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  • : Ankh-Neferkheperou-Rê
  • Ankh-Neferkheperou-Rê
  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
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Papyrus éphémère

 

 

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Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 15:39

Marchander fait partie de la culture de nombreux pays, dont l'Egypte. C'est souvent un peu difficile au départ pour nous autres Occidentaux qui n'y sommes pas (en fait : plus... ) habitués. Mais dès qu'on en comprend les règles de fonctionnement, on entre dans le jeu. Souvent, ce sera l'occasion d'entrer en contact avec la population. Pour peu que vous preniez le temps et vous éloigniez un peu des artères les plus touristiques, vous verrez que de nombreux marchands se mettront à discuter. Ne soyez pas gêné et ne pensez pas que vous faites du tort à votre interlocuteur (à moins bien sûr d'exagérer...) ; dans les pays où la coutume est de marchander, une bonne transaction est une transaction où on a bien négocié. C'est un rituel social autant qu'une transaction commerciale. Très souvent, vous verrez qu'à la fin, si vous avez bien mené la négociation, le marchand vous le dira...

Première erreur à ne pas faire : s'extasier à grand bruit devant une marchandise, du genre "ah, j'en ai toujours rêvé ! / c'est magnifique ! / c'est génial ! ", etc. Là, vous serez repéré aussitôt comme un néophyte et vous allez avoir toutes les chances de payer cher un produit lambda. Restez le plus impassible que vous pourrez ; je sais, c'est dur au début, mais indispensable si vous voulez pouvoir négocier. L'une des astuces de mes parents, par exemple, consiste à regarder d'abord un produit de qualité médiocre, de faire la fine bouche pour montrer qu'on n'est pas dupe, et ensuite seulement s'intéresser au produit qu'on a repéré du coin de l'oeil.

En gros, la négociation se déroule comme suit : l'air de rien, vous repérez le produit qui vous intéresse ; vous évaluez sa valeur marchande, en tout cas la somme maximale que vous êtes prêt à payer. Le marchand va annoncer un premier prix, d'autant plus élevé que vous aurez du mal à cacher que vous êtes un touriste. Vous lui proposez alors un prix en-dessous de la somme que vous êtes prêt à payer. La négociation peut commencer. En général, le rituel comprend des phases assez cocasses : vous dites que c'est trop cher, il se plaint que vous êtes dur en affaires et qu'il ne gagnera pas sa vie avec ce que vous proposez, vous faites mine de partir vers une autre boutique, le marchand vous rattrappe et revoit son prix à la baisse, etc. Le but est d'arriver à un prix intermédiaire entre le premier prix qu'on vous a annoncé et le prix inférieur que vous avez proposé. Si vous achetez plusieurs produits dans une même boutique, négociez en conséquence un prix global, comme l'avait indiqué notre amie Sheryne. Pour un objet d'une certaine valeur et d'une certaine qualité, sachez qu'il vous faudra prendre le temps ; prendre le temps peut vouloir dire 30 ou 40mn... Quelquefois, le ton peut monter : ne vous inquiétez pas, ça fait partie du jeu ; d'autres fois, on vous proposera de vous asseoir et de boire un thé, souvent même on se mettra à vous parler de la pluie et du beau temps... avant de revenir bien entendu à la négociation.

Bon, ensuite, il ne faut pas non plus exagérer. Inutile de chipoter des heures sur un produit dont le prix est relativement modique et qui pour vous est un plaisir, ou un plaisir à offrir au retour ; même si vous avez conscience que ça ne vaut sûrement pas le prix que vous le payez, n'oubliez pas que vous venez d'un pays riche... Un marchand Egyptien ne vendra jamais à perte, tout comme ici en France, mais il faut garder une juste mesure. Ne vous attendez pas non plus à ce qu'un produit de grande qualité vous soit vendu une misère parce que vous êtes en Egypte ; sachez évaluer en fait la marchandise qu'on vous propose.

