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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 21:56

Voici un poème provençal du XVIIe siècle, époque à laquelle on trouve les dernières oeuvres écrites en provençal avant longtemps. Il est dû à un certain Pierre Chabert, notable de La Valette, à l'est  de Toulon ; nous reviendrons dans la rubrique concernant les conseils de lecture sur le livre dont ce poème est extrait. La langue, en dialecte maritime, surprendra une fois de plus ceux qui connaissent le provençal ; on y note des archaïsmes, ainsi que ce que les Provençaux appellent "francihoutismes", qui montrent l'influence croissante de la langue française. Mais l'ensemble reste savoureux, et nous montre l'idéal d'un bourgeois provençal de l'époque...qui, à part quelques traits propres à la culture de cette époque, n'est pas au fond si éloigné des nôtres, quatre siècles plus tard !

" La vido heürouso, per Chabert

ami, ti vau rendre savant Ami, je vais t'informer
de ce que fa vioure countent 1 ; De ce qui fait vivre content :

estre en santa, L'esprit tranquille 2,

Etre en bonne santé, l'esprit tranquille,

assas de ben, ren d'inutile,

Assez de biens, rien d'inutile,

ges de Catin, ges de proucés 3 ,

Pas de catin, pas de procès,
dins leis plesirs fuge L'excés 4, Dans les plaisirs fuir l'excès,
Contro dugun n'ave rancuno, Contre personne n'avoir de rancune,
estre Countent de sa fourtuno 5 ; Etre content de sa fortune.
uno fremo que v'ame ben Une femme qui vous aime bien
et que cride pas per un Ren, Et qui ne crie pas pour un rien,
un bouan ami si l'on lou trobo, Un bon ami, si on le trouve,
Car heürous que paû dire probo ; Car heureux celui qui peut dire "je le prouve".
estre ben vengut en tout luéc, Etre le bienvenu en tout lieu,
din l'hyvert toujour bouan fuéc, En hiver avoir toujours bon feu,
et l'estiou cauquo-alleo soumbro 6 Et l'été quelque allée sombre
per gousta la frescour de L'oumbro ; Pour goûter la fraîcheur de l'ombre ;
estre coumoudamen Lougea, Etre commodément logé,
un ourdinari ben regla, Un ordinaire bien réglé,
de libres, un bouan doumestiquo, Des livres, un bon domestique,
un pichot councert de musiquo,

Un petit concert de musique,

dourmi la nuech proufoundamen, Dormir la nuit profondément,
et sarvi Diou fidelamen  7 ; Et servir Dieu fidèlement.
puis quand la moüart d'un pas alegre Puis quand la mort d'un pas allègre
vendra n'en dire de la segre, Viendra nous dire de la suivre,
Lüen d'apella d'aquel arret 8 Loin de faire appel de cet arrêt,

parti senso ges de regret. "

Partir sans aucun regret. "
 

 

 1 - La rime entre "savant" et "countent" montre que déjà le français a altéré le provençal (qui normalement prononcerait  "-in" le "-en" ).

2 - Francisation.

3 - Les Provençaux d'autrefois, selon la tradition latine, étaient très procéduriers et faisaient appel à la loi en toute occasion, que ce soient les communautés ou les particuliers.

4 - Allusion au libertinage en vogue à l'époque de Louis XIII et durant la jeunesse de Louis XIV ; le poème a été écrit sous le règne personnel de ce dernier, qui marque un retour à une certaine rigueur dans les moeurs, au moins en apparence...

5 - Le terme "fourtuno" a comme en français le double sens de "destin, chance" et de "richesse".

6 - Expression qui fait référence aux allées couvertes de verdure qui ornent à l'époque les jardins des bastides provençales.

7 - Au lendemain des guerres de religion, les Provençaux marquent toujours leur attachement à la religion, en grande majorité catholique dans cette région. D'où cette remarque de Chabert, non dénuée cependant d'humour ; il entend par là qu'il faut sauver en tout cas les apparences. L'humour est, selon une tradition poétique provençale, sous-entendu par la confrontation de deux éléments : ici, le sommeil lourd du vers précédent et la dévotion...

