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  • Ankh-Neferkheperou-Rê
  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 18:42

Ciel couvert au réveil sur la vallée du Gapeau...

Comme prévu, et malgré un temps couvert et quelques gouttes de pluie qui avaient tenté de nous dissuader, nous avons maintenu notre promenade vers l'oppidum du Castellas, à Solliès Toucas. "Nous", ce sont : mes parents, mon frère "Phy", un couple d'amis, Cathy et "Dgé", et moi, votre narrateur. "Dgé", notre guide organisateur du jour, a préparé cette randonnée en venant il y a quelque temps débroussailler et couper les arbres morts tombés en travers du chemin. Départ à 10h30 pour la chapelle Ste Christine, où nous laissons les voitures pour prendre le sentier montant à l'oppidum. Une ancienne carrière, puis le sentier s'enfonce dans le paradis vert...

Le départ de la promenade, au pied de la chapelle Ste Christine...

Par l'étroit sentier, nous nous enfonçons dans la garrigue...

En ce printemps, la garrigue est splendide. Nous cheminons parmi les romarins odorants, les cistes aux belles fleurs blanches ou violettes, les chênes kermès et les asparagus (dommage, la saison des asperges sauvages est passée ! ), au pied des grands pins auxquels pendent de grandes lianes de salsepareille hérissées de piquants qui leur donnent une allure à la fois fantômatique et de jungle étrange ; mais aussi des chênes, survivants du massacre effectué durant des siècles pour les besoins de la marine royale, comme nous en reparlerons un jour. Quelques arbousiers, des genévriers dont les fruits commencent à mûrir, mais aussi des plantes moins communes plusieurs variétés de fougères, des petites immortelles sauvages de Provence, et surtout quelques beaux spécimens d'orchidées du Var, devenues rares et qui sont protégées. Les genêts sont en fleurs, leur parfum suave se répand délicieusement dans l'air. Tour à tour des odeurs subtiles qui se mêlent, ces odeurs de la garrigue, puissantes ou timides, le thym, le romarin, la sariette... Tout est encore vert, luxuriant, avant le grand sec de l'été. "Dgé" me montre la cousteline*, qui fait partie des nombreuses plantes de la colline qui se consomment ; le pays est rude, mais généreux pour celui qui le connaît et sait être patient et attentif. Il est en cela comme les Provençaux, qui tirent leur caractère de ce lien à leur terre...

Une pinède aux allures fantômatiques...

Cistes et genêts parsèment la garrigue de tâches colorées...

Une fragile orchidée du Var...

Partout, sous la végétation, apparaissent des restanques** qui rappellent qu'autrefois toute cette zone était cultivée par les agriculteurs des villages voisins. Des ruines de casals*** font penser à cette vie rude que l'on menait alors, les efforts qu'il fallait fournir pour arracher à cette terre toute aussi rude la subsistance des populations. Cà et là, de vieux oliviers, des lauriers, des amandiers, des figuiers, retournés à l'état sauvage, témoignent de ces cultures dites "sèches". Ici, les vestiges d'un jas****, de l'époque où les troupeaux de moutons parcouraient nos collines et se régalaient de plantes savoureuses, au lieu de grandir dans des hangars sordides... Une petite source, dans laquelle un sanglier est venu creuser pour boire ou se rouler dans la boue.

Ces restanques envahies par la végétation, témoins du dur labeur des paysans d'autrefois...

Plan d'ensemble de l'oppidum du Castellas.

