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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 13:19

L'olivier est l'un des symboles forts de la Provence, source de prospérité et de richesse depuis l'Antiquité. On pense que ce sont les Grecs qui ont apporté en Provence la culture de l'olivier et la technique de fabrication de l'huile d'olive, même s'il semble que les populations indigènes aient connu l'utilisation de l'olivastre, cousin sauvage de l'olivier. En tout cas, la culture de l'olivier est antérieure à l'époque romaine. Les premières traces d'huileries apparaissent dans les oppida celto-ligures qui étaient en contact avec les comptoirs grecs de la côte.

 

Un vieil olivier ollioulais...

L'olivier est un arbre qui a la particularité de vivre très longtemps et d'être extrêmement résistant. Ce qu'on ignore souvent, c'est que l'olivier fait des fleurs, qui donneront les fruits que sont les olives. Ces fleurs blanches apparaissent en grappes au printemps sur les rameaux de l'année précédente, ce qui rend la taille des oliviers précise et délicate : si on supprime les précieuses pousses, pas d'olives pour une année. Fécondées, les fleurs donneront de petites olives qui vont durant tout l'été et l'automne se gorger de soleil. Les olives peuvent être récoltées à divers stades de maturation, d'où les olives vertes, pas entièrement mûres, et les olives noires, arrivées à maturité. La récolte se fait de novembre à janvier selon les régions, période durant laquelle les moulins à huile connaissent une grande activité. Il y a plusieurs systèmes de récolte des olives : le gaulage, qui consiste à secouer les branches à l'aide d'une gaule, mais ce procédé risque d'endommager l'arbre ; la cueillette à la main, qui reste la plus sûre, et se faisait autrefois avec des échelles particulières ; on peut aussi placer des filets sous les oliviers et attendre que les olives très mûres se détachent.

 Fleurs d'olivier prêtes à éclore...

Les fleurs (on en aperçoit encore quelques-unes) ont donné naissance à de petites olives...

Il existe un grand nombre de variétés d'oliviers, même si leur nombre a eu tendance à décroître dans la seconde moitié du XXe s. Aujourd'hui, on s'attache à réhabiliter, quand c'est encore possible, les variétés anciennes traditionnelles de chaque terroir. Car l'huile d'olive est comme le vin : elle résulte d'un mélange entre diverses variétés d'olives qui permettent d'obtenir un goût particulier à chaque région, et autrefois même à chaque ville ou village. Dans une série d'articles spécifiques sur les moulins à huile, nous expliquerons comment on fabrique l'huile d'olive, et le vocabulaire qui y est associé. De même que nous évoquerons les recettes des olives confites, puis marinées, dont tous les Méditerranéens sont friands ; notons simplement pour le moment que l'olive n'est pas consommable telle quelle, cueillie sur l'arbre, mais exige une préparation.

 

Une oliveraie ollioulaise, avec dans le lointain la rade de Toulon... es pas bèu moun païs ?

Puisque nous parlions de vocabulaire, voici quelques termes provençaux associés à l'olivier.En provençal, l'olivier se dit 'oulivié (prononcer "ooulivié") ou ouliéu (prononcer "ouliéou"), et une oliveraie se dit 'ouliveiredo, tandis que l'olive est dite 'oulivo. 'Ouliva ou 'ouliveja, c'est faire la cueillette des olives, qui est l' 'oulivage ; l'  'oulivèlo est le chant de l'olivaison. L'  'oulivaire et l'  'oulivarello sont ceux qui cueillent les olives.

La cueillette des olives à l'époque romaine (mosaïque de St-Romain-en-Gal).

L'échelle traditionnelle utilisée en Provence pour cueillir les olives : triangulaire et reposant sur un pied à l'arrière.

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19 juin 2006 1 19 /06 /juin /2006 04:01

Ca y est, notre amie Dominique peut se rassurer, les cigales sont arrivées ! La belle saison peut commencer, elles en marquent le retour... Mais au fait, avez-vous déjà vu ce à quoi ressemble à l'origine une cigale ?

Petite explication : la cigale passe une grande partie de sa vie sous terre (2 à 3 ans), cachée bien à l'abri. Puis lorsqu'arrivent les beaux jours, que la terre se réchauffe et que l'été approche, elle creuse pour remonter à la surface : lorsqu'elle sort enfin, elle est d'un beau vert qui ne laisse en rien deviner ce qu'elle va devenir. Sans perdre de temps, elle va se percher au hasard de ce qu'elle va trouver au plus près de son trou : pour l'une un brin de graminée, pour l'autre une pousse quelconque, une autre encore un arbre... Et là, elle forme sa chrysalide pour opérer sa dernière transformation. Quand elle est prête, elle déchire le haut de la chrysalide et sort en vraie cigale, une cigale adulte en fait,  qui se fait sécher au soleil avant de s'envoler vers les hauteurs de l'arbre le plus proche et de commencer à chanter. Car la cigale, comme le papillon, ne mène à l'air libre qu'une vie très brève : juste le temps de se reproduire, à la suite de quoi, épuisée et non pas imprévoyante comme l'a prétendu La Fontaine, elle meurt. Et si elle chante, c'est pour séduire, le chant de la cigale est un chant d'amour... Beau et tragique destin digne des tragédies grecques. Mariage de noblesse et de rudesse qui fait tout le charme de nos terres méditerranéennes...

