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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 06:56

 

Voici une photo que j'ai prise ce week-end... Une image d'un instant magique dans un lieu grandiose, un de ces décors naturels qui semblent faits pour quelque récit antique, comme notre Provence Maritime en a le secret... Des lieux où le temps semble s'arrêter, où l'on se pose pour une contemplation silencieuse et où l'on sent vibrer en son coeur l'amour "dou païs", cet amour fou pour la terre natale...

Nous reparlerons bientôt du petit village du Revest-les-Eaux, aux portes de Toulon ; un endroit qui réserve bien des surprises au promeneur... Pour le lac, il n'est pas naturel. Il s'agit d'une retenue d'eau qui résulte de la construction d'un barrage, achevé en 1912 et destiné à assurer l'alimentation en eau de Toulon. Là où l'homme aurait pu faire un désastre pour répondre à ses besoins insatiables, il a, pour une fois, laissé la nature en faire un lieu magnifique...

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19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 18:36

Voici la plus ancienne représentation de Toulon connue à ce jour. Il s'agit d'une miniature turque conservée au musée de Topkapi, à Istanbul, datant du XVIe s. et réalisée à l'époque de Süleyman Ier, connu en France sous le nom de Soliman le Magnifique, par le grand miniaturiste turc Matrakçi Nasuh1 pour l'ouvrage "Siklos ve Estergon ve Istunibegrad", qui relate les campagnes du sultan en 1543.

Elle est incroyablement détaillée et précise. On y reconnaît le mont Faron, à l'arrière de la ville, les deux rivières qui alimentent la ville, le Las et l'Eygoutier, la tour royale, ou Grosse Tour, à l'entrée de la petite rade, le clocher de la cathédrale au milieu des constructions de la ville enserrée dans ses remparts, le rempart longeant la mer avec son môle servant alors de port... Sur le côté gauche, on distingue même le massif du Croupatier, le faubourg d'Entrevignes (devenu le Pont-du-Las), Ollioules sur les rives de la Reppe, les gorges d'Ollioules...

Comment se fait-il, me direz-vous, que la plus ancienne représentation de Toulon soit une miniature turque ? Et surtout comment se fait-il que les Turcs aient peint à cette époque Toulon, qui n'est alors qu'un petit port d'importance mineure ? Petit retour sur l'histoire...

En 1543, provoquant par là un énorme scandale dans tout le monde chrétien, le roi de France François Ier décide de s'allier au sultan ottoman. La flotte française et la flotte turque conjuguent même leurs efforts pour prendre le port de Nice2 ! Pire encore aux yeux de ses contemporains, il autorise la flotte turque à passer l'hiver de 1543-1544 dans le port de Toulon. Les Toulonnais s'affolent, les consuls de la ville tentent de protester, mais rien n'y fait. Et c'est ainsi que le 29 septembre 1543, le grand amiral ottoman Khayr ad-Dîn, dit Barberousse3, arrive à Toulon à la tête des galères ottomanes. Les Toulonnais doivent loger l'amiral et ses 15 000 soldats. La cathédrale de Toulon servira provisoirement de mosquée pour l'amiral ottoman et une partie de la population sqera évacuée vers les villes et villages alentour, en particulier les femmes et les jeunes filles.

Khayr ad-Dîn Barberousse, amiral ottoman...

La flotte ottomane restera à Toulon pendant 6 mois, jusqu'en mars 1544. Il semble que la cohabitation ne se soit pas trop mal passée, même si elle a donné lieu à de nombreuses légendes et traditions. On imagine aisément la surprise et la frayeur des Toulonnais d'alors de découvrir ces Turcs qui étaient à l'époque les maîtres de la Méditerranée. D'autant que les pirates et corsaires turcs étaient craints de tous, car ils enlevaient régulièrement pêcheurs et marchands qui s'aventuraient en mer, exigeant une rançon faute du versement de laquelle les malheureux étaient vendus comme esclaves à Alger...

Cette miniature ottomane, outre le fait qu'elle soit la plus ancienne représentation de Toulon, nous rappelle donc aussi une page singulière de l'histoire de la ville...

Le sultan Soliman recevant Barberousse à Istanbul...

1- Miniaturiste de la Cour ottomane sous Selim et Süleyman.

