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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 19:30

Ca fait longtemps que nous n'avons pas parlé musique, les amis. Reprenons donc notre petit tour de la musique égypte avec ce chanteur que je vous recommande de découvrir d'urgence si vous ne le connaissez pas déjà : Hakim.

Hakim est né en 1962 au Caire. On le surnomme "le Lion d'Egypte", et il est parmi les chanteurs égyptiens les plus connus non seulement au Mashreq mais aussi à travers le monde, avec plus de 8 millions d'albums vendus. Sa particularité est d'avoir mêlé la forme populaire du sha'bi avec des accents modernes. Ses chansons parlent de la vie de tout les jours, sa musique rythmée et entraînante met obligatoirement de bonne humeur. Il a participé à travers le monde à de nombreux festivals et son succès hors d'Egypte est grandissant. En 1999, il a été remercié par le Président palestinien pour son soutien au peuple palestinien, et la Tunisie l'a récompensé pour sa participation à de nombreux concerts de bienfaisance.

Je vous conseille viement son tout dernier album, intitulé "Kolo Yorkos", sorti en 2005.  Mes chansons préférées sont sans conteste "Ana saket" et "Eh Ya Aam", qui mêlent rythme endiablé et traditions musicales du choeur répondant au chanteur ; une merveille qui sent le soleil d'Egypte.Vous écouterez aussi avec plaisir "Alf Salama", "Elhala eh" (superbes mélopées en intro, percus égyptiennes qui donnent un rythme soutenu...), "Dalaaney", "Adoub D". "Men Soghry" commence par un chant plus lent et raffiné, qui module les voyelles avec délectation, puis on retrouve ce rythme entraînant qu'affectionnent les Egyptiens ; magnifique, vraiment. Impossible de s'endormir en écoutant Hakim, tant il déborde d'énergie. Le mélange entre musique populaire traditionnelle et modernité, bien dosé, est très réussi. Et pour ceux qui apprennent l'arabe égyptien, un bon exercice pour entendre la prononciation cairote.

Bon je vous laisse, Ramessou veut danser... Yalla !

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19 juin 2006 1 19 /06 /juin /2006 19:27

Je vous parle souvent de musique orientale, dont je suis passionné. Aujourd'hui, nous allons faire un petit tour des artistes qui occupent aujourd'hui le devant de la scène au Mashreq (Proche- et Moyen-Orient), pendant oriental du Maghreb (Afrique du Nord). Avec des liens vers leur site officiel pour ceux qui en ont, pour vous permettre de les (re-)découvrir aussi.

 En jaune, les pays d'où viennent les chanteurs dont il est question ici...

Liban : les Libanais dominent de loin la musique du Mashreq ; la plupart des grandes stars sont soit libanaises, soit égyptiennes. Mes préférés sont Nancy-Ajram ,  ElissaMaria , Pascale-Machaalani , Rayan, Wael-Jassar. Mais il y en beaucoup d'autres tout aussi excellents : Alaa-Zalzali , Aline-Khalaf, Bassima , Carole-Samaha, Cyrine, Dania, Dina-Hayek , Madeleine-Mattar , Magidda-el-Rumi ,  Marwa , Maya-Nasri , Myriam-Faris, Najwa-Karam, Nawal-al-Zoghbi , Nelly-Makdessy, Wael-Kfoury , Yara...

 

 

Egypte : les chanteurs égyptiens sont nombreux et appréciés eux aussi dans tout le Mashreq. Parmi mes favoris : Amr-Diab , Ehab Tawfik, Hakim , Shahenaz, Shereen , Tamer-Hosny. Il y a aussi Arwa (née au Yémen mais vivant au Caire), Essam-Karika , Hamada-Helal , Mai-KassabMustafa-Amar et Natasha-Atlas (un peu à part étant donné son "background" occidental).

 

 

Jordanie : Diana-Karazon .

 

 

 

 

 

Syrie : Houwayda, Asalah-Nasri .

