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  • : Ankh-Neferkheperou-Rê
  • Ankh-Neferkheperou-Rê
  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 18:03

Le marché de Khân el-khalili, situé en plein coeur du quartier historique de la ville islamique du Caire, est un des plus vastes du monde arabe. Même si le tourisme de masse y a introduit des aspects justement « cliché touristique », il n'en demeure pas moins que le quartier recèle des trésors, tant dans les boutiques que dans son architecture et ses monuments. Autant dire qu'une promenade au "Khân", comme on l'appelle, s'impose lors d'un séjour au Caire, et que  curiosité et attention aux détails sont de mise.

On peut considérer que ce véritable quartier commerçant s'étend entre shâri' el-Azhar, shâri' Bûr Sa' îd, shâri' el-Mansûryya et les vestiges de l'enceinte d'el-Qahira au niveau des portes Bâb el-Futuh et Bâb en-Nasr, sur lesquelles débouchent respectivement deux grandes artères : shâri' el-Muizz li-Din Allah et shâri' el-Gamaleyya. A l'ouest, de l'autre côté de shâri' Bûr Sa' îd, se trouve un autre marché, celui d'el-Muski.


Le vaste marché qu'est le Khân a été fondé à la fin du XIVe s. par l'émir Jaharks el-Khalili, qui lui a laissé son nom. Le quartier fut en grande partie remodelé par le sultan Ghawri au XVIe s. , à l'époque ottomane. Depuis l'origine, on y trouve une multitude de produits venant de toute l'Egypte, mais aussi de tout le Proche- et Moyen-Orient. On peut dire qu'on trouve à peu près tout dans cet immense marché, depuis les produits les plus courants jusqu'aux pièces d'artisanat de qualité et même de véritables oeuvres d'art. Certaines échoppes sont aussi des ateliers, même si là encore l'aspect touristique tend à prendre le pas. Ceci dit, il faut savoir apprécier dans le Khân ce qui subsiste d'authentique et tâcher de faire abstraction du reste. Il rassemble presque un millier de boutiques !
Une boutique touristique présentant divers aspects de l'artisanat égyptien.

Dans l'architecture islamique, on appelle khân un caravansérail situé à l'intérieur de l'enceinte d'une ville, par opposition au caravansérail isolé formant une étape pour les convois sur les routes caravanières. Le khân nécessite des fortifications moins impotantes et offre plus d'espace pour les entrepôts et surtout pour les boutiques. A l'origine, il s'agissait comme son nom l'indique d'un vaste espace clos entourant une cour autour de laquelle s'ordonnaient entrepôts et boutiques, et dans laquelle étaient dressées des échoppes. L'une des portes de l'ancien khân subsiste d'ailleurs vers le milieu de shâri' Sikkit el-Badistan, l'une des rues transversales. Tout autour se sont développées des rues commerçantes (sûq), et, selon la tradition des villes musulmanes, on trouve dans le périmètre mosquées, fontaines et madrasa.

Un exemple des merveilles architecturales du quartier : la mosquée el-Aqmar.


 

Les Egyptiens fréquentent plutôt la zone située au nord de shâri' Sikkit el-Badistan et la zone ouest, du côté d'el-Muski.
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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 14:05

Situé dans le cimetière Nord, dans la fameuse Cité des Morts du Caire, ce complexe funéraire fut construit durant la période mamlûk tardive, de 1472 à 1474 pour le sultan mamlûk Qâyitbây (règne de 1468 à 1496). Vous avez sans doute entendu parler de Qâyitbây au sujet de son fameux fort, à Alexandrie, près duquel on a retrouvé les vestiges du célèbre Phare de l'Antiquité. Ce sultan a laissé de nombreux monuments en Syrie, en Palestine, par exemple, mais c'est surtout au Caire que s'est manifestée sa volonté de renouveau architectural.

Le mausolée de Qâyitbây, avec à l'arrière le dôme.*

Autour de la mosquée-madrasa à 4 îwân avec son splendide minaret (haut de 40m) sont groupés le mausolée du sultan et diverses annexes et dépendances, comprenant entre autres une somptueuse maison d'habitation où résidaient des Sûfî, un grand hall et une madrasa plus petite avec le mausolée des fils du sultan.

Détail de l'extraordinaire décor extérieur du dôme, sculpté comme de la dentelle...

