Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Ankh-Neferkheperou-Rê
  • Ankh-Neferkheperou-Rê
  • : Pas de sujet précis, mais un ensemble de rubriques, qui évolueront avec le temps. Même si un accent particulier est mis sur l'Egypte. Ce qui compose mon univers et que je souhaite partager... Des passions, des coups de coeur et des coups de gueule, des ré
  • Contact

Papyrus éphémère

 

 

Création et cadeau de Theti

 

 

 

Fouiller

Texte Libre

 

 

 

 

 

  

Message des Scribes d'Ankhneferkheperourê :

 

Fermeture définitive de la Cité dimanche 27 mai 2007.

Vieux Papyrus

Notre Cité

21 juillet 2006 5 21 /07 /juillet /2006 02:03

Nous allons parler en quelques articles du souverain égyptien, et d'un certain nombre de symboles qui lui sont attachés. Cela permet de comprendre en particulier les reliefs présents sur les monuments, mais aussi les fresques des tombeaux.

Tout d'abord, rappelons que le terme de "pharaon" est tout à fait impropre, puisqu'il vient de la tradition biblique et non de l'Egypte elle-même. Jamais les anciens Egyptiens n'ont qualifié leurs souverains de "pharaons". Ce terme dérive de l'égyptien Per-aâ, qui désignait à l'origine le Palais royal et l'ensemble de ceux qui y vivaient et travaillaient, en quelque sorte le souverain et sa cour ; ce n'est que sous le Nouvel Empire que le terme a commencé à désigner plus spécifiquement le souverain lui-même.

En règle générale, le roi d'Egypte était qualifié de n(y)-sw.t , que l'on peut traduire par "roi" ; on trouve l'expression n(y)-sw.t bjty, qui l'identifie comme roi de Haute et Basse Egypte.

On l'appelait aussi couramment jty (de jt signifiant "père"), que l'on traduit généralement par "souverain", mais qui marque bien le lien qui unit le roi à son peuple (un peu comme l'empereur romain sera plus tard le "Pater populi", le "père du peuple").

Le terme hm, traduit par "Majesté", apparaît dans des expressions équivalentes à "sa majesté", etc.

Enfin, le terme de neb, traduit par "maître" ou "seigneur", se retrouve également dans un certain nombre d'expressions liées au souverain, comme neb taouy , "Seigneur du Double Pays".

Repost 0
20 juillet 2006 4 20 /07 /juillet /2006 20:11

ايهاب توفيق

Son nom en arabe ; pour ceux qui apprennent l'arabe, vous pourrez vous amuser à identifier les lettres !

Comme promis, et plus particulièrement à mon amie Sheryne, voici un article sur Ehab Tawfik, un des grands noms de la chanson égyptienne d'aujourd'hui. Non seulement il est une star dans son pays, mais aussi dans le monde arabe et même au-delà.

 

De son vrai nom 'Îhâb Ahmad Tawfîq, il est né au Caire dans une famille qui va reconnaître et accepter sa vocation artistique.  Il commence à chanter dans son école à l'âge de 9 ans, et c'est à cet âge là aussi qu'il apprend à jouer du ûd. Plus tard, il fait des études universitaire de musique au Caire, obtenant un « Master Degree » pour son mémoire sur « La chanson égyptienne dans la seconde moitié du XXe siècle », puis obtient en 2002 un doctorat en musique et chant arabe, consacrant sa thèse à la chanson égyptienne de la même période.

 

Il a été beaucoup influencé par le style pop égyptien (al-jil) du chanteur d'origine libyenne Hamid el-ShaeriLes chansons d'Ehab, en dialecte égyptien, parlent d'amour, bien sûr, mais aussi des relations humaines et du quotidien. Chanteur de talent, à la voix chaude, Ehab a su faire redécouvrir à la jeunesse arabe son héritage musical tout en le modernisant. Ainsi, il a permis à la musique égyptienne de dépasser l'aspect folklorique sans perdre son authenticité, et de lui faire largement dépasser les frontières du monde arabe.

L'album Habeeb el-'alib (2001).

Comme d'autres artistes égyptiens, Ehab Tawfik se soucie aussi du monde qui l'entoure et n'hésite pas à s'engager dans des causes humanitaires. En 2001, il donne un concert devant 50 000 personnes au profit de la population irakienne, alors que sévit la guerre du Golfe. Il a également pour projet de réunir des fonds pour construire des écoles pour les enfants irakiens victimes de la guerre, en partenariat avec l'UNESCO.

