Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
La bastide de Montauban, à Ollioules, datant des environs de 1622, nichée dans son écrin de verdure et tournée vers la rade de Toulon...

Je souhaitais partager avec vous ce passage d'un livre dont nous reparlerons à l'occasion et qui a pour sujet la vie de la marquise de Brinvilliers, rendue célèbre par la sinistre « affaire des Poisons » sous Louis XIV. Nous reparlerons aussi dans notre Gynécée de l'Histoire de ce personnage étonnant de Mme de Brinvilliers... La scène se passe en Provence durant l'enfance de la marquise, qui n'est encore que Marie-Madeleine d'Aubray... L'évocation d'une bastide provençale du XVIIe s. m'a semblé particulièrement réussie. La Provence, une bastide, le XVIIe siècle, un personnage féminin sulfureux, voilà qui ne pouvait que me ravir, vous vous en doutez... J'espère que cet extrait vous plaira aussi.
« En Provence, été 1637
La campagne était déjà rousse. Au-delà des murs du jardin, l'ocre, le gris bleuté succédaient aux verts sombres, aux feuilles argentées et aux taches vives des massifs groupés autour de la bastide. Accroupie au pied du mur du potager, là où le soleil chauffait le plus fort, le menton posé sur ses genoux repliés, la petite fille rêvait lorsque la voix de sa nourrice la fit sursauter. D'instinct, elle se leva et essuya son visage avec un coin de son tablier.
- Marie-Madeleine, appelait la voix.
La petite fille, le dos appuyé au mur, posa son regard sur les arbres fruitiers, les roses grimpantes et l'alignement des plantes potagères, les racines inertes, indifférentes, qu'elle dédaignait. Puis relevant sa robe des deux mains pour ne pas l'accrocher aux mûriers noirs, elle s'avança vers la porte du potager.
- Encore à regarder les légumes ! Faut-il que vous les aimiez pour les contempler ainsi.
La voix était forte, gentille cependant, avec un accent chantant qui plaisait à la petite fille et qu'elle aurait voulu avoir elle aussi, en dépit de l'interdiction de ses parents. »
(Catherine HERMARY-VIEILLE, La Marquise des Ombres ou la vie de Marie-Madeleine d'Aubray, marquise de Brinvilliers, éd. Orban, Paris, 1983)
