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  • : Ankh-Neferkheperou-Rê
  • Ankh-Neferkheperou-Rê
  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Papyrus éphémère

 

 

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Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 15:07

« Les femmes galantes, plus amyes de leurs intérests et plus spéculatives, laissant le bon Dieu à part, m’appeloient hérétique, non en fait de religion, mais en fait d’amour. »

(Charles Coypeau d'Assoucy, Aventures burlesques de Dassoucy)

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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 14:00

La bastide de Montauban, à Ollioules, datant des environs de 1622, nichée dans son écrin de verdure et tournée vers la rade de Toulon...

Je souhaitais partager avec vous ce passage d'un livre dont nous reparlerons à l'occasion et qui a pour sujet la vie de la marquise de Brinvilliers, rendue célèbre par la sinistre « affaire des Poisons » sous Louis XIV. Nous reparlerons aussi dans notre Gynécée de l'Histoire de ce personnage étonnant de Mme de Brinvilliers... La scène se passe en Provence durant l'enfance de la marquise, qui n'est encore que Marie-Madeleine d'Aubray... L'évocation d'une bastide provençale du XVIIe s. m'a semblé particulièrement réussie. La Provence, une bastide, le XVIIe siècle, un personnage féminin sulfureux, voilà qui ne pouvait que me ravir, vous vous en doutez... J'espère que cet extrait vous plaira aussi.


« En Provence, été 1637


La campagne était déjà rousse. Au-delà des murs du jardin, l'ocre, le gris bleuté succédaient aux verts sombres, aux feuilles argentées et aux taches vives des massifs groupés autour de la bastide. Accroupie au pied du mur du potager, là où le soleil chauffait le plus fort, le menton posé sur ses genoux repliés, la petite fille rêvait lorsque la voix de sa nourrice la fit sursauter. D'instinct, elle se leva et essuya son visage avec un coin de son tablier.

- Marie-Madeleine, appelait la voix.

La petite fille, le dos appuyé au mur, posa son regard sur les arbres fruitiers, les roses grimpantes et l'alignement des plantes potagères, les racines inertes, indifférentes, qu'elle dédaignait. Puis relevant sa robe des deux mains pour ne pas l'accrocher aux mûriers noirs, elle s'avança vers la porte du potager.

- Encore à regarder les légumes ! Faut-il que vous les aimiez pour les contempler ainsi.

La voix était forte, gentille cependant, avec un accent chantant qui plaisait à la petite fille et qu'elle aurait voulu avoir elle aussi, en dépit de l'interdiction de ses parents. »


(Catherine HERMARY-VIEILLE, La Marquise des Ombres ou la vie de Marie-Madeleine d'Aubray, marquise de Brinvilliers, éd. Orban, Paris, 1983)

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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 19:05

Khety, fils de Douaouf, dit à son fils Pépi :

"Vois-tu, rien ne surpasse les livres ;

c'est comme un bateau sur l'eau."

"Je voudrais faire en sorte que tu aimes les livres plus que ta mère, et je voudrais que leur beauté pénètre ton visage."

(Enseignement de Doua Khety, vers 2100 av. notre ère)

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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 08:33

"Une parole a plus de force que toute arme.

On ne peut esquiver l'intervention de quelqu'un à l'esprit habile."

(Enseignement pour Mérykarê, 32 - époque inconnue, copies de la XVIIIe dynastie)

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18 août 2006 5 18 /08 /août /2006 02:40

Voici  un savoureux et cruel sonnet satyrique de Charles Thimoléon de Sigogne (1560-1611), auteur aujourd'hui méconnu du grand public dont les oeuvres restèrent longtemps enfermées dans les "enfers" des bibliothèques bien sages. C'est pourtant un auteur vigoureux, qui témoigne de la verve et du franc-parler de son époque, de cette extraordinaire liberté de propos des poètes satyriques du début du XVIIe s. J'ignore à quelle dame s'adresse ce sonnet, mais je doute qu'elle dut apprécier la plaisanterie... En tout cas, ça sent la vengeance amoureuse, ou l'amant éconduit... A vous d'en juger !

Sonnet

 

Votre teste ressemble au marmouset1 d'un cistre2,
Vos yeux au point d'un dé ; vos doigts un chalumeau 3  ;
Votre teint diapré l'écorce d'un ormeau ;
Votre peau le revers d'un antique registre.



Votre gorge pendante un bissac d'un bélistre 4  ;
Votre vieil embonpoint à celui d'un rameau ;
Votre longue encolure à celle d'un chameau ;
Votre bras à du plomb qui soutient une vitre ;



Vous passez soixante ans, faux fourreau de hautbois ;
Vous avez vu régner neuf papes et cinq rois,
Et vous êtes encor' vestue à la moderne !



Troussez votre paquet 5 , vieille, c'est trop vécu :
On vous fera servir à Paris de lanterne,
Si vous pouvez souffrir un flambeau dans le cul !


1- Marmouset : figure grotesque servant d'ornement.

2- Cistre : instrument à cordes métalliques.

3- Chalumeau : flûte champêtre, flûte de Pan.

4- Bissac d'un belistre : sac d'un mendiant.

5- Trousser son paquet : faire ses bagages ; (fig.) se préparer à mourir.