Autre conseil, faire d'abord un tour pour regarder ("ashuf, bass !" , je regarde juste, vous vous souvenez ? ) et repérer les boutiques où les produits sont de qualité satisfaisante. A moins de tomber sur l'objet exceptionnel, ne jamais acheter dès la première boutique ! On a aussi plus de chance d'obtenir un prix intéressant en soirée (les marchés restent ouverts très tard le soir, jusque vers 1h00-2h00 du matin à Louqsor, par exemple, il me semble), qu'en début de journée, ce qui semble logique.

Conseil concernant l'argent : d'abord, ne changez pas trop d'argent en livres égyptiennes, les marchands acceptent pratiquement tous et préfèrent en général les devises étrangères ; le change se fait au taux du jour, ce qui peut varier durant votre séjour ; quand je suis allé en Egypte en 2004, ils étaient friands d'euros ; sinon, prendre des dollars US (beurk !)... Ensuite, ça je l'ai appris en observant mon père, ne jamais mettre tout son argent au même endroit ; séparer vos billets en petites sommes que vous aurez dans différentes poches ; par exemple. De cette façon, vous montrez par exemple votre portefeuille ou votre porte-monnaie en disant que vous n'avez que ça sur vous. Le marchand ne sera pas dupe, il vous le dira d'ailleurs ; là, vous pouvez rire, mais tenez bon, et si la négociation arrive à son terme, sortez d'autres billets d'une autre poche. L'erreur du débutant, c'est de sortir une liasse de billets pour payer ; là, comme on dit, vous êtes "cuit" !

Dernière chose, dont nous avons déjà parlé : la plupart des commerçants parlent au moins français ou anglais à côté de l'arabe, en tout cas se débrouillent très bien pour se faire comprendre et vous comprendre. Parler ne serait-ce que quelques mots d'arabe présente un double avantage : votre interlocuteur sera content de rencontrer un visiteur qui fait l'effort de parler en arabe et cela a toutes les chances de changer le rapport humain ; là encore,  c'est assez logique : nous-mêmes nous sommes contents quand des touristes étrangers font l'effort de parler un peu en français. Attention en ce qui concerne les chiffres, soyez sûr de vous avant de vous lancer à négocier le prix en arabe : apprenez bien vos chiffres, au pire si vous ne vous sentez pas de les prononcer, apprenez à les écrire, ça n'est pas difficile !

Un exemple de petite conversation de négociation :

Be kam ?  Combien (ça coûte) ?
Khamsîn genîh ! 50 livres !
Lâ, da ghâli 'awi ! Momken talatîn? Non, c'est très cher ! 30 (livres), c'est possible ?
Lâ, mesh momken !  Arbaîn... Non, ça n'est pas possible ! 40...
Lâ, ma'aya talatîn bass... Non, je n'ai que 30 (livres) sur moi...

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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 21:19

"Mon coeur est devenu capable de toute forme :

Il est une pâture pour les gazelles,

Et un couvent pour les moines [chrétiens],

Et un Temple pour les idoles, et la Ka'aba du pèlerin,

Et les tablettes de la Torah, et le livre du Coran.

Je suis la religion de l'Amour : partout où se dirigent ses montures,

L'Amour est ma religion et ma foi."

 

(Abu Bakr Muhammad Muhyi ad-din Abu 'Abd-Allah Ibn al-'Arabî , dit Ibn 'Arabî, 1165-1240, sage andalou, Turjman al-Ashwaq )

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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 18:40

L'horreur se poursuit plus que jamais au Liban, avec ce matin le bombardement par les troupes israeliennes du village de Cana ; les chiffres officiels annoncent au moins 50 victimes civiles, dont une majorité de femmes et d'enfants. Dans la nuit de samedi à dimanche, des raids de l'armée israelienne ont détruit la route reliant Beyrouth à Damas, achevant de couper le pays de toute communication avec l'extérieur et piégeant un peu plus les civils, dont presque un million de personnes déplacées chassées par les combats.