2- Qui est également représenté par une miniature.

3- Appelé en turc Barbaros Hizir Hayrettin Pacha, en arabe Khizir Khayr ad-Dîn.  Enlevé comme esclave, il deviendra corsaire ottoman, puis Bey d'Alger, avant que Soliman ne l'élève au rang de Grand Amiral de l'empire.

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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 07:29

 

Depuis le XIXe s., le palmier a fait son entrée dans la flore de la côte provençale. Il devient un ornement des jardins des plus riches demeures, rappelle aux voyageurs et aux officiers de marine les contrées lointaines dans lesquelles ils se sont rendus. Il entre dans les jardins publics avec un goût d'exotisme qui surprendra les visiteurs venus du nord durant encore longtemps. Et puis il finit par apporter sa contribution au décor urbain. Il devient un symbole de la "Côte d'Azur", à tel point qu'on finirait presque par en oublier qu'il est venu d'ailleurs...

 

 

Les palmiers qui entourent la place de la Liberté de Toulon ne sont pas une création récente pour ourler cet espace d'une touche d'exotisme ; ils ont été précédés il y a bien longtemps par d'autres palmiers, qui rivalisaient avec les platanes, arrivés d'Orient bien avant eux... Comme le montrent les cartes postales jaunies de la "Belle Epoque", avec leurs nurses accompagnant quelques rejetons de familles aisées pour la promenade, ou ces élégantes parées des derniers caprices de la mode du moment, ces messieurs devisant devant la fontaine et parlant peut-être de leurs expéditions au bout du monde... A deux pas du Grand Hôtel sur la façade duquel l'Afrique, l'Asie et l'Amérique flanquent en fières caryatides l'Europe ébahie, comme pour dire : "Aller, pars moun pichot ! Va voir le monde."...

 

 

 

Ces palmiers rappellent que nos ports ont longtemps été la porte vers un ailleurs empli de rêves et de mystères... C'est à Toulon que Bonaparte s'embarque vers l'Egypte. C'est de Toulon que de nombreux voyageurs gagnent l'Orient, il n'y a pas que Marseille... A Toulon, dans les salons cossus, les fumeries d'opium ou les bordels à la mode gravite au XIXe s. une société qui ne veut pas oublier les charmes lointains. Des écrivains, des poètes et des peintres, avant de se lancer dans un nouveau voyage, y goûtent quelque repos.

 

 

Les palmiers de Toulon n'ont rien perdu de ce charme, si ce n'est qu'il n'y a plus grand monde pour faire attention à eux, prendre le temps de s'émerveiller de leur incroyable présence. Ils font partie de notre paysage quotidien. Notre époque blasée d'images lointaines en vient à oublier les beautés quotidiennes, et le support de rêves qu'elles peuvent être, c'est ainsi... Je regarde toujours ces palmiers avec une affection particulière. Ils ont bercé mon enfance de désirs d'autres cieux.

 

 

Les palmiers de Toulon n'ont certes pas la grandeur de leurs cousins des portes du désert, de la vallée du Nil ou des oasis noyées de lumière. Leurs fruits seraient bien incapables de se muer en délices sucrés. Ils se laissent parfois envahir d'une végétation autochtone qui semble prétendre réaffirmer sa préséance. Mais ils sont ma part de rêve d'évasion, une parcelle d'Orient au coeur de ma ville, une image de l'union avec les terres lointaines. Je m'assieds à une terrasse et je les regarde ; bientôt mon esprit s'envole vers d'autres horizons, dans ce décor de théâtre... Le vent qui caresse leurs palmes paresseuses l'emporte au gré de son humeur vers des rivages mythiques, ou aux portes du désert...

 

 

Et lorsque viennent les fêtes, les palmiers nonchalants se parent de lumière ; de petites lumières bleues qui scintillent dans la nuit et les font ressembler à quelques joyaux précieux sortis d'une malle aux trésors. Ils entrent alors en scène, le soir venu, comme des danseuses orientales dont les bras chargés de bijoux sonores ondulent au hasard d'un souffle léger...

 

 

 

C'est aussi cela ma Provence : l'antichambre de tous les voyages, le quai à partir duquel tout est possible, le lien indispensable avec ce qui n'est pas tourné vers l'intérieur, mais vers l'ailleurs...