Vue intérieure de la coupole, qui repose sur un tambour octogonal permettant de passer au plan carré du plafond ; le tout en bois sculpté, peint et doré.*

Le dôme vu de la terrasse : une splendeur de l'époque mamlûk.*

C'est un des plus vastes complexes du cimetière Nord. De l'enceinte qui à l'origine en tourait l'ensemble ne subsiste que la porte Sud. La splendeur de ce complexe tient à la qualité extraordinaire de sa décoration exubérante, en particulier celle du bâtiment central. Le dôme maçonné du mausolée du sultan est sculpté d'un décor sophistiqué d'arabesques végétales entrelacées et d'étoiles qui en fait l'un des chefs-d'oeuvre parmi les dômes d'époque mamlûk. Ces décors complexes formés d'arabesques et de motifs géométriques, sans doute influencés par les dômes iraniens recouverts de faïences, atteignent ici un haut degré de perfection à la fois technique et artistique.

Le minaret, tout aussi ouvragé.*

Du haut du minaret, on a une vue extraordinaire sur la Cité des Morts ou cimetière Nord.

Le règne de Qâyitbay marque une période d'intense construction, en particulier au Caire, marquant une véritable renaissance architecturale. Le style de cette époque se caractérise en particulier par la finesse du décor et la richesse des effets de polychromie ; dans le décor de son complexe funéraire interviennent ainsi le bois sculpté et doré, les bois peints polychromes, les vitraux, les pavements de marbres de couleur, et la maçonnerie elle-même alterne deux couleurs. Sous Qâyitbây apparaît aussi l'ensemble sabil et kuttab, c'est-à-dire une fontaine publique associée à une école.

* photos JP-Dzisiak , un site à voir sur Le Caire.

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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 15:56

C'est en 639 que les Arabes font la conquête de l'Egypte, sous le commandement d' 'Amr ibn al-'Âs. En 641, ils fondent Fustat, qui deviendra plus tard le Caire actuel. Dès lors, Le Caire devient le centre politique et culturel de l'Egypte, se couvrant peu à peu de splendides monuments. Le pays est alors placé sous la domination du califat de Damas.

'Amr ibn al-'Âs, conquérant de l'Egypte, d'après un manuscrit persan tardif.

C'est à Fustat que le conquérant, 'Amr, construit sa grande mosquée, et ce quartier restera un centre commercial important jusqu'à la période ayyûbide. Ibn Tûlûn, un Turc qui administre l'Egypte au nom du calife 'Abbâside de Baghdad, est le premier gouverneur à se séparer du califat 'abbâside et fonde à côté de Fustat une nouvelle villle de garnison, al-Qata'i', ainsi qu'une nouvelle grande mosquée monumentale.

Abu 'Ubeid Allah, un Fâtimide, prend l'Egypte en 909, mais en est rapidement chassé par le gouverneur Mohammed ibn Toughdj al-Ikhshîd, représentant du calife de Baghdad. Ce gouverneur fonde en 934 la dynastie Ikhshîde et se sépare du califat de Baghdad.

En 969, les califes Fâtimides, des shiites venus du Maghreb, conquièrent l'Egypte et étendent leur domination jusqu'à la Syrie, qui sera l'un des foyers importants d'échanges artistiques. Ils fondent al-Qahira, l'actuelle ville du Caire, en englobant les fondations précédentes, et en font la capitale de leur empire. C'est une des étapes majeures du développement de l'architecture musulmane égyptienne, avec la généralisation des constructions de pierre.

A la fin du XIe s., le déclin des Fâtimides est accéléré par la conquête de la Syrie par les Seldjukides et la guerre avec les croisés chrétiens. Les croisés atteignent al-Qahira en 1168, puis Salâh ad-Dîn ibn Ayyûb, appelé Saladin en Occident, prend le contrôle de l'Egypte en 1171 ; en 1174, il fonde une dynastie syro-égyptienne puissante, les Ayyûbides, construit une citadelle à al-Qahira et étend la ville. Les Ayyûbides, en dehors des travaux de fortification, auront le souci de construire également des madrasa pour la promotion du sunnisme. C'est à cette époque que se développe en Egypte le type de construction à îwân, inspiré par la Syrie et l'Asie Centrale.

Salâh ad-Dîn ibn Ayyûb, dit Saladin.

La dynastie des Mamlûks, à l'origine gardes turcs des Ayyûbides, s'empare du pouvoir en 1250. Sous cette dynastie, la paix, retrouvée après l'arrêt de l'invasion mongole au Proche-Orient et l'expulsion définitive des croisés, permet un développement culturel considérable et un ensemble de constructions qui font du Caire l'une des plus belles villes du monde musulman. Les princes Mamlûks multiplient les fondations pieuses et érigent de superbes mausolées.