Dans le même temps, Ehud Olmert ose affirmer, devant les protestations qui commencent à s'élever de toutes parts, qu'Israel n'est "pas pressé de parvenir à un cessez-le-feu" et exige de pouvoir poursuivre l'aggression du Liban alors qu'un cessez-le-feu commence à être exigé par la communauté internationale. Comment peut-on encore respecter un tel homme ? Quant à Condoleeza Rice, elle préfère se faire discrète au Liban et regagner Jérusalem ; éloquent !

Voilà la sordide réalité de cette guerre d'aggression : le massacre d'innocents sous des prétextes fallacieux ! Nous avons laissé faire en Bosnie, nous avons laissé faire au Rwanda : combien de temps laisserons-nous faire au Liban et en Palestine ? Ne détournez pas les yeux : et si c'étaient vos enfants et vos petits-enfants qui mouraient sous les bombes ? (Massacre de Cana, photo AFP).

Le Premier Ministre libanais, dénonçant "les criminels de guerre israéliens", exige de son côté "un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, ainsi qu'une enquête internationale sur les massacres israéliens au Liban." Malheureusement, on doute que cette enquête puisse avoir lieu : qui osera dénoncer publiquement les crimes de l'armée israelienne quand pèse la menace d'une accusation d' "antisémitisme" ?

Hier, des manifestations ont enfin eu lieu dans divers pays ; timides, certes, et dont le nombre de participants a été largement minimisé. Dans de nombreuses villes de France, des anonymes indignés sont descendus dans la rue pour crier leur refus de laisser faire : vous aurez remarqué l'étrange mutisme des médias... La mobilisation devient urgente. D'autant que le gouvernement israelien, qui se plaint de la mauvaise image qu'il a auprès des médias et des populations d'Europe, et qui se plaint aussi d'un soi-disant parti-pris pro-arabe, s'apprête à envoyer des personnalités telles que Shimon Perez faire une tournée de séduction dans divers pays européens : préparons-nous à dire non à cette mascarade et à protester contre le fait que nos gouvernements reçoivent ces émissaires !

Enfin, le président de la République, Jacques Chirac, se décide enfin à sortir de son double langage , même si son attitude manque à mon sens de fermeté. Il a affirmé que la France n'était pas solidaire des positions américaines (il était temps !) et exigeait un cessez-le-feu sans conditions avant le déploiement d'une force internationale qui ne soit pas à la botte des USA.

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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 15:56

C'est en 639 que les Arabes font la conquête de l'Egypte, sous le commandement d' 'Amr ibn al-'Âs. En 641, ils fondent Fustat, qui deviendra plus tard le Caire actuel. Dès lors, Le Caire devient le centre politique et culturel de l'Egypte, se couvrant peu à peu de splendides monuments. Le pays est alors placé sous la domination du califat de Damas.

'Amr ibn al-'Âs, conquérant de l'Egypte, d'après un manuscrit persan tardif.

C'est à Fustat que le conquérant, 'Amr, construit sa grande mosquée, et ce quartier restera un centre commercial important jusqu'à la période ayyûbide. Ibn Tûlûn, un Turc qui administre l'Egypte au nom du calife 'Abbâside de Baghdad, est le premier gouverneur à se séparer du califat 'abbâside et fonde à côté de Fustat une nouvelle villle de garnison, al-Qata'i', ainsi qu'une nouvelle grande mosquée monumentale.

Abu 'Ubeid Allah, un Fâtimide, prend l'Egypte en 909, mais en est rapidement chassé par le gouverneur Mohammed ibn Toughdj al-Ikhshîd, représentant du calife de Baghdad. Ce gouverneur fonde en 934 la dynastie Ikhshîde et se sépare du califat de Baghdad.

En 969, les califes Fâtimides, des shiites venus du Maghreb, conquièrent l'Egypte et étendent leur domination jusqu'à la Syrie, qui sera l'un des foyers importants d'échanges artistiques. Ils fondent al-Qahira, l'actuelle ville du Caire, en englobant les fondations précédentes, et en font la capitale de leur empire. C'est une des étapes majeures du développement de l'architecture musulmane égyptienne, avec la généralisation des constructions de pierre.