 

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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 08:03

Beaucoup d'entre vous sont dans le froid, je vous envoie donc un peu de soleil de Provence avec ces quelques photos des mimosas qui sont ici en fleurs, petites boules de soleil dans le jardin d'hiver...

 

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(Photos : Marcello, Solliès - Shokran, yâ abî !)

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29 octobre 2006 7 29 /10 /octobre /2006 03:44

Depuis tout minot, j'employais des expressions que tout le monde emploie ici ; j'avais donc l'impression de parler comme tout le monde parle. C'est en montant à Paris que je me suis rendu compte, petit à petit, au regard de gòbi de mes interlocuteurs, que je parlais en fait la langue de chez moi dans bien des cas.


C'est pourquoi j'aimerais initier ceux qui ne sont pas d'ici à ces expressions souvent imagées avec humour ; pour les voisins, ce sera l'occasion de retrouver les mots d'ici qui font partie de notre identité ; et pour les cousins, ceux du Sud-Ouest, l'occasion de comparer les variations dialectales.


Notre parler de l'ouest varois fait partie de ce qu'on appelle le dialecte provençal maritime, qui couvre une grande partie de la Provence : Var, Bouches-du-Rhône, une partie du Vaucluse et une partie des Alpes-de-Haute-Provence. Mais à côté des grandes familles linguistiques, il y a eu de tout temps une langue parlée propre à chaque terroir, des expressions propres à une zone particulière. Et depuis que la Provence est devenue française, après 1480, le français, nouvelle langue dominante pas toujours librement consentie, s'est amalgamé au provençal dans la langue de tous les jours ; dans le même temps, le provençal venait enrichir le français de plusieurs centaines de mots, en particulier au XVIe s. , comme nous en reparlerons.


Bref, il y a un parler propre à la région toulonnaise et au sud-ouest du Var. Un parler qui connaît des variantes locales, mais est assez homogène. De par la proximité géographique de sa zone d'influence historique, ce parler est également teinté de dialecte marseillais. Voilà pour l'introduction, mais entrons dans le vif du sujet. Il faudra plusieurs articles, qui seront distillés de temps en temps. Commençons maintenant notre petit florilège - vous ne croyez pas non plus que je vais vous faire un dictionnaire, je ne suis pas fada à ce point !

 

Quelque chose qui date de l'an pèbre, c'est quelque chose de très vieux, voir même de dépassé. Pèbre signifie poivre en provençal.


Une tête d'àpi, c'est quelqu'un de têtu. L'àpi, ça n'a rien à voir avec la pomme, c'est le céleri en provençal ; le rapprochement vient sans doute de la forme du rave du céleri. Je vous avoue qu'on dit aussi tronche d'àpi... On dit aussi tronche d'ai (prononcer « a-i »), qui n'est pas l'ail mais l'âne. On parle aussi de tronche de quèque, mais c'est un peu plus difficile à expliquer, et plus péjoratif Ici, un quècou (à Marseille un càcou, d'où le nom de scène du regretté Elie...), c'est quelqu'un qui se la pète, comme on dit, un frimeur en quelque sorte ; ça vient du provençal caco, qui désigne la lie de l'huile d'olive, car au début le quècou, c'était plutôt un voyou, la lie de la société pour relier à l'image de l'huile; certains le rapprochent aussi de cacoi ou cacoua, qui désigne le dernier-né, le petit dernier étant souvent chouchouté donc mieux loti que ses aînés, etc. Arrête de faire le quècou, c'est arrête de faire le malin, de te la jouer...Ca peut être plutôt sympa ou plus péjoratif selon le contexte, difficile d'expliquer le dosage...


Celui-là, c'est une vraie arapède, c'est que c'est quelqu'un d'un peu trop collant. L'arapède, c'est un coquillage qu'on appelle en français patelle et qui est très difficile à détacher du rocher sur lequel il s'accroche, d'où l'expression. Ca peut être gentillet ou signifier un agacement sérieux, tout dépend du contexte. Pour beaucoup, le boucan, c'est du bruit ; mais ici, un boucan c'est aussi un boulet, un emmerdeur, pire encore qu'une arapède quoi ! Pour la petite histoire, le terme de boucan est d'origine provençale, justement, et entré en français sous le sens de bruit : à l'origine, pour les Provençaux, c'était un lieu de débauche, donc où on faisait du bruit, en particulier la nuit...