Un monstre surgi d'un film de science-fiction ? Non non : une chrysalide de cigale...

Délicatement, Dame Cigale a ouvert sa robe dorée et s'est envolée à la recherche de l'amour qui viendra clore sa vie...

Les grandes pattes avant de la chrysalide lui ont permis de percer le puits par lequel elle est remontée à la surface : inutiles désormais, elle les abandonnera avec sa chrysalide  ; vous avez remarqué, sur le côté, les toutes petites ailes naissantes ?

En cette saison, la terre déjà sèche se perce de centaines de trous bien circulaires, campagnes et jardins se couvrent de chrysalides abandonnées par les belles parties au bal qui scellera leur destin. Et comme les cigales nous revivons ; revenu le temps des repas dehors, à l'ombre (on n'est pas assez fadas pour manger en plein soleil ! ), du bonheur de se retrouver en famille ou entre amis autour d'une table, un verre frais à la main... Les discussions interminables et animées, sous les rayons d'un soleil bienfaisant, et puis tard le soir, quand la fraîcheur revient... Des souvenirs d'enfance qui reviennent à la mémoire, attachés à cette terre comme la cigale qui y a grandi... Je m'éloigne du sujet ? Mais non, pas du tout : c'est tout ça, pour nous, le retour des cigales !

Et bien sûr la cigale adulte, dont nous reparlerons... Chante, ma belle cigale ! Et laisse dire cet ignorant qui t'a ridiculisée avec sa fourmi...

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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 21:56

Voici un poème provençal du XVIIe siècle, époque à laquelle on trouve les dernières oeuvres écrites en provençal avant longtemps. Il est dû à un certain Pierre Chabert, notable de La Valette, à l'est  de Toulon ; nous reviendrons dans la rubrique concernant les conseils de lecture sur le livre dont ce poème est extrait. La langue, en dialecte maritime, surprendra une fois de plus ceux qui connaissent le provençal ; on y note des archaïsmes, ainsi que ce que les Provençaux appellent "francihoutismes", qui montrent l'influence croissante de la langue française. Mais l'ensemble reste savoureux, et nous montre l'idéal d'un bourgeois provençal de l'époque...qui, à part quelques traits propres à la culture de cette époque, n'est pas au fond si éloigné des nôtres, quatre siècles plus tard !

" La vido heürouso, per Chabert

ami, ti vau rendre savant Ami, je vais t'informer
de ce que fa vioure countent 1 ; De ce qui fait vivre content :

estre en santa, L'esprit tranquille 2,

Etre en bonne santé, l'esprit tranquille,

assas de ben, ren d'inutile,

Assez de biens, rien d'inutile,

ges de Catin, ges de proucés 3 ,

Pas de catin, pas de procès,
dins leis plesirs fuge L'excés 4, Dans les plaisirs fuir l'excès,
Contro dugun n'ave rancuno, Contre personne n'avoir de rancune,
estre Countent de sa fourtuno 5 ; Etre content de sa fortune.
uno fremo que v'ame ben Une femme qui vous aime bien
et que cride pas per un Ren, Et qui ne crie pas pour un rien,
un bouan ami si l'on lou trobo, Un bon ami, si on le trouve,
Car heürous que paû dire probo ; Car heureux celui qui peut dire "je le prouve".
estre ben vengut en tout luéc, Etre le bienvenu en tout lieu,
din l'hyvert toujour bouan fuéc, En hiver avoir toujours bon feu,
et l'estiou cauquo-alleo soumbro 6 Et l'été quelque allée sombre
per gousta la frescour de L'oumbro ; Pour goûter la fraîcheur de l'ombre ;
estre coumoudamen Lougea, Etre commodément logé,
un ourdinari ben regla, Un ordinaire bien réglé,
de libres, un bouan doumestiquo, Des livres, un bon domestique,
un pichot councert de musiquo,

Un petit concert de musique,

dourmi la nuech proufoundamen, Dormir la nuit profondément,
et sarvi Diou fidelamen  7 ; Et servir Dieu fidèlement.
puis quand la moüart d'un pas alegre Puis quand la mort d'un pas allègre
vendra n'en dire de la segre, Viendra nous dire de la suivre,
Lüen d'apella d'aquel arret 8 Loin de faire appel de cet arrêt,

parti senso ges de regret. "

Partir sans aucun regret. "
 

 

 1 - La rime entre "savant" et "countent" montre que déjà le français a altéré le provençal (qui normalement prononcerait  "-in" le "-en" ).

2 - Francisation.