 

L'album Habibi We Nour Ainoh.

Mesdames, vous pouvez vous mettre sur les rangs : le bel Egyptien est célibataire ! Mais dépêchez-vous, car des rumeurs annoncent qu'il serait amoureux...

Carnaval Clip, une compilation de ses meilleurs video-clips...

Je vous parlerai plus particulièrement de son dernier album en date, Hobbek 'Alemni, sorti en 2005, et qui est un régal. L'album commence par l'excellente chanson "Ya Salam", caractéristique du style d'Ehab ; on y retrouve l'art des percussions égyptiennes, inégalées dans tout le monde arabe, et le choeur répondant au soliste, dans un ton résolument moderne sans tomber dans l'occidentalisme ; une chanson à écouter d'urgence quand vous avez une petite baisse de moral : le sourire égyptien version musicale ! Ensuite vient "Heya naksak", avec son intro à percussions et flûte qui assimile la tradition ; la chanson, qui a parfois des accents de musique égyptienne "rétro", adopte un rythme résolument pop orientale, tout aussi entraînant que la précédente. "Kem youm" est une chanson dans laquelle Ehab donne la mesure de sa maîtrise des traditions vocales, tout en créant une atmosphère qui lui est propre, une pop égyptienne plus douce que les précédentes. J'adore "Adda alayia", très bon exemple de cette pop égyptienne qui mêle tradition et modernité avec talent, aux accents de baladi, avec une voix extraordinaire. "Albi fe hera" explore le registre de la chanson douce, dont elle renouvelle le genre sous certains aspects. "El-Habeeb elghali", que j'adore également, est elle aussi caractéristique de cette pop égyptienne qui assume son héritage musical, rythmée et ponctuée par un choeur. "Anani" joue la carte de la rencontre entre la chanson "rétro" de l'époque des grandes stars du passé, qui se marie admirablement avec des sons actuels, un vrai régal là encore. "Hobbek alemni", qui donne son nom à l'album, est une chanson douce, sorte de "slow" qui arrive moins à me convaincre, même si la voix d'Ehab est très belle ; question de goût... mais j'y vois un côté plus "commercial" malgré tout, où l'influence occidentale est moins bien assimilée, car trop présente.

Le dernier album, Hobbek 'Alemni (2005) : un vrai coup de coeur.

En tout cas, Hobbek 'Alemni est un album à découvrir d'urgence si vous ne le connaissez pas encore.

Le site officiel d'Ehab Tawfik étant encore en cours de construction, je vous donnerai le lien dès qu'il sera disponible. 

Repost 0
20 juillet 2006 4 20 /07 /juillet /2006 17:06

Le nom du chat nous vient du bas-latin "cattus", qui désignait le chat sauvage d'Europe, dont quelques individus survivent encore. L'origine du chat domestique est encore sujet à controverses, mais le chat domestique occidental, Felis silvestris Cattus,  est essentiellement issu d'un croisement le  Felis silvestris libyca, le chat ganté d'Afrique, et le Felis silvestris silvestris, le chat sauvage européen.

Des fouilles françaises menées à Chypre sur le site néolithique de Shillourokambos ont réservé en 2004 une découverte étonnante : à côté de la tombe d'un homme, à quelques centimètres de celle-ci, fut exhumée la tombe d'un jeune chat, associée à la précédente. Au VIIIe millénaire avant notre ère, les habitants de ce village néolithique consommaient couramment des chats sauvages, mais le félin inhumé semble indiquer un début de domestication. Cela remet en question l'idée que le chat a été domestiqué en Egypte, où il est attesté depuis le Ve millénaire avant notre ère. On peut penser que la domestication du chat s'est faite au Proche-Orient parallèlement au développement de l'agriculture, avec le souci de protéger les récoltes des rongeurs.

C'est cependant bien la civilisation égyptienne qui va faire du chat un compagnon de l'homme et le répandre dans tout le monde méditerranéen. Attesté en tant qu'animal domestique dès les alentours de 4000 avant notre ère, le chat sera même déifié par les Egyptiens sous la forme de la déesse chatte Bastet, dont le culte connaîtra un grand développement à l'époque tardive. On a retrouvé dans les lieux de culte de la déesse de nombreuses momies de chats. Attention, si certains chats jouissaient d'un traitement de faveur, d'autres étaient rituellement sacrifiés puis momifiés et offerts par les fidèles à la déesse, aspect que l'on oublie souvent.

