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  • : Ankh-Neferkheperou-Rê
  • Ankh-Neferkheperou-Rê
  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Papyrus éphémère

 

 

Création et cadeau de Theti

 

 

 

Fouiller

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Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 16:52

Je voudrais vous raconter cet autre moment fort de notre voyage que fut notre rencontre avec Josiane au Caire. Comme pour Anne-Marie et Domi, ce sont des moments qui sont gravés à jamais dans mon coeur. Je connaissais moins Josiane avant de partir. J'avais découvert son  blog par l'intermédiaire d'Anne-Marie – toutes les deux sont amies et ont l'habitude de se retrouver régulièrement dans la capitale égyptienne... et de courir boutiques et soukhs ensemble ! Mais là encore, le courant est passé tout de suite, selon cette alchimie étrange qui fait qu'on a l'impression ne pas être tout à fait étrangers.

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Au-delà de Bâb Zuweyla, Josiane nous a entrouvert la porte d'un Caire hors des sentiers battus, cette ville telle que nous l'aimons elle et moi...

 

Nous nous sommes donnés rendez-vous près du Khân, où nous venions de faire quelques achats. Theti et moi nous étions attablés à la terrasse de l'un de ces cafés qui donnent sur la place, fumant paisiblement une shisha. Josiane est arrivée, armée de son appareil photo avec lequel elle nous donne sur son blog ces belles images du Caire. Un entrain et une humanité extraordinaires, ce que j'appelle la noblesse de l'âme qui fait qu'on se sent bien avec quelqu'un. Tout de suite, en effet, je me suis senti bien en sa compagnie et nous avons entamé la discussion, plaisantant sur les « suppositoires géants » placés devant la mosquée. Une marchande ambulante est arrivée quelque temps après, que Josiane connaissait et avec laquelle elle entama une discussion chaleureuse ; j'ai comme souvenir de ce moment des guirlandes de jasmin qu'elle vendait et que j'ai faites sécher...

 

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Tandis que nous étions passés dans les coulisses du caravansérail, nous avons eu la même réaction : le regard attiré par cette vieille maison endormie paisiblement dans l'entrelacs des ruelles du quartier...


Je ne vous raconterai pas là non plus cette rencontre dans tous ses détails ; il y a des choses qui ne se racontent tout simplement pas, poser des mots dessus est non seulement difficile, mais leur fait perdre de leur substance. Comme elle le fait virtuellement sur son blog, Josiane a partagé avec nous son Egypte, celle qu'elle aime et qu'elle arpente à la recherche de l'instant et de l'humain. Elle nous a entraînés avec enthousiasme et générosité dans cet autre Caire que le tourisme ne fait au mieux qu'effleurer ; je vous laisse imaginer si j'étais ravi, bien sûr, d'être ainsi introduit au-delà des apparences.

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Avec Josiane et Redha au restaurant, dégustant le fameux pigeon farci égyptien et la molokheyya...

Avec elle et son compagnon Redha, nous avons découvert des spécialités de la cuisine égyptienne dans un petit restaurant à mille lieues des endroits aseptisés pour touristes : molokheyya et pigeons farcis, un délice ! Le lendemain, ce fut un autre restaurant, dont honte à moi j'ai oublié le nom, au décor baroque, où nous avons mangé l'incontournable foul... Elle nous a fait découvrir le quartier de Bâb Zuweyla, avec son marché, et les coulisses de l'ancien caravansérail, avec ces petits ateliers dans lesquels travaillent les artisans, un moment inoubliable... Mais aussi le café Gropi, une merveille Art Déco. Je ne sais pas comment le formuler, mais ce qui m'a touché chez Josiane, c'est ce regard qui sait immédiatement se tourner vers l'humain, faire d'un instant de vie un moment magique ; c'est d'ailleurs, si vous les connaissez, le sentiment qui se dégage de ses photos. Et en prenant le dernier verre près d'el-Ghori, elle nous a offert à chacun un bracelet qui ne me quitte plus depuis, souvenir de ces moments d'exception, avec les pigeons voletant dans le ciel du Caire à la tombée de la nuit...

 

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L'un de ces petits artisans qui oeuvrent en coulisses, ici un sculpteur sur bois qui réalise des décors avec l'habileté d'un savoir plusieurs fois centenaire ; un moment à la fois beau et émouvant...

 

Merci, Josiane, yâ ukhtî, pour tous ces beaux moments que tu nous a offerts, pour ce regard que tu as partagé sur une ville qui n'en est que plus fascinante encore ! J'ai hâte d'être à la prochaine fois, insha'a l-llah, pour poursuivre cette rencontre avec Le Caire hors des sentiers battus qui te tient tant à coeur et pour lequel nous partageons cette affection sincère.

 

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 Josiane et Nefred, près d'el-Ghori, une belle amitié est née...

Les rencontres humaines, voilà ce qui aura, pour moi, le plus marqué ce voyage : que ce soit nos amies Anne-Marie, Domi et Josiane, et leurs compagnons, ou Mohamed, Ehab et Amro... Chacun, avec générosité et simplicité, nous a ouvert la porte d'une autre Egypte, au-delà du tourisme ; chacun, avec sa sensibilité, nous en a fait découvrir certaines des multiples facettes...