Et enfin apparaissent les premiers éboulis de pierres calcaires qui signalent que nous arrivons au pied du rempart de l'oppidum. Nous pénétrons dans la vieille forteresse par l'une des tours située au nord. Ou plutôt, nous cheminons sur le rempart, car la végétation est dense à l'intérieur dans cette zone.. Le rempart est constitué de deux parements soigneusement appareillés en pierres sèches, d'une qualité pratiquement comparable à celui de l'oppidum d'Entremont, près d'Aix ; l'espace compris entre les deux parements était ensuite rempli de blocs de calcaire fossilier de toutes tailles. Ce rempart extérieur a une largeur d'environ 5m ; il était renforcé du côté est par des tours visiblement semi-circulaires, très endommagées. A en juger par la portion conservée et les zones d'éboulis, il devait avoir une belle hauteur. Partout, la vue sur les environs est magnifique ; au cours de la journée, nous apercevrons ainsi le pilon St Clément, la double chapelle Ste Christine, la plaine de Solliès-Pont, les hauteurs de Solliès-Ville et le sommet du Coudon, la trouée de la vallée du Gapeau et Solliès-Toucas... Nous parcourons ainsi toute la longueur du rempart oriental, jusquà l'entrée sud-est de l'oppidum, où nous ferons la halte pique-nique ; cette entrée, comme dans de nombreux oppida de la région, est aménagée en chicane, de façon à renforcer la défense de ce point fragile de l'enceinte ; elle était flanquée de deux tours. Les pierres du rempart contiennent pour beaucoup d'entre elles de splendides fossiles marins, il ne faut pas oublier que toute la région était aux époques géologiques une mer tropicale chaude peu profonde dont les fonds sédimentés sont devenus nos collines et montagnes au moment de la formation des Alpes ; beaucoup de bivalves (huîtres énormes, sortes coquilles st Jacques), ainsi que d'innombrables coquilles de petits encornets, des vers marins et quelques ammonites.

Le parement du rempart oriental, au détour du chemin...

L'imposant rempart que le temps n'a pas réussi à totalement démanteler...

Quelques fossiles glanés : huître, Chlamys et Bélemnites, toutes contemporaines des dinosaures.

Après le déjeuner, nous suivons un moment le rempart sud, mais devons rebrousser chemin devant la végétation dense qui occupe une portion où le rempart disparaît. Parvenus à la troisième tour est, mon frère et moi décidons de suivre un mur de défense intérieur d'orientation est-ouest, tandis que les autres reprennent le rempart extérieur pour gagner la portion occidentale ; ce type de mur interne, fréquent lui aussi dans les oppida de la région, a environ 1,50m de large ; en général, ces murs séparaient des quartiers (ville haute et ville basse par exemple) ou correspondent à des agrandissements successifs de l'enceinte, difficile de trancher ici à défaut d'avoir consulté une documentation fiable. Souvent, les maisons indigènes prenaient appui sur ces murs internes ou sur le rempart extérieur. Nous progressons à travers la végétation, puis suivons une petite draille***** qui longe ce mur intérieur. Nous suivons ensuite une autre portion de mur qui remonte du sud au nord et aboutissons à des restanques d'époque moderne. Les sangliers ont retourné la terre à la recherche de racines, je sais qu'on peut ainsi trouver des vestiges ramenés à la surface ; en quelques minutes, nous trouvons ainsi plusieurs fragments de céramique provençale caratéristique du XVIIe s., avec une glaçure marbrée ou verte. A peu de distance, une vaste cabane aménagée sans doute à l'époque moderne, qui devait servir au paysan qui avait établi les restanques et explique la présence de céramiques modernes ; elle est contruite en pierres sèches d'un bel agencement, contre l'un des murs intérieurs de l'oppidum ; dans les murs sont ménagées des niches carrées à usage utilitaire, et partout des fragments de tuiles anciennes, antérieures à la production industrielle.

L'étroit rempart intérieur...

La cabane moderne avec ses murs de pierre sèche...

Tessons de céramiques provençales trouvées en surface : merci les sangliers !