 

 

 

 

 

Iraq : Kazem-el-Sahir , Rida-el-Abdallah .

 

 

 

 

 

Arabie Saoudite : Abdul-Majeed-Abdullah , Rashed al-Majed.

 

 

 

 

Emirats : Ahlam.

 

 

 

 

 

Voilà déjà de quoi faire pour se constituer une bonne collection de musique orientale. Nous reparlerons bien entendu de certains de ces artistes de façon plus détaillée.

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13 juin 2006 2 13 /06 /juin /2006 07:10

Aujourd'hui, nous parlerons encore de musique orientale, avec Ahlam, une chanteuse emirati à la voix magnifique. Et plus particulièrement de son dernier album Al Thakal San3a, sorti en 2006.

"Tawalet" est un morceau de musique douce, ponctuée par la flûte arabe. "Leh Ya Dunia" est plus orientale, la voix d'Ahlam module l'intro avec un talent qui transporte immédiatement dans la péninsule arabique ; un morceau relativement doux, qui vous reposera avant les chansons plus rythmées. "Battaina Nhebb" est un vrai régal, avec les percussions et choeurs qui font le charme de la musique orientale. "Yahlelah" est l'une de mes préférées, très influencée par les rythmes traditionnels de l'Arabie. Dans "Ta3ahadtou", la voix se fait presque plaintive, sur un rythme lent plus influencé par la musique occidentale. "Nawilak" est sans conteste ma favorite, très caractéristique de la musique de cette région, avec tous les ingrédients pour un plaisir optimal ; vraiment une excellente chanson qui vous sortira difficilement de la tête (un conseil : ne l'écoutez pas avec ma belle-soeur, sa compréhension très particulière de l'arabe vous fera hurler de rire !). "Al Thakal San3a" est également une excellente chanson qui s'inspire beaucoup de la musique traditionnelle de la péninsule.

Bref, vous l'aurez compris, un album qui se démarque par ses accents venus de l'Arabie, qui vous changera des artistes libanais qui dominent la musique du Proche-Orient. Un vrai moment de dépaysement et de plaisir, même pour ceux qui ne sont pas habitués à la musique orientale

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4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 13:05

Pour les amoureux de musique orientale qui va au-delà de la variété actuelle, j'ai découvert un petit bijou que j'aimerais vous conseiller. Le Jardin ottoman de Burhan Öçal, sorti en 1996. Il s'agit de musique classique ottomane, qui relève de ce qu'on appelle la musique savante musulmane.

 

C'est une musique très sobre, qui paraît étrangement dépouillée et en même temps très raffinée. On y retrouve toutes les composantes de la culture ottomane, les influences venues de tous les horizons que les Turcs ont traversé : des accents de musique arabe ou persane médiévale, une parenté avec les musiques d'Asie Centrale, et même avec la musique indienne, ce qui ne doit pas surprendre puisque les fameux Moghols étaient en partie d'origine turque... Et bien entendu on y mesure aussi l'influence exercée sur notre musique ancienne occidentale, médiévale méridionale et hispanique en particulier. La voix, superbe, ne s'accompagne que du tanbur ; intonations, timbres et modulation des notes sont variés et subtils. La beauté des sons de la langue turque ajoute à la magie.

 

Le tanbur est l'instrument classique turc ; autrefois utilisé dans tout le Moyen-Orient, il n'a survécu qu'en Turquie. Il se rapproche d'instruments encore en usage en Asie Centrale (Kazakstan, Uzbekistan, Tadjikistan) et de la tambura des Arabes. Au passage notons un fait linguistique qui n'est pas inutile dans un contexte comme celui d'aujourd'hui : vous remarquerez la parenté du mot avec notre "tambour", qui n'est pas anodine, puisque le mot (par contre, avec un contresens, semble-t-il) fut emprunté à l'arabe au XIe s. Comme quoi le prétendu "choc des cultures" est ridicule !

 Un tanbur turc...