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Mon Egypte désormais, ce sont aussi ces visages amis...

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 12:05

Au terme de notre périple à travers les sites pharaoniques de Haute- et Moyenne-Egypte, nous avons traversé le somptueux désert Arabique pour aller passer quelques jours à Hurghada afin d'y retrouver notre amie Anne-Marie et notre agent de voyage préféré, sa fille Domi. C'est étrange, car nous n'avons pas un instant eu le sentiment que nous allions rencontrer des personnes que nous n'avions jamais vues ; c'était naturel, comme si nous nous connaissions déjà dans la « vraie vie ». La traversée du désert a donc été un moment d'émerveillement devant ces beautés rougeoyantes, mais aussi d'impatience de se retrouver...

L'hôtel à Hurghada où la rencontre tant attendue a eu lieu...


Il y a peu de photos de cette rencontre. Nous avions peu de temps, et la vraie vie a pris le pas sur la volonté de fixer ces instants. C'est dans le coeur qu'ils se sont inscrits, à leur place essentielle. Donc peu de photos pour illustrer cet article, vous voudrez bien nous le pardonner... Je ne vous raconterai pas tout dans le détail ; d'abord parce que ce serait trop long, et puis aussi parce que ces moments appartiennent à notre amitié, ils ont quelque chose d'intime qui ne se laisse pas enfermer dans la prison étroite des mots.

Le trio infernal des Talata's qui se retrouve enfin à Hurghada : c'est pas beau, ça ? Un moment inoubliable...

 


Anne-Marie nous attendait en compagnie de Domi, Sarah et Sherine dans le hall de notre hôtel. La nuit tombait sur la ville lorsque nous sommes arrivés et l'impatience était grandissante car l'hôtel Calimera était éloigné du centre ville... Plus qu'une rencontre, nous avons eu le sentiment étrange de retrouvailles, tombant dans les bras les uns des autres avec tout le naturel que crée une amitié sincère, même si elle est née par le biais d'un instrument virtuel. Tout de suite, nous nous sommes sentis à l'aise ensemble, il n'y a pas eu ces moments de silence gêné qu'on a parfois avec des gens qu'on rencontre pour la première fois. L'accueil fut chaleureux... et bavard ! Imaginez plutôt quatre pipelettes réunies ! Les filles, elles, étaient très calmes – elles sont adorables les petites filles d'Anne-Marie, comme leur maman et Anne-Marie elle-même, d'ailleurs.

Elle n'est pas royale, notre Anne-Marie : la classe absolue, ma chère Anne-Marie ! ; )


C'est une Anne-Marie telle que je l'imaginais, telle que je la connaissais à travers le net avec laquelle nous avons passé trois journées inoubliables. Chaleureuse, ouverte, aimant le contact humain, avec un humour extraordinaire et une générosité qui fait que le contact est direct, d'une facilité naturelle. Elle est rayonnante, notre Anne-Marie, avec ce beau visage radieux qui ne se départit pas de son sourire et ces yeux qui pétillent. Pleine de vie, enthousiaste. Elle nous a fait découvrir son Hurghada, les endroits où elle aime se rendre, mais aussi son chez elle ; c'était émouvant de découvrir l'endroit depuis lequel nous avions nos contacts, d'où elle nous parle en « annmari », ce dialecte étrange d'Hurghada fait d'un mélange de connexion internet à l'égyptienne et de clavier amriki. Nous avons aussi fait la connaissance de son mari Amr, un homme charmant et calme qui a dû prendre peur devant ces trois bavards réunis !

Chez Domi pour l'anniversaire de Sherine : Domi, c'est la jeune femme blonde à droite...


Domi, j'avais eu peu de contacts avec elle avant notre départ, mais avec elle aussi les choses se sont faites tout naturellement et nous avons d'emblée sympathisé. De sa mère, elle a hérité l'aisance et le contact facile, la générosité dans les rapports humains qui fait qu'on se sent à l'aise en sa compagnie. Elle est très jolie, mais, désolé messieurs, déjà mariée ! Nous avons fait la connaissance de sa petite famille, du petit frère des filles, de la nounou et du mari de Domi, et assisté à l'anniversaire de Sherine qui avait invité quelques amis pour l'occasion. C'est extraordinaire chez Domi : on passe du français à l'arabe et à l'anglais en un clin d'oeil, époustouflant. Et, tout comme les Talata's -le nom de guerre de notre trio infernal Annemarie-Theti-Nefred ! -, Domi est une bavarde avec laquelle nous avons bien discuté et ri.

Si si, on a réussi à lui faire fumer la shisha, même si elle y rechigne...


Une anecdote, quand même. Anne-Marie se défend de parler arabe, mais elle est trop modeste : elle parle masri, je l'ai entendu de mes propres oreilles ; avec un charmant accent français. Après avoir bu un verre ensemble et fumé la shisha, Anne-Marie nous raccompagne un soir vers notre « limousine » - je vous expliquerai une autre fois, en vous parlant de l'hôtel, des fameuses « limousines ». Elle échange quelques mots avec notre chauffeur, en masri, et tout à coup j'éclate de rire tandis que lui sursaute : elle vient de s'adresser à lui en lui disant « enti » (toi, mais au féminin en arabe) au lieu de « enta » (toi au masculin) ; le chauffeur se rebiffe avec amusement, protestant qu'il est un homme... et vous vous doutez bien qu'Anne-Marie rétorque qu'enti / enta, c'est la même chose, il a bien compris ce qu'elle a voulu dire ! Sacrée Anne-Marie, nous avons bien ri et du coup le fait de se quitter a été moins dur... Aurait-elle fait exprès cette boutade pour faciliter les au-revoir ?