Puis les Grecs, entrés en contact avec l'Egypte, adoptèrent à leur tour le chat domestique. A partir du IIe s. avant notre ère, il est un animal courant dans les demeures grecques. Aristophane mentionne le succès des ventes de chats sur les marchés d'Athènes. C'est sans doute à cette époque que le chat africain d'origine est croisé avec le chat sauvage européen.

Enfin, le chat devint un compagnon de choix dans les classes aisées de Rome, favorisant sa diffusion dans tout l'Empire. Il est un signe de raffinement. Dès lors, l'usage se répandit progressivement chez les populations de l'Empire d'avoir des chats domestiques.

Après cette faveur dans l'Antiquité, le chat va connaître une période sombre avec l'arrivée du christianisme. Associé au diable et aux sorcières, le chat continue à exercer sa fonction de chasser les rongeurs, mais subit de terribles persécutions. Des coutumes barbares, qui perdureront longtemps, consistaient à brûler des chats sur des bûchers lors de certaines fêtes religieuses. Cette coutume se retrouve à Paris au XVIIe s., où des chats vivants sont précipités dans les flammes des feux de la St Jean !

Mais déjà un certain nombre de grands personnages, sans doute sous l'influence des modes orientales, contribuent à réhabiliter le chat. Le cardinal de Richelieu avait ainsi un superbe chat blanc dont il ne se séparait jamais. Nicolas Claude Fabri de Peiresc, le grand humaniste provençal, avait lui aussi, vers la même époque, une passion pour les chats ; Bonaffé note au sujet de son Cabinet de curiosités : "La police était faite par une armée de chats pour lesquels Peiresc professait une délection particulière; c'étaient les conservateurs de sa bibliothèque." C'est d'ailleurs Peiresc qui va introduire en France le chat angora, dont le premier individu sera ramené dans sa bastide de Belgentier, dans la région toulonnaise.

L'époque romantique va faire du chat l'un de ses animaux fétiches. Il devient alors le compagnon des écrivains et des artistes, fascinés par son côté mystérieux. Les persécution sont désormais bien loin, et nos matous coulent des jours paisibles, appréciés à leur juste valeur par de nombreux amateurs.

Repost 0
18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 17:25

"Souviens-toi d'ailleurs, pour tout motif de chagrin, d'user de ce dogme : ceci n'est pas une malchance, c'est une chance de le supporter avec courage."

 

(Marc Aurèle, Pensées, IV-49)

Repost 0
17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 12:04

Vous n'avez pas senti le niveau de la mer monter d'un coup ? - Le premier qui répond "oui", je le fracasse, comme on dit ! hihi !

Ca y est, ce week-end, j'ai enfin pris mon premier bain de mer de l'année. Il y avait longtemps que l'eau n'avait pas été aussi chaude sur la côte varoise - non, ce n'est pas dû au nombre de touristes qui font pipi dedans, les mauvaises langues ! Avec la chaleur que nous avons en ce moment, c'est un régal, et on arrive encore à trouver des plages où on n'a pas l'impression de faire partie d'une bande d'otaries échouées... Grand merci à Neptune pour sa clémence qui nous permet de nous rafraîchir un peu.

Jamais de ma vie je n'ai été aussi blanc que cette année. D'habitude à cette période, ma peau a déjà pris cette couleur mate qui me vient de mes ancêtres. Enfin, erreur en cours de réparation, tout cela commence à prendre une teinte un peu plus civilisée, puisque je suis déjà passé en quelques heures de la couleur pain-pas-tout-à-fait cuit à celle de pain-d'épices-qui-commence à cuire, sans passer par la case rouge-homard !

La mer, c'est un plaisir depuis que je suis tout petit, normal quand on est né au bord de la Méditerranée. Ma soeur et moi avons appris à nager pratiquement en même qu'à marcher. Attention, pas pour rester sur la plage à se faire dorer pendant des heures : pour nager ! Les gênes ne se sont que partiellement transmis à mes nièces ; circonstance atténuante : elles vivent en Charentes et sont plus habituées à la piscine... Bon, elles n'en sont quand même pas rendues au point de mes cousins parisiens, qui sortaient de l'eau en courant dès qu'il y avait une vague - ce qui, bien entendu, nous amusait beaucoup ! Mais tout de même, ça fait quelque chose de voir que la tradition familiale du lien avec la mer est rompue... Enfin...