3 - Les Provençaux d'autrefois, selon la tradition latine, étaient très procéduriers et faisaient appel à la loi en toute occasion, que ce soient les communautés ou les particuliers.

4 - Allusion au libertinage en vogue à l'époque de Louis XIII et durant la jeunesse de Louis XIV ; le poème a été écrit sous le règne personnel de ce dernier, qui marque un retour à une certaine rigueur dans les moeurs, au moins en apparence...

5 - Le terme "fourtuno" a comme en français le double sens de "destin, chance" et de "richesse".

6 - Expression qui fait référence aux allées couvertes de verdure qui ornent à l'époque les jardins des bastides provençales.

7 - Au lendemain des guerres de religion, les Provençaux marquent toujours leur attachement à la religion, en grande majorité catholique dans cette région. D'où cette remarque de Chabert, non dénuée cependant d'humour ; il entend par là qu'il faut sauver en tout cas les apparences. L'humour est, selon une tradition poétique provençale, sous-entendu par la confrontation de deux éléments : ici, le sommeil lourd du vers précédent et la dévotion...

8 - Chabert use du jeu de mots sur  "l'arrêt de mort".

 

 

 

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8 juin 2006 4 08 /06 /juin /2006 06:25

Elle formait le centre de la ville antique. C'est sans doute là que se trouvait l'agora grecque. Elle prit son nom actuel au XVIe s., de celui d'une famille corse qui s'y était établie. Son ancien nom était place St-Sauveur, du nom du couvent de femmes fondé par st Cassien au Ve s. On raconte l'histoire des « desnarado », ces religieuses qui, à l'invitation de leur abbesse, se coupèrent le nez pour échapper au viol par les Sarrasins, au VIIIe s. Le couvent subsista jusqu'au XVIIIe s. au sud de la place ; cette partie sud a été rasée et le couvent a disparu. Sous le couvent se trouvaient les « caves de St Sauveur » (sous le niveau de la place, mais au niveau des rues descendant vers le port ; selon la tradition populaire, c'est là que se trouvait la cellule de St Lazare, qui aurait été reliée par un souterrain à la crypte de l'abbaye de St Victor !

 


Plusieurs des membres de la famille Lenche furent consuls. Durant les guerres de la Ligue, Antoine de Lenche fut assassiné par les Ligueurs dans l'église de l'Observance et son cadavre traîné par les rues jusqu'à sa maison. Sa fille, Jeanne de Lenche, épousa en 1592 Honoré Riquetti de Mirabeau, l'ancêtre du fameux révolutionnaire, et l'hôtel de Lenche devint hôtel de Mirabeau ; ceux-ci construisirent un splendide hôtel un des plus luxueux de Marseille, qui se dressait à l'est de la place actuelle. Leur fils Thomas Riquetti de Mirabeau fut le 1er à introduire à Marseille la livrée pour ses valets, qui portaient des habits rouges ; le peuple se moquait en disant « venès veire leis souisses de moussu de Mirabèu » ! En 1644, Madeleine de Scudéry et son frère furent reçus dans cet hôtel. C'est là aussi que logea Louis XIV lors de sa visite en 1660. Vendu par les Mirabeau à la fin du XVIIe s. , quand ils construisirent un nouvel hôtel dans les nouveaux quartiers, il devint au milieu du XVIIIe s. l'oeuvre des enfants abandonnés. Il a été rasé et remplacé par des constructions modernes.

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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 21:48

 « le plus beau monument de Marseille, c'est le fort St-Jean. (...) Ses tours, ses murs, imprégnés d'or solaire, ont une allure sans pareille de puissance sans lourdeur. Le Vieux-Port leur doit une bonne part de son pittoresque. » (Raoul BUSQUET, historien provençal, 1937)


Cette zone appartenait à la partie la plus ancienne de la ville grecque. Dès le IXe s. , ce promontoire était englobé dans le château Babon, forteresse de refuge édifiée par l'évêque Babon pour protéger la ville des attaques des Sarrasins. A cet endroit, à l'entrée du port, la tour Maubert ( ou Turreta Portus, ou encore Turris Catenae Portus car la chaîne fermant le port y était fixée). En arrière de la tour, sur un terrain qui leur avait été concédé, les Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem s'installèrent vers le début du XIIIe s. et y élevèrent une commanderie et une église, placée sous le vocable de leur saint patron, St-Jean-Baptiste, dont le quartier, un quartier de pêcheurs, et le futur fort prendront le nom ; au sud de l'église s'étendait le cimetière. Une muraille, depuis la commanderie, rejoignait le rempart de la ville et les Hospitaliers en avaient la garde. Cependant les Hospitaliers ne se souciaient guère d'entretenir ces fortifications, au grand dam des syndics. A la fin du XVe s. , les Hospitaliers réalisèrent d'importantes constructions dans la commanderie, dont l'hôtel du commandeur, situé entre l'église et la mer, près de la tour ; cet hôtel fut jusqu'au milieu du XVIIe s. la demeure la plus somptueuse de la ville, dans laquelle descendaient les princes et personnes de haut rang en visite.


