1405)
en-Nâsir Farag ibn Barqûq (1405-1412) (2e règne)
el-Mu'ayyad Abu en-Nâsir Sheykh el-Mahmûdî (1412-1421)
el-Muzaffar Ahmed ibn esh-Sheykh (1421)
ez-Zâhir Seyf ed-Dîn Tatar (1421)
es-Sâleh Nâsir ed-Dîn Mohammed ibn Tatar (1421)
el-Ashraf Seyf ed-Dîn Barsbây (1422-1438)
el-'Azîz Gamâl ibn Barsbây (1438)
ez-Zâher Seyf ed-Dîn Gaqmaq (1438-1453)
el-Mansûr Fakhr ed-Dîn Osmân ibn Gaqmaq (1453)
el-Ashraf Seyf ed-Dîn Inâl el-'Ala'i (1453-1460)
el-Mu'ayyad Shihâb ed-Dîn Ahmed ibn Inâl (1460)
ez-Zâhir Seyf ed-Dîn Khoshqadam (1461-1467)
Seyf ed-Din Yalbây (1467)
ez-Zâhir Tamerbughâ er-Rûmi (1467)
el-Ashraf Seyf ed-Dîn Qâyit Bây (1468-1496)
en-Nâsir Mohammed ibn Qâyit Bây (1496-1497) (1er règne)
Qânsûh Khumsamâh (1497)
el-Ashraf Mohammed ibn Qâyit Bây (1497-1498) (2e règne)
ez-Zahir Qânsûh Ashrafi (1498-1500)
el-Ashraf el-Gambalât (1500-1501)
el-'Adel Tûman Bây I (1501)
el-Ashraf Qânsûh el- Ghûri (1501-1516)
el-'Adel Tûman Bây II (1517)

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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 00:46

Baybars est une figure étonnante de l'histoire égyptienne, au destin exceptionnel, un esclave devenu sultan. Ses exploits guerriers, qui ont permis d'éloigner du Proche-Orient la menace mongole, et la magnificence de sa cour tout autant que sa cruauté en ont fait au fil des siècles un personnage de légende. Au point qu'il n'est pas toujours facile de faire la part des choses dans tout ce qui se dit à son sujet.

Un Coran enluminé de Baybars.

D'origine turque, Baybars était né dans la partie de la Russie occupée par les Mongols, dans la ville de Kipchak. Encore enfant, il fut vendu comme esclave à Damas, pour 800 dinars, un prix modeste, car il avait un oeil atteint de la cataracte. C'était un homme solide, aux yeux bleus et au teint basané, au tempérament violent et doté d'une grande énergie, ce qui explique qu'il soit parvenu à usurper le rang de sultan. Guerrier redoutable, il commandait l'avant-garde de l'armée égyptienne lors de la guerre contre les Mongols et on lui doit en grande partie la victoire de 'Ayn Jalut, près de Jérusalem (3 septembre 1260). Le fait qu'il ait décidé d'assassiner le sultan Qutuz pourrait s'expliquer par le fait qu'il avait espéré en vain que celui-ci lui offrirait en récompense la ville d'Alep, qu'il avait reconquise. Après avoir assassiné le sultan, il prit sans mal le contrôle du Caire et se dota, en s'auto-proclamant sultan, du titre d'el-Malik ez-Zâhir, « le roi conquérant ».

La citadelle d'Alep, que Baybars reprit, exploit pour lequel le sultan Qutuz le récompensa bien mal à son goût.

Il restaura à son profit le pouvoir spirituel de l'empire musulman en installant dès 1261 le prince abbasside el-Mustansir, un oncle du dernier calife abbasside assassiné par les Mongols, comme calife au Caire, déplaçant ainsi le centre névralgique du sunnisme vers l'Egypte et s'assurant le contrôle du Hejjaz et de La Mecque. Le calife n'était en réalité qu'un homme de paille et c'était bien le sultan mamlûk d'Egypte qui continuait à diriger les vestiges de l'empire musulman. D'ailleurs, il laissa el-Mustansir se faire massacrer aux portes de Baghdad dans une tentative de restaurer le pouvoir central. Le nouveau calife confirma l'autorité de Baybars sur l'Egypte, la Syrie, le Hejjaz, le Yemen et l'Euphrate.

Unue monnaie du calife abbasside el-Mustansir, homme de paille dont Baybars ne tarda pas à se débarrasser.

Il régna au Caire durant 17 ans, entretenant une cour brillante et raffinée, entouré de princes et de notables tous issus des rangs mamlûk. Il garantissait des revenus élevés à ses ministres et aux membres de son administration, s'assurant ainsi leur fidélité et entretenant le désir d'entrer dans sa suite. Il déjouait toute tentative d'assassinat par des émirs de sa cour en étant imprévisible et en se déplaçant sans cesse. Son règne marque une époque de prospérité, Baybars se montrant aussi fin administrateur qu'il était bon guerrier. Il fit reconstruire les canaux, les fortifications et les chantiers navals en Egypte ; il remania et restaura le réseau routier, de sorte que les courriers ne mettaient que quatre jours pour parvenir du Caire à Damas. Homme pieux, il interdisit au Caire la consommation du haschisch et du vin, fit fermer toutes les tavernes et les bordels, chassant de la ville les prostituées européennes capturées lors des combats contre les croisés. Il créa au pied de la Citadelle une Maison de Justice, dans laquelle il siégeait lui-même le vendredi et le dimanche, où il donnait des audiences et recevait des émissaires.

Pieux et autoritaire, Baybars fait chasser du Caire les prostituées européennes.