Theti ne veut plus lâcher la shisha...

... mais j'ai réussi quand même à la lui piquer un peu !


Trois jours, ça passe malgré tout très vite, toujours trop vite. Et bientôt est venu le moment de se remettre en route pour la suite de notre périple égyptien. J'étais heureux à l'idée de retrouver Le Caire, cette ville dont je suis éperduement amoureux, mais c'est avec un pincement au coeur que nous avons quitté Hurghada et dit au revoir à Anne-Marie et Domi. De beaux moments d'amitié et de partage gravés à jamais, et la certitude que ce n'est qu'un au revoir.


Merci, les filles, pour tous ces beaux moments passés ensemble. Je vous aime très fort !*

 

* comme je sais que le mari égyptien est très jaloux, je précise que c'est bien entendu un amour tout fraternel...


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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 17:24

Nous faisons la connaissance d'Amro au Caire. C'est lui qui sera notre guide pour Le Caire, mais aussi pour Gizah, Memphis, Saqqarah et Amarna. Amro est un peu plus âgé que ne l'était Ehab, mais tout aussi sympathique. Le courant passe rapidement et il est heureux que nous soyons aussi amoureux de son pays. Il est surtout agréablement surpris que nous ayions choisi de consacrer du temps au Caire islamique, que beaucoup de touristes occidentaux ne découvrent pas ou peu. Avec Amro aussi, nous pourrons parler librement, des aspects de l'Egypte qui ne relèvent pas du tourisme mais de la rencontre avec le pays. Il nous explique volontiers la façon de vivre, les coutumes et leur signification. De la cuisine égyptienne aussi, et il a bien ri devant notre mine lorsqu'il nous a parlé de certaines spécialités !

 

 Amro durant ce grand moment que fut la visite à Amarna...

 


Il y aurait beaucoup d'anecdotes à raconter également avec Amro, aussi vais-je me contenter de faire un choix. Le premier moment fort, ça a été la visite des monuments islamiques du Caire. Nous avons eu de la chance de tomber sur lui pour la visite des mosquées cairotes, car il a particulièrement étudié l'architecture religieuse et l'histoire des différents courants de pensée islamiques en Egypte. Aussi est-il extrêmement intéressant de découvrir en sa compagnie les trésors de l'architecture musulmane du Caire. Je crois qu'en fait il s'est régalé autant que nous. Il a ajouté à notre programme la visite de la mosquée de Sultan Hassan, ce qui ne pouvait que me ravir : quelle bonne surprise de découvrir cette merveille sans s'y attendre !

 

 

 La découverte des merveilles du Caire islamique : un régal...


Le grand moment avec Amro, ça a été le voyage en direction d'Amarna. Je raconterai prochainement cette excursion elle-même, mais en ce qui concerne nos rapports avec Amro, je crois que c'est le jour où nous avons eu le plus de complicité. Le pauvre a dû faire face à des contretemps qui semblaient vouloir différer à tout prix notre rencontre avec Akhetaton, et il a su gérer la situation et faire de cette escapade un moment inoubliable. Et ce jour-là, pas de restaurant pour touristes : il nous a fait goûter la nourriture égyptienne, comme le foul de tout un chacun, un régal ? bon, c'est vrai, mon médecin aurait sans doute hurlé à la tourista... mais il se serait trompé !

 

 


 

Amro devant l'une des tombes nord d'Amarna... pas facile de le photographier, le Amro : l'appareil le fait fuir !

Alf shokr, yâ Amro ! Merci pour tous ces beaux moments passés ensemble et ces découvertes en Basse-Egypte !

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15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 07:04

 

 

Si si, elle l'a fait ! Moi qui voue une hostilité farouche à tout ce qui représente l'avant-poste de l'invasion progressive de la culture américaine, elle a osé me faire ça !!! Quand elle a commencé à évoquer cette idée avant notre départ, j'ai bien tenté de me rebiffer et opposé un non catégorique, me lamentant par avance d'un tel déshonneur... Je ne croyais pas qu'elle le ferait, mais vous connaissez Theti et sa force de persuasion : elle m'a traîné au Mc Do' de Louqsor !!! Je vous raconte cet épisode douloureux de notre voyage en Egypte...