Nous retrouvons nos autres compagnons de promenade, et reprenons le mur pour rejoindre la zone nord-ouest, où des fouilles ont été pratiquées par des professionnels et ont dégagé un superbe ensemble de trois cabanes celto-ligures de belle qualité. J'en parlerai plus en détails dans un article spécifique sur les oppida de la région, mais on peut dire ceci : le sol rocheux était arasé de façon à former le sol de la maison, constituée d'une pièce unique, mais assez vaste ; la base des murs était constituée de deux rangées de dalles de pierre dressées entre lesquelles ont plaçait un remplissage de terre et de petites pierres ; au-dessus prenaient place des structures en matériaux périssables (poteaux soutenant une structure en bois et torchis, très souvent pour les murs) et la toiture était faite de bois et de branchages. C'est un des plus beau ensembles indigènes que j'ai pu voir.

Une des habitations celto-ligures, avec son sol taillé dans la pierre...

Vient ensuite le temps de redescendre, nous sommes surpris par une brusque averse alors que nous sommes aux 3/4 du chemin et arrivons aux voitures trempés mais heureux de cette excellente journée. Une très belle promenade, un moment vraiment agréable. "Avèn un bèu païs"... Nous avons un beau pays !

 

 

Un mot sur l'histoire de cet oppidum, sur laquelle je reviendrai dans un article spécifique complémentaire. Nous sommes dans le sud de la France, le pays n'était pas peuplé de Gaulois mais de Ligures ; après l'arrivée de quelques envahisseurs celtes descendus par la vallée du Rhône, ils formèrent une population qu'on appelle les Celto-Ligures. Les Celto-Ligures de la région s'appelaient les Camatulici et appartenaient à la vaste confédération des Salyens (Salluvii), dont la "capitale" était l'oppidum d'Entremont, sur les hauteurs d'Aix en Provence. L'oppidum du Castellas, à Solliès Toucas, serait apparu au début du Ve s. av . notre ère, peut-être même dès la fin du VIe s. , c'est-à-dire qu'il est contemporain de l'oppidum de la Courtine à Ollioules, dont il faudra aussi que je vous parle, qui appartenait à la même tribu. Il connaît une grande extension au IIe s. av. notre ère, c'est-à-dire à la veille de la conquête romaine. Il contrôlait l'axe de circulation de la plaine de Solliès et celui de la vallée du Gapeau.

 

 

Petit lexique des termes provençaux :

* Cousteline : terme provençal désignant une salade amère (nom latin Picridium vulgare).

**Restanques : mot provençal désignant les terrasses de culture aménagées sur les pentes des collines et retenues par des murs en pierre sèche.

*** Casal : terme provençal désignant soit un un petit bâtiment, soit une petite ruine.

**** Jas : terme provençal désignant un enclos de pierre pour les moutons, bergerie.

***** Draille : terme provençal signifiant chemin, sentier.

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Beit Prouvènço-La Provence
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8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 10:18

 

Drôle de tête au lever : il pleut ! Et nous qui devons monter sur la colline du Castellas, site d'un ancien oppidum celto-ligure datnt du VIe s. JC. Courageux que nous sommes, nous y allons quand même puisque la pluie a cessé ! Je vous raconte ça au retour...

Bizzz à tous !

 

 

 

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Papyrus Humeur du jour
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7 mai 2006 7 07 /05 /mai /2006 13:38

J'adore Zazie, personnage atypique de la scène française. Pas seulement parce qu'elle a écrit des chansons "gay friendly", je vous rassure. Miss de Truchis de Varennes (c'est son vrai nom, pour ceux qui ne le sauraient pas) un est un personnage simple, authentique, symapthique, une aristo fantasque comme je les aime ; et elle a un vrai talent original. Elle écrit des textes excellents, qui savent jouer avec les mots de la langue française et donner des émotions, sur des musiques variées et agréables.

Parmi mes chansons favorites : "Rue de la Paix" qui reste excellente bien qu'on l'ait beaucoup entendue, "On éteint" qui livre une souffrance pudique, "Adam et Yves" bien entendu, "Sur toi",  la mélancolique et bien sentie "Qui m'aime me fuit", la très touchante "Si j'étais moi", l'excellent duo avec Axel Bauer "A ma place", la superbe "Toc toc toc" (moi aussi j'aimerais bien qu'il arrive, le loup, et lui ouvrir ma porte...)... et bien d'autres.