Après la prise du port par Alphonse d'Aragon en 1423, le Roi René fit édifier une tour beaucoup plus importante, la tour St-Jean, construite de 1447 à 1452, celle que nous voyons encore aujourd'hui. Elle coûta la somme énorme de 4 222 florins, la communauté de Marseille en fournissant 2 000, la confrérie des pêcheurs 1 200 et le Roi le reste. C'est une puissante tour carrée, dont la terrasse supérieure est garnie de mâchicoulis ; sa base était entourée d'une chemise qui a été détruite en 1957. A l'intérieur se trouvent trois étages voûtés et un étage supérieur coiffé d'une coupole sur pendentifs, le tout relié par un escalier en vis ; les murs très épais ne sont percés que de rares meurtrières. Sur l'un des murs de la tour, un grand crucifix était tourné vers le port ; en passant, les marins faisaient une prière ou observaient un moment de silence respectueux.


Le fort St-Jean présente également une tour ronde, ou tour du Fanal, construite en 1644 face à la mer, sur l'emplacement de la maison de la Gache (du Guet). Selon l'usage provençal, on allumait à son sommet un feu de bois qui servait de signal et elle servait de repère pour les navires arrivant en vue de Marseille. Si on en croit l'historien provençal Ruffi, un fanal aurait déjà existé à cet endroit au XIVe s. Dans son livre sur Marseille, Bouyala d'Arnaud la compare à un minaret oriental.


L'ensemble était intégré à la partie de la ville occupant la butte St-Laurent, et une rue bordée de maisons reliait l'église St-Jean et l'église St-Laurent. En 1666, Louis XIV ordonna l'agrandissement de la ville et fit exproprier les Hospitaliers ; l'église, le cimetière, la commanderie et l'hôtel du commandeur furent détruits pour laisser la place aux nouvelles fortifications. L'isthme reliant le promontoire à la butte St-Laurent fut creusé, puis le promontoire fut entouré de puissantes murailles. Des terre-pleins pour l'artillerie furent aménagés. Les travaux, qui durèrent de de 1668 à1674, furent dirigés par le chevalier de Clerville et Vauban, comme à Toulon. Ainsi naquit le fort St-Jean tel que nous le connaissons.


De 1844 à 1854, le fort fut transformé en île par le percement, sous la butte St-Laurent, d'un canal doublé d'une voie charretière destiné à relier le Vieux-Port aux nouveaux bassins de la Joliette ; ces travaux firent disparaître l'entrée du XVIIe s. Le canal disparut à son tour au XXe s. et fut remplacé par un large boulevard. Au début du XXe s. , une caserne est construite dans le fort pour recevoir la Légion. Les troupes allemandes d'occupation, durant la seconde guerre mondiale, entreposèrent dans le fort des réserves de munitions, dont l'explosion lors des bombardements de 1944 endommagèrent gravement la forteresse ; mais les tours demeurèrent intactes.

Louis Philippe Joseph, duc d'Orléans, dit "Philippe Egalité", cousin de Louis XVI, fut le plus illustre prisonnier du fort St-Jean.


La tour St-Jean comportait des cachots. Sous François Ier, on y enferma des équipages capturés sur des navires ennemis ; durant les guerres de religion, on y enferma tour à tour des protestants puis des ligueurs. Mais c'est surtout pendant la Révolution que la tour va servir de prison. En 1790 le fort est attaqué et son commandant, le chevalier de Bausset, refusant de capituler, est massacré sur le pont-levis. En 1793, la Convention décide d'y envoyer des membres de la famille royale qu'elle vient de faire arrêter ; d'abord détenus au fort de Notre-Dame de la Garde, le duc d'Orléans (« Philippe Egalité »), les ducs de Montpensier et de Beaujolais ses fils, sa soeur la princesse de Bourbon et le prince de Conti sont enfermés au fort St-Jean. Le duc d'Orléans, dont le cachot se trouvait au 3e étage de la tour, n'y resta que quelques mois, finalement transféré à Paris en octobre 1793 pour y être guillotiné ; mais les autres princes y demeurèrent jusqu'en 1796. Après la chute de Robespierre, 127 jacobins furent également emprisonnés au fort St-Jean ; ils furent massacrés en juin 1795, en représailles des atrocités de la Terreur.


Le site est classé depuis 1964 à l'ISMH et a fait l'objet de nombreuses campagnes de restauration. Il abrite aujourd'hui le Service des Antiquités Sous-Marines (actuellement la DRASSM).


Lien vers le site très intéressant du service-departemental-de-larchitecture-des-bouches-du-rhone .