 

 


Nous étions revenus à Louqsor après la croisière vers le sud, pour deux nuits. Nous n'avions pas inclus dans notre forfait les repas, en dehors des petits déjeuner, afin de disposer de plus de liberté en dehors de nos visites. L'idée était de manger égyptien, d'éviter autant que possible les versions édulcorées pour touristes et nous plonger un peu dans la vraie Egypte. Malheureusement, Theti avait déjà repéré qu'il y avait un Mc Do' à Louqsor... Difficile d'ailleurs, de ne pas le remarquer, puisqu'il se trouve à deux pas du temple et qu'il est signalé par les panneaux habituels dignes de la discrétion américaine... Ce soir-là, Theti n'était pas très en forme, un début de tourista, baptême de voyage obligé... Bref, problème en perspective pour se restaurer, la miss craignant que manger égyptien n'accentue le phénomène bien connu de tous les voyageurs et qu'elle découvrait en vrai tout en le redoutant... Evidemment, c'est alors que le Mc Do' est revenu sur le tapis et, ayant pitié des boyaux de ma chère Theti, j'ai fini par accepter d'aller au Mc Do...

 

 

 


Nous avons donc quitté notre hôtel et nous sommes dirigés à pied vers le quartier du temple, déployant mille astuces pour échapper aux calèches qui guettent le touriste égaré, à grands renforts de « lâ, shokran » suivis de « khalâs ! » un peu moins aimables quand l'insistance se faisait trop pressante. Changeant en permanence de trottoir, l'oeil aiguisé à l'affût de la moindre calèche à l'horizon pour l'éviter ? peine perdue, le cocher traverse en courant et vous rattrappe, il a l'oeil encore plus aiguisé que vous ! Bref, nous voici enfin aux abords du temple, Nefred expliquant à Theti qu'il faut rester cool en pareille situation, ponctuant son discours de « maalesh » et de « mafeesh mushkela » vu son humeur égyptienne d'être laissé en totale liberté à Luqsor...

 

 


Je tente de noyer le poisson dans l'eau en proposant à Theti de faire le tour du temple pour l'admirer de nuit... Mais pas folle la guêpe ! Tandis que je fais celui qui ne trouve plus les panneaux indiquant où se trouve le Mc Do' en question et que je jubile secrètement en me disant « chouette, on va y échapper ! », nous arrivons sur la place qui est en grands travaux d'aménagements derrière le temple, le sable surchargeant l'air plus qu'à l'accoutumée... Qu'importent tous ces éléments de diversion, Theti voit la fatidique enseigne : « Il est là, le Mc Do' ! ». Raté... Devant la porte se tient un policier en arme, ce qui, il faut l'avouer, donne encore plus envie d'entrer... Mais notre Theti n'est pas peureuse, même si j'essaie de le dire : « tu vois, c'est un lieu à risques, il y a la police... Tu es sûre que tu veux y aller ? ». Nous entrons donc : le fast-food est désert, ou presque ; un autre policier armé à l'intérieur, plus un policier en civil ? vous savez, ces policiers en civil qui font l'air de rien mais qu'on repère à trois kilomètres à la ronde, que ce soit en Egypte ou en France ! Déception de Theti : le Mc Do' de Louqsor est comme tous les Mc Do' du monde, pas de menu spécial, sauf qu'il n'y a pas de cochon... Nous passons commande et gagnons le premier étage, Nefred se faisant aussi petit que possible. Là non plus, il n'y a pas grand monde... Quelques Occidentaux égarés et très peu d'Egyptiens. Nous comprenons bien vite pourquoi : les rares Egyptiens qui se risquent ici vont au dernier étage, le plus loin possible des regards. Ce sont surtout des jeunes, des ados occidentalisés. Nous avons d'ailleurs le privilège de voir descendre une authentique « cagole » égyptienne comme je ne croyais pas en rencontrer, un tel spectacle que nous manquons d'en avaler nos frites de travers : hijab à fanfreluches paillettes kitchissime et vêtements moulants tout aussi discrets, maquillage outrancier pour une Egyptienne, et popotin qui remue à outrance dans une démarche qui n'a rien de naturel... Le spectacle valait effectivement son pesant de frites huileuses surgelées !  Frites qu'à la suite des mesures de rétorsion contre les "méchants-Français-qui-ne-soutiennent-pas-les-Etats-Unis" on n'appelle plus des "French fries", comme on l'a toujours fait en anglais, mais des "Mc fries", bien entendu...

 

 

Nous ne nous éternisons pas dans ce lieu de perdition. Je garde l'emballage de l'un des sandwiches pour vous le montrer au retour, ainsi qu'un menu pour servir de preuve au cas où il faudrait rappeler à Theti son forfait... Je précise aussi que ça y est, c'est fait et que la séance Mc Do' est terminée pour le reste du voyage... Ouf ! Mais Theti est contente, et puis elle a quand même mangé un peu, ce qui n'était pas gagné vu le trouble de ses intestins. Mais puisque j'ai eu droit au Mc Do', Theti aura droit à un tour dans le soukh, c'est ma vengeance ; et je compte bien traîner, croyez-moi, quitte à faire dix fois le tour ! Mais c'est une autre histoire qui fera l'objet d'un autre article, car il y a là encore matière à raconter...

 

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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 07:00

C'est Ehab qui nous a accompagnés en tant que guide durant toute la première partie de notre voyage en Egypte, la croisière, l'excursion vers Abu Simbel et le retour vers Louqsor pour les dernières visites thébaines. Ehab est un Egyptien d'el-Minyah, en Moyenne-Egypte. Nous n'avons pas eu l'occasion de lui demander son âge, mais il doit avoir la trentaine. Nous avons passé de bons moments en sa compagnie et garderons de lui un excellent souvenir. Et qui sait, peut-être aurons-nous l'occasion de nous revoir, insha'a l-llah.