8 - Chabert use du jeu de mots sur  "l'arrêt de mort".

 

 

 

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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 21:48

 « le plus beau monument de Marseille, c'est le fort St-Jean. (...) Ses tours, ses murs, imprégnés d'or solaire, ont une allure sans pareille de puissance sans lourdeur. Le Vieux-Port leur doit une bonne part de son pittoresque. » (Raoul BUSQUET, historien provençal, 1937)


Cette zone appartenait à la partie la plus ancienne de la ville grecque. Dès le IXe s. , ce promontoire était englobé dans le château Babon, forteresse de refuge édifiée par l'évêque Babon pour protéger la ville des attaques des Sarrasins. A cet endroit, à l'entrée du port, la tour Maubert ( ou Turreta Portus, ou encore Turris Catenae Portus car la chaîne fermant le port y était fixée). En arrière de la tour, sur un terrain qui leur avait été concédé, les Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem s'installèrent vers le début du XIIIe s. et y élevèrent une commanderie et une église, placée sous le vocable de leur saint patron, St-Jean-Baptiste, dont le quartier, un quartier de pêcheurs, et le futur fort prendront le nom ; au sud de l'église s'étendait le cimetière. Une muraille, depuis la commanderie, rejoignait le rempart de la ville et les Hospitaliers en avaient la garde. Cependant les Hospitaliers ne se souciaient guère d'entretenir ces fortifications, au grand dam des syndics. A la fin du XVe s. , les Hospitaliers réalisèrent d'importantes constructions dans la commanderie, dont l'hôtel du commandeur, situé entre l'église et la mer, près de la tour ; cet hôtel fut jusqu'au milieu du XVIIe s. la demeure la plus somptueuse de la ville, dans laquelle descendaient les princes et personnes de haut rang en visite.


Après la prise du port par Alphonse d'Aragon en 1423, le Roi René fit édifier une tour beaucoup plus importante, la tour St-Jean, construite de 1447 à 1452, celle que nous voyons encore aujourd'hui. Elle coûta la somme énorme de 4 222 florins, la communauté de Marseille en fournissant 2 000, la confrérie des pêcheurs 1 200 et le Roi le reste. C'est une puissante tour carrée, dont la terrasse supérieure est garnie de mâchicoulis ; sa base était entourée d'une chemise qui a été détruite en 1957. A l'intérieur se trouvent trois étages voûtés et un étage supérieur coiffé d'une coupole sur pendentifs, le tout relié par un escalier en vis ; les murs très épais ne sont percés que de rares meurtrières. Sur l'un des murs de la tour, un grand crucifix était tourné vers le port ; en passant, les marins faisaient une prière ou observaient un moment de silence respectueux.


Le fort St-Jean présente également une tour ronde, ou tour du Fanal, construite en 1644 face à la mer, sur l'emplacement de la maison de la Gache (du Guet). Selon l'usage provençal, on allumait à son sommet un feu de bois qui servait de signal et elle servait de repère pour les navires arrivant en vue de Marseille. Si on en croit l'historien provençal Ruffi, un fanal aurait déjà existé à cet endroit au XIVe s. Dans son livre sur Marseille, Bouyala d'Arnaud la compare à un minaret oriental.


L'ensemble était intégré à la partie de la ville occupant la butte St-Laurent, et une rue bordée de maisons reliait l'église St-Jean et l'église St-Laurent. En 1666, Louis XIV ordonna l'agrandissement de la ville et fit exproprier les Hospitaliers ; l'église, le cimetière, la commanderie et l'hôtel du commandeur furent détruits pour laisser la place aux nouvelles fortifications. L'isthme reliant le promontoire à la butte St-Laurent fut creusé, puis le promontoire fut entouré de puissantes murailles. Des terre-pleins pour l'artillerie furent aménagés. Les travaux, qui durèrent de de 1668 à1674, furent dirigés par le chevalier de Clerville et Vauban, comme à Toulon. Ainsi naquit le fort St-Jean tel que nous le connaissons.