L'Egypte était prospère grâce au contrôle absolu qu'elle exerçait sur le commerce transitant par la Mer Rouge. Ce monopole cesse avec la découverte par les Occidentaux, en 1498, de la nouvelle route maritime contournant l'Afrique par le cap de Bonne Espérance. En 1517, le sultan ottoman Selim Ier conquiert l'Egypte et al-Qahira perd son rôle de capitale. Sous la domination ottomane, l'Egypte sera gouvernée par des Bey au nom du sultan ottoman. Les constructions se font moins nombreuses jusqu'au XIXe s.

Muhammad 'Alî, gouverneur puis vice-roi d'Egypte.

Après l'occupation du pays par la France suite suite à l'expédition de Bonaparte, de 1798 à 1801, le sultan ottoman reprend le contrôle de l'Egypte avec l'aide des Anglais et Muhammad 'Alî (appelé aussi sous son nom turc Mehemet Ali), nommé gouverneur en 1806, fait massacrer les derniers Mamlûks. Muhammad 'Alî tenta de s'affranchir de la domination ottomane, mais se heurta à l'alliance de celle-ci avec les puissances occidentales. En 1841, il obtient la vice-royauté héréditaire de l'Egypte, sous suzeraineté ottomane. Muhammad 'Alî et ses successeurs vont relancer une grande activité architecturale, en particulier en développant à l'ouest de la vieille ville du Caire de nouveaux quartiers où l'influence occidentale est très forte. L'influence occidentale est un des traits caractéristiques de cette dernière dynastie.

Les grandes périodes
période califale  639-661

période Umayyad

(ou Omeyyade)

 661-750
période 'Abbâside 750-868
période Tûlûnide 868-906
période Ikhshîde 934-969
période Fâtimide 969-1171
période Ayyûbide 1171-1250

période Mamlûk

(ou Mamelouke)

1250-1517
période Ottomane 1517-1805
Muhammad 'Alî et ses successeurs 1805-1953

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15 juillet 2006 6 15 /07 /juillet /2006 12:26

Aujourd'hui, nous allons voir un peu de vocabulaire qui peut être utile dans les soukh et les boutiques. Même si vous ne dites que quelques mots en arabe et que rapidement vous manquez de vocabulaire, ne vous inquiétez pas : ce sera apprécié, car vous aurez fait un effort que ne font pas la plupart des touristes.

Un touriste, justement, se dit sâyeH (masculin) / sâyHa (féminin). Pour faire comprendre que vous n'êtes pas un visiteur qui se déplace en troupeau, ou dans une boutique que vous n'êtes pas un néophyte en matière de négociation, vous pourrez employer l'expression : ana mesh sâyeH / ana mesh sâyHa !

mesh signifie "pas / ne pas" et est employé très couramment pour la négation en dialecte cairote.

ana mabsût (masculin) / ana mabsûta (féminin) signifie "je suis content (e) ". Pour dire "je suis très content", on dira ana mabsût 'awi.

ana za3lân (masc.) / za3lâna signifie "je suis fâché (e) " ; en général, le rituel de la négociation dans les boutiques comprend un moment où on fait mine de s'en aller, de ne pas être satisfait. Mais à utiliser en montrant bien qu'on plaisante, pour ne pas heurter son interlocuteur, hein...

shuf ! signifie "regarde ! " ; shuf da ! , c'est "regarde ça !". Momken ashuf ? veut dire "je peux regarder ?". Pour dire qu'on regarde juste, sans intention d'acheter, on peut dire ashuf, bass !

al-fulûs (le premier -u est très bref, on entend presque "flûs", ce qui a été adapté en français par "flouze" ), c'est l'argent. Par contre, al-fakka, c'est la petite monnaie, ou la monnaie qu'on rend. La monnaie égyptienne est la livre, qu'on appelle al-ginê en égyptien (sans doute un reste de l'influence britannique et de sa "guinée", monnaie aujourd'hui disparue).

mafîsh fulûs ! signifie "(je n'ai) pas d'argent" ; rassurez-vous, on ne vous croira pas !  On peut dire aussi ma3andîsh fulûs, je n'ai pas d'argent. Mafîsh (orthographié aussi mafeesh) est une expression typique d'Egypte et du Mashreq qui signifie "il n'y a pas" ; en arabe littéral, on dit mafî. Mafîsh mushkela signifie "pas de problème" (mafî mushkila en arabe littéral). Ma- est également une négation.

kam ? signifie "combien ? ". Bekam al-gallabeyya ? veut dire "à combien est la gallabeyya ?" ; on vous répondra : be ... ginê, "à ... livres", et là commencent les négociations !