Repost 0
15 juillet 2006 6 15 /07 /juillet /2006 12:26

Aujourd'hui, nous allons voir un peu de vocabulaire qui peut être utile dans les soukh et les boutiques. Même si vous ne dites que quelques mots en arabe et que rapidement vous manquez de vocabulaire, ne vous inquiétez pas : ce sera apprécié, car vous aurez fait un effort que ne font pas la plupart des touristes.

Un touriste, justement, se dit sâyeH (masculin) / sâyHa (féminin). Pour faire comprendre que vous n'êtes pas un visiteur qui se déplace en troupeau, ou dans une boutique que vous n'êtes pas un néophyte en matière de négociation, vous pourrez employer l'expression : ana mesh sâyeH / ana mesh sâyHa !

mesh signifie "pas / ne pas" et est employé très couramment pour la négation en dialecte cairote.

ana mabsût (masculin) / ana mabsûta (féminin) signifie "je suis content (e) ". Pour dire "je suis très content", on dira ana mabsût 'awi.

ana za3lân (masc.) / za3lâna signifie "je suis fâché (e) " ; en général, le rituel de la négociation dans les boutiques comprend un moment où on fait mine de s'en aller, de ne pas être satisfait. Mais à utiliser en montrant bien qu'on plaisante, pour ne pas heurter son interlocuteur, hein...

shuf ! signifie "regarde ! " ; shuf da ! , c'est "regarde ça !". Momken ashuf ? veut dire "je peux regarder ?". Pour dire qu'on regarde juste, sans intention d'acheter, on peut dire ashuf, bass !

al-fulûs (le premier -u est très bref, on entend presque "flûs", ce qui a été adapté en français par "flouze" ), c'est l'argent. Par contre, al-fakka, c'est la petite monnaie, ou la monnaie qu'on rend. La monnaie égyptienne est la livre, qu'on appelle al-ginê en égyptien (sans doute un reste de l'influence britannique et de sa "guinée", monnaie aujourd'hui disparue).

mafîsh fulûs ! signifie "(je n'ai) pas d'argent" ; rassurez-vous, on ne vous croira pas !  On peut dire aussi ma3andîsh fulûs, je n'ai pas d'argent. Mafîsh (orthographié aussi mafeesh) est une expression typique d'Egypte et du Mashreq qui signifie "il n'y a pas" ; en arabe littéral, on dit mafî. Mafîsh mushkela signifie "pas de problème" (mafî mushkila en arabe littéral). Ma- est également une négation.

kam ? signifie "combien ? ". Bekam al-gallabeyya ? veut dire "à combien est la gallabeyya ?" ; on vous répondra : be ... ginê, "à ... livres", et là commencent les négociations !

khalâs signifie "cest tout / ça suffit" ; selon le ton que vous employez, ce mot vous permettra de dire que c'est tout ce que vous voulez acheter, par exemple, ou à vous débarrasser d'un marchand trop insistant (ça arrive parfois...).

lâ 3âyez (masc.) / 3âyza (fém.) Hâga, shokran signifie "je ne veux rien, merci".

rekhîs signifie "bon marché / pas cher" ; je vous déconseille de l'employer sans réfléchir... ghâli, au contraire, signifie "cher / coûteux". ghâli 'awi peut être employé pour dire "c'est très cher !" dans le sens de "trop cher" au cours de vos négociations.

Prononciation :

Pour l'essentiel, je vous renvoie au premier  article  que j'ai écrit sur le sujet.

Je rappelle que le -H (noté h majuscule) est le -h très fortement aspiré, qui vient du fond de la gorge.

Nous avons aussi rencontré -gh, qui est une gutturale un peu compliquée pour un gosier occidental ; en gros, c'est comme un -r guttural prononcé dans le fond de la gorge et "graseillé", c'est-à-dire comme si on gargarisait.

Bon, c'est déjà pas mal pour aujourd'hui, non ? Nous continuerons la prochaine fois. Yalla, on apprend !

Repost 0
15 juillet 2006 6 15 /07 /juillet /2006 00:02

Le hommos be tahineh, ou purée de pois chiches, est une entrée qu'on trouve dans tout le Proche-Orient, et même avec une variante grecque. On peut aussi la servir en apéritif. Voici une recette que je tiens d'une amie égyptienne d'Alexandrie.