De 1844 à 1854, le fort fut transformé en île par le percement, sous la butte St-Laurent, d'un canal doublé d'une voie charretière destiné à relier le Vieux-Port aux nouveaux bassins de la Joliette ; ces travaux firent disparaître l'entrée du XVIIe s. Le canal disparut à son tour au XXe s. et fut remplacé par un large boulevard. Au début du XXe s. , une caserne est construite dans le fort pour recevoir la Légion. Les troupes allemandes d'occupation, durant la seconde guerre mondiale, entreposèrent dans le fort des réserves de munitions, dont l'explosion lors des bombardements de 1944 endommagèrent gravement la forteresse ; mais les tours demeurèrent intactes.

Louis Philippe Joseph, duc d'Orléans, dit "Philippe Egalité", cousin de Louis XVI, fut le plus illustre prisonnier du fort St-Jean.


La tour St-Jean comportait des cachots. Sous François Ier, on y enferma des équipages capturés sur des navires ennemis ; durant les guerres de religion, on y enferma tour à tour des protestants puis des ligueurs. Mais c'est surtout pendant la Révolution que la tour va servir de prison. En 1790 le fort est attaqué et son commandant, le chevalier de Bausset, refusant de capituler, est massacré sur le pont-levis. En 1793, la Convention décide d'y envoyer des membres de la famille royale qu'elle vient de faire arrêter ; d'abord détenus au fort de Notre-Dame de la Garde, le duc d'Orléans (« Philippe Egalité »), les ducs de Montpensier et de Beaujolais ses fils, sa soeur la princesse de Bourbon et le prince de Conti sont enfermés au fort St-Jean. Le duc d'Orléans, dont le cachot se trouvait au 3e étage de la tour, n'y resta que quelques mois, finalement transféré à Paris en octobre 1793 pour y être guillotiné ; mais les autres princes y demeurèrent jusqu'en 1796. Après la chute de Robespierre, 127 jacobins furent également emprisonnés au fort St-Jean ; ils furent massacrés en juin 1795, en représailles des atrocités de la Terreur.


Le site est classé depuis 1964 à l'ISMH et a fait l'objet de nombreuses campagnes de restauration. Il abrite aujourd'hui le Service des Antiquités Sous-Marines (actuellement la DRASSM).


Lien vers le site très intéressant du service-departemental-de-larchitecture-des-bouches-du-rhone .


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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 22:13

Le néflier ("nespié" ou "nespoulié" en provençal) fait partie des incontournables des jardins provençaux. Cet arbre est originaire de Chine et du Japon, d'où son nom scientifique : Eriobotrya japonica. Il semblerait que ce soit le grand humaniste provençal Nicolas Claude Fabri de Peiresc qui l'ait acclimaté en Provence au XVIIe s., dans le parc de sa bastide de Belgentier (Var).

C'est la saison des nèfles dans nos campagnes provençales ; celles que vous voyez là seront bientôt mangées : cruel que je suis, je les ai photographiées avant qu'elles ne soient mûres et que je les dévore...

Le néflier des jardins provençaux est un arbre qui peut atteindre une hauteur de 8 à 12 m ; sa croissance est relativement lente. Il craint le gel. Il a de grandes feuilles pointues, velues sur leur face inférieure et striées de nervures saillantes ; ce feuillage est persistant. Les nouvelles feuilles poussent en bout de branche, où se développent aussi en hiver les grappes de fleurs blanches agréablement odorantes. Elles donnent des fruits que l'on appelle des nèfles ("nèspo" ou "nespoulo" en provençal), dites aussi "bibaces", sortes de petites pommes d'un jaune d'or groupées en grappe ; comestibles dès le printemps, elles sont délicieuses et très juteuses ; elles contiennent de gros pépins d'un brun presque noir.

N'est-elle pas jolie, cette nèfle timide qui commence à prendre sa belle couleur dorée ? Elle s'épanouit dans le jardin de mes parents, à quelques kilomètres de Belgentier, là où Peiresc a acclimaté le néflier au XVIIe s.

