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  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Notre Cité

3 mai 2006 3 03 /05 /mai /2006 22:00

La seconde position du retable consiste à ouvrir les deux panneaux du centre pour couvrir les volets droit et gauche ; la prédelle reste quant à elle fermée, comme dans la première position.

Le retable ouvert, dans la seconde position.

Sur le panneau central, la Nativité traitée de façon atypique.

 

Au centre se développe le thème de la Nativité, mais traité de façon particulière, dans une atmosphère inondée de lumière, aux tons doux, qui contraste avec la Crucifixion du premier volet. La Vierge à l'Enfant se tient à droite, souriante et conforme aux canons de l'école alsacienne. Assise sur un banc de pierre, dans un jardin, elle tient en un geste délicat l'Enfant qui est drapé dans un linge déchiré que nous connaissons déjà : c'est le pagne du Crucifié rencontré dans le premier tableau, qui annonce la Passion. A côté d'elle, des objets du quotidien évoquant la naissance et l'Incarnation dans sa réalité terrestre : un berceau, un baquet de bois pour le bain de l'enfant, un vase de nuit. Derrière elle, un paysage surmonté par Dieu le Père, inondé d'une lumière dorée, qui envoie sur terre des anges qui annoncent, sur la montagne, la nouvelle aux bergers. Un certain nombre de symboles évoquent en particulier les litanies de la Vierge : la porte close du jardin ("hortus conclusus"), la rose sans épines ("rosa mystica"), le vase de verre translucide ("vas honorabile"). Sur le côté gauche, un ange joue de la viole de gambe, vêtu d'une robe d'un rose tendre et inondé de lumière. Derrière lui, sous un baldaquin gothique tardif, sans doute une représentation de l'Incarnation et le concert des anges : accompagnée d'anges, la Vierge agenouillée, le visage illuminé d'une lumière étrange, est fécondée par l'Esprit représenté par des anges dorés.

 Le volet gauche ouvert : l'Annonciation.

Sur le volet de gauche, une Annonciation toute aussi particulière. La scène prend place dans une église gothique de type germanique. L'ange Gabriel, à droite, semble surgir, comme le montre le mouvement des plis de son vêtement ; ses pieds ne touchent pas le sol, il est un être surnaturel. La Vierge, qui était en train de lire, détourne la tête mais se soumet ; sur le livre ouvert devant elle, au centre de la scène, on peut lire la prophétie d'Isaïe : "une vierge sera enceinte, elle enfantera un fils et il sera appelé Emmanuel" ; Isaïe est d'ailleurs représenté en haut à gauche, dans un des compartiments de la voûte. Grünewald a donc choisi de représenter l'instant précis où la prophétie s'accomplit et où la Vierge est fécondée par l'Esprit Saint, figuré par la colombe qui vole au-dessus d'elle.

 L'extraordinaire Résurrection du volet droit ouvert.

Sur le volet de droite, la magnifique Résurrection qui est elle aussi tout à fait atypique et montre la grande maîtrise technique de Grünewald. Le peintre choisit de représenter le moment où le Christ ressuscité s'élance hors du Tombeau ; une partie du linceul est encore dans le sarcophage de pierre dont le couvercle a basculé sur le côté. Le Christ a revêtu le manteau rouge du triomphe sur la mort. Il montre les paumes de ses mains transpercées et son visage s'enveloppe d'une extraordinaire auréole de lumière qui utilise avec délicatesse un dégradé allant du jaune le plus éclatant au rouge. Plus qu'endormis, les soldats présents, vêtus de lourdes armures, semblent terrassés par cette vision surnaturelle. La scène se déroule dans un paysage aride de rochers et dans une obscurité qui rappelle la Crucifixion. Le visage du Christ est d'une remarquable sérénité, esquissant un léger sourire, et sa peau est presque translucide. Ce volet est sans conteste un véritable chef d'oeuvre dans lequel le peintre montre toute sa maîtrise de la couleur. 

 

Cet ensemble de la seconde position présente deux caractères qui font toute l'originalité de l'oeuvre : le choix de représenter des scènes religieuses de façon non traditionnelle, à des moments particuliers, et l'art subtil de la couleur et des jeux de lumière, qui font de Matthias Grünewald l'un des plus grands artistes de son temps.

Il nous reste à voir la troisième position, qui fait cohabiter la peinture de Grünewald et les sculptures de Nicolas de Haguenau.

 

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Temple de Ptah - Arts
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