Nous faisons sa connaissance à l'arrivée à l'aéroport, il est venu nous accueillir avec le correspondant de l'agence, malgré l'heure tardive. Dès le lendemain, il nous fait découvrir la nécropole thébaine. Nous visiterons aussi avec lui Edfou, Kom Ombo, Philae, la carrière d'Aswân, Abydos et Denderah, Karnak et Louqsor...

Ehab est calme, patient et aimable ; un peu timide les premiers temps, et nous aussi, à vrai dire : voyager seulement à deux personnes avec un guide, cela crée une relation qu'on n'a pas habituellement dans le cadre d'un groupe. Mais très vite le courant passe, et c'est un Ehab enjoué, qui aime les discussions et les plaisanteries que nous découvrons. Il nous donne des clefs pour mieux comprendre la symbolique égyptienne antique, puis n'hésite pas sur le site suivant à nous poser des questions pour voir si nous avons retenu... Et nous ne sommes pas toujours de bons élèves.

Pour la pratique de l'arabe masri, Ehab m'aide volontiers, reprenant ma prononciation ou m'apprenant de nouvelles expressions. Au fil des conversations, entre les visites, nous apprenons à nous connaître. Et l'apprécions de plus en plus, notre Ehab. Il nous parle volontiers, en buvant un verre avec nous,  de l'Egypte d'aujourd'hui, de sa famille - il a deux enfants en bas âge, dont il est très fier.

Dans la salle à manger du bateau, nous avons remarqué qu'Ehab mange à une table à part, ce qui nous gêne un peu. Nous apprendrons plus tard que c'est la table réservée aux guides... Comme il y a de la place à notre table et que nous voulons lui montrer que nous l'aimons bien, partager un moment de complicité en dehors des visites, nous lui demandons un midi de venir manger avec nous plutôt que tout seul. Il semble hésiter, mais il esquisse un sourire et nous rejoint. A notre table se trouvent deux VIP arabophones, des Egyptiens semble-t-il, avec lesquels nous échangions quelques salutations en arabe et des sourires, barrière de la langue oblige. Ce jour-là, l'un d'eux arriva seul après que nous ayions pris place, Ehab et nous. Il jeta aussitôt un regard hostile à notre guide, ne nous salua pas comme à l'accoutumée et s'installa de façon à ostensiblement tourner le dos à Ehab. Le pauvre Ehab semblait très gêné et nous comprenons que nous avons sans le chercher heurté un tabou égyptien, celui de la stricte séparation des classes sociales... Mais très vite Theti moi avons la même idée, sans avoir à rien nous dire : fi des convenances, nous sommes fiers et heureux d'avoir notre guide à notre table. Et nous poursuivons la conversation comme si de rien n'était. Ehab n'était visiblement pas très à l'aise, mais ce que l'ai lu dans ses yeux ce jour-là m'a laissé à penser qu'il n'était pas mécontent lui non plus de briser le tabou et que ce qui comptait, c'était d'être ensemble. 

A Aswân, le pauvre Ehab a des émotions. Non seulement il est un peu souffrant - Theti s'étonne : "les Egyptiens aussi attrappent la tourista ?!", et nous en plaisantons tous les trois - , mais nous apprenons durant la promenade en felouque qu'il n'est pas très à l'aise sur bateau car il ne sait pas nager : bien entendu, vous imaginez bien que nous ne manquerons pas de le taquiner un peu avec ça, Nefred faisant le chantage au contrepoids à bord, si vous voyez ce que je veux dire...

Ehab est un musulman pratiquant. Il pratique sans ostentation mais sans s'en cacher non plus, et cela ne l'empêche pas d'être ouvert sur les autres et le monde. Nous nous rendons compte qu'en dehors des visites et du temps qu'il passe avec nous sur la route, Ehab fait les prières et va à la mosquée quand il le peut. Un jour, nous en discutons et lui demandons comment il fait lorsqu'il ne peut pas faire la prière parce qu'il nous accompagne ; il est agréablement surpris que nous nous intéressions au sujet et nous explique que tout simplement il fait ses prières après.

Lorsqu'il vient nous dire au revoir dans le hall de l'Isis Pyramisa où nous logeons à Louqsor, nous échangeons nos adresses et Ehab nous dit qu'il ne nous promet rien, mais qu'il essayera de nous rejoindre en route lorsque nous irons à Amarna ; nous serions contents de le revoir avant de partir. Au moment de se quitter, Ehab a les yeux qui brillent et nous embrasse chaleureusement ; nous sommes tous les trois très émus, nous n'oublierons pas cette semaine passée ensemble... Merci, Ehab, yâ akhî, pour tous ces instants !  

  

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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 22:04

Parmi les retrouvailles émouvantes, celle avec la mythique Vallée des Rois... Toujours le rituel du parking à l'entrée du wadi et le petit train qui emmène les visiteurs à l'entrée de la zone des tombeaux. Il nous faut d'urgence de l'eau minérale ; j'en achète à un marchand avant de monter dans le fameux petit train qui s'apprête à partir et, dans la précipitation, mon sac à dos se vide d'une partie de son contenu ; je ris de bon coeur avec les Egyptiens, et Theti s'amuse elle aussi de la scène... Et du coup mon sac se vide une seconde fois !