Il ne faut pas confondre ce néflier provençal, qu'on trouve dans tout le bassin méditerranéen, avec le néflier commun, Respilus germanica, qui présente de grandes différences : moins haut (3 à 5 m), ne craint pas le gel, floraison au printemps et fruits bruns consommés après les premières gelées, feuille plus petite, moins nervurée et caduque. Le néflier commun vient quant à lui de Perse ou des Balkans et est connu en Europe depuis le IIIe s. avant notre ère. On fait souvent la confusion entre ces deux espèces, qui, malgré la similitude du nom, sont très différentes.

J'adore le néflier, c'est un de mes arbres préférés. La beauté de son feuillage, luisant sur le dessus, duveteux en-dessous. Et surtout ses fruits délicieux qui sont pour nous un exotisme familier.

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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 19:27

"Adiéu, fièr barri de nouastro vilo tant amado ! " 

C'est toujours un moment triste quand une campagne de fouilles se termine et que le chantier est rendu au constructeur. Les pelleteuses, impitoyables, ne mettent que quelques minutes à balayer ce passé qui avait surgi de terre pour un instant, créant un lien direct avec ces femmes et hommes d'autrefois que nous croisons dans les archives...

Je me suis rendu ce soir sur le chantier pour les dernières photos, et vous fais partager ce moment émouvant où la réalité actuelle reprend ses droits...

Bon, il faut savoir être raisonnable ; il n'y a rien d'exceptionnel sur ce site, donc autant réserver les mesures de protection, coûteuses, à des vestiges qui ont un intérêt majeur. C'est juste l'émotion de voir disparaître à jamais des vestiges de ce passé qu'ils rendent soudain concret. Mais on ne peut pas tout conserver...

PS : le Maire, soucieux de la conservation du patrimoine historique de la ville, a décidé de conserver la portion de rempart découverte et de la garder visible pour le public. La pelleteuse ne dévorera pas notre vieux rempart !

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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 20:57

Pour s'y retrouver un peu, un premier article sur le provençal. On entend parfois des aberrations le concernant et ceux qui sont étrangers à la région ont bien du mal à s'y retrouver dans toutes les informations contradictoires qu'on entend ou qu'on lit à ce sujet.

Le provençal fait partie des langues d'oc ; il est une langue à part entière, non un dialecte. Au cours du XXe s., certains nationalistes occitans ont créé la notion d' "occitan", qui serait la langue de tout le sud de la France avec des variantes dialectales ; cela ne correspond ni aux rélaités historiques, ni aux réalités linguistiques. Nous reparlerons de cette question des langues d'oc ; ce que nous retiendrons pour le moment, c'est qu'il y a une communauté linguistique qui couvre tout le sud de la France et une portion nord-est de l'Italie, communauté à laquelle appartient la langue provençale.

Au Moyen Age, le provençal est une langue littéraire très active ; à certaines périodes, il sera même la langue littéraire des cours princières de langue d'oc. Des troubadours ont laissé des textes dans cette vieille langue provençale, très différente bien sûr du provençal actuel. Le provençal reste très actif durant la Renaissance, malgré le rattachement de la Provence à la France en 1481-1483. Une littérature en langue provençale s'épanouit encore durant cette période, et la majorité de la population reste fidèle à la langue de ses ancêtres, ne pratiquant que très rarement le français. Dans les textes, comme je vous en donnerait des exemples, on mélange au mieux français et provençal, ce qui montre que la francisation ne s'est faite que très lentement. C'est à partir du règne de Louis XIV que le français commence vraiment à s'imposer ; les élites sociales sont bilingues, le peuple comprend plus ou moins le français mais conserve le provençal dans la vie courante. Cette situation dure jusqu'à l'offensive de Jules Ferry contre les langues régionales ; dès lors, l'école devient un moyen d'éradiquer ces dernières, s'il le faut par la violence envers les enfants récalcitrants. Il fallut toute la volonté des Félibres, sur lesquels nous reviendrons aussi, pour faire renaître une littérature provençale et sauver la langue de ce désastre qui la menaçait d'extinction.