Bref, revenons au tanbur. C'est un luth à petite caisse ronde, avec un manche très étroit à ligatures ; le manche est très long, mesurant plus d'un mètre. Le tanbur a 8 cordes groupées par deux. Les ligatures sont constituées de cordes enroulées plusieurs fois autour du manche ; elles doivent être placées avec une grande précision. L'instrument est gratté avec un plectre, mais il peut aussi se jouer avec un archet.

 

Burhan Öçal, amoureux de l'art de son pays, est un virtuose dans la pratique de nombreux instruments et un percussionniste reconnu ; sur cette photo, les habitués auront reconnu qu'il joue du ûd, le luth arabe...

Un mot sur le musicien : Burhan Öçal est un des rares musiciens à renouer avec la tradition ottomane pure, du XVIe au XXe s. Le CD présente essentiellement des morceaux des XVIIIe et XIXe s. , dont une composition du sultan Selim III. Il est très attaché à la transmission de l'art de son pays. Il apporte au respect de la tradition une sensibilité propre, qui fait opérer le charme.

 

Cette musique peut paraître complexe, voir un peu difficile d'accès ; mais pas du tout. Un conseil : l'écouter dans de bonnes conditions, au calme, confortablement installé et l'esprit disposé à se laisser aller au gré de la musique. Bon, si vraiment vous y tenez, je vous décris la scène en ce qui me concerne : calé dans des coussins, fumant la chicha et mangeant des loukoum d'Istanbul... En tout cas, à découvrir ; c'est une musique aussi apaisante que les raga indiens...

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4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 07:51

Mon amie la rose

 

On est bien peu de choses,

Et mon amie la rose

Me l'a dit ce matin.

A l'aurore je suis née,

Baptisée de rosée.

Je me suis épanouie,

Heureuse et amoureuse,

Aux rayons du soleil.

Je me suis fermée la nuit,

 Me suis reveillée vieille.

 

Pourtant j'etais trés belle,

Oui j'etais la plus belle

 Des fleurs de ton jardin.

 

 

On est bien peu de choses,

Et mon amie la rose

Me l'a dit ce matin.

Vois le Dieu qui m'a faite

M'a fait courber la tête,

Et je sens que je tombe,

Et je sens que je tombe,

Mon coeur est presque nu,

J'ai le pied dans la tombe.

Déjà je ne suis plus.

Tu m'admirais que hier

Et je serais poussière

Pour toujours demain.

 

On est bien peu de choses,

Et mon amie la rose

Est morte ce matin.

La lune cette nuit

A veillé mon amie.

Moi en rêve j'ai vu,

Eblouissante et nue,

Son âme qui dansait,

Bien au-delà des nues

Et qui me souriait.

Croit celui qui peut croire,

Moi j'ai besoin d'espoir

 Sinon je ne suis rien.

 

 

On est bien peu de choses,

Et mon amie la rose

Me l'a dit ce matin.

Vois le Dieu qui m'a faite

M'a fait courber la tête,

Et je sens que je tombe,

Et je sens que je tombe,

Mon coeur est presque nu,

J'ai le pied dans la tombe.

Déjà je ne suis plus.

Tu m'admirais que hier

Et je serais poussière

Pour toujours demain.

 

El-wardi sahbî

'Alli 'ala haga

El-naharda wa fil-layl

El-wardi sahbî

El-wardi sahbî

'Alli 'ala haga

El-naharda wa fil-layl

El-naharda wa fil-layl

 

C'est bien entendu la version de Natasha Atlas, sur l'album "Gedida" (1998-1999), magnifique... Et enregistrée au Caire !  Françoise Hardy peut se rhabiller, na ! Je préfère la version masreyya (égyptienne) de Natasha ! Bon, il faut quand même mentionner l'auteur du très beau texte de la chanson, Cécile Caulier...

 

Et attention, pas de message politique : on parle de poésie, et du temps qui passe, vous savez, dans le style de la fameuse mignonne qui allait voir si...