Bader vient du provençal bada, qui veut dire à la fois admirer et être ouvert, ouvrir la bouche. Tu bades, c'est regarder dans le vague, bouche bée, avec un air un peu idiot ; par contre, il / elle  te bade, c'est que l'on est admiré par quelqu'un, qu'il nous apprécie beaucoup, et très souvent aussi qu'on lui plaît ; là encore question de contexte et d'intonation.


, ce n'est pas le cri de la chèvre : diminutif de bèn (bien), c'est une interjection très utilisée dans des circonstances diverses, marquant différentes réactions, en fonction du contexte et de l'intonation. Par exemple si on dit : Hé bè ! d'une certaine façon, ça peut signifier un étonnement sincère ; par contre, avec une intonation plus ou moins forte sur , ça indique l'amusement, voir la moquerie... Souvenez-vous, on aime rire chez nous, mais pas méchamment.

Une bestiasse, ça peut être quelqu'un d'un peu bébête, mais aussi quelqu'un qui est franchement stupide et lourd. On l'emploie également pour désigner quelqu'un qui est très costaud, voir une brute : celui-là, c'est une bestiasse ! En provençal, -as / -asso est un suffixe qui augmente le sens du mot ; au contraire -oun / -ouno diminue le sens : c'est ainsi qu'une besti devient une bestiasso ou une bestiouno.


Vous connaissez tous la bisque de homard... Mais faire bisquer quelqu'un, vous connaissez ? C'est le faire râler, le faire enrager, le narguer ; le verbe provençal bisca est d'ailleurs entré en français au XVIIIe s, sous cette forme et est aussi employé dans d'autres régions. Est-ce à dire, pour revenir à la bisque, qu'on joue un mauvais tour au homard en le cuisinant ?


Se faire une bougnette, c'est se faire une tache, en mangeant par exemple ; une bougneto, en provençal, c'est un beignet, mais aussi une tache d'huile, le premier pouvant entraîner la seconde. Naturellement, la bougnette est petite ; pour une grosse tache, ce sera une bougnettasse ! Rien à voir avec faire une bugne ou bugner quelque chose (on trouve aussi beugner) : c'est y mettre, en général involontairement, un coup qui laisse une marque ou une bosse. Une femme qui rentre en disant à son mari qu'elle a bugné la voiture en se garant risque de voir monsieur très mécontent... Bon, c'est un exemple ! N'hurlez pas, mesdames ! En fait, je pense à ma mère un jour qu'elle avait bugné la voiture, c'est pour ça, et on en riait tous les deux en pensant à la tête que feraitr mon père en rentrant...


J'adore celui-là : ne dites jamais à un Provençal qu'il est brave, il pourrait fort mal le prendre (je ris encore de la déconvenue d'un ami parisien venu en vacances...). Il est brave, ce n'est pas quelqu'un de courageux, mais quelqu'un de bien gentil mais un peu niais ; ça reste gentillet, même si c'est pour nous déplaisant. Mais si on dit il est bien brave, là ça se corse : c'est en gros que c'est un couillon ! Et il est bien brave, peuchère : vous avez intérêt à courir vite si le "brave" en question vous entend !

Il est temps quand même de parler de la fameuse cagole : ah ces cagoles que le monde entier nous envie, sans doute déjà là quand les Celto-Ligures accueillirent les premiers Grecs ! D'aucuns diront que la vraie cagole est marseillaise, mais je dirais pour ma part qu'il y a des variétés de cagoles, comme il y a des variantes dans les mots : la cagole toulonnaise n'a rien à envier à sa cousine marseillaise ! Cette expression vient de la locution provençale à la cagolo, qui signifie à califourchon sur le dos (hum hum !) de  ; à l'origine, la cagole est une femme de petite vertu, comme on dit pudiquement, je ne vous fais pas un dessin pour le lien avec la locution... Par extension, une cagole, c'est une femme en général très fardée, qui parle fort avec un fort accent et un vocabulaire familier et même grossier, qui s'habille de façon voyante ou provocante et avec mauvais goût voir ridicule... Bref, là encore, difficile d'expliquer totalement. Entre amis, le terme peut être une taquinerie ; mais attention, il est péjoratif et en général pas apprécié du tout par la gente féminine... Aussi, si vous n'êtes pas d'ici ou assez aguerris dans son emploi, évitez à tout prix au risque d'avoir des ennuis...