Dernier aspect de ce premier article : la différence entre langue provençale, dialectes et patois. La langue provençale est une unité linguistique qui couvre la Provence historique et ses abords. Depuis les Félibres, le provençal littéraire officiel est celui de la vallée du Rhône, le Rhodanien, chose somme toute contestable comme nous le verrons. La langue provençale se divise en un certain nombre de dialectes. Ceux de la Provence historique, qui forment les dialectes "purs" : le Rhodanien dans la vallée du Rhône ; le Maritime dans l'essentiel des Bouches-du-Rhône, le Var, une grande partie du Vaucluse ; le Gavot dans les Alpes. Et ceux de ses abords, qui forment des zones de contact avec d'autres langues, sortes de dialectes "métissés" : le Franco-provençal de la Drôme et d'une partie non provençale des Alpes ; le Nissart, de Nice et de sa région. Ce sont les principaux. Ensuite, il y a ce qu'on qualifie de "patois" ; le "patois" n'est pas un dialecte, mais une variante locale, parfois même très locale, de nature populaire et orale : dans les campagnes, on ne savait autrefois pas écrire, puis lorsque l'écrit est arrivé c'était uniquement en français ; le dialecte s'y est donc transmis oralement, subissant des déformations et des influences extérieures liées aux circonstances historiques, devenant au fil du temps un patois propre à une communauté. Pratiquement chaque ville, chaque village a son patois. Le terme de "patois" a revêtu depuis le début du XXe s. une connotation péjorative qui rend ce mot désagréable à ceux qui sont attachés à leur langue régionale.

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16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 13:57

Des travaux sur la place du Trémaillon, à Ollioules, viennent de mettre à jour une portion des anciens remparts de la ville (ce qu'on appelle en provençal maritime "lei barri"). Mise au jour extraordinaire pour les amoureux du patrimoine, surprise de certains habitants devant notre ébahissement au sujet de quelques pans de vieux murs, émotion en tout cas chaque fois que le passé surgit de terre.

 

Au milieu des déblais récents, le rempart surgit...

Nous connaissions déjà la présence du rempart dans cette zone et disposions de clichés du début du XXe s. sur lequel des vestiges encore intacts apparaissaient. La découverte va permettre de mieux connaître le rempart et son histoire, sa nature aussi, et peut-être de préciser sa datation.

La présence d'enduit sur le parement extérieur pourrait indiquer une habitation aménagée contre le rempart, à une époque que le matériel associé devrait permettre de préciser...

Des portions des remparts d'Ollioules étaient déjà visibles, en particulier le long de la Reppe, sur l'avenue Barthélémy Dagnan, une tour donnant sur la place Jean Jaurès et surtout une superbe portion complète, du sol au crénelage, contre l'église St-Laurent sur le Cours Voltaire. Des vestiges subsistent aussi dans certaines caves et sous les enduits de certaines façades. Dans sa politique de réhabilitation et de valorisation du patrimoine, la municipalité a d'ailleurs le projet de valoriser les remparts, dont l'importante portion le long de la Reppe a déjà été restaurée et mise en éclairage la nuit.

La portion complète du rempart conservée contre l'église : une très belle archère au-dessus de la porte ouverte au XIXe s. et surtout, au sommet, le crénelage, perturbé par des aménagements tardifs mais encore bien visible.

On ignore la date de construction du rempart d'Ollioules, mais ils remontent vraisemblablement au XIIIe s. Une certitude, des travaux sont mentionnés du XIVe au XVIe s. Les anciennes portes fortifiées, comme la tour du Flascou dans le quartier médiéval, ont toutes été abattues au début du XIXe s. Il y avait en tout 6 portes, peut-être une 7e dont on soupçonne l'existence.

Une fois de plus, Ollioules révèle l'extraordinaire richesse de son patrimoine.

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3 mai 2006 3 03 /05 /mai /2006 04:27

 

 

Sans doute venu d'Orient, le citronnier, de même que l'oranger, est cultivé dans la région depuis le Moyen Age. Au XVe s., il contribue à la richesse de certaines familles. Et jusqu'au XXe s., la présence de jardins plantés de citronniers et d'orangers poussant en pleine terre ne cessera d'émerveiller les voyageurs.

 

 

L'arôme délicieux des fleurs de citronnier font partie des magies de nos jardins provençaux. Sitôt la fleur fécondée grâce aux insectes butineurs, un petit citron prend forme. La fleur se fane alors, laissant place au fruit qui grossit petit à petit, puis prend cette belle couleur jaune synonyme de soleil.