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19 mai 2006 5 19 /05 /mai /2006 10:20

Ca date un peu (premier album en 1979...), mais c'est un groupe que j'ai adoré et que j'écoute toujours avec plaisir : Adam and the Ants. Quoi, ça ne vous dit rien ? Mais où étiez-vous donc dans les années 80 ? Issu de la mouvance punk à l'origine, c'est un groupe qui a fait partie de ce mouvement anglais qu'on a appelé "new wave", vous savez, genre look délirant et musique inclassable. Le délire d'Adam and the Ants se situait entre le XVIIIe s. et un goût prononcé pour les Amérindiens, assumant sa filiation punk (Adam a fréquenté les grands de la scène punk à la fin des 70's : Sid Vicious, Siouxsie, ça vous dit ?) mais la modérant avec des accents pop. Et le Adam en question n'était pas vilain du tout, ce qui bien entendu ne gachait rien.

 Avec un bandit pareil, j'aimerais bien être la marquise dans le carrosse, voyez-vous...

"Stand and Deliver", une de mes chansons favorites, de l'album "Prince Charming" (1981), allie une rythmique très post-punk avec des choeurs à la Clash, un aspect western kitsch, des cris amérindiens, et la voix très particulière d'Adam, le tout avec un accent très pop anglaise ; à découvrir si vous ne connaissez pas, ça vous surprendra.

L'album "Prince charming"...

 

Dans "Beat my guest", très agréable pop anglaise, on retrouve ce côté new wave très marqué post-punk teinté de la touche amérindienne qui fait la particularité du groupe. En réécoutant, je me rends compte de la parenté avec les Clash, qui ne m'était jamais apparue aussi évidente.

 Adam joliment maquillé...

Mais celle que je préfère, et qui est vraiment caractéristique du style si particulier d'Adam and the Ants, est sans conteste "Kings of the Wild Frontier" ; tous les ingrédients y sont. Ah, ça fait toujours autant de bien à écouter ! Sur l'album du même nom (1980), on trouve aussi "Dog eat Dog", "Ant Music", "Human Beings" , "Making History"... Tout l'album est ex-cel-lent !

 L'album "Kings of the Wild Frontier".

Pour les (re-)découvrir, je vous conseille ce site très très bien fait et complet.

 

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7 mai 2006 7 07 /05 /mai /2006 13:38

J'adore Zazie, personnage atypique de la scène française. Pas seulement parce qu'elle a écrit des chansons "gay friendly", je vous rassure. Miss de Truchis de Varennes (c'est son vrai nom, pour ceux qui ne le sauraient pas) un est un personnage simple, authentique, symapthique, une aristo fantasque comme je les aime ; et elle a un vrai talent original. Elle écrit des textes excellents, qui savent jouer avec les mots de la langue française et donner des émotions, sur des musiques variées et agréables.

Parmi mes chansons favorites : "Rue de la Paix" qui reste excellente bien qu'on l'ait beaucoup entendue, "On éteint" qui livre une souffrance pudique, "Adam et Yves" bien entendu, "Sur toi",  la mélancolique et bien sentie "Qui m'aime me fuit", la très touchante "Si j'étais moi", l'excellent duo avec Axel Bauer "A ma place", la superbe "Toc toc toc" (moi aussi j'aimerais bien qu'il arrive, le loup, et lui ouvrir ma porte...)... et bien d'autres.