khalâs signifie "cest tout / ça suffit" ; selon le ton que vous employez, ce mot vous permettra de dire que c'est tout ce que vous voulez acheter, par exemple, ou à vous débarrasser d'un marchand trop insistant (ça arrive parfois...).

lâ 3âyez (masc.) / 3âyza (fém.) Hâga, shokran signifie "je ne veux rien, merci".

rekhîs signifie "bon marché / pas cher" ; je vous déconseille de l'employer sans réfléchir... ghâli, au contraire, signifie "cher / coûteux". ghâli 'awi peut être employé pour dire "c'est très cher !" dans le sens de "trop cher" au cours de vos négociations.

Prononciation :

Pour l'essentiel, je vous renvoie au premier  article  que j'ai écrit sur le sujet.

Je rappelle que le -H (noté h majuscule) est le -h très fortement aspiré, qui vient du fond de la gorge.

Nous avons aussi rencontré -gh, qui est une gutturale un peu compliquée pour un gosier occidental ; en gros, c'est comme un -r guttural prononcé dans le fond de la gorge et "graseillé", c'est-à-dire comme si on gargarisait.

Bon, c'est déjà pas mal pour aujourd'hui, non ? Nous continuerons la prochaine fois. Yalla, on apprend !

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12 juillet 2006 3 12 /07 /juillet /2006 13:48

Maintenant que nous savons saluer et être polis en égyptien, nous allons voir quelques expressions qui peuvent se révéler utiles sans être trop difficiles à apprendre ni requérir trop de notions grammaticales.

 

Se présenter :

esmî signifie "mon nom" ; pour dire "je m'appelle Nefred", on dira esmî Nefred (littéralement : "mon nom Nefred", le verbe être est très souvent sous-entendu en arabe, ce qui est pratique, non ?).

Pour corser un peu la chose, nous allons maintenant dire notre nom et demander le sien à l'autre personne : esmî Nefred ;  wa enta, esmak êh ? , c'est-à-dire : "je m'appelle Nefred ; et toi, comment t'appelles-tu ? ". Enta correspond à "tu / toi" pour un homme, enti pour une femme ; mais très souvent, on emploie dans la langue courante enta dans les deux cas. El-esm, c'est le nom ; nous avons vu esmî, qui veut dire "mon nom" : esmak est "ton nom" pour un homme et esmek pour une femme. Simple, non ? Êh est un interrogatif employé dans la langue courante ; il signifie "quoi ? / que ? / quel ?". Là encore, vous voyez que le verbe est sous-entendu, ce qui nous facilite la tâche : esmak ê ? - "quel est ton nom / comment t'appelles-tu ? "

tasharrafna signifie "enchanté", ce à quoi on répond de façon codifiée forsa sa3ida (littéralement : "occasion heureuse").

Ana men Faransa : je viens de France ; on peut dire aussi : ana faransawiyy (pour un homme) / ana faransaweyya (pour une femme), "je suis Français(e) ". Si on vous pose la question : menen enta / enti ? , on vous demande d'où vous venez, de quel pays, ville ou région vous êtes...

Puisque nous évoquons les nationalités, l'Egypte se dit Masr (Misr en arabe littéral), un Egyptien se dit masriyy, une Egyptienne se dit masreyya et des Egyptiens se dit masriyîn. Masriyy / masreyya / masriyîn sont ici des noms, mais ils peuvent aussi être utlisés comme adjectifs : mazika masreyya signifie "de la musique égyptienne".

Comment ça va ? :

Ezzay, qui signifie "comment ? ", est typiquement égyptien. Aussi les Egyptiens diront en général ezzayyak (à un homme) / ezzayyek (à une femme) pour demander comment ça va. On peut aussi dire : ezzay el-Hal ? ou keif el-Hal ?

La réponse là encore est codifiée : (ana) kwayyes, el-Hamdu li-llah / tamâm, el-Hamdu li-llah (littéralement : "bien, grâce à Dieu". Ensuite, on demande à son interlocuteur comment il va, en utilisant par exemple wa enta / enti ? ("et toi ? " ), pour se montrer poli. Dans les salutations traditionnelles, on demande ainsi des nouvelles de toute la famille (et ta femme, et ton père, et ta mère...), ce qui constitue les fameux "salamalecs" dont ont beaucoup parlé les Occidentaux étrangers à ces coutumes...