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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 22:13

Le néflier ("nespié" ou "nespoulié" en provençal) fait partie des incontournables des jardins provençaux. Cet arbre est originaire de Chine et du Japon, d'où son nom scientifique : Eriobotrya japonica. Il semblerait que ce soit le grand humaniste provençal Nicolas Claude Fabri de Peiresc qui l'ait acclimaté en Provence au XVIIe s., dans le parc de sa bastide de Belgentier (Var).

C'est la saison des nèfles dans nos campagnes provençales ; celles que vous voyez là seront bientôt mangées : cruel que je suis, je les ai photographiées avant qu'elles ne soient mûres et que je les dévore...

Le néflier des jardins provençaux est un arbre qui peut atteindre une hauteur de 8 à 12 m ; sa croissance est relativement lente. Il craint le gel. Il a de grandes feuilles pointues, velues sur leur face inférieure et striées de nervures saillantes ; ce feuillage est persistant. Les nouvelles feuilles poussent en bout de branche, où se développent aussi en hiver les grappes de fleurs blanches agréablement odorantes. Elles donnent des fruits que l'on appelle des nèfles ("nèspo" ou "nespoulo" en provençal), dites aussi "bibaces", sortes de petites pommes d'un jaune d'or groupées en grappe ; comestibles dès le printemps, elles sont délicieuses et très juteuses ; elles contiennent de gros pépins d'un brun presque noir.

N'est-elle pas jolie, cette nèfle timide qui commence à prendre sa belle couleur dorée ? Elle s'épanouit dans le jardin de mes parents, à quelques kilomètres de Belgentier, là où Peiresc a acclimaté le néflier au XVIIe s.

Il ne faut pas confondre ce néflier provençal, qu'on trouve dans tout le bassin méditerranéen, avec le néflier commun, Respilus germanica, qui présente de grandes différences : moins haut (3 à 5 m), ne craint pas le gel, floraison au printemps et fruits bruns consommés après les premières gelées, feuille plus petite, moins nervurée et caduque. Le néflier commun vient quant à lui de Perse ou des Balkans et est connu en Europe depuis le IIIe s. avant notre ère. On fait souvent la confusion entre ces deux espèces, qui, malgré la similitude du nom, sont très différentes.

J'adore le néflier, c'est un de mes arbres préférés. La beauté de son feuillage, luisant sur le dessus, duveteux en-dessous. Et surtout ses fruits délicieux qui sont pour nous un exotisme familier.

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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 19:27

"Adiéu, fièr barri de nouastro vilo tant amado ! " 

C'est toujours un moment triste quand une campagne de fouilles se termine et que le chantier est rendu au constructeur. Les pelleteuses, impitoyables, ne mettent que quelques minutes à balayer ce passé qui avait surgi de terre pour un instant, créant un lien direct avec ces femmes et hommes d'autrefois que nous croisons dans les archives...

Je me suis rendu ce soir sur le chantier pour les dernières photos, et vous fais partager ce moment émouvant où la réalité actuelle reprend ses droits...

Bon, il faut savoir être raisonnable ; il n'y a rien d'exceptionnel sur ce site, donc autant réserver les mesures de protection, coûteuses, à des vestiges qui ont un intérêt majeur. C'est juste l'émotion de voir disparaître à jamais des vestiges de ce passé qu'ils rendent soudain concret. Mais on ne peut pas tout conserver...

PS : le Maire, soucieux de la conservation du patrimoine historique de la ville, a décidé de conserver la portion de rempart découverte et de la garder visible pour le public. La pelleteuse ne dévorera pas notre vieux rempart !

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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 20:57

Pour s'y retrouver un peu, un premier article sur le provençal. On entend parfois des aberrations le concernant et ceux qui sont étrangers à la région ont bien du mal à s'y retrouver dans toutes les informations contradictoires qu'on entend ou qu'on lit à ce sujet.

Le provençal fait partie des langues d'oc ; il est une langue à part entière, non un dialecte. Au cours du XXe s., certains nationalistes occitans ont créé la notion d' "occitan", qui serait la langue de tout le sud de la France avec des variantes dialectales ; cela ne correspond ni aux rélaités historiques, ni aux réalités linguistiques. Nous reparlerons de cette question des langues d'oc ; ce que nous retiendrons pour le moment, c'est qu'il y a une communauté linguistique qui couvre tout le sud de la France et une portion nord-est de l'Italie, communauté à laquelle appartient la langue provençale.

Au Moyen Age, le provençal est une langue littéraire très active ; à certaines périodes, il sera même la langue littéraire des cours princières de langue d'oc. Des troubadours ont laissé des textes dans cette vieille langue provençale, très différente bien sûr du provençal actuel. Le provençal reste très actif durant la Renaissance, malgré le rattachement de la Provence à la France en 1481-1483. Une littérature en langue provençale s'épanouit encore durant cette période, et la majorité de la population reste fidèle à la langue de ses ancêtres, ne pratiquant que très rarement le français. Dans les textes, comme je vous en donnerait des exemples, on mélange au mieux français et provençal, ce qui montre que la francisation ne s'est faite que très lentement. C'est à partir du règne de Louis XIV que le français commence vraiment à s'imposer ; les élites sociales sont bilingues, le peuple comprend plus ou moins le français mais conserve le provençal dans la vie courante. Cette situation dure jusqu'à l'offensive de Jules Ferry contre les langues régionales ; dès lors, l'école devient un moyen d'éradiquer ces dernières, s'il le faut par la violence envers les enfants récalcitrants. Il fallut toute la volonté des Félibres, sur lesquels nous reviendrons aussi, pour faire renaître une littérature provençale et sauver la langue de ce désastre qui la menaçait d'extinction.