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28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 08:18

C'est un sujet sur lequel je fais des recherches depuis déjà un peu plus de 10 ans. Lors de mes études d'histoire de l'art, j'avais bien entendu parler de l'art du stuc ; mais jamais de la gypserie provençale. C'est avec la visite d'une maison du XVIIe s., à Ollioules, que l'aventure a commencé. Devant la beauté de ce décor, je me suis pris de passion pour le sujet et j'ai eu l'occasion, depuis, de voir de nombreux autres ensembles tous aussi  fascinants.

La Maison du Patrimoine (début XVIIe s.), à Ollioules, par laquelle ma passion a commencé...

 

La gypserie est très proche du stuc dans le matériau et la technique, à une différence près : le stuc consiste en un mélange de plâtre, de chaux et de poudre de marbre, alors que la gypserie ne contient que du plâtre et de la chaux.

Une tête féminine en gypserie (XVIe s.), dans une maison Renaissance d'Ollioules...

Beaucoup d'idées reçues subsistent quant à cette technique ; considérée comme un "art mineur" par de nombreux historiens d'art, elle est pourtant un élément essentiel du décor architectural en Provence entre la fin du Moyen Age et le XIXe s., avec un véritable âge d'or du XVIe au XVIIIe s. D'autre part, on nie souvent l'originalité méridionale en prétendant, en un raccourci erroné, que cette technique serait venue d'Italie et aurait été pratiquée par des artistes venus de ce pays ; or, les textes nous montrent que les artistes qui mettent en oeuvre les gypseries sont dans leur écrasante majorité des Provençaux ; la mention d'artistes italiens vient souvent d'une confusion avec le stuc. Dans le sillage de la prétendue origine italienne, on a longtemps pensé que la gypserie était apparue avec la Renaissance ; or, les recherches récentes ont révélé qu'il existe déjà des gypseries au Moyen Age.

Escalier de l'hôtel de Mazan à Riez (Alpes-de-Haute-Provence), daté de 1524...

Ses origines restent obscures. Les Romains avaient introduit la technique du stuc, que l'on trouve un peu partout dans les riches villae ou les plus belles demeures urbaines. Cette technique se retrouve à l'époque mérovingienne, comme le montre l'exemple de l'arc stuqué de la crypte de St-Victor de Marseille. Puis un grand vide jusqu'au XVe s., à moins que les exemplaires identifiés par Mme Demian d'Archambaud ne datent effectivement du XIIe s.

L'une des pistes probables est l'origine arabe ; le décor architectural islamique utilise en effet le stuc, mais aussi une technique très proche de la gypserie encore pratiquée de nos jours dans des pays comme le Yémen. L'hypothèse est loin d'être farfelue ; on sait que les Arabes ont été présents dans le sud de la France durant le haut Moyen Age, n'en déplaise aux fables concernant Charles Martel ; d'autre part, que leur influence culturelle s'est faite par l'intermédiaire de l'Espagne (la Provence médiévale fut un temps gouvernée par les comtes de Barcelone, des princes chrétiens en contact avec le monde musulman ibérique) et de la Sicile (dont les comtes de Provence seront souverains), ainsi que lors des Croisades (auxquelles participèrent de nombreux seigneurs provençaux).

Escalier de la Maison Diamantée (début XVIIe s.) à Marseille...

Pour finir avec cette introduction, il nous faut parler des termes utilisés. Le terme "gypserie" est une francisation du terme provençal "gipparié", qui n'avait pas d'équivalent en français ; en provençal, "plâtre" se dit "gip". Le plâtre utilisé pour la gypserie provient de la cuisson d'un gypse de bonne qualité dont on trouve de nombreux gisements en Provence. De même, l'artiste qui met en oeuvre les gypseries est qualifié par le terme provençal de "gippier", parfois francisé en "gypier" ou plus rarement "gypsier". Le stuc est quant à lui appelé "estu" ("estuc" en provençal ancien) et le stucateur "estucaire", ce qui montre bien que pour les Provençaux les deux techniques sont différentes. L'adoption par le français de termes provençaux confirme enfin la spécificité de cet art.