Encore une remarque à ce sujet : vous voyez qu'on fait suivre "je vais bien" par "grâce à Dieu" ; c'est un fait culturel intéressant : on veille à conserver cette santé en appelant en quelque sorte la protection de Dieu. De même, quand on émet un souhait, quelque chose qu'on aimerait faire ou un projet qu'on a, qu'on dit à quelqu'un qu'on aimerait le revoir, etc. on ajoute toujours inshâ'a l-lah (le fameux inch Allah) qui signifie "si Dieu veut". Vous l'entendrez en permanence, et peu à peu vous mettrez à l'utiliser aussi... inch Allah !

Est-ce possible ? :

momken ? signifie "c'est possible ? / c'est permis ? ". On vous répondra soit aiwa, momken ("oui, c'est possible"), soit lâ, mesh momken ("non, ce n'est pas possible"). Lâ mustaHîl signifie plutôt "non c'est impossible", dans le sens de "ce n'est pas faisable" ; lâ, mamnu3 signifie par contre "non, c'est interdit".

Selon la réponse, vous pourrez dire : tayyeb ! ("bien / OK / super"), khosâra ! ("dommage") ou ma3lesh ("tant pis"). Sans oublier un petit shokran ("merci"), bien entendu...

Bon, et bien ça fait déjà quelques expressions à apprendre. Que le divin Thot vous aide dans cet apprentissage ! Nous continuerons une prochaine fois...

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22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 14:02

Parmi les quelques phrases de bases qu'on peut facilement apprendre en vue de se rendre en Egypte, il y a quelques formules de politesse qui peuvent être des attentions appréciées et qui sont faciles à retenir. Vous verrez que la plupart des réponses aux formules de politesse sont codifiées.

Les salutations :

- bonjour se dit : sabaH el-kheir ("matin de bien"), auquel on répond par la formule codifiée sabaH en-nûr ("matin de lumlière")

- bonsoir se dit : masa'a el-kheir ("soir de bien"), auquel on répond par la formule codifiée masa'a en-nûr ("soir de lumière").

- salâm (littéralement : "paix") correspond à salut ! , donc moins formel mais tout à fait correct.

- marHaba signifie plutôt bienvenue, mais il est aussi employé pour saluer quand on accueille en particulier.

- attention, la formule salâmu 3aleikum, à laquelle on répond de façon codifiée wa 3aleikum as-salâm ( + wa raHmatu-llahi, wa barakato pour la formule complète), est en principe réservée aux salutations entre musulmans, les non-musulmans ne sont pas sensés l'employer ; on ne vous en voudra pas si vous l'utilisez et qu'on comprend que vous n'êtes pas musulman, mais c'est une forme de respect de connaître cette règle.

- ahlan wa sahlan est une formule de bienvenue, à laquelle on répond ahlan bîk si on s'adresse à un homme / ahlan bîki à une femme / ahlan bîkum à plusieurs personnes.

- au revoir se dit ma'a es-salâma, qui se prononce de façon très contractée, vous avez dû l'entendre ou l'entendrez en Egypte ; ilâ l-liqâ', forme trop littéraire, n'est pratiquement jamais utilisée, sauf peut-être dans des circonstances très formelles.

S'il vous plaît / merci, etc. :

- men fadlak (homme) / men fadlek (femme) / men fadlikum (pluriel) correspond à s'il te / vous plaît.

- merci se dit shokran, auquel on répond de façon codifiée 'afwan ; attention, il est impoli de répondre shokran après avoir reçu un compliment, il faut dans ce cas répondre de façon codifiée Allah yekhallîk (homme) / Allah yekhallîki (femme) / Allah yekhallîkum (pluriel).

- mabrûk signifie félicitations, et on répond de façon codifiée Allah yebarêk fik (homme) / Allah yebarêk  fiki (femme) / Allah yebarêk  fikum (pluriel).

- âsef (masculin) / âsefa (féminin) signifie pardon, désolé(e). Comme en français, il peut aussi s'utiliser sous forme de question, en changeant l'intonation, pour montrer qu'on n'a pas compris ou entendu : âsef ?  = pardon ? Comment ?.

Quelques règles de prononciation :

Fort heureusement, l'arabe dialectal égyptien simplifie certains sons de l'arabe classique très difficiles à prononcer pour les Européens. En arabe, dialectal ou classique, toutes les lettres se prononcent, ce qui signifie qu'une consonne double se prononce doublée et qu'une consonne en finale se prononce aussi.

On a pour habitude de noter H majuscule le son -h très guttural, venu du fond de la gorge, pour le différencier du h ordinaire, qui est aspiré.

La notation kh correspond à un son de gorge identique au -ch dur allemand de Bach ou au -j espagnol.

ei se prononce è + i, mais unis en ce qu'on appelle une diphtongue (comme en anglais...).