Ce monde minéral qui nous entoure a quelque chose de fascinant, et pas seulement à cause de la charge émotionnelle attachée à l'un des plus célèbres sites archéologiques du monde. Les couleurs des roches forment un dégradé de nuances très douces, presque neutres... Comme une feuille de papyrus vierge sur laquelle écrire l'histoire... Le wadi est capricieux, tantôt étroit, tantôt plus large, sinueux comme un serpent glissant sur le sable chaud, ombragé ou inondé de lumière... Quels mystères se cachent encore ici ? Quels secrets nous observent dans leur silence millénaire ? Tout semble d'un calme surprenant quand on voit le nombre de touristes qui envahissent quotidiennement les lieux. On fait sans aucune difficulté abstraction de la foule qui déjà se presse en ce petit matin. Mais surtout, ce n'est curieusement pas un désert hostile ; pourtant tout y est : pas un brin de végétation, des amas rocheux et du sable de chaque côté de la route... Aucune trace de vie, mais pas ce sentiment oppressant qu'on peut avoir dans certains lieux déserts. On a le simple sentiment de traverser un vestibule naturel qui nous sépare du monde des vivants, mais sans en être aucunement effrayé.



Et tout à coup, elle est là : la cime thébaine en forme de pyramide naturelle, l'une de ces pyramides que l'érosion a façonnées bien avant que l'homme n'ait eu l'idée d'en construire d'artificielles, et que l'on rencontre fréquemment dans les déserts égyptiens. Il y a un sentiment d'admiration et de respect auquel j'avoue ne pas avoir prêté attention la première fois que je suis venu. Theti est sous le choc de la rencontre, pour elle c'est la première fois, ses yeux découvrent ce qu'elle a vu depuis des années dans les livres et qui est encore plus fascinant en vrai. Chacun garde le silence, nous n'échangeons que quelques mots rapides ; il faut laisser à l'instant son alchimie silencieuse que les mots ne feraient que perturber.


Je demande à Ehab, notre guide, s'il a prévu les tombes que nous visiterons ou si nous avons le choix. Je lui explique que nous avions envisagé pour notre part la visite de tombes spécifiques. Il me répond que celle d'Amenhotep II est fermée, ce qui nous déçoit un peu : ce sera pour la prochaine fois, insha'a l-llah... Il nous propose un programme ramesside : Seti II, Ramsès I et Ramsès III. Pourquoi pas, yalla ! Nous gagnons d'abord la tombe de Seti II, au pied de la falaise au-dessus de laquelle trône la cime thébaine ; au passage, je jette un oeil en direction de l'entrée de la tombe de Taousert et je suis content de voir qu'elle a quelques visiteurs... Tout le monde ne se précipite pas chez Toutankhamon !

Pour les photos, c'est volontairement que cet article n'est pas illustré : vous les trouverez sur le blog de Theti.

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15 janvier 2007 1 15 /01 /janvier /2007 20:29

Vous connaissez déjà une partie de notre première nuit en Egypte : voici la seconde partie...

 

Nous sommes accueillis sur ce qui sera notre bateau de croisière. Dominique nous avait averti que ce ne serait pas le bateau initialement prévu et a ménagé la surprise. Nous nous trouvons sur le "King of the Nile", un 5* estampillé, dans ce vaste hall qui mêle ce kitsch égyptien que nous adorons aux sièges confortables d'inspirations diverses. Remise des passeports, formalités d'usage et boissons de bienvenue... Nous voilà installés dans de larges fauteuils, à savourer cette joie à laquelle nous avons encore du mal à croire. L'heure est tardive, mais curieusement nous sommes plus exaltés que fatigués. Aussi, après qu'on nous ait remis les clefs de notre cabine, nous l'explorons rapidement, y installons nos petites affaires (qui a dit que nous y avons aussitôt mis le bazar ? lol ) ... et nous décidons d'en ressortir pour explorer le fameux "roi du Nil ".

 

Nous passerons en fait une partie du reste de la nuit avec Mohamed, le réceptionniste... en tout bien tout honneur, je vous rassure ! Nous engageons la conversation, et Mohamed entreprend de nous montrer quelques videos humoristiques qu'il a glanées sur le net. Rire et bonne humeur au programme et, malgré la barrière de la langue, nous nous rendons compte que nous rions des mêmes choses ; bon, il faut avouer que Mohamed renonce à partager avec nous les blagues égyptiennes, parce que du point de vue linguistique, ça se révèle trop compliqué pour lui comme pour nous. Je revois en particulier avec plaisir la video de la vache singeant Matrix, Theti hurle de rire : voilà un voyage qui commence dans la bonne humeur. Mohamed nous offre gentiment le thé et, tout en visionnant les blagues, nous faisons connaissance. Il cherche à apprendre le français et note certaines expressions qu'il nous demande de lui expliquer. Durant tout le séjour, Mohamed sera notre sourire quotidien ; toujours un mot sympathique, quelques instants de discussion... Il sera presque vexé lorsque, au terme de notre séjour sur le bateau, nous lui remettrons un pourboire : il l'a d'abord refusé en disant qu'entre amis il n'est pas question de pourboire, un trouble sincère sur son visage, et nous devrons insister pour qu'il l'accepte comme un cadeau. Nous sommes d'ailleurs toujours en contact. C'est une des choses que j'apprécie chez les Egyptiens en règle générale, la façon dont le contact avec eux est facile sitôt qu'on n'a pas de préjugés, leur goût pour le contact humain, qui n'est pas toujours aussi intéressé qu'on veut bien le croire.

