Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
Benoît XVI, pape très contesté dès son élection et qui promettait d'avoir des positions pires encore que celles de son prédécesseur, fait parler de lui. Lors d'un discours à l'université de Ratisbonne, en Allemagne, il a cité le texte d'un empereur byzantin du XIVe s., qui s'entretenait alors avec un lettré musulman, pour évoquer le rapport entre raison et violence dans la religion musulmane dans des termes qui ont choqué nombre de musulmans.
Parmi les passages que le pape a cités, en voici un que je vous livre histoire que vous vous fassiez une idée du caractère déplacé d'une telle intervention : l'empereur dit à son interlocuteur musulman : "Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l'épée la foi qu'il prêchait." Et voici cet empereur chrétien du XIVe s., au lendemain des croisades, qui explique à un érudit persan que "Dieu n'aime pas le sang et agir de manière déraisonnable est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme et non du corps. Celui qui veut donc conduire quelqu'un vers la foi doit être capable de parler bien et de penser juste, et non de violence et de menace...", et le pape de renchérir en disant que diffuser la foi par la violence "est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme". Et prétend bien sûr voir là une différence entre christianisme et Islam.
On croit rêver ! Le chef de l'Eglise catholique donnant des leçons aux musulmans, en reprenant les propos d'un souverain médiéval, et en occultant bien entendu l'attitude que sa propre religion a eue pendant des siècles. En quoi les croisades étaient-elles différentes de la notion de "jihad" (encore faudrait-il qu'on s'accorde enfin sur la signification de ce terme de "jihad", qui sert souvent d'épouvantail pour effrayer les Occidentaux et faire passer les musulmans pour des "arriérés" ! ) ? Le pape a-t-il oublié les persécutions auxquelles l'Eglise s'est livrée pendant des siècles et qui n'ont cessé que quand elle a perdu son pouvoir politique ? A-t-il oublié les conversions forcées et autres persécutions infligées aux Juifs, puis aux protestants ? Le rôle de l'Eglise dans la violence de la conquête des empires coloniaux, comme en Amérique latine ? Est-ce bien à lui de venir donner des leçons avec un tel passé ? Surtout à une époque où un radicalisme chrétien, certes d'essence protestante, sert de prétexte à la nation la plus puissante du monde pour mener une politique de terreur et de négation du droit des peuples ! A une époque où ressurgissent dans les pays occidentaux des mouvements politiques extrémistes qui prônent un retour à un catholicisme raciste et intolérant !
Certes il y a actuellement un problème de violence liée à la religion dans le monde musulman. Mais chacun sait que pour ces mouvements extrémistes musulmans qu'on appelle islamistes, la religion n'est qu'un prétexte pour poursuivre des buts politiques. Ce n'est pas la religion musulmane qui est en cela en cause, seulement l'interprétation que certains en font au nom de leurs intentions politiques ; tout comme le christianisme a longtemps servi, et sert encore parfois, de prétexte à des visées politiques. Il faut être idiot pour ne pas comprendre cela.
Parmi les protestations qui se sont aussitôt élevées, les média retiennent évidemment en priorité celles des mouvements islamistes, histoire de jeter un peu plus d'huile sur le feu. Pourtant, des personnalités qui ne sauraient être soupçonnées de radicalisme religieux, se sont également montrées choquées.
Dans le contexte actuel, les propos du pape sont une provocation inutile, une bêtise sans nom ; j'y vois le même esprit stupide que les fameuses caricatures. Ne faut-il pas aussi y voir un message du pape aux chrétiens les plus radicaux ? L'Eglise ne tente-t-elle pas de profiter de la vague actuelle d'hostilité à l'Islam dans le monde occidental ? Le Vatican, qui bien entendu se trouve maintenant gêné aux entournures, ose prétendre que le pape souhaite "cultiver une attitude de respect et de dialogue envers les autres religions et cultures et évidemment également envers l'islam" ; qui va croire cela ? L'Eglise n'a jamais eu aucun respect pour les autres religions et les autres cultures, des missionnaires chrétiens continuent à exercer leur influence délétère sur des peuples qu'on cherche à convertir de façon plus sournoise que par le passé, déguisée sous des prétextes humanitaires. Jean Paul II avait déjà clairement exprimé dans un certain nombre d'écrits cet irrespect, en particulier contre le bouddhisme. Benoït XVI reprend le flambeau et semble vouloir aller plus loin encore...
Que l'Eglise catholique reste à la place qui est la sienne, qu'elle se préoccupe des derniers fidèles qu'il lui reste après des siècles d'abus en tous genres. Son incapacité à évoluer, à avoir une vision saine de son action passée et des manipulations qu'elle a exercé sur le message du Christ la privent de tout droit de donner des leçons à qui que ce soit. On n'attendait pas de Joseph Ratzinger , le vrai nom dudit Benoît, une attitude intelligente : voilà qui est confirmé !