Les paroles de cette chanson que je trouve magnifique  :

Si j'étais moi

"Si j'étais moi

Ni la montagne à gravir

Au bord du vide , la neige à venir

Ne me feraient peur

Si j'étais moi

Ni les pages à écrire

Ni de trouver les mots pour le dire

Ne me feraient peur

Mais je me lâche la main

Je m'éloigne de moi

Je me retrouve au matin

Sur la mauvaise voie

Quand on se perd en chemin

Comment venir à bout

De ces efforts inhumains

Qui nous mènent à nous

Si j'étais moi

Ni la femme que je suis

Ni même l'homme qui dort dans mon lit

Ne me feraient peur

Si j'étais moi

Ni les démons que je cache

Les idées noires, les flammes que je crache

Ne me feraient peur

Mais je me lâche la main

Je m'éloigne de moi

Je me retrouve au matin

Sur la mauvaise voie

Quand on se perd en chemin

Comment venir à bout

De ces efforts inhumains

Qui nous mènent à nous

Si j'étais moi

Tout ce que j'ai sur le coeur

Ce que je fais de pire et de meilleur

Ne me feraient peur

Si j'étais moi

Ce que je fais de pire et de meilleur

Ferait mon bonheur "

 

Beau texte, non ? Beau et émouvant... Une autre Zazie que celle que montrent habituellement les média, plus sensible, plus intimiste.

 

Et son père, monsieur de Truchis, est un homme étonnant que j'ai eu l'occasion de rencontrer, personnage atypique lui aussi, artiste, cultivé... mais là, on entre dans le privé...

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Temple d'Hathor - Musique
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4 mai 2006 4 04 /05 /mai /2006 15:51

Nous avons beaucoup parlé de musique orientale, mais j'ai également une véritable passion pour la musique médiévale. Je vous recommande pour commencer ce CD, qui est très accessible même pour un néophyte en la matière.

 

 

Chansons des Rois et des Princes du Moyen Age, Ensemble Perceval (Katia Caré, Emmanuelle Huret, Alain Serve : voix ; direction : Guy Robert), Arion, 1987.

 

 

 

 

 

 

 

Le CD commence avec 4 chansons de Thibaut IV comte de Champagne et roi de Navarre (1201-1253) ; Thibaut, qui a laissé environ 80 chansons, compte parmi les trouvères les plus talentueux de son temps, explorant tous les styles. La première, "J'aloie l'autrier errant", est une pastourelle dans laquelle Thibaut tente de séduire une bergère rétive ; chantée à deux voix, la bergère répondant à Thibaut. La seconde, "Du tres douz non a la Virge Marie", est un chant de dévotion mariale qui joue sur les lettres composant le prénom "Maria" ; chantée à une seule voix féminine, tout l'art subtil du chant médiéval, d'une grande beauté. "Dame, merci" est un jeu parti entre Thibaut et une dame, sorte de joute verbale donnant un chant à deux voix très agréable ; cet art des joutes poétiques chantées connaîtra un grand succès dans les cours princières. Enfin, "Seigneur, sachiez qui ore ne s'en ira" est un chant de croisade composé par Thibaut à l'occasion de la 5e croisade ; elle tranche par son ton martial et est plus rythmée que les précédentes. Texte en langue d'oïl.

Le voyage se poursuit avec 3 chansons d'Alfonso X el Sabio, roi de Castille et du Léon (1223-1284). Toutes trois sont tirées des célèbres "Cantigas de Santa Maria", qui regroupent environ 400 chansons et constituent l'un des chefs d'oeuvres du chant médiéval ; elles sont composées selon la forme populaire de la chanson à refrain et écrites en galicien, langue proche du portugais actuel et langue poétique de la cour. Le thème est celui de petites histoires sur les miracles de la Vierge. Alfonso est un grand humaniste, passionné de sciences et d'art, qui reçoit à sa cour des artistes de toutes confessions : troubadours, mais aussi musiciens juifs, arabes et berbères. "Null'ome per ren non deve" (Cantigas n°361) est une pure merveille, chantée à une voix féminine, qui raconte les miracles d'une statue de la Vierge offerte par le grand-père d'Alfonso aux religieuses de Burgos ; le rythme d'abord lent s'accélère peu à peu pour finir en musique festive. "Virgen Santa Maria" (Cantigas n°47), chantée à deux voix (masculine et féminine), est marquée du point de vue musical par une nette influence arabe, un vrai régal (c'est l'une de mes préférées) ; elle raconte l'histoire d'un moine qui avait trop bu dans la cave et que la Vierge sauve du démon apparu sous la forme d'un taureau. Enfin, "Como poden per sas culpas" (Cantigas n°166), magnifique et très rythmée, à deux voix (masculine et féminine), un très beau morceau ; elle raconte comment un homme paralysé à cause de ses péchés obtient sa guérison de la Vierge. Evidemment, j'ai une affection particulière pour les "Cantigas", puisqu'ils relèvent de cette culture méditerranénne ancienne à laquelle je suis attaché.