 

Nous laissons Mohamed à son service et décidons de monter sur le pont supérieur humer l'air égyptien et admirer ce Nil que nous avons tant désiré. Esna est endormie et les bateaux aussi, blottis les uns contre les autres... Tout est si calme que nous pouvons à loisir nous approprier ce moment. Theti est sous le charme, elle n'en croit pas ses yeux, qui courent partout à la fois pour ne rien perdre de cet instant ; pour moi, c'est un peu différent : je goûte le plaisir incroyable d'être revenu ici, à Esna, en Egypte, presque trois ans plus tard, avec comme je le disais l'étrange sentiment de revenir au pays... Je mesure aussi toute la dimension de ce rêve fou que nous avons fait ensemble, Theti et moi, de vivre à deux cette aventure à partir d'une rencontre sur le net qui a trouvé un prolongement tout naturel dans la "vraie vie" : nous sommes là comme frère et soeur de toujours, à partager ce moment précieux, et sa joie ne fait que renforcer la mienne.

 

Bientôt, sur l'autre rive, celle des vivants selon la symbolique antique, l'horizon commence à rougeoyer. Et sans tarder le plus incroyable des spectacles s'offre à nous : notre premier lever de soleil sur le Nil, Aton naissant au-delà des collines du désert, majestueux et triomphant, repoussant les ténèbres. Le ciel prend peu à peu des couleurs qui évoluent à une rapidité étonnante, déclinant les jaunes du plus pâle au verdâtre, les rouges flamboyants ou timides et les orangés raffinés comme une miniature indienne, puis enfin toute la gamme des bleus avec une richesse dans les nuances à couper le souffle... La rive occidentale, elle, reste d'abord plongée dans le noir, le fleuve marquant une frontière entre lumière naissante et ténèbres, entre le monde des vivants et celui des morts, selon la pensée égyptienne antique. Aucune photo ne rendra jamais la beauté de ce spectacle. Il faut le voir de ses yeux... On comprend à le contempler pourquoi les Egyptiens de l'Antiquité ont développé une telle symbolique autour des cycles du soleil, et surtout on touche du regard la réalité qui a donné naissance à cette symbolique, on en comprend tout à coup la portée et l'essence. Et en fond de ce ravissement des yeux s'élèvent simultanément le chant des muezzin d'Esna et le son des cloches de l'église copte dont nous apercevons les deux clochers en façade... Il est difficile d'expliquer l'effet produit, mais on en a la chair de poule. Les mélopées des muezzin, dont nous ne nous lasserons à aucun moment de notre séjour, nous attestent que nous sommes en Orient... Et le son des cloches qui s'y mêle est un symbole fort de ces différences qui cohabitent, dans un monde où l'on voudrait tout opposer. Ainsi se révèle à nos sens l'Egypte dans sa diversité : éternelle dans le cycle immuable du soleil et les flots du Nil, ce que nous approchons par là de la civilisation antique qui nous passionne, et puis l'Egypte chrétienne et musulmane qui nous invitent à les découvrir aussi, ainsi que l'Egypte d'aujourd'hui à travers le spectacle de la ville d'Esna qui se réveille et des activités quotidiennes qui commencent... C'est tout ce à quoi nous nous ouvrons en la fraîcheur de ce matin égyptien, ce premier matin...

 

Il nous faut regagner notre cabine, faire notre toilette et nous préparer : nous avons rendez-vous avec la nécropole thébaine et ses merveilles. Nous ne ressentons toujours aucune fatigue, l'exaltation est intacte. Mohamed, d'ailleurs en sera étonné : "Vous ne dormez jamais ? " Nous ne regretterons pas cette première nuit sans sommeil : elle nous a offert un moment d'exception !

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13 janvier 2007 6 13 /01 /janvier /2007 10:43

الأقصر

Après notre départ précipité de Paris, lié à l'incident de l'oubli de mon appareil photo, le voyage en direction de l'Egypte peut débuter... Tout s'est fait si vite que j'ai à peine le temps de réaliser que je suis enfermé dans un avion - une expérience toujours aussi désagréable, malgré le désir de gagner au plus vite la vallée du Nil... L'inconvénient d'un vol de nuit, c'est que l'on ne peut pas réaliser où on se trouve, la nuit noie tout dans un aspect uniforme. Nous survolons la France, puis les Alpes, la côte orientale de l'Italie, gagnons la Grèce, la Crète, et de là Alexandrie, la porte immémoriale de l'Egypte. J'ai en tête les récits des voyageurs du passé racontant le début de leur périple par l'arrivée à Alexandrie, Alexandrie que nous n'apercevrons même pas malgré nos efforts. Pourtant bientôt vient une certitude : ça y est, cette fois nous survolons l'Egypte, cette terre vers laquelle nos rêves ont tendu durant des mois....