Cousine de la cagole, il y a aussi la radasse ; en provençal, la radasso était une longue corde pour la pêche des oursins, ou encore un balai fait de vieux cordages qui servait à laver le pont des bateaux ; c'est un fait que le terme semble bien trouver son origine dans les ports et vient sans doute du langage des marins. Radassa, ou radasser dans la forme francisée, c'est fainéanter, paresser : d'ailleurs, il existe dans la tradition un meuble, la radassière, inspiré des divans orientaux et placé comme eux dans une alcôve, où on se reposait dans les belles demeures... et où on faisait sans doute des siestes coquines ! Un radassié, c'est aussi un canapé... Tout ça vous donne une idée des qualités d'une radasse, non ?

 

(à suivre...)

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10 septembre 2006 7 10 /09 /septembre /2006 22:41

Ce dimanche, ma mère a eu une bonne idée : aller nous promener sur les rives du lac de Carcès. Ce lac se trouve dans le moyen Var, à cheval sur les communes de Carcès et de Cabasse. C'est en fait une retenue d'eau générée par un barrage construit dans les années 1930 pour alimenter en eau la ville de Toulon et son agglomération, en complément d'un premier barrage construit au tout début du XXe s. aux portes de Toulon, sur la commune du Revest-les-Eaux. La retenue d'eau du lac de Carcès, établie en aval du confluent du Caramy et de l'Issole, occupe une superficie d'environ 100 hectares, pour une capacité de retenue d'eau de 8 millions de m3 ; le traitement de l'eau se fait à l'ozone. Je vous rappelle que les 2/3 de la population du Var vit sur la zone côtière et la plus grande agglomération est celle de Toulon. L'approvisionnement en eau a longtemps été un problème, en particulier en saison estivale, puisque nos rivières, selon les caractéristique du climat méditerranéen, connaissent un niveau bas. Très longtemps, la région toulonnaise a connu en été des rationnements et même des coupures d'eau. Aujourd'hui, si les barrages du Revest et de Carcès sont toujours utilisés, c'est l'arrivée du Canal de Provence qui a permis de régler le problème de l'approvisionnement en eau. Mais lorsque nous voyons nos retenues d'eau à ce point basses, nous avons peut-être plus conscience que c'est un bien précieux qui pourrait un jour venir à nous manquer ; nous qui, enfants gâtés des pays riches, n'avons qu'à tourner un robinet pour disposer de toute l'eau que nous souhaitons, qui avons oublié combien nos ancêtres peinaient pour amener vers leurs villes et villages cette source de vie, et qui ne voyons que de très loin des images où le manque d'eau est un désastre humanitaire...

En rose indien, notre périple jusqu'au lac ; tout en bas, Toulon, que le barrage alimente en eau !

 

Dans le lac artificiel vit une faune variée, qui bénéficie du fait que la zone soit protégée et empêche ainsi toute exploitation touristique. On y trouve toutes sortes d'oiseaux : des hérons, des canards, des poules d'eau, un cygne, mais aussi des mouettes qui s'aventurent toujours plus loin à l'intérieur des terres. Mais aussi des animaux aquatiques, poissons (carpes, brèmes, tanches, perches, brochets, sandres, poissons-chats) et des écrevisses. La pêche est autorisée, mais très réglementée.

 

Un couple de hérons occupés à pêcher, profitant de l'aubaine des eaux basses...

 

Nous quittons Solliès pour gagner le lac en passant par des petites communes charmantes comme le Var en compte tant, dont les noms chantent à mes oreilles et me font chaud au coeur : Cuers, Carnoules, Cabasse... Une route reliant Cabasse à Carcès longe l'une des rives du lac ; sur l'autre rive, un sentier piétonnier offre une promenade agréable que nous ferons après être allés jusqu'au barrage. Ce fut longtemps l'un des grands axes pour gagner le haut Var, et, enfant, je l'ai empruntée des dizaines de fois pour aller voir mes grands-parents à Salernes... A la base du lac, près de la station de traitement des eaux, une bifurcation empruntant deux ponts permet de rejoindre Vins-sur-Caramy, un autre paradis dont nous reparlerons à l'occasion.