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22 avril 2006 6 22 /04 /avril /2006 18:47

Photographiée en gros plan, la fleur du romarin a la grâce et la beauté d'une orchidée. Celui-ci est un romarin rampant qui pousse sur une restanque, dans le jardin de mes parents.

Tout le monde connaît le romarin, aromate utilisé en cuisine. Ici, il pousse à l'état sauvage et contribue à donner à la garrigue cette atmosphère parfumée qui est un régal quand on s'y promène aux beaux jours. Ses feuilles minces et dures, en forme d'aiguilles, sont très odorantes quand on les frotte entre ses mains. A l'état sauvage, le romarin forme de petits buissons qui parviennent à pousser dans le peu de terre qui s'accumule entre les rochers calcaires. On en fait aussi pousser dans les jardins, pour les besoins de la cuisine ; entretenu et arrosé, il peut devenir très gros, mais est moins fort que son cousin sauvage.

Le romarin était une herbe à caractère sacré pour les Romains, et un porte-bonheur. On en faisait brûler lors des offrandes aux dieux, ou en tressait des couronnes odorantes pour les fêtes. Le christianisme, plus tard, l'associa à la Vierge. Il servait au Moyen Age de base à de nombreux remèdes.

En général, on fait sécher le romarin avant de l'utiliser, de façon à concentrer son arôme. La cuisine méditerranéenne en fait un grand usage, et nous l'utilisons en particulier avec les viandes grillées : soit nous parsemons la viande en train de griller de feuilles de romarin, soit nous parsemons les braises de branches de romarin. Il s'utilise aussi pour les marinades de viande ou de poisson.

Une astuce, au passage : si vous voulez donner un goût de Provence à votre huile d'olive, placez dans une bouteille ou un flacon une ou deux branches de romarin et remplissez d'huile ; il suffit d'attendre quelques jours et l'huile s'agrémentera du goût du romarin. On peut aussi ajouter du thym et autres aromates.

 

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21 avril 2006 5 21 /04 /avril /2006 15:22

Le château comtal de Toulon a depuis longtemps disparu dans les remaniements de la ville. Mais il subsiste de cette période quelques beaux exemples de forteresses médiévales dans les villes alentour.

Je commencerai bien entendu par le château féodal d'Ollioules, dont les ruines dominent la ville du haut de la colline de Ste-Barbe. La zone accessible au public correspond à celle de l'ancien logis seigneurial, qui constitue d'ailleurs l'essentiel des vestiges aujourd'hui conservés, en dehors de puissantes portions de rempart et de l'ancienne chapelle du castrum.

 

 Le logis seigneurial du château d'Ollioules

Autre forteresse entièrement disparue, le château de Six-Fours, qui a été remplacé par un fort moderne au XIXe s. Il se dressait sur la colline sur laquelle prenait également place le village.

A quelques kilomètres d'Ollioules, surplombant les célèbres gorges, le château d'Evenos et son étrange donjon en forme d'éperon. Evenos, c'est vrai, ne fait pas partie de l'agglomération, mais ce château est un incontournable. Il a conservé une grande partie de son enceinte et offre un panorama magnifique sur les environs. On ne peut visiter que les extérieurs.

Le donjon d'Evenos en forme d'éperon

Revenons dans l'agglomération proprement dite avec la tour médiévale du Revest-les-Eaux, vestige le plus visible de l'ancienne forteresse. Même si elle a été remaniée dans sa partie haute, elle mérite le détour. L'intérieur peut se visiter à certaines occasions.

La tour médiévale du Revest, dite à tort "sarrasine"

De l'ancien château de La Garde, il ne reste que peu de choses : quelques murs d'enceinte, une tour tardive et surtout une superbe chapelle. Le site est cependant remarquable, au sommet du rocher volcanique contre lequel se niche la vieille ville.

Enfin, le château de Hyères, vaste forteresse, offre d'impressionnants vestiges disséminés au sommet de la colline qui domine la vieille ville, même si la lecture d'ensemble est difficile.

Une partie de l'enceinte du château de Hyères

 

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