Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
Aujourd'hui, un peintre allemand peu connu en France : Caspar David Friedrich (1774-1840). Il est sans contexte l'un des grands maîtres du romantisme allemand en matière picturale, sinon LE grand maître ; il connut les plus grands artistes romantiques allemands de sont temps, écrivains ou peintres. Ses toiles sont des univers qui invitent au rêve, au voyage intérieur, à la réflexion et à la contemplation ; elles saisissent des instants dans leur fragilité, proposent des paysages sous un angle qui invite à considérer la nature avec un autre regard, inspirent tantôt la mélancolie, tantôt le rêve apaisé, ou parfois encore l'étonnement ou même l'inquiétude. Le thème de la solitude est fréquent dans son oeuvre, ainsi que celui de la petitesse de l'homme face à la nature et au temps. La réflexion sur la mort, le goût expressif et mélancolique des ruines appartiennent également aux éléments caractéristiques du romantisme dans son oeuvre. Dans la tradition germanique, Friedrich a été fasciné par la lumière ; chez lui, ce sont les lumières douces, intimes, timides des levers ou couchers de soleil, des froides journées d'hiver aux brumes mystérieuses. Car il est parallèlement fasciné par les nuages et surtout les brumes, qui noient certains de ses paysages avec un talent qui n'appartient qu'à lui. Il a également un sens très particulier de la couleur, qui devient expression de l'émotion. Si vous ne connaissez pas cet artiste, je vous invite à le découvrir. Parmi toutes les oeuvres que j'aime de cet artiste, j'ai essayé de vous en sélectionner quelques-unes qui montrent les différents aspects de son oeuvre.

Mondaufgang am Meer (Lever de lune au bord de mer), 1822.
Tout l'art subtil de Friedrich, un résumé de ses thèmes favoris : des personnages anonymes car vus de dos, les rochers, la mer et les bateaux, la lumière d'un instant fugace, les nuages... Une toile dont émane une étrange sérénité mélancolique.

Der Morgen (Le Matin), 1820-1821.
L'art du paysage grandiose, noyé de cette brume irréelle, à la fois douce et inquiétante ; et l'homme, seul, minuscule dans cette immensité au point qu'on ne le voit pas tout de suite. Une des plus belles toiles de Friedrich, qui fait partie d'une série sur les différentes heures du jour.

Wanderer über dem Nebelmeer ( Promeneur au-dessus de la mer de brume), vers 1818.
Une des toiles les plus célèbres de Friedrich, une merveilleuse composition dans laquelle le peintre déploie toute la finesse de son talent. L'homme est au premier plan, mais il n'est pas le sujet principal tant il se fond dans la splendeur du paysage qui s'offre à lui.

Frau am Fenster (Femme à la fenêtre), 1822.
Là encore, une toile célèbre. Il y aurait beaucoup à dire sur ce tableau que j'aime particulièrement. Ici, l'horizon est fermé par la fenêtre ; on ne peut que deviner ce qu'observe la femme à sa fenêtre, le paysage est dérobé à nos yeux. Là encore, le sujet n'est pas l'humain ; c'est la fenêtre, et ce sur quoi elle ouvre. Une toile au symbolisme fort.

Das Eismeer (La Mer de glace), 1823-1824.
Sous-titrée "Die gescheiterte "Hoffnung" " (Le Naufrage de l' "Espoir") en raison du bateau échoué que l'on aperçoit à droite, c'est sans doute la toile la plus connue et la plus originale de Friedrich. La glace brisée forme une architecture inquiétante, hostile, qui est proche du minéral. Le navire, qui apporte la dimension humaine, est là encore secondaire, estompé.

Abtei im Eichwald (Abbaye dans la forêt de chênes), 1809-1810.
Un autre aspect de l'oeuvre de Friedrich : la représentation des ruines. Ici, les ruines d'une abbaye gothique, entourée de pierres tombales et surtout cernée par de grands chênes décharnés. Friedrich propose dans ce type de toile une réflexion sur la mort et le temps. Là encore, il y aurait beaucoup à dire.

Auf dem Segler (A bord du Voilier), 1818-1819.
Enfin, le thème du bateau, comme un ailleurs possible, toujours dans cette lumière fragile. Ici, un couple qui se tient la main regarde une ville que l'on devine au loin. Une composition d'une grande qualité, qui ménage des plans successifs jusqu'au plus subtil.
J'espère que ces quelques exemples vous auront donné envie de (re-)découvrir l'oeuvre de ce grand peintre romantique. Vous retrouverez ces images en plus grand format dans l'album "Art".
NB : ce n'est ni un hasard, ni de la provocation si j'ai choisi de vous présenter un artiste allemand juste après avoir parlé de nazisme et de déportation. C'est une façon aussi de rappeler que l'Allemagne, pays que j'aime et où est une partie de mon coeur, ne se réduit pas à cette période et à l'image qu'on en donne en général. Elle a donné à la civilisation européenne de grands artistes, dont Friedrich fait partie...