Dernier aspect de ce premier article : la différence entre langue provençale, dialectes et patois. La langue provençale est une unité linguistique qui couvre la Provence historique et ses abords. Depuis les Félibres, le provençal littéraire officiel est celui de la vallée du Rhône, le Rhodanien, chose somme toute contestable comme nous le verrons. La langue provençale se divise en un certain nombre de dialectes. Ceux de la Provence historique, qui forment les dialectes "purs" : le Rhodanien dans la vallée du Rhône ; le Maritime dans l'essentiel des Bouches-du-Rhône, le Var, une grande partie du Vaucluse ; le Gavot dans les Alpes. Et ceux de ses abords, qui forment des zones de contact avec d'autres langues, sortes de dialectes "métissés" : le Franco-provençal de la Drôme et d'une partie non provençale des Alpes ; le Nissart, de Nice et de sa région. Ce sont les principaux. Ensuite, il y a ce qu'on qualifie de "patois" ; le "patois" n'est pas un dialecte, mais une variante locale, parfois même très locale, de nature populaire et orale : dans les campagnes, on ne savait autrefois pas écrire, puis lorsque l'écrit est arrivé c'était uniquement en français ; le dialecte s'y est donc transmis oralement, subissant des déformations et des influences extérieures liées aux circonstances historiques, devenant au fil du temps un patois propre à une communauté. Pratiquement chaque ville, chaque village a son patois. Le terme de "patois" a revêtu depuis le début du XXe s. une connotation péjorative qui rend ce mot désagréable à ceux qui sont attachés à leur langue régionale.

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Beit Prouvènço-La Provence
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16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 13:57

Des travaux sur la place du Trémaillon, à Ollioules, viennent de mettre à jour une portion des anciens remparts de la ville (ce qu'on appelle en provençal maritime "lei barri"). Mise au jour extraordinaire pour les amoureux du patrimoine, surprise de certains habitants devant notre ébahissement au sujet de quelques pans de vieux murs, émotion en tout cas chaque fois que le passé surgit de terre.

 

Au milieu des déblais récents, le rempart surgit...

Nous connaissions déjà la présence du rempart dans cette zone et disposions de clichés du début du XXe s. sur lequel des vestiges encore intacts apparaissaient. La découverte va permettre de mieux connaître le rempart et son histoire, sa nature aussi, et peut-être de préciser sa datation.

La présence d'enduit sur le parement extérieur pourrait indiquer une habitation aménagée contre le rempart, à une époque que le matériel associé devrait permettre de préciser...

Des portions des remparts d'Ollioules étaient déjà visibles, en particulier le long de la Reppe, sur l'avenue Barthélémy Dagnan, une tour donnant sur la place Jean Jaurès et surtout une superbe portion complète, du sol au crénelage, contre l'église St-Laurent sur le Cours Voltaire. Des vestiges subsistent aussi dans certaines caves et sous les enduits de certaines façades. Dans sa politique de réhabilitation et de valorisation du patrimoine, la municipalité a d'ailleurs le projet de valoriser les remparts, dont l'importante portion le long de la Reppe a déjà été restaurée et mise en éclairage la nuit.

La portion complète du rempart conservée contre l'église : une très belle archère au-dessus de la porte ouverte au XIXe s. et surtout, au sommet, le crénelage, perturbé par des aménagements tardifs mais encore bien visible.

On ignore la date de construction du rempart d'Ollioules, mais ils remontent vraisemblablement au XIIIe s. Une certitude, des travaux sont mentionnés du XIVe au XVIe s. Les anciennes portes fortifiées, comme la tour du Flascou dans le quartier médiéval, ont toutes été abattues au début du XIXe s. Il y avait en tout 6 portes, peut-être une 7e dont on soupçonne l'existence.

Une fois de plus, Ollioules révèle l'extraordinaire richesse de son patrimoine.

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8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 18:42

Ciel couvert au réveil sur la vallée du Gapeau...

Comme prévu, et malgré un temps couvert et quelques gouttes de pluie qui avaient tenté de nous dissuader, nous avons maintenu notre promenade vers l'oppidum du Castellas, à Solliès Toucas. "Nous", ce sont : mes parents, mon frère "Phy", un couple d'amis, Cathy et "Dgé", et moi, votre narrateur. "Dgé", notre guide organisateur du jour, a préparé cette randonnée en venant il y a quelque temps débroussailler et couper les arbres morts tombés en travers du chemin. Départ à 10h30 pour la chapelle Ste Christine, où nous laissons les voitures pour prendre le sentier montant à l'oppidum. Une ancienne carrière, puis le sentier s'enfonce dans le paradis vert...