Ensuite, 1 chanson de Charles d'Anjou, roi de Naples et des Deux-Siciles, comte de Provence (1226-1285), frère de St Louis, grand protecteur des arts qui fit de son royaume de Naples et de la Provence des centres artistiques de premier plan ; il fit réaliser le "Chansonnier du Roi", l'un des plus importants manuscrits de chansons de cette époque ; il fut plutôt un mécène qu'un poète ou compositeur, mais il a laissé néanmoins quelques chansons. "La plus noble emprise qui soit" est un lai dans lequel Charles s'adresse à sa bien-aimée, la priant d'accepter son amour. Un très beau morceau chanté à une seule voix masculine, lent et doux, où la voix tient le premier plan. Texte en langue d'oïl (Charles est un prince français, il ne parle pas le provençal).

Puis 1 chanson de Guillaume VII de Poitiers, duc d'Aquitaine (1071-1127), qui est la plus ancienne de toutes celles présentées ici. Guillaume est un très puissant seigneur, grand-père de la célèbre Aliénor d'Aquitaine et grand troubadour. "Pos de chantar" est un "planh", ou "plainte" écrite à l'occasion d'un pélerinage à St Jacques de Compostelle. Chanté ici à une voix féminine, c'est une merveille de chant médiéval de culture d'oc, tout en subtilités et lenteur qui expriment les sentiments. Texte en langue d'oc.

Vient tout de suite après l'une de mes favorites, 1 chanson de Conon  de Béthune, régent de l'Empire (mort vers 1220). Fils de Robert V comte de Béthune, apparenté aux maisons de Hainaut et de Flandre, il est le protégé du comte Baudouin de Flandre ; quand celui-ci est élu à la tête de l'empire latin de Constantinople, Conon devient sénéchal, puis régent de l'empire. Il fait partie des plus grands trouvères, avec des chansons souvent caustiques ou humoristiques, parfois emprunte de misogynie. "L'autrier avint en cel autre païs" est à nouveau un débat, une joute verbale entre un chevalier et sa dame, sur un ton très humoristique ; un grand plaisir, avec une musique très agréable et rythmée. Texte en langue d'oïl.

La dernière est 1 chanson de Richard Ier Coeur de Lion, roi d'Angleterre (1157-1199). Souvent chanté par les troubadours, on ne peut lui attribuer que deux chansons, dont celle-ci qui a conservé sa mélodie. Elle a pour thème un appel pour payer la rançon du roi, qui est retenu prisonnier par le duc d'Autriche au retour de la 3e croisade. "Ja nul hons pris ne dira sa raison", dite aussi "Rotrouenge du captif", est une rotrouenge, très belle chanson douce à une voix masculine que l'instrument ne fait que soutenir. Belle et émouvante, cette chanson dans laquelle le roi reproche à ses proches et barons de tarder à payer sa rançon. Texte en langue d'oïl.

 

Le livret présente les auteurs et donne les textes des chansons, rapidement traduits en trois langues (français contemporain, anglais et allemand). Cela permet d'apprécier aussi les paroles, même quant on ne comprend pas le français médiéval ou le galicien. Ce CD est un bon moyen de faire connaissance avec le chant médiéval.

Enfin, les instruments sont limités : flûtes à bec médiévales, luth oriental (ûd), percussions (tambour, tambourin), vièle à arc, luth médiéval, guitare sarrasine, orgue portatif et haubois à capsule.