Usant aussi bien de la guerre que de la diplomatie, Baybars parvint à maintenir les croisés chrétiens sur la côte nord de la Méditerranée. Car la propspérité qui marque son règne doit aussi beaucoup à ses victoires extérieures. Il dépensait sans compter pour recruter sans cesse de nouveaux Mamlûk. Il exigeait de lourds tributs des cités étrangères et des seigneurs vaincus.

Une monnaie frappée sous Baybars.

Baybars mourut assassiné en 1277, à l'âge de 50 ans. Ayant l 'intention de se débarrasser de l'émir Malik Kâher, un prince rival potentiel, il fit un jour mettre du poison dans le verre de l'émir ; mais celui-ci parvint à échanger les verres, et Baybars agonisa durant 13 jours !

La mosquée de Baybars au Caire.

Il ne reste presque rien des monuments édifiés au Caire par Baybars. Il ne fut pas enterré au Caire, mais à Damas ; il n'a donc pas laissé de mausolée. Sa madrasa, qui se dressait à côté de la tombe d'es-Saleh, fut rasée en 1874 pour percer une route et il n'en reste que quelques blocs. Sa Maison de Justice (Dâr el-'Adl), au nord-ouest de la Citadelle, a elle aussi été détruite. Il reste cependant l'une de ses mosquées, mais elle ne retient guère l'attention des visiteurs...

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7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 08:31

Après l'assassinat du 1er sultan mamlûk, Aybak, par son épouse Shagarat ed-Durr, ce fut le fils né du premier mariage d'Aybak, el-Mansûr Nûr ed-Dîn 'Alî ibn Aybak (1257-1259), qui fut choisi comme nouveau sultan. Mais le nouveau sultan était très jeune et il on lui adjoignit pour tuteur Seyf ed-Dîn Qutuz, un ancien esclave d'Aybak, qui finit bientôt par le renverser. Pour asseoir son pouvoir, Qutuz prétendit être le descendant du sultan Jalâl ed-Dîn Khawârizm Shâh. Nous ne savons que peu de choses en réalité sur ses origines : de son vrai nom Mahmûd ibn Mamdûn, capturé enfant par les Mongols, il fut vendu comme esclave à Damas à un certain ibn el-'Adîm, notable de la ville. Il fut ensuite racheté par Aybak, qui le ramena avec lui au Caire. Dévoué à son nouveau maître, il gravit peu à peu les échelons militaires mamlûk, devenant le chef des esclaves d'Aybak et son plus proche confident. Sa première action politique fut de prendre part à l'assassinat du chef mamlûk Fâris ed-Dîn Aqtây, dont l'attitude avait fini par irriter le sultan.

Les troupes mongoles finissent par s'emparer de Baghdad et mettent la ville à sac.

Après la prise de Baghdad par les Mongols et de la mort du calife abbasside, Qutuz renversa le jeune sultan el-Mansûr Nûr ed-Dîn 'Alî ibn Aybak au cours d'une chasse à el-Abbâsiyyah, en novembre 1259, et l'emprisonna avec toute sa famille dans la Citadelle du Caire. Il parvint à convaincre les autres Mamlûk que c'était là la seule solution pour contrecarrer l'insouciance du jeune souverain et se préparer efficacement à la guerre contre les Mongols, dans un moment critique où l'Egypte avait besoin d'un sultan fort. C'est ainsi qu'il obtint d'être reconnu sultan par les Bahri Mamlûk. Il ne régna que fort peu de temps, entre novembre 1259 et octobre 1260.

Hülagü Khân, petit-fils de Gengis Khân, mène les troupes mongoles qui se lancent à l'assaut de l'empire arabe.

Le court règne de Muzaffar Seyf ed-Dîn Qutuz est surtout marqué par l'irruption des troupes mongoles en Syrie. Hülagü Khân, le petit-fils de Gengis Khân, avait envahi l'Iraq en 1258 et s'était emparé de la capitale de l'empire, Baghdad. Il se dirigea ensuite vers la Syrie, mit Damas à feu et à sang, et reçut l'appui des chrétiens, mais aussi de musulmans restés fidèles aux Ayyubides ; ayant conclu une trève avec les croisés en Palestine, il envoya au sultan mamlûk Muzaffar Seyf ed-Dîn Qutuz quatre ambassadeurs chargés de lui remettre une lettre l'avertissant que l'Egypte ne pourrait échapper à la supériorité des guerriers mongols. Le sultan traita cette menace par le mépris et fit tuer les quatre ambassadeurs, faisant suspendre leur tête à Bâb Zuweyla, au Caire.

Bâb Zuweyla, qui vit tant de suppliciés, dont les émissaires mongols d'Hülagü Khân.

En septembre 1260, grâce au général mamlûk égyptien Rukn ed-Dîn Baybars, il arrêta les troupes mongoles à 'Ayn Jalut, près de Jérusalem, leur infligeant leur première grande défaite. Quand les parties de la Syrie entrées en leur possession se révoltèrent, les Mongols se retirèrent en Anatolie et les Mamlûk égyptiens purent reprendre le contrôle du Proche-Orient.

Grâce aux troupes mamlûk et au général Baybars, Qutuz parvient à éloigner de l'Egypte la menace mongole.

A son retour vers l'Egypte, le général Baybars ne tarda pas à faire assassiner à son tour le sultan Qutuz. La cour était à el-Qusayr, en octobre 1260, quand Baybars décida de se débarrasser du sultan au cours d'une partie de chasse. Il avait demandé à Qutuz de lui accorder l'une des femmes capturées durant la campagne guerrière, ce que le souverain lui accorda ; Baybars se pencha alors pour baiser la main de Qutuz en signe de remerciement, mais c'était le signal convenu avec les assassins pour décapiter le malheureux sultan !

Une monnaie frappée sous le règne de Qutuz.

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