Les paroles de cette chanson que je trouve magnifique  :

Si j'étais moi

"Si j'étais moi

Ni la montagne à gravir

Au bord du vide , la neige à venir

Ne me feraient peur

Si j'étais moi

Ni les pages à écrire

Ni de trouver les mots pour le dire

Ne me feraient peur

Mais je me lâche la main

Je m'éloigne de moi

Je me retrouve au matin

Sur la mauvaise voie

Quand on se perd en chemin

Comment venir à bout

De ces efforts inhumains

Qui nous mènent à nous

Si j'étais moi

Ni la femme que je suis

Ni même l'homme qui dort dans mon lit

Ne me feraient peur

Si j'étais moi

Ni les démons que je cache

Les idées noires, les flammes que je crache

Ne me feraient peur

Mais je me lâche la main

Je m'éloigne de moi

Je me retrouve au matin

Sur la mauvaise voie

Quand on se perd en chemin

Comment venir à bout

De ces efforts inhumains

Qui nous mènent à nous

Si j'étais moi

Tout ce que j'ai sur le coeur

Ce que je fais de pire et de meilleur

Ne me feraient peur

Si j'étais moi

Ce que je fais de pire et de meilleur

Ferait mon bonheur "

 

Beau texte, non ? Beau et émouvant... Une autre Zazie que celle que montrent habituellement les média, plus sensible, plus intimiste.

 

Et son père, monsieur de Truchis, est un homme étonnant que j'ai eu l'occasion de rencontrer, personnage atypique lui aussi, artiste, cultivé... mais là, on entre dans le privé...

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Temple d'Hathor - Musique
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7 mai 2006 7 07 /05 /mai /2006 13:27

Un peu le bazar à la maison, il va falloir que je range un peu avant de partir à la campagne... Ca me fatigue d'avance, si je me recouchais ? Mais non, le soleil fait son apparition à travers les nuages ! Un bon CD dans la chaîne, et c'est parti ! Yalla !

Bon dimanche à tous !

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Papyrus Humeur du jour
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6 mai 2006 6 06 /05 /mai /2006 15:00

 

Tendance "crabe dans sa carapace", à la maison, pas envie de grand' chose, de toute façon il fait gris dehors...

Et Ramsès qui est en pleine forme, qui miaule et saute partout...!

 

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Papyrus Humeur du jour
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6 mai 2006 6 06 /05 /mai /2006 13:27

Très tôt, je me suis pris de passion pour les langues, ma propre langue d'abord, le français, dont l'extraordinaire richesse est un plaisir, de même que son histoire et ses états à des moments donnés. Puis j'ai découvert l'allemand, qu'un professeur passionné et passionnant a su me faire aimer au point que je l'ai étudié à l'université. Ensuite, ce furent l'anglais et le russe, et un peu de latin ; malheureusement, j'ai presque tout perdu de mes quelques années de russe. Par la suite est venu le provençal, contemporain et historique. Puis le moyen français pour pouvoir déchiffrer dans les archives les textes du XVIe s.

Depuis peu, je réalise un vieux rêve : apprendre l'arabe. La motivation définitive est venue lors de mon voyage en Egypte, lorsque j'ai réalisé combien les quelques mots que je connaissais grâce à mes parents facilitaient et changeaient les contacts avec la population égyptienne. Je suis donc en train d'apprendre l'arabe littéral, ou classique, et l'arabe dialectal égyptien en parallèle, dans le but d'approfondir encore cette rencontre avec les Egyptiens. Mon frère m'a offert un livre pour apprendre l'égyptien antique hiéroglyphique, mais j'attends un peu d'avoir assez progressé en arabe. De même, j'ai quelques notions de turc, mais le réel apprentissage viendra plus tard, de même que le sioux lakota...