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30 avril 2006 7 30 /04 /avril /2006 08:42

Avoir les paroles des chansons qu'on aime bien, c'est parfois utile, voir révélateur. Aujourd'hui, je vous propose celles de "Sabri Aleel", un des grands succès de la chanteuse égyptienne Shereen.

 Une chanson d'amour, bien sûr, d'amour enflammé même : la passion version égyptienne. Bon, vous me direz : c'est de l'arabe, oui et de l'arabe dialectal égyptien du Caire en plus... Comment ça vous ne comprenez pas ?!  Mafeesh mushkela, pas de problème : la traduction sera bientôt disponible.

 

 

 

Sabri Aleel

 

Ana lagayya ullak irgâ', ismâ a'alashân ana sabri aleel.

Kulli marah tiHrab. Arraib a'ala eih. Inta imsaHarni illeil.

Akhadt minni ruHi, a'omri, a'akli iw sayibni bi âlbi a'aleel.

Inta lihobbak, inta imghalibni, ima'alâni iw imwarrini ilweil.

 

Ana lagayya ullak irgâ', ismâ a'alashân ana sabri aleel.

Kulli marah tiHrab. Arraib a'ala eih. Inta imsaHarni illeil.

Akhadt minni ruHi, a'omri, a'akli iw sayibni bi âlbi a'aleel.

Inta lihobbak, inta imghalibni, ima'alâni iw imwarrini ilweil.

 

A'ala addi ma bis-Har leilak, a'ala addi ma bitsibni ibnâr.

Ibtirmini bi asr a'oyunak wi itsibni bi wasti iltayyâr.

Nirgâ' âlbi yighanilak wi yigilak a'alashan tikhtâr winta wala inta hina.

Ana kont badub bigharâmak wi kallâmak wi salâmak. Yâh !

Yâ habeeb a'omri illi ramâni wala dawâni wala nadâni wala.

Ana mosh ha itâllem tâni, istanâni, ana tâ'bân, aah !

Dhayât a'omri ana.

 

Ana lagayya ullak irgâ', ismâ a'alashân ana sabri aleel.

Kulli marah tiHrab. Arraib a'ala eih. Inta imsaHarni illeil.

Akhadt minni ruHi, a'omri, a'akli iw sayibni bi âlbi a'aleel.

Inta lihobbak, inta imghalibni, ima'alâni iw imwarrini ilweil.

 

Ana fi boa'adak yâ habeebi ana, khallas ditmua' ila'ein.

Ana mosh a'arfah inta naseeni iw gariHni iw sâyibni lameen.

Bit-Hin a'alayya thawâni iw tinsâni yâ habeebi isneen. Iw mafeesh ma beynna lu-âa.

Awal akhirtna it-Hammal biHawak tinsâni wi tikhdâ'ni.

Wala marra habeebi tha'ibt a'aleik, winta bithâsa wi bitzogheil.

Kam marra iHtigt ana leik. Ana habeit, iwla-eitak wala ibtismâ'ni. IrHam domooa'i ana.

 

Ana lagayya ullak irgâ', ismâ a'alashân ana sabri aleel.

Kulli marah tiHrab. Arraib a'ala eih. Inta imsaHarni illeil.

Akhadt minni ruHi, a'omri, a'akli iw sayibni bi âlbi a'aleel.

Inta lihobbak, inta imghalibni, ima'alâni iw imwarrini ilweil.

 

La traduction arrive, promis, elle est en cours de vérification...

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27 avril 2006 4 27 /04 /avril /2006 17:54

Après Shereen, un chanteur, et non des moindres. Amr Diab est sans doute l'une des plus grandes stars égyptiennes de la chanson et vraisemblablement le chanteur égyptien le plus connu en Occident. Sa discographie est impressionnante, avec un mélange assez réussi de traditions orientales et d'influences occidentales, le tout servi par une voix unique. Physiquement, la maturité va très bien, si on compare les couvertures des vieux albums et les plus récents...