A la fin du XIe s., le déclin des Fâtimides est accéléré par la conquête de la Syrie par les Seldjukides et la guerre avec les croisés chrétiens. Les croisés atteignent al-Qahira en 1168, puis Salâh ad-Dîn ibn Ayyûb, appelé Saladin en Occident, prend le contrôle de l'Egypte en 1171 ; en 1174, il fonde une dynastie syro-égyptienne puissante, les Ayyûbides, construit une citadelle à al-Qahira et étend la ville. Les Ayyûbides, en dehors des travaux de fortification, auront le souci de construire également des madrasa pour la promotion du sunnisme. C'est à cette époque que se développe en Egypte le type de construction à îwân, inspiré par la Syrie et l'Asie Centrale.

Salâh ad-Dîn ibn Ayyûb, dit Saladin.

La dynastie des Mamlûks, à l'origine gardes turcs des Ayyûbides, s'empare du pouvoir en 1250. Sous cette dynastie, la paix, retrouvée après l'arrêt de l'invasion mongole au Proche-Orient et l'expulsion définitive des croisés, permet un développement culturel considérable et un ensemble de constructions qui font du Caire l'une des plus belles villes du monde musulman. Les princes Mamlûks multiplient les fondations pieuses et érigent de superbes mausolées.

L'Egypte était prospère grâce au contrôle absolu qu'elle exerçait sur le commerce transitant par la Mer Rouge. Ce monopole cesse avec la découverte par les Occidentaux, en 1498, de la nouvelle route maritime contournant l'Afrique par le cap de Bonne Espérance. En 1517, le sultan ottoman Selim Ier conquiert l'Egypte et al-Qahira perd son rôle de capitale. Sous la domination ottomane, l'Egypte sera gouvernée par des Bey au nom du sultan ottoman. Les constructions se font moins nombreuses jusqu'au XIXe s.

Muhammad 'Alî, gouverneur puis vice-roi d'Egypte.

Après l'occupation du pays par la France suite suite à l'expédition de Bonaparte, de 1798 à 1801, le sultan ottoman reprend le contrôle de l'Egypte avec l'aide des Anglais et Muhammad 'Alî (appelé aussi sous son nom turc Mehemet Ali), nommé gouverneur en 1806, fait massacrer les derniers Mamlûks. Muhammad 'Alî tenta de s'affranchir de la domination ottomane, mais se heurta à l'alliance de celle-ci avec les puissances occidentales. En 1841, il obtient la vice-royauté héréditaire de l'Egypte, sous suzeraineté ottomane. Muhammad 'Alî et ses successeurs vont relancer une grande activité architecturale, en particulier en développant à l'ouest de la vieille ville du Caire de nouveaux quartiers où l'influence occidentale est très forte. L'influence occidentale est un des traits caractéristiques de cette dernière dynastie.

Les grandes périodes
période califale  639-661

période Umayyad

(ou Omeyyade)

 661-750
période 'Abbâside 750-868
période Tûlûnide 868-906
période Ikhshîde 934-969
période Fâtimide 969-1171
période Ayyûbide 1171-1250

période Mamlûk

(ou Mamelouke)

1250-1517
période Ottomane 1517-1805
Muhammad 'Alî et ses successeurs 1805-1953

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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 22:06

Qui ne connaît pas le Taj Mahal, joyau de marbre édifié par le souverain moghol Shah Jahan de 1632 à 1648 ? C'est une des merveilles de l'architecture moghole en Inde, un bijou qui a beaucoup à raconter, tant sur son histoire propre que sur celle du pays.