 

Charles Timoléon de Beauxoncles, sieur de Sigogne, est né vers 1560 à Dieppe, dont son père était gouverneur. Après avoir participé aux guerres de religion aux côtés de la Ligue, il se rallia finalement à Henri IV. Vers 1593, il devient gouverneur de Châteaudun. Ami, et amant, d'Henriette d'Entragues, favorite du roi, il peut ainsi entrer dans l'entourage d'Henri IV, dont il fut l'un des poètes favoris. Le roi le fit d'ailleurs pour cette raison vice-amiral de Normandie. Gouverneur de Dieppe en 1603, comme son père avant lui, il servit d'intermédiaire entre Henri IV et Mme d'Entragues. Lorsque le roi découvrit la nature de ses relations avec la belle, il subit la disgrâce et se retira à Dieppe. Recevant le pardon royal en même temps que Mme d'Entragues, il ne put revenir dans l'entourage d'Henri IV, le roi ayant rompu avec sa maîtresse. Il mourut à Dieppe en 1611. Sigogne est un des grands poètes satyriques du début du XVIIe s. Ses pièces paraissent pour la première fois dans les Muses gaillardes de 1609.

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18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 17:25

"Souviens-toi d'ailleurs, pour tout motif de chagrin, d'user de ce dogme : ceci n'est pas une malchance, c'est une chance de le supporter avec courage."

 

(Marc Aurèle, Pensées, IV-49)

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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 14:08

"Il faut brûler d'une flamme légère,

Vive, brillante et toujours passagère,

Etre inconstante aussi longtemps qu'on peut,

Car un temps vient que ne l'est pas qui veut."

 

(à Ninon de Lenclos, 1655)

 

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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 13:50

" Il n'y a point de feu si ardent dans lequel je ne me brûle pour l'amour de vous, ni de mer si profonde ni si salée dans laquelle je ne me noie avec beaucoup plus de joie que n'en aura le chevalier de Gramont s'il fout Marion à son voyage."

(lettre de Gaspard de Coligny-Châtillon, dit d'Andelot,

à son amant le duc d'Enghien, le futur Grand Condé,

dont il était "le grand mignon", 3 août 1646)

 

 

Un vaudeviliste se moque d'ailleurs en ces termes à l'époque de la liaison entre d'Andelot et Ninon de Lenclos, la grande courtisane :

"D'Andelot n'écrit plus de poulets*

Mais il fout ses valets

Et jure que jamais le con

De sa jolie maîtresse

Ne lui semblera si beau

Comme les fesses

De ces jolis garçons."

 

* poulet = billet galant

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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 11:42

"Pregaren Diou, nouestre bon paire,

Que, per sa graci, vueille faire

Vous preservar de mau su mau,

De mourduro de chivau,

De caussigaduro de niero

Et deys favours de la Ribiero."

 

(Traduction : "Prions Dieu, notre bon père, / De vouloir bien, par sa grâce, / Vous préserver de tous les maux, / Des morsures de chevaux, / Des piqûres de puces / Et des faveurs de la Ribière." )

 

(Claude BRUEYS, poète marseillais)

(fin XVIe - début XVIIe s. )

 

Voici, avec ces quelques vers de Brueys, un bon exemple de l'humour provençal, lequel d'ailleurs perd beaucoup en saveur à la traduction, puisque certains aspects imagés ne peuvent être rendus en français. "La ribiero", en provençal, signifie "la rivière" ; mais ici, il s'agit d'un jeu de mots : Brueys fait référence à une demoiselle Ribier (l'usage provençal veut qu'on féminise les noms propres pour les femmes : ainsi, le nom de famille Bernard, par exemple, devient "Bernarde" pour une femme, ou Ribier devient "Ribière" ), qui fut au début du XVIIe s. une célèbre libertine marseillaise. Or il semble que la demoiselle, qui était dit-on fort belle, transmettait à ses amants quelque maladie "honteuse"... d'où le trait d'humour de Brueys !

Un petit mot sur la langue de ces vers. Il s'agit de vers en dialecte marseillais du début du XVIIe s. Il surprendra sûrement les Provençaux d'aujourd'hui, car il diffère de ce qu'est devenue notre langue après la réforme des Félibres. On remarque en particulier la vieille terminaison des verbes à l'infinitif en -ar, héritée du latin -are, ainsi que la présence du -s au pluriel, qui se prononçait (en provençal, toutes les lettres se prononcent)  ; en provençal moderne, le -r de l'infinitif a disparu ( "preservar" est devenu "preserva" ), ainsi que le -s au pluriel ( "deys favours" est devenu "dei favour" ).

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23 mai 2006 2 23 /05 /mai /2006 21:58

"La coupole se dressait au-dessus des deux hautes rangées d'arbres qui bordaient la rue, tel un dieu adulé de ses prêtres à genoux, en cet instant de l'après-midi où le ciel est d'une limpide clarté, ourlant çà et là ses vastes étendues de fins nuages, et où un air glacial se rue dans les arbres dont le feuillage renvoie la plainte et le sanglot."

(Naguib Mahfouz, Al-Qahira al-Jadida (La Belle du Caire), 1945)

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