 

 

De son vrai nom Amr Abd-al-Baset Abd-al-Aziz Diab, il est né en 1961 à Port-Saïd, en Egypte. Il commence le chant très jeune, est remarqué dès l'âge de 6 ans et fait des études musicales au Caire. Il rencontre dès le premier album un succès qui ne s'est jamais démenti depuis.

 

Sa discographie est comme je le disais très riche, avec de nombreux albums : le premier en 1983, "Ya Taree" ; "Ghanny Men Albak" (1984), "Hala Hala" (1986), "Khalseen" (1987), "Mayyal" (1988), "Shawa'na" (1989), "Matkhafesh" (1990), "Habibi" (1991), "Ayyamna" (1992), "Ya Omrena" (1993), "Weylomony" (1994), "Rag'een" (1995), "Nour El Ein" (1996) (album qui connaît un succès mondial et contribue à sa renommée internationale), "Awedony" (1998), "Amarain" (1999), "Tamally Ma'ak" (2000), "AKtar Wahed" (2001),  "Allem Alby" (2003), "Leily Nehary" (2004), "Kammel Kalamak" (2005).

 Quelques couvertures choisies :

  Le tout premier album, "Ya Taree" (1983)...

Le second, "Ghanny Men Albak" (1984)...

"Nour el-Ayn", l'album de la consécration internationale (1996)...

La chanson "Nour el-Ayn" inaugure le mélange de musique gitane hispanique et de musique orientale qui aura tant de succès dans les années 1990. On oublie souvent que le titre est d'Amr depuis la reprise d'Alabina avec les Gypsy King.

L'album "Amarein" (1999)...

Le titre "Amarein" propose un mélange de musique hispanique (aux accents cubains dans l'intro et gitans dans la chanson) et orientale ; rythmée et agréable. Le morceau " 'Alby", en duo avec Khaled et Cheb Mami, deux chanteurs algériens bien connus en France, expérimente la rencontre avec le raï.

Mais j'ai choisi de vous parler surtout du dernier album, "Kammel Kalamak". Le premier morceau, qui donne son nom à l'album, reprend la rencontre entre musique orientale et hispanique, avec des accents de guitare électrique et une orchestration atypique ; agréable. "We Maloh" s'inscrit plutôt dans le genre très prisé des chansons douces orientales actuelles, mais avec une nette influence occidentale (piano de l'intro, rythmique, guitare). "We hitayak aih" revient à la musique caractéristique du Proche-Orient, en y ajoutant un léger accent occidental ; excellent. "Aiam we Ben3eshha" est un mélange oriental, occidental et latino-américain ; le tout est intéressant. "Allah La Yehremny Minnak" est plus de la dance orientale, où les accents occidentaux et latino-américains se font plus discrets, plus subtils ; une très bonne chanson. "Oddam Eyounak" est plus franchement marqué par l'influence hispanique et latino, j'avoue moins adhérer. Avec "Aywa Ana 3Aref", c'est une ambiance que je qualifierais de "piano-bar latino à chanteur égyptien" ; là j'avoue ne pas adhérer du tout du tout...  L'album se termine sur "Betkhaby Leh", une ambiance plus "variété internationale" qui assume ses accents orientaux, assez réussi. Dans l'ensemble, c'est un bon album, qui caractérise bien cette particularité d'Amr Diab d'aller explorer des rencontres avec différents genres musicaux d'horizons variés, et un registre se plaçant plutôt dans la douceur  ; on y sent plus de maturité.

Vous l'aurez compris, je ne suis pas un inconditionnel d' Amr Diab, auquel je préfère des artistes au style moins influencé par la variété occidentale. Question de goût. Mais j'aime néanmoins certaines chansons et j'apprécie la voix du chanteur.  Le seul vrai reproche : le danger d'un formatage destiné à toucher les marchés occidentaux.

Enfin, un lien vers le site-officiel d'Amr Diab.

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Temple d'Hathor - Musique
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