Les langues sont des outils extraordinaires, d'abord parce qu'elles sont des ponts entre les hommes. Chacune avec sa propre logique, elles permettent d'exprimer sa pensée sous des formes tellement différentes. Et puis une langue est une clef vers toute une culture, elle renvoie à l'histoire, aux traditions, aux mentalités et aux croyances, à la forme de société... C'est donc un moteur de curiosité sans cesse renouvelée. Et puis s'il y a une chose que l'étude des langues nous enseigne aussi, c'est que de nombreux points communs se cachent derrière les différences ; des langues aussi éloignées que le sanscrit et le français ont des racines communes, ça fait rêver, non ?

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6 mai 2006 6 06 /05 /mai /2006 09:07

"Très cher, je n'ai nulle raison de t'écrire, et pourtant je t'écris ; toi, aime-moi sans nulle raison de m'aimer..."

 

(Théophile de VIAU, à son amant DES BARREAUX, 1626)

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5 mai 2006 5 05 /05 /mai /2006 21:59

Tranquille dans mon teepee, la semaine est finie...

 

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4 mai 2006 4 04 /05 /mai /2006 22:50

Nous voici arrivés à la troisième et dernière position du retable. Les volets peints sont complètement ouverts, ainsi que la prédelle. Ainsi sont placés en contact les parties sculptées par Nicolas de Haguenau (centre du retable et prédelle) et les deux volets latéraux peints par Matthias Grünewald. Ce qui est extraordinaire, c'est que se trouvent ainsi réunies deux oeuvres qui ne sont pas tout à fait contemporaines : les sculptures furent d'abord réalisées vers 1490, puis les volets peints entre 1512 et 1516.

 

 

Le retable dans sa 3e position, avec la partie centrale et la prédelle sculptées.

 

La caisse centrale sculptée (bois polychrome et doré).

 

La partie centrale présente, dans un riche décor gothique formant trois niches, trois personnages en haut relief. Au centre, St Antoine en majesté, assis sur un trône et portant le bâton terminé par un Tau, reçoit des offrandes de deux personnages agenouillés à ses pieds : celui de gauche lui offre un coq, celui de droite un cochon. A droite, St Jérôme sous les traits d'un prélat, le lion à ses pieds ; St Jérôme a écrit la vie de St Paul l'Ermite et raconté la visite de St Antoine à l'ascète. A gauche, sous les traits d'un évêque, St Augustin, dont les Antonins avaient adopté la règle ; agenouillé à ses pieds en direction de St Antoine, Jean d'Orlier, précepteur de l'ordre. Sur la prédelle, dans une série de niches, le Christ en majesté (niche centrale) entouré des apôtres groupés trois par trois dans quatre niches plus basses. Ces sculptures comptent parmi les chefs d'oeuvre de l'école rhénane pour le gothique tardif.

 

La visite de St Antoine à St Paul l'Ermite (volet de gauche).

 

 Le volet de gauche, peint, représente la visite de St Antoine à St Paul l'Ermite.  Les deux saints sont assis dans un paysage étrange et désolé, ce désert d'Egypte dans lequel se retirèrent les ancêtres des moines, désert qu'évoque le palmier. St Antoine est vêtu d'un grand manteau bleu, tandis que l'ascète ne porte qu'une tunique faite de végétaux tressés. Conformément au récit de la "Légende Dorée", le corbeau apporte comme chaque jour de la nourriture à l'ermite. Une biche est allongée à ses pieds. En bas sont représentées les herbes servant à confectionner le "baume de St Antoine" avec lequel on soignait les malades.

 

La Tentation de St Antoine (volet de droite).