Le Taj Mahal se trouve à Agra, dans l'Uttar Pradesh, à 200km de New-Delhi, sur les bords de la Yamuna. Il a été érigé par deux architectes persans, Ustad Ahmed et Ustad Hamid. Il se présente comme un édifice central fidèle aux traditions des mausolées musulmans, avec une enceinte dont les angles s'ornent de quatre hauts minarets. Dressé sur une terrasse de grès rose et de marbre large d'environ 100m, il s'élève à 56m de haut. Selon la tradition persane, il est entouré d'un vaste jardin agrémenté de bassins et de fontaines de marbre, de jets d'eau et de canaux. La construction nécessita l'intervention de 20 000 ouvriers et artistes. Pour sa décoration, l'empereur moghol ne recula devant aucun luxe, utilisant les matériaux les plus précieux venus par fois de très loin : le marbre blanc vient de carrières du Rajasthan, mais aussi du jaspe du Penjab, saphirs et lapis-lazuli du Shri Lanka, turquoise et malachite du Tibet, cristal de roche de l'Himalaya, grenats du Gange, cornaline et agate du Yémen, corail de la mer Rouge, onyx de Perse...

Le grand iwân d'entrée.

Détail du décor de l'iwân central.

Détail d'un panneau de l'iwân : fleurs sculptées dans le marbre blanc et frises de marqueterie de pierres semi-précieuses.

Détail montrant la finesse des marqueteries de pierres semi-précieuses.

Un dôme central en oignon compte parmi les plus beaux de l'Inde ; conformément à la tradition, il marque la présence et l'emplacement du tombeau.  Sa base est rehaussée d'un frise comprenant des arcatures. De chaque côté se dressent des dômes plus petits, évoquant des kiosques, de style typiquement moghol. La partie centrale s'ouvre par un superbe iwân, niche ouverte par un grand arc brisé. Tout autour se développe un somptueux décor de marqueterie de marbre et de pierres semi-précieuses, avec des rinceaux de feuillages et de fleurs et des versets du Coran. De chaque côté, deux étages de baies ouvertes par un grand arc brisé, et des angles à pans coupés. La beauté de l'ensemble tient autant à l'harmonie des volumes et des formes qu'à la richesse de l'ornementation. L'architecture moghole atteint ici la perfection. Le monument est d'ailleurs inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO.

On accède par un portail monumental en grés rose et marbre au complexe du Taj Mahal, qui comprend outre le mausolée une mosquée, un bâtiment annexe et des jardins.

Intéressant également sous l'angle de la formation de la culture moghole, le bâtiment mêle diverses influences qui sont parfaitement intégrées les unes aux autres. On trouve ainsi des éléments résoluments persans, comme le grand iwân central, des éléments classiques de l'architecture arabe comme le grand dôme et les minarets d'angle, des éléments moghols dans la décoration et la forme des coupoles latérales ou celles qui coiffent les minarets, mais ces coupoles témoignent aussi de l'influence ottomane ; enfin des éléments indiens surtout sensibles dans le décor. Ainsi, le Taj Mahal est une oeuvre de synthèse, la synthèse que parviennent à opérer les Moghols entre les diverses influences venues du monde arabo-persan pour créer un art musulman original en Inde.

La belle Mumtaz Mahal...

... et l'empereur Shah Jahan.

Le mausolée a été édifié par Shah Jahan (1592-1666) en mémoire de son épouse favorite, Arjumand Bânu Begam, plus connue sous le nom de Mumtaz Mahal, morte prématurément en couches en 1631. Mumtaz Mahal était la 3e épouse de l'empereur moghol, mais elle devint son épouse favorite ; on dit qu'elle était d'une grande beauté. Les amours de Mumtaz Mahal et Shah Jahan sont entrés dans la légende parmi les plus belles histoire d'amour de l'Inde.

Shah Jahan et sa cour.

L'histoire de Shah Jahan est elle-même tragique. Monté sur le trône en 1628, il décide de transporter la capitale d'Agra à Delhi, qu'il orne de superbes monuments. Il est pourtant un souverain impopulaire ; pour financer sa politique de construction, il augmente les impôts. En 1657, il tombe gravement malade, la tradition attribue bien entendu cette maladie à la tristesse d'avoir perdu son épouse. Et en 1658, son frère Aurangzeb le renverse et le fait emprisonner au fort d'Agra ; Shah Jahan passe les dernières années de sa vie dans cette prison, dans une chambre donnant, affirme-t-on, sur le Taj Mahal, où il sera finalement inhumé aux côtés de sa favorite. Belle histoire, non ?