Le r est bien entendu roulé, mais ça vous le savez.

L'accent circonflexe au-dessus d'une voyelle sert à indiquer qu'elle est longue (on peut aussi trouver la notation sous forme de voyelle doublée pour indiquer qu'elle est longue) ; les autres sont brèves. Les voyelles en dialectal sont plus fluctuantes qu'en arabe classique : le -u (toujours prononcé -ou en arabe) tend à être remplacé par un -o, le -i ou le -a bref par un -e (toujours prononcé -é), -ai ou -ay par -ei / -ey.

Le signe 3, qui a dû surprendre certains d'entre vous, sert à noter le 'ayn, l'un des sons les plus difficiles de la langue arabe pour un Européen ; ce n'est pas grave si vous n'arrivez pas à le prononcer au début ; il faut l'entendre pour arriver à l'imiter : en résumé, c'est un son qui vient à nouveau du fond de la gorge mais en bloquant la glotte (on dit souvent, ce n'est pas ragoutant je sais mais c'est l'image qui donne la meilleure idée de la façon de prononcer le 'ayn, que c'est comme si on avait un renvoi...).

En principe, le d de "fadlak" est prononcé comme le -th dur anglais de "that" (en prononçant quelque chose situé entre le -d et le -t en bloquant la langue contre les dents du haut). Mais un -d simple conviendra très bien.

Voilà, il me semble que c'est déjà un bon début. Voilà de quoi montrer un minimum de politesse en Egypte. Et ne vous inquiétez pas : même si votre prononciation est approximative, on sera sensible au fait que vous fassiez l'effort de dire quelques mots d'arabe égyptien...

 

Vous trouverez aussi des infos linguistiques sur le site de notre amie Theti. Yalla ! On s'entraîne à prononcer et on répète jusqu'à ce qu'on retienne. A mon retour de Paris, interrogation générale !

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25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 14:01

Le soukh d'Aswan est sans conteste l'un de ceux que j'ai préférés en Egypte. A son caractère de soukh oriental s'ajoute une touche d'Afrique subsaharienne, autrement dit à Aswan toutes les Afrique se rencontrent, et c'est sans doute ce qui contribue à en faire un lieu magique.

On s'en tient d'abord à la partie fréquentée par les touristes, et puis rapidement on est attiré bien au-delà. Dans le dédale des ruelles, on part ainsi à la rencontre de la ville dans ce qu'elle a de plus authentique, on s'enivre de ses parfums, de sa beauté intemporelle. Pour apprécier les marchés égyptiens, il ne faut pas s'en tenir à rechercher l'objet qu'on va pouvoir ramener, bien entendu. Il faut surtout ouvrir grands ses yeux et son coeur, observer jusqu'à s'enivrer d'images, puis devenir acteur. Il ne faut pas hésiter à prendre le temps de parler. Comme partout ailleurs dans le pays, le marché connaît une vie intense le soir venu, c'est un changement d'atmosphère.

Ce qu'il ne faut surtout pas manquer au soukh d'Aswan, ce sont ces superbes écharpes nubiennes aux couleurs et aux motifs particuliers, qui servent de manteaux pour les hommes. Egalement les vanneries nubiennes, qui sont magnifiques.

Alors, quand vous irez à Aswan, inch Allah je vous le souhaite, ne perdez pas de temps à aller voir le son et lumières à Philae, vers lequel les touristes se précipitent comme de bien entendu. Choisissez plutôt de flâner dans la ville et en particulier au soukh. Laissez-vous gagner par l'atmosphère, allez à la rencontre de ces Egyptiens du sud qui sont si accueillants. Tout y est d'une noble beauté, c'est réellement un moment magique.

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3 mai 2006 3 03 /05 /mai /2006 16:31

En dehors des mosquées, la ville du Caire recèle de nombreux autres trésors d'art islamique, qui comptent parmi les plus beaux du monde. Lors de mon séjour dans cette ville en 2004, je n'y suis resté que peu de temps et je suis reparti un peu frustré vers la Haute-Egypte, mais en me promettant une chose : je reviendrai, et je prendrai le temps qu'il faudra pour découvrir plus en profondeur cette ville dont je suis tombé amoureux.

L'extraordinaire Cité des Morts...