 

Le volet de droite, également peint, représente la célèbre scène de la Tentation de St Antoine. Dans un paysage tout aussi étrange, St Antoine est terrassé par des démons qui ne sont pas sans rappeler l'univers inquiétant de Hieronymus Bosch. Tandis que les démons le tourmentent et s'emparent de son manteau, le saint aperçoit dans le ciel, dans un halo de lumière, le Christ qui va mettre en fuite les créatures de l'enfer et soigner ses blessures. La cabane qui lui sert de refuge a été incendiée. Le tumulte de cette scène contraste avec le calme qui se dégage de la Visite qui lui fait pendant.

 

On retrouve dans ces deux scènes l'art subtil de la couleur qui caractérise Matthias Grünewald. Les tons s'harmonisent parfaitement avec les ors des parties sculptées.

 

Pour poursuivre cette rencontre avec cette oeuvre majeure de l'école gothique rhénane, voici deux liens, un premier dont sont tirées la plupart des illustrations de cet article, et un second qui s'attache plus particulièrement à en décrypter les symboles.

 

 

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Temple de Ptah - Arts
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4 mai 2006 4 04 /05 /mai /2006 15:51

Nous avons beaucoup parlé de musique orientale, mais j'ai également une véritable passion pour la musique médiévale. Je vous recommande pour commencer ce CD, qui est très accessible même pour un néophyte en la matière.

 

 

Chansons des Rois et des Princes du Moyen Age, Ensemble Perceval (Katia Caré, Emmanuelle Huret, Alain Serve : voix ; direction : Guy Robert), Arion, 1987.

 

 

 

 

 

 

 

Le CD commence avec 4 chansons de Thibaut IV comte de Champagne et roi de Navarre (1201-1253) ; Thibaut, qui a laissé environ 80 chansons, compte parmi les trouvères les plus talentueux de son temps, explorant tous les styles. La première, "J'aloie l'autrier errant", est une pastourelle dans laquelle Thibaut tente de séduire une bergère rétive ; chantée à deux voix, la bergère répondant à Thibaut. La seconde, "Du tres douz non a la Virge Marie", est un chant de dévotion mariale qui joue sur les lettres composant le prénom "Maria" ; chantée à une seule voix féminine, tout l'art subtil du chant médiéval, d'une grande beauté. "Dame, merci" est un jeu parti entre Thibaut et une dame, sorte de joute verbale donnant un chant à deux voix très agréable ; cet art des joutes poétiques chantées connaîtra un grand succès dans les cours princières. Enfin, "Seigneur, sachiez qui ore ne s'en ira" est un chant de croisade composé par Thibaut à l'occasion de la 5e croisade ; elle tranche par son ton martial et est plus rythmée que les précédentes. Texte en langue d'oïl.

Le voyage se poursuit avec 3 chansons d'Alfonso X el Sabio, roi de Castille et du Léon (1223-1284). Toutes trois sont tirées des célèbres "Cantigas de Santa Maria", qui regroupent environ 400 chansons et constituent l'un des chefs d'oeuvres du chant médiéval ; elles sont composées selon la forme populaire de la chanson à refrain et écrites en galicien, langue proche du portugais actuel et langue poétique de la cour. Le thème est celui de petites histoires sur les miracles de la Vierge. Alfonso est un grand humaniste, passionné de sciences et d'art, qui reçoit à sa cour des artistes de toutes confessions : troubadours, mais aussi musiciens juifs, arabes et berbères. "Null'ome per ren non deve" (Cantigas n°361) est une pure merveille, chantée à une voix féminine, qui raconte les miracles d'une statue de la Vierge offerte par le grand-père d'Alfonso aux religieuses de Burgos ; le rythme d'abord lent s'accélère peu à peu pour finir en musique festive. "Virgen Santa Maria" (Cantigas n°47), chantée à deux voix (masculine et féminine), est marquée du point de vue musical par une nette influence arabe, un vrai régal (c'est l'une de mes préférées) ; elle raconte l'histoire d'un moine qui avait trop bu dans la cave et que la Vierge sauve du démon apparu sous la forme d'un taureau. Enfin, "Como poden per sas culpas" (Cantigas n°166), magnifique et très rythmée, à deux voix (masculine et féminine), un très beau morceau ; elle raconte comment un homme paralysé à cause de ses péchés obtient sa guérison de la Vierge. Evidemment, j'ai une affection particulière pour les "Cantigas", puisqu'ils relèvent de cette culture méditerranénne ancienne à laquelle je suis attaché.