Le départ de la promenade, au pied de la chapelle Ste Christine...

Par l'étroit sentier, nous nous enfonçons dans la garrigue...

En ce printemps, la garrigue est splendide. Nous cheminons parmi les romarins odorants, les cistes aux belles fleurs blanches ou violettes, les chênes kermès et les asparagus (dommage, la saison des asperges sauvages est passée ! ), au pied des grands pins auxquels pendent de grandes lianes de salsepareille hérissées de piquants qui leur donnent une allure à la fois fantômatique et de jungle étrange ; mais aussi des chênes, survivants du massacre effectué durant des siècles pour les besoins de la marine royale, comme nous en reparlerons un jour. Quelques arbousiers, des genévriers dont les fruits commencent à mûrir, mais aussi des plantes moins communes plusieurs variétés de fougères, des petites immortelles sauvages de Provence, et surtout quelques beaux spécimens d'orchidées du Var, devenues rares et qui sont protégées. Les genêts sont en fleurs, leur parfum suave se répand délicieusement dans l'air. Tour à tour des odeurs subtiles qui se mêlent, ces odeurs de la garrigue, puissantes ou timides, le thym, le romarin, la sariette... Tout est encore vert, luxuriant, avant le grand sec de l'été. "Dgé" me montre la cousteline*, qui fait partie des nombreuses plantes de la colline qui se consomment ; le pays est rude, mais généreux pour celui qui le connaît et sait être patient et attentif. Il est en cela comme les Provençaux, qui tirent leur caractère de ce lien à leur terre...

Une pinède aux allures fantômatiques...

Cistes et genêts parsèment la garrigue de tâches colorées...

Une fragile orchidée du Var...

Partout, sous la végétation, apparaissent des restanques** qui rappellent qu'autrefois toute cette zone était cultivée par les agriculteurs des villages voisins. Des ruines de casals*** font penser à cette vie rude que l'on menait alors, les efforts qu'il fallait fournir pour arracher à cette terre toute aussi rude la subsistance des populations. Cà et là, de vieux oliviers, des lauriers, des amandiers, des figuiers, retournés à l'état sauvage, témoignent de ces cultures dites "sèches". Ici, les vestiges d'un jas****, de l'époque où les troupeaux de moutons parcouraient nos collines et se régalaient de plantes savoureuses, au lieu de grandir dans des hangars sordides... Une petite source, dans laquelle un sanglier est venu creuser pour boire ou se rouler dans la boue.

Ces restanques envahies par la végétation, témoins du dur labeur des paysans d'autrefois...

Plan d'ensemble de l'oppidum du Castellas.

Et enfin apparaissent les premiers éboulis de pierres calcaires qui signalent que nous arrivons au pied du rempart de l'oppidum. Nous pénétrons dans la vieille forteresse par l'une des tours située au nord. Ou plutôt, nous cheminons sur le rempart, car la végétation est dense à l'intérieur dans cette zone.. Le rempart est constitué de deux parements soigneusement appareillés en pierres sèches, d'une qualité pratiquement comparable à celui de l'oppidum d'Entremont, près d'Aix ; l'espace compris entre les deux parements était ensuite rempli de blocs de calcaire fossilier de toutes tailles. Ce rempart extérieur a une largeur d'environ 5m ; il était renforcé du côté est par des tours visiblement semi-circulaires, très endommagées. A en juger par la portion conservée et les zones d'éboulis, il devait avoir une belle hauteur. Partout, la vue sur les environs est magnifique ; au cours de la journée, nous apercevrons ainsi le pilon St Clément, la double chapelle Ste Christine, la plaine de Solliès-Pont, les hauteurs de Solliès-Ville et le sommet du Coudon, la trouée de la vallée du Gapeau et Solliès-Toucas... Nous parcourons ainsi toute la longueur du rempart oriental, jusquà l'entrée sud-est de l'oppidum, où nous ferons la halte pique-nique ; cette entrée, comme dans de nombreux oppida de la région, est aménagée en chicane, de façon à renforcer la défense de ce point fragile de l'enceinte ; elle était flanquée de deux tours. Les pierres du rempart contiennent pour beaucoup d'entre elles de splendides fossiles marins, il ne faut pas oublier que toute la région était aux époques géologiques une mer tropicale chaude peu profonde dont les fonds sédimentés sont devenus nos collines et montagnes au moment de la formation des Alpes ; beaucoup de bivalves (huîtres énormes, sortes coquilles st Jacques), ainsi que d'innombrables coquilles de petits encornets, des vers marins et quelques ammonites.

Le parement du rempart oriental, au détour du chemin...

L'imposant rempart que le temps n'a pas réussi à totalement démanteler...