Les ingrédients (pour 3 à 4 personnes) :
- 1 boîte ou 1 bocal de pois chiches (ça évite de les faire tremper et cuire longtemps)
- 4 à 5 cuillères de tahina (pâte de sésame qu'on trouve dans les épiceries orientales)
- 4 à 5 gousses d'ail
- 1 ou 2 citrons (selon la taille)
- 1 petit bouquet de coriandre, ou à défaut de persil
- de l'huile d'olive


La préparation :

Peler l'ail et l'écraser.

Faire bouillir les pois chiches pendant une dizaine de minutes. Les égoutter, et mettre de côté un peu de l'eau de cuissson.

Mélanger les pois chiches tièdes, la tahina, l'ail, le jus de citron, saler et mixer jusqu'à obtenir une purée bien lisse (en principe, les puristes la réalisent avec pilon et mortier, mais c'est plus long et il faut avoir le coup de main, le mixer c'est très bien). Si elle est trop épaisse ou grumeleuse, ajouter petit à petit de l'eau de cuisson des pois chiches, jusqu'à ce que la purée soit assez crémeuse.

Disposer dans un plat, arroser d'huile d'olive et parsemer de coriandre hachée ou de persil. En principe, cette entrée se mange froide, il vaut mieux la mettre un peu au frais. On la mange avec du pain pita (appelé "pain libanais" dans les supermarchés), à défaut avec du pain tout bête.

Une version épicée existe aussi, qui prend une belle couleur rouge. Déconseillée aux âmes sensibles ! Il suffit d'ajouter aux ingrédients ci-dessus 2 ou 3 piments rouges forts, et de les mixer avec le reste. Si on préfère jouer la prudence, on peut aussi saupoudrer le hommos de poudre de piment fort...!


Repost 0
14 juillet 2006 5 14 /07 /juillet /2006 23:57

La tahina (ou "tahini", au Liban et en Egypte "tahineh" ...) est une pâte obtenue à partir de graines de sésame grillées. On l'achète toute prête, en boîte ou en bocal, dans les épiceries orientales ; il faut bien la mélanger avant de l'utiliser, car l'huile a tendance à remonter à la surface. Une fois la boîte entamée, la tahina se conserve au réfrigérateur. Si vous n'en trouvez pas près de chez vous, vous pouvez la fabriquer vous-mêmes ; pour cela, il faut faire griller, sans matière grasse, des graines de sésame dans une poêle, en les remuant avec une cuillère en bois pour éviter qu'elles brûlent ; quand elles commencent à blondir, on les retire du feu et on continue à les remuer pour qu'elles refroidissent un peu. Après, il n'y a plus qu'à les mixer jusqu'à obtenir une pâte bien lisse ; si elle est trop sèche, y incorporer de l'huile de sésame (on en trouve facilement chez tous les traiteurs asiatiques). La tahina est utilisée pour de nombreuses recettes, et il n'y a pas d'équivalent occidental du point de vue du goût.

 

Graines de sésame...

 

 



La semna (que les Indiens appellent "ghee", nom sous lequel elle est souvent commercialisée en Europe) est un beurre clarifié, qui est la matière grasse de base avec l'huile ; elle vous servira aussi bien pour la cuisine du Proche- et du Moyen-Orient que pour la cuisine indienne et pakistanaise. Autrefois, dans les pays chauds, c'était la façon la plus efficace de conserver le beurre. Là encore, si vous ne trouvez pas de semna, vous pouvez la fabriquer vous-mêmes à partir de beurre (il faut du beurre de bonne qualité, et surtout pas mélangé à de la margarine). Dans une casserole, on fait fondre le beurre à feu très doux, sans couvrir et sans remuer. De temps à autre, il faut enlever avec une écumoire les matières solides qui se forment à la surface et qu'on doit séparer de la semna. Le feu doit vraiment être au plus bas et il faut surveiller en permanence (c'est un peu fastidieux, mais on ne fait pas ça tous les jours ; on en fait une certaine quantité...) ; attention, si le beurre fume et vire au brun, c'est fichu, le feu est trop fort ! La semna est prête quand elle a pris une couleur légèrement ambrée et doit être limpide, un peu comme de l'huile. On la verse alors dans un bocal et on la laisse refroidir à température ambiante. Si elle est préparée avec soin, la semna peut se conserver sans réfrigération pendant un ou deux mois. On peut éventuellement remplacer la semna par un mélange d'huile d'arachide et de beurre, mais là encore le goût n'est pas le même...