Le tombeau de Mumtaz Mahal, orné de marqueterie de pierres semi-précieuses sur marbre blanc...

... et le tombeau de Shah Jahan, pareillement rehaussé de marqueterie.

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22 juillet 2006 6 22 /07 /juillet /2006 17:04

L'ouvrage que je vais vous conseiller aujourd'hui devrait ravir les amoureux de l'Egypte, mais aussi ceux des langues anciennes et de l'histoire des langues. Il s'agit de l'excellent ouvrage de Janice Kamrin, Hiéroglyphes de l'Egypte ancienne, qui porte le sous-titre "Guide pratique - Initiation à l'écriture et à la langue".

Janice KAMRIN, Hiéroglyphes de l'Egypte ancienne, Guide pratique, Initiation à l'écriture et à la langue, illustrations Gustavo Camps, traduit de l'anglais par Dominique Farout, éditions Hermé, Paris, 2005 (pour la version française, édition anglaise 2004). 255p.

C'est en effet un livre tourné vers un aspect pratique, qui le rend facilement accessible, même si on n'est pas un spécialiste en langues. Dans les deux premiers chapitres, on apprend les différents types de signes, les catégories de mots et des notions de grammaire et de syntaxe. Le principes est celui de courtes leçons, expliquées dans un langage simple et clair, ponctuées immédiatement d'exercices pratiques. Les chapitres suivants portent successivement sur les noms et titres royaux, les titres autres que ceux du roi, les formules d'offrandes. Les exercices sont élaborés à partir d'authentiques inscriptions égyptiennes dont les photos sont reproduites, ce qui permet de se familiariser avec ce qu'on trouve sur les monuments. A cela s'ajoutent un chapitre avec des inscriptions permettant d'aborder des notions complémentaires et un dernier chapitre permettant de commencer à aborder des textes complets.

En fin de volume les annexes regroupent les corrections des exercices, une liste de pronoms, la liste des signes hiéroglyphiques, puis un petit lexique égyptien hiéroglyphique / français.

Professeur d'Université, l'auteur parvient à remplir le défi de présenter un ouvrage fiable tout en restant accessible aux non spécialistes. Combien de fois ne sommes-nous pas découragés devant la difficulté de cette langue ancienne ? Un excellent outil pour aborder l'aspect linguistique de la civilisation égyptienne antique, et s'initier peut-être aux hiéroglyphes avant de se rendre en Egypte.

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22 juillet 2006 6 22 /07 /juillet /2006 15:01

Derniers symboles de la royauté égyptienne qui nous seront utiles : la barbe postiche et la queue de taureau.

 

Le roi mésopotamien Hammurabi porte lui aussi une barbe tressée, selon la tradition des peuples sémitiques (stèle d'Hammurabi, XIIe s. av. notre ère, musée du Louvre, Paris).

 

On sait l'importance du port de la barbe dans certaines civilisations antiques, en particulier orientales (par exemple chez les souverains mésopotamiens), qui relève sans doute d'une très ancienne tradition des peuples sémitiques. Le port de la barbe a d'ailleurs gardé une signification forte dans le judaïsme et l'islam.

 

La barbe courte et carrée de Narmer sur sa célèbre palette (vers 2950 av. notre ère, musée égyptien du Caire).

La barbe courte et trapézoïdale de Mykerinos (stèle de Mykerinos avec Hathor et la divinité du nome de Diospolis, vers 2480 av. notre ère, musée égyptien du Caire).