Quelques fossiles glanés : huître, Chlamys et Bélemnites, toutes contemporaines des dinosaures.

Après le déjeuner, nous suivons un moment le rempart sud, mais devons rebrousser chemin devant la végétation dense qui occupe une portion où le rempart disparaît. Parvenus à la troisième tour est, mon frère et moi décidons de suivre un mur de défense intérieur d'orientation est-ouest, tandis que les autres reprennent le rempart extérieur pour gagner la portion occidentale ; ce type de mur interne, fréquent lui aussi dans les oppida de la région, a environ 1,50m de large ; en général, ces murs séparaient des quartiers (ville haute et ville basse par exemple) ou correspondent à des agrandissements successifs de l'enceinte, difficile de trancher ici à défaut d'avoir consulté une documentation fiable. Souvent, les maisons indigènes prenaient appui sur ces murs internes ou sur le rempart extérieur. Nous progressons à travers la végétation, puis suivons une petite draille***** qui longe ce mur intérieur. Nous suivons ensuite une autre portion de mur qui remonte du sud au nord et aboutissons à des restanques d'époque moderne. Les sangliers ont retourné la terre à la recherche de racines, je sais qu'on peut ainsi trouver des vestiges ramenés à la surface ; en quelques minutes, nous trouvons ainsi plusieurs fragments de céramique provençale caratéristique du XVIIe s., avec une glaçure marbrée ou verte. A peu de distance, une vaste cabane aménagée sans doute à l'époque moderne, qui devait servir au paysan qui avait établi les restanques et explique la présence de céramiques modernes ; elle est contruite en pierres sèches d'un bel agencement, contre l'un des murs intérieurs de l'oppidum ; dans les murs sont ménagées des niches carrées à usage utilitaire, et partout des fragments de tuiles anciennes, antérieures à la production industrielle.

L'étroit rempart intérieur...

La cabane moderne avec ses murs de pierre sèche...

Tessons de céramiques provençales trouvées en surface : merci les sangliers !

Nous retrouvons nos autres compagnons de promenade, et reprenons le mur pour rejoindre la zone nord-ouest, où des fouilles ont été pratiquées par des professionnels et ont dégagé un superbe ensemble de trois cabanes celto-ligures de belle qualité. J'en parlerai plus en détails dans un article spécifique sur les oppida de la région, mais on peut dire ceci : le sol rocheux était arasé de façon à former le sol de la maison, constituée d'une pièce unique, mais assez vaste ; la base des murs était constituée de deux rangées de dalles de pierre dressées entre lesquelles ont plaçait un remplissage de terre et de petites pierres ; au-dessus prenaient place des structures en matériaux périssables (poteaux soutenant une structure en bois et torchis, très souvent pour les murs) et la toiture était faite de bois et de branchages. C'est un des plus beau ensembles indigènes que j'ai pu voir.

Une des habitations celto-ligures, avec son sol taillé dans la pierre...

Vient ensuite le temps de redescendre, nous sommes surpris par une brusque averse alors que nous sommes aux 3/4 du chemin et arrivons aux voitures trempés mais heureux de cette excellente journée. Une très belle promenade, un moment vraiment agréable. "Avèn un bèu païs"... Nous avons un beau pays !

 

 

Un mot sur l'histoire de cet oppidum, sur laquelle je reviendrai dans un article spécifique complémentaire. Nous sommes dans le sud de la France, le pays n'était pas peuplé de Gaulois mais de Ligures ; après l'arrivée de quelques envahisseurs celtes descendus par la vallée du Rhône, ils formèrent une population qu'on appelle les Celto-Ligures. Les Celto-Ligures de la région s'appelaient les Camatulici et appartenaient à la vaste confédération des Salyens (Salluvii), dont la "capitale" était l'oppidum d'Entremont, sur les hauteurs d'Aix en Provence. L'oppidum du Castellas, à Solliès Toucas, serait apparu au début du Ve s. av . notre ère, peut-être même dès la fin du VIe s. , c'est-à-dire qu'il est contemporain de l'oppidum de la Courtine à Ollioules, dont il faudra aussi que je vous parle, qui appartenait à la même tribu. Il connaît une grande extension au IIe s. av. notre ère, c'est-à-dire à la veille de la conquête romaine. Il contrôlait l'axe de circulation de la plaine de Solliès et celui de la vallée du Gapeau.

 

 

Petit lexique des termes provençaux :

* Cousteline : terme provençal désignant une salade amère (nom latin Picridium vulgare).

**Restanques : mot provençal désignant les terrasses de culture aménagées sur les pentes des collines et retenues par des murs en pierre sèche.

*** Casal : terme provençal désignant soit un un petit bâtiment, soit une petite ruine.

**** Jas : terme provençal désignant un enclos de pierre pour les moutons, bergerie.

***** Draille : terme provençal signifiant chemin, sentier.

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Beit Prouvènço-La Provence
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