مصر

L'excitation monte d'un cran lorsque l'avion quitte l'altitude de croisière et que les lumières au sol deviennent plus lisibles. Nous devinons des paysages plongés dans l'obscurité grâce aux dizaines de lumières qui en soulignent les contours. Comme toujours quand on survole l'Egypte de nuit, difficile de repérer une ville, de discerner un plan qui puisse permettre d'identifier où on se trouve. Et tout à coup Theti s'écrie : "C'est le Nil ! Regarde, on voit un pont éclairé !" Cette ville dont les quartiers se dessinent sous nos yeux, avec les lumières vertes des mosquées, c'est Lusqor. La descente me cause des maux d'oreilles qui gâchent un peu le plaisir, je maudis le pilote anglais !  Et lorsque le train d'atterrissage de l'appareil touche enfin le sol, j'ai l'étrange sentiment de rentrer au pays, fê biladî, comme quand j'étais exilé à Paris et que je rentrais en Provence pour les vacances... Je peux bien l'avouer, les larmes envahissent mes yeux et un cri de joie résonne dans ma tête : "ehna fê Masr ! Nous sommes en Egypte ! " Nous sommes idiots de cacher nos émotions, de tenter de les maîtriser quand elles sont si intenses. Mais on ne refait pas son éducation d'homme occidental...

Nous descendons, sans bien réaliser. Nos pieds se posent à leur tour sur le sol d'Egypte et mon coeur bat la chamade. Nous prenons la navette, qui ne tarde pas à rejoindre le bâtiment principal de l'aéroport.  Theti fait ses premières photos à travers la vitre du bus, nerveuse. L'émotion monte encore en lisant en caractères arabes مطار الأقصر  (matâr al-Uqsur - Aéroport de Louqsor) sur la façade. Theti se retourne furtivement et nos yeux se croisent : elle est comme moi, elle retient difficilement ses larmes. C'est un peu machinalement que nous descendons, encore incrédules de toucher notre rêve du doigt. Et bientôt un sourire emplit nos visages : le correspondant de l'agence à Lousqor tient une affichette sur laquelle est inscrit "Theti et Nefred" ; sacrée Domi, elle l'a fait ! Nous nous présentons, notre hôte ne parle pas français et Theti ne parle pas anglais : je commence dans mon rôle d'interprète et j'en suis heureux, je suis si heureux de partager ces moments précieux avec cette chère Theti !

Les formalités sont rapides car nous arrivons à une heure tardive et les voyageurs sont peu nombreux. Un visa égyptien flambant neuf sur le passeport, nous récupérons les bagages et nous dirigeons vers le parking où nous attend le véhicule qui doit nous accompagner vers notre bateau, à Esna. Le bateau est en effet à Esna car l'écluse est provisoirement fermée pour entretien. Nous faisons la connaissance de notre chauffeur et de notre guide, montons dans un minibus d'une dizaine de places dont nous sommes les seuls occupants et nous mettons en route à travers les rues de Louqsor.

Je ne saurais plus décrire ces instants tant il y avait de choses qui se bousculaient alors dans ma tête : nous avions fait le rêve d'aller en Egypte et cette fois nous y étions ! Oubliée l'Europe et ses soucis, oubliés les doutes... Je reprends mes esprits sur le bateau, le King of the Nile. Mais c'est une autre histoire qui commence... S'il y a une chose que l'Egypte nous apprend, c'est bien à prendre le temps, pour savourer chaque instant à sa juste valeur, saisir le moment dans toute sa dimension, son émotion... Goûter l'instant présent, même lorsqu'il est fait de peu...

أنا بحبّك، يا بلدي الثان ! قلبي فرحان

 Je t'aime, ô mon deuxième pays ! Mon coeur est joyeux !

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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 08:55

Voici un montage avec des photos de notre visite sur le site de Memphis. Comme nous le savions, peu de vestiges de celle qui fut la plus belle ville de l'Egypte antique. Mais quels vestiges ! Le colosse de Ramsès à lui seul est une merveille - que j'ai photographiée sous toutes les coutures... Et puis l'émotion d'être là, à l'emplacement de cette ville mythique dont on a tant entendu parler... L'imagination fait le reste, d'autant que nous l'avons visité au petit matin, alors que peu de touristes étaient sur le site...

 

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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 10:19

Pour finir l'année en beauté et partager avec vous un peu de ces instants magiques, un petit florilège de ce que nous avons vu en Egypte... Cette Egypte fascinante de constrastes, si riche d'autre chose que la seule période pharaonique ; cette Egypte dont on tombe amoureux pour toujours une fois qu'on lui ouvre son coeur...

Bonne fin d'année 2006 à toutes et à tous, et gardez au coeur une certitude : cela vaut toujours la peine de cultiver ses rêves, un jour ils peuvent devenir réalité...

Ce soir j'aurais à mes côtés un peu de chacun d'entre vous, les amis rencontrés par le net à travers le pays et à travers le monde ; et un peu de moi sera à vos côtés. L'amour et l'espoir en l'humain au-delà du matérialisme de ce siècle, voilà la clé pour des lendemains meilleurs. Non ?

 

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