 

L'une des choses les plus fascinantes, c'est la fameuse Cité des Morts, immense nécropole (la superficie totale est d'environ 1000 hectares !) hérissée de coupoles magnifiques et de minarets qui abrite des tombes et mausolées de toutes les périodes ; cela au milieu de la ville des vivants, tant l'extension tentaculaire du Caire moderne s'est développée dans toutes les directions. Mais ce n'est pas seulement une nécropole : toute une population y vit, dont a du mal a estimer le nombre exact ; une population pauvre venue de toute l'Egypte. On distingue le cimetière nord et le cimetière sud. Tous les jours, nous passions devant la Cité, mais je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de m'y rendre ; c'est un des lieux que je compte explorer lors de mon prochain voyage. Les plus célèbres mausolées sont d'époque mamelouk (Barqûq, Sultan Inâl, Sultan Qâyitbây...), mais il y a vraiment des merveilles de toutes les périodes. Certains mausolées se visitent de façon officielle, avec tarif d'entrée ; pour d'autres, un bakhshish versé au gardien ou à la famille qui l'occupe permet d'entrer.

A l'intérieur d'un mausolée dans la Cité des Morts...

Autre point d'intérêt dans Le Caire islamique, les vestiges de fortifications. Il y a bien sûr l'imposante citadelle construite par Salâh ed-Dîn (Saladin) au sud-est de la ville, qu'elle domine et sur laquelle elle offre un point de vue remarquable ; c'est à l'intérieur de la Citadelle que se trouve la mosquée de Muhammad 'Alî. Mais il y a aussi les portes médiévales (époques fâtimide et ayyûbide, XIe-XIIe s.), qui font l'objet des restaurations : Bâb an-Nasr (Porte de la Victoire) et Bâb al-Futûh (Porte des Conquêtes) au nord,  et Bâb Zuwayla (du nom d'une tribu berbère dont les soldats, au service des Fâtimides, étaient logés près de là) au sud. Ces portes sont les mieux conservées du monde musulman.

 

Bâb an-Nasr (à gauche) et Bâb al-Futûh (à droite)...

Bâb Zuwayla...

 

Vue générale de la Citadelle...

Enfin, il y a également des maisons et palais de toutes époques à découvrir. Le musée Gayer Anderson, du nom d'un collectionneur anglais, consacré à l'art islamique, est installé juste à côté de la mosquée d'ibn Tûlûn dans deux maisons d'époque ottomane ; vraiment magnifique ! Le musée islamique, fondé au début du XXe s., fait l'objet de restaurations ; ses collections sont exceptionnelles. Même dans le très touristique Khan el-Khallili, de magnifiques trésors d'architecture surgissent.

Une des salles du musée Anderson...

(photos : cites-du-monde et tour-egypt ).

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3 mai 2006 3 03 /05 /mai /2006 01:22

Beaucoup de gens n'y pensent pas, mais l'Egypte ce sont aussi des merveilles d'art islamique. Le Caire offre des splendeurs architecturales qui rappellent que la ville fut dans l'histoire l'un des foyers artistiques les plus actifs du monde musulman. Il faut l'avouer, beaucoup de tour-operators négligent cet aspect, ou passent très vite dessus, et c'est souvent seul qu'il faut aller à la rencontre de cette richesse extraordinaire que recèle Le Caire.

Je serai obligé ici de faire un choix, car il y a tellement à voir qu'il ne suffit pas d'un article pour tout évoquer. Nous reparlerons de certains monuments dans la catégorie "Arts".

D'abord, nous verrons ici les mosquées, très nombreuses, parmi lesquelles un certain nombre de chefs-d'oeuvre incontournables lors d'une visite au Caire :

Intérieur de la mosquée d'Amr ibn al-'As.

- La mosquée d'Amr ibn al-'As : la plus ancienne de toutes, fondée par le conquérant de l'Egypte en 641, dans le quartier de Fustat. En réalité, il ne subsiste quasiment rien de cette mosquée initiale, dont le toit était soutenu par des troncs de palmier. La mosquée a été agrandie et remaniée à la période abbasside, en 827, par le gouverneur Abd-Allah ibn Tâhir, avec la grande salle hypostyle et les architraves de bois sculpté (celles conservées dans le mur de la qibla) ; les arcades reposent sur des colonnes de marbre antiques réemployées. Après une période de détérioration sous les Ottomans, la mosquée est restaurée en 1797 par Mûrad Bey, qui reconstruit les arcades perpendiculaires au mur de la qibla, alors qu'elles étaient antérieurement parallèles à celui-ci.

La cour de la mosquée d' ibn Tûlûn.