La barbe postiche, dans l'Egypte antique, est portée par les dieux et le roi. Elle les distingue des simples mortels. Il s'agit d'une barbe longue et tressée portée sur le menton et qui était fixée aux oreilles ou au bandeau de la couronne. Elle est elle aussi un symbole de l'essence divine du roi. La barbe royale est droite, alors que celle des dieux est en principe recourbée en bas ; cette règle n'est pas toujours respectée selon les époques. De plus, le roi défunt porte la barbe recourbée, car il apparaît alors sous sa forme divinisée. La forme et la longueur de la barbe postiche connaîtra des variantes selon les périodes : courte et carrée aux époques les plus anciennes, puis rectangulaire, trapézoïdale ou cylindrique par la suite.

 Barbe trapézoïdale de Ramsès II à Abu Simbel.

Barbe tressée cylindrique du masque funéraire de Toutankhamon. La barbe est recourbée, signe en principe réservé aux dieux, ce qui peut surprendre au premier abord : mais il s'agit ici du roi défunt, donc divinisé, nouvel Osiris en quelque sorte.

Enfin, la queue de taureau est attachée à la ceinture du roi. Elle a pour fonction de lui conférer la puissance de l'animal sacré. Il s'agit sans doute, là encore, d'une très ancienne tradition, le culte des bovins comptant parmi les plus anciens dans cette région du monde.

Le roi faisant une offrande à Amon : remarquer la queue de taureau qui pend à sa ceinture, à l'arrière de son pagne (détail de l'une des colonnes de la salle hypostyle du temple de Karnak).

Nous avons à présent tous les éléments en main pour identifier un roi dans les représentations égyptiennes.

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22 juillet 2006 6 22 /07 /juillet /2006 12:58

Parmi les symboles de la royauté dans l'Egypte antique, il nous reste à évoquer les sceptres. Comme dans toutes les civilisations anciennes, le sceptre correspond à une symbolique élaborée qu'il est utile de connaître.

Osiris tenant les sceptres heqa et nekhekh, ainsi que le sceptre ouas (temple de Philae).

Le sarcophage de Toutankhamon portant les sceptres heqa et nekhekh (musée égyptien du Caire, photo Insecula ).

Sceptre heqa de Toutankhamon (musée égyptien du Caire, photo Insecula ).

Sceptre nekhekh de Toutankhamon (musée égyptien du Caire, photo Insecula ).

 

Le roi, vivant ou défunt, porte très souvent deux insignes caractéristiques de la royauté égyptienne, croisés sur la poitrine : le heqa, sceptre en forme de crosse, et le nekhekh, sceptre en forme de fouet ou de fléau (flagellum, selon la teminologie latine). Ces deux insignes sont les attributs d'Osiris, ce qui montre le lien entre le dieu et le souverain égyptien. Si la crosse évoque pratiquement sans équivoque une origine pastorale, dont la symbolique peut évoquer le rôle du roi guidant son peuple, l'origine du nekhekh peut être discutée : certains y voient également une allusion à la conduite des troupeaux ; d'autres l'identifient comme un fléau, qui serait donc lié à la culture des céréales, ce qui donnerait la double symbolique de l'élevage et de l'agriculture, évoquant la prospérité.

Amon tenant le sceptre ouas (temple de Karnak).

Khonsou tenant les sceptres heqa et nekhekh, ainsi que le sceptre ouas rehaussé de l'ankh et pilier djed (temple de Karnak).

Un autre type de sceptre fréquent dans les représentations est le ouas, qui est porté par les dieux aussi bien que par le roi. C'est un long bâton qui se termine à la base par une fourche et dont le sommet s'orne de la représentation stylisée d'une tête de lévrier. Il aurait pour origine un bâton utilisé pour tuer ou capturer les serpents. Le ouas est un symbole de force et de puissance. Ouaset ("Le Sceptre" ou "La Ville du Sceptre") était le nom égyptien de la ville que les Grecs ont ensuite baptisée Thèbes (aujourd'hui Louqsor). Il peut être combiné avec différents symboles (pilier djed, croix ankh, etc.).

Sceptre sekhem de Toutankhamon (musée égyptien du Caire, photo Touregypt ).