 

Un paysage de désertification en Afrique ? Non : une rivière provençale qui reprend ses habitudes d'oued méditerranéen en été... Cela fait quand même réfléchir sur notre rapport à l'eau : et si demain, par manque d'eau, notre Provence devenait comme ça toute l'année, par notre négligence et l'inconscience de ce que représente ce bien précieux ?

 

Dès l'arrivée, nous constatons combien les eaux sont basses. Le bas du lac se réduit presque à l'ancien lit de la rivière, sur lequel réapparaît un vieux pont habituellement englouti. Des arbres morts réapparaissent aussi, formant avec la vase en grande partie desséchée et craquelée un paysage étrange. Seule la seconde partie de la retenue, la plus proche du barrage, contient encore une hauteur d'eau qui lui fait garder son aspect de lac. Des mois sans véritables pluies, nos orages d'août qui ont disparu depuis plusieurs années...

Mais place aux images... Car j'ai pensé à vous : j'ai bien entendu pris des photos.

Le barrage : on voit nettement la démarcation qui montre le niveau habituel des eaux.

 Malgré la baisse di niveau, la partie haute, proche du barrage, conserve ses allures de lac.

En partie basse, l'assèchement est impressionnant ; il ne subsiste quasiment plus que l'ancien lit de la rivière. Au fond à gauche, le pont enjambant l'Issole en direction de Vins ; à droite, la station de traitement des eaux.

Un vieux pont...

... et quelques ruines, habituellement engloutis, réapparaissent.

Paysage étrange ; habituellement, les derniers pins que vous voyez à gauche ont les pieds dans l'eau...

Le genre de spectacle qui me fait aimer "moun païs", mélange subtil de majesté et de rudesse...

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5 septembre 2006 2 05 /09 /septembre /2006 21:23

Une image de la réalité d'une petite ville varoise amoureuse de son patrimoine et de ses racines, qui a su préserver ses espaces naturels et ruraux... Il y a des endroits comme celui-ci où il faut faire abstraction de très peu d'éléments pour imaginer ce qu'était autrefois le paysage.

Voici un endroit que j'aime particulièrement à Ollioules, ma ville : ces vieux jardins qui bordent la rivière aux portes du centre historique. Attestés depuis au moins le Moyen Age, ils ont survécu aux vicissitudes de l'histoire. On les appelait autrefois "horts" ou "gerdrin" en provençal maritime ancien. Attention, ce ne sont pas des jardins d'agrément : le jardin autrefois, c'est l'endroit où on cultive fruits et légumes, et ce qu'on appelle les "herbes", à la fois aromates, herbes médicinales, bien sûr, mais aussi  légumes tels que les "lachugo" (les laitues). Ceux-ci se trouvent dans le quartier de la Bonnefont, où le seigneur d'Ollioules lui-même avait son jardin qui alimentait le château en fruits et légumes frais. Ce sont des parcelles relativement restreintes, séparées par des murs de pierre plusieurs fois centenaires et alimentés en eau par un système de canaux et de citernes. Un lieu magique, dans lequel on retrouve ce que les textes anciens nous décrivent, où mes vieux amis les registres de cadastres anciens prennent une forme concrète... Je m'assieds parfois sur le muret que vous voyez au premier plan, et j'admire en silence, je me prends à rêver, dans une sorte de communion silencieuse avec toux ceux que je croise dans les documents d'archives...

Au-delà du mur de gauche, le lit de la Reppe, petit fleuve côtier qui traverse les faubourgs de la ville, puis l'ancien jardin des soeurs Ursulines, devenu... un parking ; lui n'a pas survécu. Au-dessus des grands arbres, on aperçoit les ruines du château féodal, avec le sommet du logis seigneurial. Et la colline que vous apercevez au fond, c'est l'extrémité est du massif du Gros Cerveau, qui nous protège des vents froids ; autrefois, ses pentes étaient entièrement couvertes de restanques, ces terrasses de culture dont subistent de nombreux vestiges. Aujourd'hui, ces pentes sont retournées à la nature, seuls de vieux murs de pierre sèche rappellent le dur labeur des hommes durant des siècles, et quelques vieux oliviers, lauriers, amandiers, qui refusent de mourir...