- La mosquée d'ibn Tûlûn : considérée comme la plus ancienne du Caire, car elle nous est quasiment parvenue dans son état d'origine. Elle fut construite durant la période tûlûnide, en 876-879, quand ibn Tûlûn fonda al-Qata'i au nord de Fustat. Cette mosquée est fortement influencée par l'architecture irakienne, en particulier celle de Samarra, où ibn Tûlûn avait reçu sa formation militaire ; cette influence se retrouve dans l'utilisation de la brique, les piliers ornés de colonnes engagées sur lesquels retombent les arcades, dans les décors de stuc et de bois sculpté, et surtout le minaret en spirale, unique en son genre en Egypte et reproduction de celui de Samarra. Cette mosquée est une pure merveille, il faut absolument la visiter.

Façade principale de la mosquée al-Azhar.

- La mosquée al-Azhar : construite en 970-972 durant la période fâtimide, juste après la fondation de la nouvelle capitale, al-Qahira. Dès 989, elle devient le centre d'un ensemble d'enseignement théologique, rôle qu'elle conserve aujourd'hui et qui fait son renom dans le monde musulman. Elle n'a cessé d'être agrandie au fil des siècles. La salle hypostyle d'origine se distingue, comme la Grande Mosquée de Damas, par un transept menant au mihrâb central.  Le calife al-Hâfiz y ajouta au XIIe s. les portiques de la cour. Une grande partie des décors de stuc de ces deux périodes subsistent. A l'extérieur, la mosquée est entièrement cernée par des contructions ajoutées au fil des siècles. Les sultans mamelouks Qâyitbây et Qânsûh al-Ghûrî y construisirent deux minarets et aménagèrent une nouvelle entrée. De nombreux princes ajoutèrent des madrasa (écoles). La plupart des façades actuelles datent des XVIIIe et XIXe s. Là encore, un édifice extraordinaire qu'on ne peut manquer de visiter.

Cour de la mosquée Sultan Hassan, avec vue sur l'un des iwân.

- La mosquée Sultan Hassan : construite en 1356-1359 au début de la période mamelouk. Elle dépasse toutes celles qui l'ont précédée par ses dimensions monumentales. Elle est conçue comme une mosquée à 4 iwân autour d'une cour centrale. L'ensemble comprend des madrasa et un mausolée placé dans l'axe de l'iwân contenant la qibla. Une partie de la décoration fut laissée inachevée après la mort du sultan. Le grand minaret est le plus haut du Caire. La mosquée se dresse sur une vaste place, au pied de la citadelle. Là encore, un chef-d'oeuvre.

La mosquée Sultan Hassan (à gauche) et la mosquée el-Rifai (à droite).

- La mosquée el-Rifai, voisine de la précédente, offre beaucoup moins d'intérêt architectural (pastiche du début XXe s.) ; elle est cependant souvent visitée par les touristes, car elle renferme les tombeaux de Faruk, dernier roi d'Egypte, et de Mohammed Reza Pahlavi, le dernier shah d'Iran.

L'intérieur de la coupole de la mosquée de Muhammad 'Alî, dans la Citadelle.

- La mosquée de Muhammad 'Alî : construite en 1830-1848, durant la période ottomane, à l'intérieur de la Citadelle de Saladin, elle est d'un style totalement étranger à l'Egypte qui rappelle les mosquées d'Istanbul. Son énorme dôme central est supporté par 4 semi-dômes et surmonte une vaste salle carrée. Elle est précédée d'une large cour à portiques. La décoration, en particulier les murs plaqués d'albâtre, est elle aussi de type ottoman. Elle mérite quand même une visite, ne serait-ce qu'à cause de ses dimensions.

Avec les mosquées d'Amr ibn al-'As, d'ibn Tûlûn, al-Azhar, Sultan Hassan et de Muhammad 'Alî, vous aurez eu un bon aperçu des différentes périodes de l'architecture cairote.

 

Dernière chose : la visite des mosquées ne pose aucun problème au Caire, même pour les non-musulmans. Il suffit d'avoir naturellement une tenue correcte (bras et jambes couverts, en particulier pour les femmes, pas de décolleté, mais aucune obligation pour les femmes de se couvrir la tête, par exemple), mais ça vaut pour tous les lieux de culte quels qu'ils soient à travers le monde, et laisser vos chaussures à l'extérieur.

(photos : cites-du-monde et lille ).

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13 avril 2006 4 13 /04 /avril /2006 12:13

Les couchers de soleil sur le Nil ont quelque chose de magique, que les photos rendent difficilement. Dans un dégradé éblouissant de couleurs, le soleil sacré disparaît peu à peu derrière les montagnes de l'ouest, le royaume des morts, comme avalé par le désert... Un spectacle dont on ne se lasse pas...

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