Ensuite, 1 chanson de Charles d'Anjou, roi de Naples et des Deux-Siciles, comte de Provence (1226-1285), frère de St Louis, grand protecteur des arts qui fit de son royaume de Naples et de la Provence des centres artistiques de premier plan ; il fit réaliser le "Chansonnier du Roi", l'un des plus importants manuscrits de chansons de cette époque ; il fut plutôt un mécène qu'un poète ou compositeur, mais il a laissé néanmoins quelques chansons. "La plus noble emprise qui soit" est un lai dans lequel Charles s'adresse à sa bien-aimée, la priant d'accepter son amour. Un très beau morceau chanté à une seule voix masculine, lent et doux, où la voix tient le premier plan. Texte en langue d'oïl (Charles est un prince français, il ne parle pas le provençal).

Puis 1 chanson de Guillaume VII de Poitiers, duc d'Aquitaine (1071-1127), qui est la plus ancienne de toutes celles présentées ici. Guillaume est un très puissant seigneur, grand-père de la célèbre Aliénor d'Aquitaine et grand troubadour. "Pos de chantar" est un "planh", ou "plainte" écrite à l'occasion d'un pélerinage à St Jacques de Compostelle. Chanté ici à une voix féminine, c'est une merveille de chant médiéval de culture d'oc, tout en subtilités et lenteur qui expriment les sentiments. Texte en langue d'oc.

Vient tout de suite après l'une de mes favorites, 1 chanson de Conon  de Béthune, régent de l'Empire (mort vers 1220). Fils de Robert V comte de Béthune, apparenté aux maisons de Hainaut et de Flandre, il est le protégé du comte Baudouin de Flandre ; quand celui-ci est élu à la tête de l'empire latin de Constantinople, Conon devient sénéchal, puis régent de l'empire. Il fait partie des plus grands trouvères, avec des chansons souvent caustiques ou humoristiques, parfois emprunte de misogynie. "L'autrier avint en cel autre païs" est à nouveau un débat, une joute verbale entre un chevalier et sa dame, sur un ton très humoristique ; un grand plaisir, avec une musique très agréable et rythmée. Texte en langue d'oïl.

La dernière est 1 chanson de Richard Ier Coeur de Lion, roi d'Angleterre (1157-1199). Souvent chanté par les troubadours, on ne peut lui attribuer que deux chansons, dont celle-ci qui a conservé sa mélodie. Elle a pour thème un appel pour payer la rançon du roi, qui est retenu prisonnier par le duc d'Autriche au retour de la 3e croisade. "Ja nul hons pris ne dira sa raison", dite aussi "Rotrouenge du captif", est une rotrouenge, très belle chanson douce à une voix masculine que l'instrument ne fait que soutenir. Belle et émouvante, cette chanson dans laquelle le roi reproche à ses proches et barons de tarder à payer sa rançon. Texte en langue d'oïl.

 

Le livret présente les auteurs et donne les textes des chansons, rapidement traduits en trois langues (français contemporain, anglais et allemand). Cela permet d'apprécier aussi les paroles, même quant on ne comprend pas le français médiéval ou le galicien. Ce CD est un bon moyen de faire connaissance avec le chant médiéval.

Enfin, les instruments sont limités : flûtes à bec médiévales, luth oriental (ûd), percussions (tambour, tambourin), vièle à arc, luth médiéval, guitare sarrasine, orgue portatif et haubois à capsule.

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Published by Ankh-Neferkheperourê - dans Temple d'Hathor - Musique
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