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20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 16:32

Pour toutes celles et tous ceux chez lesquels le froid et la pluie ont fait leur retour, et plus particulièrement pour mon amie Sheryne qui vient de quitter les rives de la Méditerranée, un message d'amitié pour partager notre soleil et la beauté de cette mer que nous aimons tant ! Que cette photo mette du soleil dans votre coeur, les amis !

Le massif de Sicié, qui ferme à l'ouest la grande rade de Toulon, vu depuis la presqu'île de St-Mandrier...

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7 août 2006 1 07 /08 /août /2006 19:25

La rade de Toulon est considérée comme l'une des plus belles d'Europe. A vivre sur ses rives, on tend parfois à l'oublier... et pourtant. Il suffit de monter sur l'une des montagnes qui l'enserrent ou de prendre la mer pour se rendre compte du spectacle magnifique qu'elle offre. Ayant fait ce week-end une promenade en mer dans la rade avec mes nièces, je souhaitais partager cette beauté de nos rivages varois.

Une photo satellite de la rade : a - la petite rade, dans laquelle se nichent les ports de Toulon et de La Seyne ; b - la grande rade, qui est fermée à l'est par la presqu'île de Giens et les îles d'Hyères ; c - la presqu'île de St-Mandrier, qui était autrefois une île, et au fond du creux St-Georges le port de St-Mandrier ; d - la ville et le port de Toulon, au pied du mont Faron.

 

Dans la petite rade de Toulon, pour se rendre entre les différentes villes qui la bordent, les bus sont des bateaux : ça n'est pas extraordinaire ? Pour le prix d'un ticket de bus, vous effectuez la traversée en direction de La Seyne, Les Sablettes ou St-Mandrier.

Le bateau-bus s'éloigne de Toulon, dévoilant la majesté du paysage bordé de montagnes (la plus haute a 700m d'altitude). Je ressens toujours une grande émotion en découvrant la ville de mon enfance et cette région que j'aime depuis la mer... C'est beau, non ?

Panorama de nos montagnes, côté est ; de gauche à droite : le massif du Croupatier terminé par le Baou de 4 Ouro, le mont Caume, le mont Faron et le Coudon...

Le petit port de St-Mandrier, niché au fond du creux St-Georges, but de notre traversée. Mandrier, ou Mandrias, était un compagnon du saint patron de Toulon, St Cyprien ; ils auraient subi là le martyre, durant le haut Moyen Age...

Au fond, le massif de Sicié, vestige d'un continent des temps géologiques les plus anciens ; le cap Sicié est la pointe la plus avancée de la France continentale dans la Méditerranée. George Sand, qui a séjourné dans la région à l'époque où Tamaris était l'une des toutes premières stations balnéaires, en a laissé de belles descriptions...

Pour terminer, les montagnes côté ouest, sont celles qui viennent ourler le terroir d'Ollioules ; de droite à gauche : le Croupatier, la colline de La Courtine sur laquelle vivaient nos ancêtres Ligures dans l'Antiquité et le massif du Gros Cerveau. Es pas proun bèu moun païs ?*

En voyant ces images, je pense que vous comprendrez mieux le lien qui nous unit à notre terre, mais aussi à la mer, à cette Méditerranée dont on se prend de passion dès l'enfance. La mer, c'est l'invitation au rêve, et tous les ailleurs possibles ; mais aussi la joie du retour, les retrouvailles émouvantes avec les rivages familiers...

* pour ceux qui ne comprennent pas le provençal : "N'est-il pas très beau, mon pays ?"

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12 juillet 2006 3 12 /07 /juillet /2006 13:36

Voici une photo que notre amie Nadine (son blog ) partage gentiment avec nous pour vous montrer un autre type d'échelle utilisé dans le Var pour cueillir les olives : l'escaraçon. Il nous vient de formes très anciennes, sans doute de l'Antiquité.

 

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