 

La semna encore liquide, quand on vient de la fabriquer et qu'on la filtre pour la stocker. En cuisant quand elle est utilisée dans les recettes, elle retrouve sa forme liquide...

 

Repost 0
13 juillet 2006 4 13 /07 /juillet /2006 21:28

Pour une fois, nous sommes en week-end en même temps que nos amis égyptiens, puisque le 14 juillet tombe un vendredi : c'est pas beau ça ?!

 

Bon week-end à tous, profitez bien des bals (ah, les pompiers...) et des feux d'artifices !

 

 

Repost 0
12 juillet 2006 3 12 /07 /juillet /2006 21:51

Dans l'idée de la plupart des Occidentaux, l'arabe est une langue qui semble pratiquée uniformément d'un bout à l'autre du monde arabe. Quand j'ai commencé, enthousiaste, à apprendre cette langue, je pensais qu'elle m'ouvrirait les portes du monde arabe tout entier ; ce n'est qu'une fois que j'ai commencé à étudier et à discuter avec des amis arabophones que je me suis rendu compte que la réalité était plus complexe. Du coup, j'ai entrepris d'apprendre parallèlement et l'arabe dit "littéral" ou "littéraire", et l'arabe dialectal égyptien.

En effet, on distingue plusieurs formes d'arabe, qui ne sont pas toutes utilisées partout, et pas toutes dans le même contexte.

Il y a d'abord l'arabe coranique, qui est la langue du Coran, la langue religieuse en quelque sorte ; c'est une forme historique de l'arabe, pour faire simple, qui n'est plus utilisée qu'en contexte religieux. La plupart du temps, seules les personnes ayant fait des études religieuses le comprennent totalement, en tout cas dans de nombreux pays où il diffère beaucoup de la langue courante.

Ensuite, il y a ce qu'on appelle l'arabe "littéral" ou "littéraire", qui est l'arabe écrit. C'est en quelque sorte une langue commune au monde arabe, pour simplifier là encore, qui est très proche de l'arabe pratiqué dans la péninsule arabique (Arabie Saoudite, Emirats, etc.), mais en diffère par certains aspects. C'est l'arabe qui est enseigné dans les écoles, qui est utilisé pour écrire dans les journaux, etc.

Enfin, il y a les différents dialectes arabes, qui sont parlés dans différentes zones ou même certains pays. Il y a en gros trois grandes familles de dialectes : ceux de l'Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye), ceux du Proche-Orient (de la Syrie à l'Egypte) et ceux du Moyen-Orient (Iraq, Koweit, péninsule arabique). Je rappelle au passage que les Iraniens parlent le persan, non l'arabe, et que le turc est une langue non apparentée à l'arabe, mais venue d'Asie Centrale. A l'intérieur de chacun de ces groupes, il y a des variantes : par exemple, même s'ils sont proches, les dialectes égyptien et libanais sont différents.

Ce qui signifie que dans le monde arabe, en gros, on lit l'arabe littéraire et on parle en arabe dialectal de la zone où on habite. Les différences ne sont pas toujours minimes. Si certaines portent sur la prononciation, comme nous en reparlerons, il y a aussi des mots et expressions qui sont propres à chaque dialecte. Evidemment, si vous parlez en arabe littéraire, il y a de grandes chances qu'on vous comprenne ; mais cela risque de faire sourire, même si on sera content que vous fassiez l'effort de parler arabe. Donc pour lire l'arabe et acquérir les bases du fonctionnement de la langue, il est utile d'apprendre l'arabe littéraire ; par contre, pour pouvoir parler avec les gens et se débrouiller dans des situations de la vie quotidienne, il faut apprendre au moins le plus courant en arabe dialectal. Difficile, tout ça ? Mais non, vous verrez, c'est passionnant. Pour bien entendre les différences entre les dialectes, un excellent moyen est d'écouter de la musique orientale venant des différents pays du monde arabe ; très vite, votre oreille se fera aux différences de prononciation...

Par exemple, la consonne arabe jîm ( -j ) se prononce en principe -j (comme dans le français "jeu") en littéraire, mais -dj dans la plupart des dialectes et -g (toujours dur, comme le français "guetter") en égyptien : jamîla ("jolie") se prononce "jamila" en littéraire, "djamila" dans de nombreux dialectes et devient "gameela" en égyptien ("gamila"). Un homme se dit rajul en littéraire, mais ragel ("raguèl") en égyptien. La différence est minime, mais il faut connaître ces variantes pour s'y retrouver...

Repost 0