Hiéroglyphe sekhem.

Enfin, le roi porte également le sceptre sekhem, qui évoque vraisemblablement un objet à l'origine réalisé en matières végétales. Il est un symbole de l'autorité du roi. Il y a des variantes du sekhem, qui semble être également lié à l'origine à Osiris. Sekhem signifie "pouvoir, puissance", on le retrouve donc dans de nombreux noms, à commencer par celui de la déesse Sekhmet ("La Puissante") ; le hiéroglyphe de ce mot est une représentation du sceptre en question. Le sceptre sekhem est également porté par les vizirs et les personnages de haut rang représentés dans l'exercice de leur charge.

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22 juillet 2006 6 22 /07 /juillet /2006 12:44

Aujourd'hui, je voudrais vous recommander un blog que j'ai découvert il y a quelque temps déjà et sur lequel je me rends régulièrement pour des moments de réel bonheur : Harenatoche , le blog de Renata.

Renata s'exprime par la photo, et elle le fait avec un grand talent. Elle nous ouvre les portes d'un monde que nous n'avons pas l'habitude de voir, ou que nous ne prenons pas le temps de voir ; notre monde, mais sous un angle et une dimension différents. Le tout avec énormément de poésie, de sensibilité et d'humour. Renata excelle dans l'art de nous surprendre : quand on reçoit par mail le titre d'une nouvelle photo, on ne sait jamais ce qu'elle va nous faire découvrir. Ses titres ne sont jamais laissés au hasard, ils participent au plaisir qu'elle nous offre. Parfois, elle organise une rencontre entre une citation et une photo. Et au-delà du plaisir visuel, nous amène à réfléchir.

Un blog à découvrir d'urgence pour vous évader un peu et vous dire à chaque visite qu'il y a tant de choses à savoir regarder dans notre monde qui comporte aussi de belles choses. Une grande bouffée d'air pur, très sincèrement !

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21 juillet 2006 5 21 /07 /juillet /2006 04:06

Sur les fresques, les reliefs et les statues, le roi ou un dieu est représenté portant diverses couronnes ou divers couvre-chef, dont il est intéressant de connaître le nom et la symbolique avant de visiter l'Egypte.

 

Osiris portant la couronne Atef (temple de Philae).

La couronne Atef, mitre blanche dotée souvent de cornes de bélier à la base, est reconnaissable au fait qu'elle est flanquée de deux hautes plumes. Elle coiffe souvent les représentations d'Osiris, d'Amon ou du roi lui-même, ce qui bien entendu souligne la fonction royale d'essence divine.

 

 Roi portant le khepresh.

 

La couronne Khepresh, bleue et réalisée sans doute en cuir ou en peau d'autruche, symbolise le roi triomphant de ses ennemis. Il la porte souvent dans les scènes guerrières, mais pas exclusivement.

 

Le célèbre masque funéraire de Toutankhamon représente le roi portant le nemes, avec sur le front le vautour et le cobra des déesses protectrices du Double Pays.

Le Nemes est le couvre-chef le plus courant, qui peu être porté sous une couronne. Il consiste en une pièce d'étoffe rayée dont deux pans retombent de chaque côté du visage et dont le pan arrière est noué. Le roi, défunt ou non, le porte souvent dans les scènes d'offrande.

 A gauche, Horus portant le pschent, la double couronne, et à droite le roi portant le mortier rouge seul.

Enfin, le Pschent, ou double couronne, symbolise le pouvoir du roi sur les deux parties de l'Egypte, après l'unification réalisée par Narmer : la mitre blanche, ou hedjet, représente la Haute-Egypte, tandis que le mortier rouge, ou desheret, représente la Basse-Egypte. Cette double couronne est celle que porte le souverain le jour de son couronnement et lors des fêtes jubilaires.

 

Le bandeau seshed en or de Toutankhamon.

On trouve aussi le bandeau Seshed, bandeau d'orfèvrerie dans lequel l'uraeus s'enroule autour de la tête. C'est un insigne de royauté.

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